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3ème guerre mondiale : quand a-t-elle débuté ?

Ouragans: l'aide américaine est une "grossière manipulation", selon Cuba

AFP - Vendredi 19 septembre, 10h05

LA HAVANE (AFP) - Le chef de la diplomatie cubaine Felipe Perez Roque a qualifié jeudi de "grossière manipulation" et "d'opération de publicité" l'aide offerte par les Etats-Unis à l'île communiste dévastée par les ouragans 

La mission diplomatique américaine à La Havane avait annoncé mardi que les Etats-Unis avaient autorisé l'octroi de licences pour la vente de 250 millions de dollars de vivres et, exceptionnellement, de bois d'oeuvre, produit soumis à un embargo, après le passage de l'ouragan Ike le 7 septembre.

"C'est une manipulation grossière et une plaisanterie parce qu'on sait que la vente des denrées, ce n'est pas nouveau, ça existe déjà depuis plusieurs années. Deuxièmement, ce n'est pas une aide, Cuba doit acheter ces denrées", a dit le ministre lors d'une conférence de presse.

"Présenter cette ouverture minime dans le blocus", qui avait été adoptée fin 2000 sous la présidence de Bill Clinton, et "tenter de présenter ce processus et les licences qu'ils disent avoir octroyées comme une preuve de leur volonté de coopérer et mettre tout ça dans un communiqué, c'est de la manipulation grossière", a-t-il poursuivi.

Se déclarant contre toute "opération de publicité", le ministre a de nouveau réclamé que Cuba puisse acheter aux entreprises américaines des matériaux de construction et avoir accès aux crédits bancaires pour mener à bien ces opérations commerciales.

L'île de Cuba est soumise depuis 1962 à un embargo commercial et financier de la part des Etats-Unis, sauf depuis fin 2000 pour les produits alimentaires et pharmaceutiques. Les Etats-Unis sont depuis les principaux fournisseurs de denrées de l'île qui importe 84% de ses aliments.

"Lider maximo" de la révolution en convalescence depuis deux ans, Fidel Castro a lui estimé, dans une réflexion publiée sur le site cubadebate.cu, que Washington s'était "payé complètement la tête" de Cuba avec cette offre.

"Ils n'ont aucune réticence à tromper l'opinion mondiale et ils le font de façon cynique", a écrit l'ancien président de 82 ans qui avait assuré que, par "dignité", jamais Cuba n'accepterait une aide des Etats-Unis en raison de l'embargo.

Cuba a annoncé qu'il allait soumettre fin octobre pour la septième fois au vote de l'Assemblée générale des Nations unies une déclaration, non contraignante, réclamant la levée de l'embargo américain et qui devrait, encore une fois, être adoptée à la quasi-unanimité.

La secrétaire d'Etat américain Condoleeza Rice avait déclaré le 7 septembre que les Etats-Unis n'étaient pas prêts à lever l'embargo contre Cuba, en dépit des ouragans.

Les autorités cubaines ont évalué à 5 milliards de dollars les dégâts causés par le passage sur l'île des ouragans Gustav le 30 août et Ike les 7 et 8 septembre. Près d'un demi-million d'habitations ont été endommagées et 63.000 autres détruites, selon les autorités qui ont rapporté la mort de 7 personnes.

Cuba estime à 93 milliards de dollars le coût infligé à son économie par le "plus vieil embargo du monde".


Bolivie : l'espoir de pacification ne tient qu'à un fil

Par Philippe ZYGEL AFP - il y a 2 heures 15 minutes

LA PAZ (AFP) - L'espoir de pacification en Bolivie ne tenait qu'à un fil dimanche après les violences dans le pays, où le président Evo Morales a renforcé la présence de l'armée dans les régions tenues par l'opposition, qui a menacé de rompre le dialogue en cas de nouvelle victime. 

Les gouverneurs des cinq provinces rebelles ont accepté, à cette seule condition, d'envoyer leur porte-parole, Mario Cossio, gouverneur de la région de Tarija (sud), reprendre des négociations au palais présidentiel de La Paz, après des affrontements qui ont fait 18 morts et une centaine de blessés.

Ces provinces riches rejettent le projet de Constitution socialiste et le projet de réforme agraire que M. Morales, premier président amérindien, veut faire adopter par référendum dans ce pays de 10 millions d'habitants, le plus pauvre d'Amérique du sud.

"Malgré les conditions précaires, nous faisons tout notre possible pour poursuivre le dialogue et espérons que le gouvernement n'ajoutera pas des élements causant encore plus d'incertitude", a déclaré M. Cossio, le visage grave, lors d'une déclaration commune.

"S'il y a un seul mort, un seul blessé, ce sera la rupture de toute possibilité de dialogue", a averti Ruben Costas, son collègue de Santa Cruz (est), où se tenait la réunion des gouverneurs.

Cet ultimatum n'a toutefois guère de chance de mettre fin à la confusion qui règne en Bolivie où l'état de siège, instauré par le président Evo Morales dans la région de Pando (nord) et décrié par les gouverneurs, n'a pas permis d'enrayer la vague de violence.

Des bandes armées ont multiplié les accrochages avec les forces de l'ordre dans cette région amazonienne de 70.000 habitants, où les accès étaient coupés. L'armée y a renforcé ses effectifs pour déloger des groupes radicaux des bâtiments publics et mettre fin aux pillages.

Chef de file de la gauche anti-américaine, son allié vénézuélien Hugo Chavez a même reproché à certains militaires boliviens de rester les "bras ballant", exhortant l'armée à réaffirmer son soutien à M. Morales.

La veille, des affrontements avaient opposé à coup de barres de dynamite des paysans fidèles à M. Morales et des militants autonomistes, faisant un blessé grave à Tiquipaya, dans la région de Santa Cruz.

La crise a ravivé les tensions ethniques dans ce pays fracturé entre les partisans du chef de l'Etat, en majorité des paysans pauvres des Andes, et la population métisse ou blanche qui vit dans les plaines de l'est et du sud où sont concentrées les terres fertiles et les hydrocarbures. Loin d'apaiser le climat, le chef de l'Etat a galvanisé samedi soir ses partisans, les appelant à "mourir pour la patrie" et dénonçant une tentative de "coup d'Etat fasciste et raciste".

"Ils peuvent bien faire tomber l'Indien, mais le peuple bolivien, le peuple révolutionnaire, ne va pas tomber. Il faut défendre le changement à tout prix", a-t-il clamé lors d'un grand rassemblement à Cochabamba, dans le centre du pays.

Elu en 2006, cet ancien planteur de coca de 48 ans a aussi ravivé les hostilités avec les Etats-Unis, qu'il a accusés d'orchestrer les troubles, justifiant ainsi l'expulsion de leur ambassadeur, Philip Godberg, appelé à regagner dimanche son pays.

Seule note positive, les chefs d'Etat de la région se sont engagés à tout faire pour désamorcer la crise, lors d'une réunion extraordinaire de l'Union des Nations sud-américaines (Unasur) prévue lundi au Chili.

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, attendu à Santiago, a exhorté tous les Boliviens à faire des efforts pour parvenir à la paix. "Si nous prenons une décision et qu'aucune des parties ne la respectent, la réunion ne servira à rien", a-t-il averti.

Carte de la Bolivie et localisation des régions autonomistes

http://fr.news.yahoo.com/afp/20080914/twl-bolivie-violences-constitution-prev-4bdc673.html


Crise diplomatique entre le Venezuela et les USA, Chavez crie au complot

AFP - vendredi 12 septembre 2008

CARTE POLITIQUE AMERIQUE LATINE

Le président du Venezuela Hugo Chavez a ranimé la vieille querelle l'opposant au gouvernement américain qu'il accuse d'avoir fomenté un complot pour le renverser ou le tuer, et donné 72 heures à l'ambassadeur de Washington à Caracas pour quitter le pays.

AFP - CARACAS (AFP) - Le président du Venezuela Hugo Chavez a ranimé la vieille querelle l'opposant au gouvernement américain qu'il accuse d'avoir fomenté un complot pour le renverser ou le tuer, et donné 72 heures à l'ambassadeur de Washington à Caracas pour quitter le pays. 

Comme attendu, vendredi Washington a répliqué en sommant l'ambassadeur du Venezuela Bernardo Alvarez de quitter les Etats-Unis et le département américain du Trésor a annoncé le gel des actifs de trois fonctionnaires vénézuéliens accusés de collaboration avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxiste).

Washington tentait vendredi de minimiser la crise avec l'Amérique latine en attribuant l'expulsion de ses diplomates de Bolivie et du Venezuela à des problèmes internes dans ces deux pays.

"Cela reflète la faiblesse et le désespoir de ces dirigeants confrontés à des défis internes et leur incapacité à communiquer efficacement à l'étranger pour obtenir un soutien international", a ajouté le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack au cours d'un point de presse.

Un complot présumé de coup d'Etat et d'assassinat du président Hugo Chavez a été révélé jeudi par la diffusion dans un programme de la télévision publique d'un enregistrement de trois militaires vénézuéliens en pleine conspiration.

Dès cet instant, le président Chavez, appuyé par son gouvernement et son parti PSUV (socialiste), a accusé les Etats-Unis et leur président George W. Bush, d'en être l'origine.

Hugo Chavez a dans la foulée annoncé l'ordre d'expulsion sous 72 heures de l'ambassadeur américain à Caracas, en solidarité avec la Bolivie qui avait la veille expulsé le représentant américain à La Paz, accusé d'encourager les troubles dans ce pays. Les Etats-Unis ont décidé à leur tour d'expulser l'ambassadeur de Bolivie à Washington.

"A partir de ce moment, l'ambassadeur yankee à Caracas a 72 heures pour quitter le Venezuela, en solidarité avec la Bolivie", a annoncé Chavez lors d'un rassemblement de son parti à Puerto Cabello, à 120 km à l'ouest de Caracas. "Allez au diable, yankees de merde", a-t-il ajouté.

"Je veux éviter la guerre civile au Venezuela et qu'ils me tuent. Je n'ai pas peur pour moi, mais de ce qui adviendrait ensuite", a affirmé M. Chavez qui a déjà été la cible d'un coup d'Etat déjoué, en avril 2002.

Selon la presse locale, ce complot présumé visant Chavez et son gouvernement mérite une attention limitée en comparaison de la relation du Venezuela avec les Etats-Unis à la suite de la décision d'expulsion de l'ambassadeur américain Patrick Duddy.

Les principaux quotidiens nationaux avaient d'ailleurs choisi vendredi d'axer leur "une" sur la crise diplomatique. "L'ambassadeur des Etats-Unis expulsé", titrait Ultimas Noticias et "Le président Chavez expulse l'ambassadeur des Etats-Unis", pour El Nacional.

Quant au quotidien El Universal, il a pris le parti de lier cette crise diplomatique au procès dit de "la mallette" qui se déroule à Miami (Etats-Unis, sud). Cette affaire implique quatre ressortissants sud-américains, accusés d'être des agents du gouvernement vénézuélien qui ont introduit en contrebande une somme de 800.000 dollars en Argentine destinée à la campagne électorale de Cristina Kirchner. Un procès que le président Chavez a qualifié de "show" (spectacle).

Plusieurs militaires soupçonnés d'être impliqués dans ce complot présumé ont été arrêtés et interrogés. Le vice-amiral de la Marine, à la retraite, Carlos Millán, a rejeté ces accusations et affirmé qu'il n'avait aucune intention de fuir le pays.

"Les prochains jours, les prochaines semaines vont être difficiles mais nous résisterons à l'agression impérialiste", a prévenu Chavez devant un parterre de centaines de ses partisans qui s'étaient rendus au palais présidentiel jeudi soir en témoignage de solidarité.


Chili : 11 septembre, l'anniversaire du coup d'Etat de Pinochet marqué par des violences

AP - Vendredi 12 septembre 2008

SANTIAGO - Trente et une personnes ont été blessées et 234 arrêtées au Chili suite à des violences qui ont marqué le 35e anniversaire du coup d'Etat mené le 11 septembre 1973 par Augusto Pinochet contre le président Salvador Allende. 

Des commerces ont été pillés et 190.000 foyers privés de courant après que des lignes électriques eurent été endommagées à Santiago. Selon la police, des troubles ont éclaté dans quatre autres villes dans la nuit de jeudi à vendredi. Au total, 22 policiers et neuf civils ont été blessés.

La présidente du Chili Michelle Bachelle a marqué l'anniversaire du coup d'Etat jeudi. Le défunt général Augusto Pinochet avait dirigé le Chili jusqu'au rétablissement de la démocratie en 1990. AP


Bolivie : au moins deux morts dans des affrontements, crise diplomatique avec Washington

Les vives tensions en Bolivie ont déclenché une crise diplomatique entre ce pays, en proie à une flambée de violence, et les Etats-Unis, lorsque le président socialiste Evo Morales a exigé l'expulsion de l'ambassadeur américain, accusé d'encourager les divisions.

De violents affrontements entre des partisans du président bolivien Evo Morales et des militants de l'opposition ont fait jeudi au moins deux morts et une dizaine de blessés dans le département de Pando (nord), ont annoncé les autorités.

Les autorités de la région opposée au président Morales ont annoncé la mort de deux personnes à la suite de ces échaufourrées, survenues entre des paysans, soutenant le chef de l'Etat et des groupes de jeunes dans la localité de Porvenir.

Le chef de l'Etat bolivien, allié du président vénézuélien Hugo Chavez, a réclamé mercredi le départ de l'ambassadeur des Etats-Unis, Philip Goldberg, accusé de fomenter la "division de la Bolivie".

Le chef de l'Etat bolivien, allié du président vénézuélien Hugo Chavez, a réclamé mercredi le départ de l'ambassadeur des Etats-Unis, Philip Goldberg, accusé de fomenter la "division de la Bolivie".Mercredi, Evo Morales a fustigé l'ambassadeur américain Philip Goldberg pour son soutien supposé aux manifestations et exigé son départ.

Le gouvernement de gauche, qui doit faire face à de violentes manifestations de l'opposition, a dénoncé une "menace de guerre civile" de la part de "groupes fascistes".

Evo Morales, premier président indigène de l'histoire de la Bolivie, tenant de l'anti-libéralisme, est confronté depuis des mois à la fronde de cinq des neuf gouverneurs provinciaux, qui refusent un projet de constitution qualifiée d'"étatiste et indigéniste" par les opposants de droite et réclament la reconnaissance des autonomies régionales.

Ce projet doit être soumis à un réferendum le 7 décembre.

Des affrontements se sont déroulés jeudi matin dans la région de Pando (nord) entre des paysans partisans du président Morales et des groupes de jeunes opposants. Deux personnes ont été blessées par balles dans la banlieue de Cobija (20.000 habitants), la capitale de Pando, non loin de la frontière brésilienne, indiquent des radios locales.

Depuis mardi, des manifestations émaillées de violences, notamment de la part de groupes étudiants, ont éclaté dans les provinces de Santa Cruz, dans l'est du pays, et Tarija (sud), en soutien aux gouverneurs autonomistes de ces régions.

Mercredi, Evo Morales a fustigé l'ambassadeur américain Philip Goldberg pour son soutien supposé aux manifestations et exigé son départ.

"Celui qui cherche la division de la Bolivie, c'est l'ambassadeur des Etats-Unis", a lancé le président. "Sans avoir peur de l'empire (les Etats-Unis), je déclare M. Goldberg persona non grata", a-t-il ajouté.

A Washington, un porte-parole du département d'Etat, Gordon Duguid, a qualifié ces accusations d'"infondées".

Rapidement, Hugo Chavez a apporté son soutien au dirigeant bolivien. "Le président Morales se trouve à la tête de son peuple, défendant la souveraineté de la Bolivie et nous serons avec lui", a-t-il assuré.

L'ambassadeur américain était depuis plusieurs mois dans la ligne de mire des autorités.

Il n'a pas spécialement "le profil bas et incarne une diplomatie dure", a déclaré à l'AFP Hervé Do Alto, chercheur basé à La Paz, estimant que la décision de le déclarer persona non grata faisait partie d'"un processus qui n'a rien de surprenant".

A plusieurs reprises, le gouvernement s'en était pris à l'ambassadeur à propos du rôle que les Etats-Unis entendent jouer dans la lutte contre la culture de la coca, qui sert à la fabrication de la cocaïne.

Le gouvernement a été particulièrement irrité par une récente rencontre entre l'ambassadeur des Etats-Unis et le gouverneur de Santa Cruz, Ruben Costas, le plus farouche opposant libéral au président Morales.

"On lui reproche aussi des réunions privées à Santa Cruz", ajoute un diplomate à La Paz.

L'opposition bolivienne a poursuivi mercredi son mouvement de protestation contre la politique d'Evo Morales, au lendemain de manifestations violentes qui ont éclaté en particulier à Santa Cruz, la région la plus riche de la Bolivie, et à Tarija, celle qui détient les principales ressources en hydrocarbures.

Une explosion, qualifiée d'"acte terroriste" par les autorités, a endommagé mercredi un gazoduc du sud de la Bolivie alimentant le Brésil. Des groupes de jeunes manifestants ont par ailleurs provoqué l'arrêt de la livraison de gaz naturel à l'Argentine et partiellement au Brésil, en occupant une station de pompage d'un gazoduc du sud de la Bolivie.

Le porte-parole du gouvernement, Yvan Canelas, a accusé les gouverneurs régionaux opposés au président Morales de "chercher la guerre civile", mais il a écarté une éventuelle déclaration de l'état de siège.

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Les tensions en Bolivie font au moins 2 morts et déclenchent une crise avec Washington

AFP - LA PAZ (AFP) - Les vives tensions en Bolivie, qui ont déclenché une crise diplomatique entre La Paz et Washington, se sont aggravés jeudi avec des affrontements faisant au moins deux morts tandis que le président Morales avertissait que sa patience "avait des limites".

Alors que les manifestations anti-gouvernementales se poursuivent dans les cinq régions du pays, les heurts entre partisans du gouvernement socialiste et militants d'opposition ont fait jeudi au moins deux morts et une dizaine de blessés dans le département de Pando (nord) selon les autorités régionales.

Devant les affrontements sporadiques mais violents en Bolivie, le président vénézuélien Hugo Chavez, proche allié de M. Morales, s'est autorisé lui-même à intervenir en Bolivie. "Si Evo était renversé, était tué, qu'ils sachent, les putchistes de Bolivie, qu'ils m'ont donné le feu vert pour soutenir tout mouvement armé" a prévenu M Chavez dans un message télévisé tout en assurant qu'il "voulait la paix".

Face aux manifestations anti-gouvernementales qui se poursuivent dans cinq régions, le chef de l'Etat bolivien a averti l'opposition que "la patience a des limites". "Nous allons faire preuve de patience, de prudence, comme toujours tenter d'éviter la confrontation, nous allons faire le gros dos, mais la patience a des limites" a-t-il affirmé.

Le président socialiste avait exigé mercredi l'expulsion de l'ambassadeur américain, accusé d'encourager les divisions. Le chef de l'Etat bolivien a réclamé le départ de l'ambassadeur des Etats-Unis, Philip Goldberg, accusé de fomenter la "division de la Bolivie".

"La décision de président Morales est une grave erreur qui a sérieusement mis à mal les relations bilatérales" a rétorqué jeudi le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormak.

En signe d'apaisement, le ministre bolivien de la présidence, Juan Ramon Quitana, a assuré jeudi que la déclaration de persona non grata de l'ambassadeur Philip Goldberg n'entraînait pas "nécessairement" la rupture des relations diplomatiques.

Le gouvernement de gauche, confronté à de violentes manifestations de l'opposition, a dénoncé une "menace de guerre civile" de la part de "groupes fascistes".

Evo Morales, premier président indigène de l'histoire de la Bolivie, tenant de l'anti-libéralisme, est confronté depuis des mois à la fronde de cinq des neuf gouverneurs provinciaux, qui refusent un projet de constitution qualifiée d'"étatiste et indigéniste" par les opposants de droite et réclament la reconnaissance des autonomies régionales.

Ce projet devrait être soumis à un réferendum le 7 décembre.

Des affrontements se sont déroulés jeudi matin dans la région de Pando (nord) entre des paysans partisans du président Morales et des groupes de jeunes opposants. Deux personnes ont été blessées par balles dans la banlieue de Cobija (20.000 habitants), la capitale de Pando, non loin de la frontière brésilienne, selon des radios locales.

Depuis mardi, des manifestations sporadiques mais violentes, notamment de la part de groupes étudiants, ont éclaté dans les provinces de Santa Cruz, dans l'est du pays, et Tarija (sud), en soutien aux gouverneurs autonomistes de ces régions.

L'ambassadeur américain, Philip Goldberg, était depuis plusieurs mois dans la ligne de mire des autorités. Il n'a pas spécialement "le profil bas et incarne une diplomatie dure", a déclaré à l'AFP Hervé Do Alto, chercheur en sciences politiques basé à La Paz, estimant que la décision de le déclarer persona non grata faisait partie d'"un processus qui n'a rien de surprenant".

A plusieurs reprises, le gouvernement s'en était pris à l'ambassadeur à propos du rôle que les Etats-Unis entendent jouer dans la lutte contre la culture de la coca, qui sert à la fabrication de la cocaïne et accusé l'USAID de rétribuer les opposants de droite.

Le gouvernement a été surtout irrité par une récente rencontre entre l'ambassadeur américain et le gouverneur de Santa Cruz, Ruben Costas, le plus farouche opposant libéral au président Morales.

L'approvisionnement du Brésil en gaz naturel a une nouvelle fois diminué jeudi à cause de la prise de contrôle par les manifestants d'une nouvelle station de pompage dans la région de Chuquisaca (sud-ouest) opéré par la compagnie franco-brésilienne Transierra.

Depuis trois jours la Bolivie ne parvient à fournir au Brésil que 11 millions de Mètres cubes par jours (MMCJ) sur un total de 31 MMCJ prévus.

http://fr.news.yahoo.com/afp/20080911/twl-bolivie-usa-violence-prev-2fbcb6e.html

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