Les dégâts sur le site de la SNPE non pris en compte dans le cadre de la procédure judiciaire.
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http://www.leblogfinance.com/2009/04/proc%C3%A8s-azf-snpe-le-nom-%C3%A0-ne-pas-prononcer-.html
Alors que l'audition de plusieurs témoins concernant les évènements précurseurs à l'explosion de l'usine AZF Grande paroisse ont débuté cette semaine à Toulouse, moult témoignages semblent laisser entendre que des prémices de – ou des - ? - explosion(s) ont pu être observés/ressentis de l'autre côté de la Garonne, en cette fatale journée du 21 septembre 2001. C'est à dire sur le site de la SNPE voisine.
Ceci alors même que depuis quelques jours déjà, Thomas Le Monnyer, président du Tribunal Correctionnel de Toulouse – auquel incombera fin novembre la lourde tâche de se prononcer sur l'éventuelle responsabilité de Grande Paroisse (groupe Total) et du directeur de l'usine, Serge Biechlin - pose de manière récurrente la même question (qui pourrait sembler presque “anodine” si l'on n'y prêtait garde) : "avez vous connaissance d'éléments précurseurs concernant la chaufferie de la SNPE" ?
Profitons-en pour lui rafraîchir la mémoire ...
Parmi les témoins présents aujourd'hui à la barre, notons les propos de Jacques Baby, ingénieur chez Simiens. Le jour de l’explosion, cette personne alors située à quelques infimes kilomètres de l'usine “a vu une forte luminosité, à l’horizontale”. "J’ai vu monter une fumée rougeâtre, de plus en plus importante” explique-t-il à la Cour".
Or, M.Baby explique que des dégazages ayant eu lieu quelques jours avant, il avait pu repérer la cheminée. Et il est formel : il est sûr qu'il s'agit de la cheminée de la SNPE. Il confirme que durant l'épisode lumineux qu'il a décrit auparavant, il pouvait continuer à voir la cheminée qui était à droite des fumées. Il estime à huit secondes le temps écoulé entre les deux premiers phénomènes c'est-à-dire entre le flash et la montée des fumées.
Hélène Dessacs, enseignante en éducation sportive à l'université, était quant à elle sur les côteaux du golf de Vieille-Toulouse le jour de la catastrophe. Elle affirme avoir vu tout d'abord une explosion compacte, blanche. A ce moment-là, elle a entendu un bruit sourd, puis une deuxième déflagration beaucoup plus forte, "énorme par rapport à la première". Selon elle, entre six et dix secondes se sont écoulés entre les deux phénomènes.
Retournée sur le terrain avec le juge d'instruction, Hélène Dessacs ne voit même pas la fusée qui est tirée, à partir des décombres du hangar 221. Car elle situe l'évènement du 21 septembre plus à l'est, c'est-à-dire vers la SNPE ...
Si l'on en croit la plupart des dépêches de l'AFP, qui ne fait très certainement que transmettre les informations qui lui ont été communiquées, l'explosion d'AZF n'aurait que légèrement endommagé l'usine SNPE voisine. Rappelons toutefois que cette dernière s'était vu interdire de reprendre la fabrication de produits de chimie fine toxiques tel le phosgène, qui représentait les deux tiers de son activité toulousaine.
Si l'on revient sur la catastrophe dite AZF qui n'aurait donc « impliqué » que l'usine de TOTAL Grande- Paroisse, les enquêteurs et experts officiels auraient commis quelques négligences dans le déroulement de leur enquête, et ce, concernant des faits loin d'être négligeables. Le dossier de "synthèse" paru à l'occasion de l' "anniversaire" des 5 ans de la catastrophe dans Valeurs Actuelles le démontre notamment.
En premier lieu, force est de constater – selon le journal - la légèreté de l'enquête concernant la SNPE voisine – pourtant productrice du carburant des fusées Ariane et des missiles – alors que de nombreux faits et témoignages prouvent que des évènements graves s'y sont produits dans les instants qui ont précédé l'explosion du hangar 221 : dégagement d'odeurs inhabituelles, coupure de courant, explosion mystérieuse ayant dégagé un panache vertical cylindrique.
Ce n'est que grâce à la ténacité de l'équipe d'experts bénévoles que les fortes odeurs de poissons senties dès le matin même de la catastrophe par la population environnante ont pu être associées à l'UDMH, produit « phare » de la SNPE qui en est même l'unique producteur européen. Le produit rentre dans la composition du carburant propulseur de missiles.
Au contraire, dès le 24/10/2001, le Rapport de l'Inspection Générale de l'environnement concernant « l'accident du 21 septembre 2001 » - laquelle disposa alors d'un délai impératif d'un mois pour fournir ses conclusions - mentionne que la SNPE "a subi des dégâts notables dans ses installations générales" et que "l’on doit déplorer des victimes, dont un mort, dans son personnel".
"Toutefois, aucune installation technique n’a été endommagée, aucune fuite ne s’est produite. Les installations ont immédiatement bénéficié du fonctionnement de leurs automatismes de sécurité et les personnels ont pris les mesures de précaution prévues. Depuis lors, les installations sont en cours d’évaluation." "Rapidement, les « utilités » ont été rétablies, notamment le courant électrique nécessaire aux dispositifs techniques essentiels a pu être distribué dans la première nuit", rajoute le rapport.
Si on lit le document en détail, voire entre les lignes, on note à plusieurs reprises que les rédacteurs du dossier mettent en avant les délais très courts leur empêchant de fournir les conclusions des expertises et d'interroger toutes les personnes nécessaires... mais la conclusion, elle, est bien là, comme demandée et qui plus est, officiellement demandée, lettre à l'appui jointe en annexe du rapport.
A noter tout de même que l'UDMH et nitrate sont loin de faire bon ménage, leurs querelles pouvant même s'avérer explosives, comme le démontre Valeurs Actuelles, dans un précédent article.
De plus, il a pu être prouvé grâce au concours d'Henri Farreny – un moment accusé tout de même de « complicité de diffamation » par la SNPE – que le double confinement de phosgène avait été percée lors de la catastrophe.
Mais les négligences ne s'arrêtent pas là, ainsi le journaliste de Valeurs Actuelles mentionne de manière factuelle et point par point les nombreuses pistes qu'il aurait été judicieux d'explorer plus profondément.
Un hélicoptère de la gendarmerie a notamment survolé le site 15 minutes après le drame, suivi, 40 minutes plus tard, par un appareil d’EDF-RTE, filmant et photographiant la zone. Pourtant, aucune image de la SNPE ne figure au dossier. Faute d’explication, les experts en font totale « abstraction ».
Dès le 21 septembre 2001, la “thèse officielle” parle d’un « accident d’origine chimique ». Mais il faut bien la démontrer .. La justice fait alors procéder à des reconstitutions qui s'avèrent loin d'être concluantes pour toutes les parties.
Le 12 septembre, à 10 heures, une note interne de la SNPE informe pourtant le personnel que l’usine est placée en “plan Vigipirate renforcé”.
Rappelons également qu'alors que l’explosion de l’usine AZF a eu lieu le vendredi 21 Septembre, le mardi 25 Septembre le PDG national de la SNPE était remplacé par Pierre Betin. Lequel a rempli sa mission provisoire à la tête de la SNPE jusqu’à ce que le conseil des ministres nomme le nouveau PDG.
C’est ainsi que le 10 Octobre 2001, Jacques Loppion venait remplacer officiellement l’ancien PDG de la SNPE Jean Faure . Décret signé par Jacques Chirac- président de la République, Lionel Jospin 1er ministre, et Alain Richard ministre de la défense.
Déjà directeur général délégué de la Société Nationale des Poudres et Explosifs, Jean Faure avait été nommé président en 1996, après quatre mois de tergiversations
Jean Faure a accompli la majeure partie de sa carrière à la SNPE. Sorti de l'Ecole polytechnique en même temps que Lionel Stoléru et Jean-Marie Descarpentries (Bull), il entre en 1961 à l'établissement de Toulouse du Service des Poudres, ancêtre de la SNPE. Sept ans après, il effectue un passage à la Direction générale pour l'armement, où il est chargé des études de restructurations industrielles.
A la création de la SNPE, née en 1971 de l'éclatement du Service des Poudres, il occupe successivement les postes de directeur de la planification et de directeur du contrôle de gestion de la nouvelle société. En 1983, il est nommé directeur général adjoint, chargé des activités civiles que le groupe commence alors à développer pour compenser le déclin du chiffre d'affaires lié à la défense. Puis, quatre ans plus tard, il prend la direction générale déléguée de l'entreprise.
Sources : AFP, France 3, Les Echos, Valeurs Actuelles
(Suite)-
05 Avril 2009 à 13:12 dans
- Général , Dossier AZF Toulouse
