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3ème guerre mondiale : quand a-t-elle débuté ?

L'Italie citée plusieurs fois ce 22 juillet : Deux yachts de luxe destinés à Pyongyang y sont saisis et l'Europe verse près de 500 millions d'Euro pour reconstruire le pays suite au séisme de l'Aquila

Camille Hueber-Lambert

Un yacht Azimut-Benetti 105, l'un des deux modèles saisis à Viareggio en Toscane.

Un yacht Azimut-Benetti 105, l'un des deux modèles saisis à Viareggio en Toscane.

Deux navires de plaisance qui auraient été commandés par le dictateur coréen Kim Jong-il sont bloqués sur un chantier naval.

Le gouvernement italien a révélé jeudi la saisie il y a plusieurs mois de deux yachts de luxe destinés à la Corée du Nord. Confirmant les affirmations du quotidien économique italien Il Sole 24 Ore de jeudi, un responsable du ministère du Développement économique a confirmé, tout en conservant l'anonymat, que «ces yachts étaient destinés à la Corée du Nord et (qu'ils) ont été saisis car ils violaient la réglementation communautaire et internationale basée sur des résolutions de l'ONU qui interdit l'exportation de biens de luxe dans ce pays».

L'enquête menée conjointement par le ministère et la Guardia Finanza, la police antifraude italienne, a en effet permis d'établir que Pyongyang avait passé commande des deux engins à la société Azimut-Benetti, spécialisée dans la production de bateaux haut de gamme, pour une valeur d'environ 13 millions d'euros. La somme a été restituée à la compagnie, tandis que les deux bateaux ont été mis sous scellés directement sur les chantiers navals de Viareggio en Toscane et n'ont donc jamais quitté le pays. Le constructeur, qui n'est pas poursuivi, s'est dit «victime d'une fraude contractuelle» et a coopéré depuis le début à l'enquête de la police.

Un leader dépensier

 

De forts soupçons laissent à penser que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il serait le destinataire de cette commande, passée en février dernier via un client autrichien à Azimut-Benetti. La cessation des droits d'acquisition des deux bateaux à une société chinoise a alerté la Guardia Finanza, qui a ensuite fait le lien avec M. Kim, et a dévoilé le pot aux roses.

Les polices autrichienne et italienne ont désormais la certitude que le leader nord-coréen, connu pour son mode de vie luxueux et dépensier, «se trouve derrière le paiement des bateaux», alors que le quotidien Corriere Fiorentino, le premier à avoir dévoilé l'affaire, affirme que «ces yachts seraient destinés à des activités d'espionnage industriel». La résolution de l'ONU interdisant l'importation de biens de luxe en Corée du Nord date d'octobre 2006, quand Pyongyang a défié la communauté internationale par un premier essai nucléaire. Le pays qui est isolé à l'initiative des États-Unis a réitéré ses menaces avec un deuxième essai le 25 juin dernier.

Un yacht Azimut-Benetti 105, l'un des deux modèles saisis à Viareggio en Toscane.

Deux navires de plaisance qui auraient été commandés par le dictateur coréen Kim Jong-il sont bloqués sur un chantier naval.

Le gouvernement italien a révélé jeudi la saisie il y a plusieurs mois de deux yachts de luxe destinés à la Corée du Nord. Confirmant les affirmations du quotidien économique italien Il Sole 24 Ore de jeudi, un responsable du ministère du Développement économique a confirmé, tout en conservant l'anonymat, que «ces yachts étaient destinés à la Corée du Nord et (qu'ils) ont été saisis car ils violaient la réglementation communautaire et internationale basée sur des résolutions de l'ONU qui interdit l'exportation de biens de luxe dans ce pays».

L'enquête menée conjointement par le ministère et la Guardia Finanza, la police antifraude italienne, a en effet permis d'établir que Pyongyang avait passé commande des deux engins à la société Azimut-Benetti, spécialisée dans la production de bateaux haut de gamme, pour une valeur d'environ 13 millions d'euros. La somme a été restituée à la compagnie, tandis que les deux bateaux ont été mis sous scellés directement sur les chantiers navals de Viareggio en Toscane et n'ont donc jamais quitté le pays. Le constructeur, qui n'est pas poursuivi, s'est dit «victime d'une fraude contractuelle» et a coopéré depuis le début à l'enquête de la police.

Un leader dépensier

 

De forts soupçons laissent à penser que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il serait le destinataire de cette commande, passée en février dernier via un client autrichien à Azimut-Benetti. La cessation des droits d'acquisition des deux bateaux à une société chinoise a alerté la Guardia Finanza, qui a ensuite fait le lien avec M. Kim, et a dévoilé le pot aux roses.

Les polices autrichienne et italienne ont désormais la certitude que le leader nord-coréen, connu pour son mode de vie luxueux et dépensier, «se trouve derrière le paiement des bateaux», alors que le quotidien Corriere Fiorentino, le premier à avoir dévoilé l'affaire, affirme que «ces yachts seraient destinés à des activités d'espionnage industriel». La résolution de l'ONU interdisant l'importation de biens de luxe en Corée du Nord date d'octobre 2006, quand Pyongyang a défié la communauté internationale par un premier essai nucléaire. Le pays qui est isolé à l'initiative des États-Unis a réitéré ses menaces avec un deuxième essai le 25 juin dernier.

http://www.lefigaro.fr/international/2009/07/24/01003-20090724ARTFIG00001-deux-yachts-de-luxe-destinesa-pyongyang-saisis-en-italie-.php

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La commission européenne propose d'accorder une aide de 494 millions d'euros à l'Italie après le séisme de L'Aquila

La commission européenne propose d'accorder une aide de 494 millions d'euros à l'Italie pour faire face aux conséquences du séisme qui a frappé la région de L'Aquila, le 6 avril dernier. 

Soulignant les "dégats considérables" causés par le tremblement de terre, la commission européenne précise dans un communiqué que l'aide financière "pourra servir à financer les mesures les plus urgentes prises par les autorités italiennes: hébergement provisoire des sinistrés, réparation des infrastructures essentielles (centrales électriques, réseaux d'adduction d'eau, routes) et déblayage des terres et des villages dévastés".

Près de 300 personnes sont mortes, et environ 50.000 habitants ont dû abandonner leur maison, après le séisme d'une magnitude de 6,3 sur l'échelle de Richter.

L'Italie a estimé les dommages directs causés par la secousse à 10,2 milliards d'euros. L'aide financière proposée par la commission européenne devra être approuvée par le Parlement européen et le Conseil de l'UE. AP

http://fr.news.yahoo.com/3/20090723/twl-ue-italie-seisme-0ef7422.html


Déplacement du président Barack Obama au Vatican après le sommet du G8 et attentats coordonnées contre la communauté chrétienne d'irak

Après le le sommet du G8 qui s'est déroulé sur les lieux sinistrés par le dévastateur séisme de l'Aquila en Italie, le Président des Etats Unis, Barack Obama a rendu visite au Pape au Vatican, vendredi 10 juillet, après le sommet du G8 à l'Aquila en Italie.

Au même moment le pape Benoit XVI avait dévoilé aux chrétiens le mardi 7 juillet son encyclique Caritas in veritae

le 7 juillet 2009 Benoit XVI donne sa troisième encyclique aux chrétiens 

1er juillet 2009
Le pape a signé sa troisième encyclique ce 29 juin, fête de saint Pierre et saint Paul.

« La Charité dans la vérité » : Benoît XVI confirme le titre de ce document très attendu, qui sera publié très prochainement, avec une réflexion sur les conditions d’un « développement intégral » et un « progrès durable ».

D’après l’agence Zenit, le pape vise en effet « l’engagement » des baptisés. L’encyclique sera présentée par le cardinal Renato Raffaele Martino, président du conseil pontifical Justice et Paix, ce mardi 7 juillet : malgré le début des vacances d’été, une date stratégique, à la veille du sommet internationale du G 8 qui se tiendra du 8 au 10 juillet 2009 sous présidence italienne à L’Aquila, la cité dévastée par le séisme du 6 avril dernier.

Voici l’aperçu que Benoît XVI a donné de Caritas in veritate :

« En reprenant les thématiques sociales contenues dans Populorum progressio, écrite par le serviteur de Dieu Paul VI en 1967, ce document - qui porte la date d’aujourd’hui, 29 juin, solennité des saints apôtres Pierre et Paul - entend approfondir certains aspects du développement intégral de notre époque, à la lumière de la charité dans la vérité.

[...] Je confie à votre prière cette nouvelle contribution que l’Eglise offre à l’humanité dans son engagement pour un progrès durable, dans le plein respect de la dignité humaine et des réelles exigences de tous. »

Toujours selon Zenit, l’encyclique proposerait donc aussi une anthropologie rappelant les exigences du respect de la dignité humaine. Les thèmes abordés par l’encyclique toucheraient donc à la fois la mondialisation, la sauvegarde de l’environnement, le développement durable, la « finance durable », et les implications économiques et sociales d’un examen de conscience pour revenir à une éthique de la finance et de l’économie, au service de la personne humaine, selon une anthropologie respectueuse de l’identité de l’homme et de la femme.

Première encyclique sociale du pontificat, Caritas in veritate publiée dix-huit ans après la dernière encyclique sociale de Jean-Paul II, Centesimus annus, de 1991, c’est-à-dire, comme l’indique le titre, un siècle après l’encyclique de Léon XIII Rerum novarum. Mais Benoît XVI renvoie à Populorum progressio, et reprend dans son allocution de l’angélus ce concept de « progrès » humain authentique dont il a parlé à propos de Paul.

La publication de l’encyclique a été plusieurs fois reportée, en raison de l’impact de la crise économique et financière mondiale, impliquant une réflexion ajustée, et pour des questions de traduction. Le cardinal Bertone avait indiqué : « Le pape ne veut pas répéter des lieux communs de la doctrine sociale de l’Église, mais veut apporter quelques éléments originaux, conformément aux défis de l’époque. »

http://www.generation-benoit16.com/Caritas-in-veritate-Benoit-XVI.html

Le pape a flingué, hier à l’occasion de la prière de l’Angélus, «des inégalités sociales et des injustices structurelles intolérables» en évoquant le récent sommet du G8 de L’Aquila. Fidèle à la doxa catholique, il estime indispensable des «solutions globales» face à des enjeux «dramatiquement urgents». Il faudrait, face à la faim ou l’accroissement des inégalités, «des interventions immédiates obligées» ou une «stratégie coordonnée pour chercher des solutions globales durables», a poursuivi le souverain pontife. Choses qui, visiblement, ont échappé au G8 et son culte des promesses non tenues. Et l’Eglise ? Elle ne dispose pas de «solutions techniques» qu’elle pourrait présenter, mais experte en humanité, elle offre «à tous l’enseignement des Saintes écritures sur la vérité de l’homme», a dit Benoît XVI. Ouf…

http://www.liberation.fr/economie/0101579408-benoit-xvi-tacle-le-g8

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Dimanche en Irak c'est la communauté chrétienne qui a subi des attaques coordonnées (comme le terme de l'encyclique papale). 

Renforcement de la sécurité après des attaques coordonnées contre la communauté chrétienne en Irak 

Les autorités irakiennes ont interdit lundi la circulation de tous les véhicules dans deux villages à majorité chrétienne et ont renforcé la sécurité autour des églises de Bagdad.  

Ces mesures surviennent après les attaques coordonnées dont a été victime, la veille, la communauté chrétienne dont un attentat qui a fait quatre morts et 18 blessés devant une église de la capitale irakienne alors que les fidèles sortaient de la messe dominicale.

Craignant de possibles attentats à la voiture piégée, les autorités ont totalement interdit la circulation à Tilkaif et Hamdaniyah, deux villages à majorité chrétienne situés près de Mossoul dans le nord du pays.

Dimanche soir, trois chrétiens et un musulman ont été tués dans l'explosion d'une bombe à la sortie d'une messe à 19h00 locales dans une église située sur la rue Palestine, dans l'est de Bagdad. L'attentat a également fait 18 blessés.

A Kirkouk (nord), des hommes armés ont abattu Aziz Rizqo Nisan, un responsable provincial chrétien, alors qu'il sortait de son domicile, selon la police.

Auparavant, deux bombes installées dans une église de l'ouest de Bagdad avaient explosé à 0h00, causant des dégâts mais pas de blessés. Trois bombes ont également explosé à proximité d'autres églises de Bagdad à environ 16h30, faisant huit blessés.

La communauté chrétienne d'Irak, minoritaire face aux musulmans chiites et sunnites, est souvent prise pour cible par les mouvements radicaux islamiques. Nombre de ses membres ont fui le pays. AP

http://fr.news.yahoo.com/3/20090712/twl-irak-chretiens-violences-1def439.html

 


C'est finalement à l'Aquila, malgré les dernières répliques sismiques, qu'a lieu le G8

Le G8 s'engage sur le climat

Par LEXPRESS.fr avec AFP, publié le 09/07/2009 07:50 - mis à jour le 09/07/2009 07:57 

Le G8 s'est engagé à diviser de moitié les émissions mondiales de gaz à effet de serre d'ici à 2050 par rapport à 1990. Aucun accord n'a cependant été trouvé sur le dossier iranien.

Le G8 a fait preuve mercredi à L'Aquila de prudence sur la situation économique internationale et sur l'Iran, mais pris un engagement ambitieux en faveur du climat, rejeté toutefois par les pays émergents et remis en cause par la Russie.

Le G8 s'est montré ambitieux sur la question du réchauffement climatique en décidant mercredi de diviser par deux les émissions mondiales de gaz à effet de serre d'ici à 2050 par rapport à 1990 et de "80% ou plus" celles des pays industrialisés, afin de limiter le réchauffement global à 2°C, selon le texte de leur déclaration."Nous avons enfin obtenu que les pays du G8 se rallient à l'objectif des deux degrés", s'est félicitée sur ce point la chancelière allemande Angela Merkel devant quelques journalistes.

Barack Obama (g), Nicolas Sarkozy (c) et Angela Merkel au sommet de L'Aquila, le 8 juillet 2009

AFP/Saul Loeb

Barack Obama (g), Nicolas Sarkozy (c) et Angela Merkel au sommet de L'Aquila, le 8 juillet 2009.

Le principal conseiller économique du président russe Dmitri Medvedev a toutefois jeté un froid sur cet engagement du G8 en affirmant que l'objectif de 80% de réduction des émissions était "inacceptable" après que son pays eut pourtant souscrit à la déclaration commune.

Pour Kim Cartensen, expert climat du Fonds mondial pour la nature (WWF), rompu aux négociations en vue d'un nouvel accord climatique, en décembre à Copenhague, cette déclaration témoigne surtout d'un "désaccord au sein de la délégation russe".

L'engagement du G8 sur le changement climatique, rendu possible par la volte-face des Etats-Unis sur ce dossier depuis l'arrivée au pouvoir du président Barack Obama, tranche aussi avec le refus du Forum des principales économies (MEF), qui associe le G8 et les grands pays émergents, de s'y associer.

Barack Obama (g), Nicolas Sarkozy (c) et Silvio Berlusconi au sommet de L'Aquila, le 8 juillet 2009

AFP/Joe Klamar

Barack Obama (g), Nicolas Sarkozy (c) et Silvio Berlusconi au sommet de L'Aquila, le 8 juillet 2009.

La balle est désormais dans le camp de ces pays émergents, qui doivent retrouver ceux du G8 jeudi à L'Aquila. Mais le départ précipité mardi du président chinois Hu Jintao en raison des émeutes dans la région du Xinjiang laisse peu de place à de nouvelles ambitions. La Chine est passée en 2008 au premier rang des pollueurs.

Préoccupation sur la situation iranienne

Réunis en sommet dans le centre de l'Italie, les dirigeants des huit pays les plus riches de la planète ont exprimé leur "profonde préoccupation" face aux violences intervenues récemment en Iran.

Mais ils ont dans le même temps affirmé leur volonté de privilégier le dialogue et la diplomatie pour régler le problème du nucléaire iranien.

La déclaration commune, adoptée après un dîner de travail consacré notamment à l'Iran, ne dit mot du résultat contesté des élections présidentielles et de sanctions éventuelles, un moment évoquées par certains pays dont les Etats-Unis. Téhéran a finalement échappé à une condamnation, malgré la répression qui a suivi la réélection contestée du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, la Russie s'opposant à toute ingérence dans les affaires intérieures de Téhéran.

Les dirigeants du G8 lors de leur déjeuner de travail, le 8 juillet 2009 à L'Aquila

AFP/Ria/Mikhail Klimentyev

Les dirigeants du G8 lors de leur déjeuner de travail, le 8 juillet 2009 à L'Aquila.

La stabilité sociale menacée?

Sur le front économique, le G8 a pris acte du léger mieux de la conjoncture tout en restant très prudent sur les chances d'une reprise durable.

"La situation reste incertaine et des risques importants continuent de peser sur la stabilité économique et financière", considère le G8 dans son diagnostic sur la crise. "Les effets de la crise économique sur les marchés du travail peuvent remettre en cause la stabilité sociale", avertit en outre le G8.

Ces huit pays - Etats-Unis, Russie, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie, Canada et Japon - s'engagent aussi à réfléchir à des "stratégies de sortie" de leurs politiques de relance mais sans fermer la porte à de nouveaux coups de pouce budgétaires, preuve de leurs différences sur ce dossier. 

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/le-g8-s-engage-sur-le-climat_773513.html#xtor=AL-447

 (Suite)

Italie: rondes noires et chemises grises

mercredi 1er juillet 

Le discours sécuritaire et les coupes budgétaires favorisent l'émergence de milices qui rappellent le passé de l'Italie.

Les gardes du Pô ont été les premières. Ils portaient chemise verte, répondaient aux mots d'ordre du leader Umberto Bossi, et donnaient au peuple padane de la Ligue du Nord ce sentiment de sécurité que les agents de la police d'Etat n'étaient plus en mesure de lui procurer. Puis sont venus les «city angels» déployés un peu partout dans les grandes villes du nord. Organisations dont on ne connaît bien ni l'origine exacte, ni la véritable finalité. Mais dans les métropoles du Nord (Turin, Milan, Gênes) elles arrangeaient bien les autorités locales: en patrouillant dans les villes la nuit, elles donnaient la sensation de pallier les manques de la sécurité et rassuraient les citoyens. Et lorsque la droite de Berlusconi a repris les rênes du pouvoir en 2008, les paroles ont laissé place aux faits: les «rondes» sont arrivées. Petites cellules de police privée, idéologiques (comme dans le cas de la ligue du Nord), couvertes par une loi d'Etat qui instituait l'existence même des «rondes». Pas pour substituer la police, mais pour la seconder. Une aide, en somme, sur fond de privatisation des services, mais pas uniquement. Les «rondes» sont devenues désormais une idée-force du gouvernement, semblant donner de la sécurité tout en suscitant de nombreuses interrogations dans la frange de l'opinion publique la plus sensible à l'essence de la démocratie. La sécurité est un bien précieux, mais le fait qu'elle soit garantie dans le respect des lois l'est tout autant. L'Italie est un pays qui a vécu le fascisme lequel a vu le jour avec les «chemises noires» de Benito Mussolini, des «rondes» aussi. Pas étonnant qu'une part non négligeable de l'opinion publique s'alarme de la présence de petites milices privées et affiliées à des partis politiques qui, la nuit, se promènent à travers les villes. Il y a quelques jours, par exemple, on a découvert l'existence de la «Garde nationale italienne», aussitôt rebaptisée «rondes noires». Il s'agit d'une Onlus (organisation non gouvernementale) créée en marge du Mouvement social italien (MSI, le parti historique héritier du fascisme), forte d'environ 2.000 volontaires actuellement présents dans presque toute l'Italie, mais concentrés principalement au Piémont, en Lombardie, dans le Lazio, en Campanie et en Sicile. La «Guarde» est un des bras du Parti Nationaliste italien naissant, dirigé par Gaetano Saya. Un homme politique qui a déjà été renvoyé devant la justice pour diffusion d'idées fondées sur la supériorité et la haine raciales. La «Guarde» dispose naturellement d'un uniforme: chemise grise ornée du symbole de l'aigle impérial romain, ceinture noire, cravate noire, pantalon gris à bande latérale noire, béret ou képi gris rehaussés eux aussi de l'emblème de l'aigle. Il y a aussi le casque, les 4X4 noirs, les gants de peau noire et une grosse torche, noire elle aussi. La plupart des volontaires déjà enrôlés sont des fonctionnaires des forces de l'ordre à la retraite. Surtout des carabiniers. Saya, le fondateur, a déclaré: «nous, nous ne sommes pas une milice idéologique, nous sommes même apolitiques». Saya considère que le fascisme est une idéologie du passé, anachronique, mais il tient à l'uniforme car il permet la reconnaissance des rondes et évite toute confusion avec la police. «Un déconcertant délire» pour les opposants de centre gauche, surtout pour Marco Minniti, le bras droit de Massimo D’Alema, qui précise: « Et voilà que les chemises grises organisées par le MSI (Mouvement social italien) se joignent aux chemises vertes. L’idée que le contrôle du territoire puisse être confié à des associations, des milices qui s’identifient avec une couleur politique, est un coup au cœur des principes de toute démocratie libérale ». Mais Silvio Berlusconi se moque de tous ces commentaires et persévère.«Les gens sont avec moi», continue-t-il à dire; et pour l'instant il a encore raison. L'idéologie sécuritaire qui émane de ces rondes est ainsi à son tour mise en valeur. Les délits n'ont cependant pas cessé, la criminalité a même augmenté cette dernière année sous Berlusconi. Pourtant, le sentiment de sécurité des citoyens s'est accru. Le Cavaliere, en campagne électorale, avait martelé, au delà de l'idéologie, le côté «social» de l'argument: les forces de police sont sur le point d'être décimées par les coupes dues aux économies. Un syndicat de police a fait les comptes: au cours des trois prochaines années, les effectifs de fonctionnaires de police diminueront de 4.000 unités, de même que les budgets consacrés à l'habillement et à l'entretien des moyens. Dans une telle situation, il est clair que les rondes sont utiles: elles suppléent aux coupes budgétaires et donnent un sens idéologique à l'action du gouvernement Berlusconi. Et enfin, pour quelques-uns, elles sont aussi un business. Cesare Martinetti Traduit de l'italien par Florence Boulin

http://www.slate.fr/story/7489/italie-rondes-de-nuit-et-chemises-grises