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3ème guerre mondiale : quand a-t-elle débuté ?

Le terrorisme caucasien n'est pas le djihad

La Russie a longtemps justifié par la lutte contre «le terrorisme international» ses actions et ses exactions.

Lors de la deuxième guerre de Tchétchénie, plusieurs experts et politiques français avaient affirmé qu'au fond, la Russie combattait dans la région un ennemi commun: le terrorisme islamiste. Un argument régulièrement brandi par le Kremlin pour justifier ses actions et ses exactions en Tchétchénie et dont il convient de questionner le bienfondé.

Une chose est sûre: terrorisme il y a, bien évidemment, en Russie. Dans les républiques «autonomes» de Tchétchénie, d'Ingouchie et du Daguestan, la situation s'est aggravée depuis quelques mois. Et cela même si en avril 2009, Moscou a déclaré que la situation étaient définitvement réglée en Tchétchénie, après avoir, en gros, tenté d'y éliminer toute la génération masculine des 15-45 ans. Cette semaine, quatre policiers ont été tués dans un attentat suicide à Grozny, tandis que le 17 août, en Ingouchie, un autre attentat faisait au moins 27 victimes civiles.

Selon le ministère de l'Intérieur russe, 948 attentats à l'explosif ont eu lieu en 2008, dont plus de la moitié au sud du pays — c'est-à-dire, dans ce que nous appelons le Caucase Nord. Dans cette zone se multiplient à la fois les meurtres de policiers, de fonctionnaires, de ministres, enfin, de tous ceux soupçonnés de soutenir le pouvoir central de Moscou, et les assassinats de journalistes et d'humanitaires.

Moscou répond en envoyant ses forces armées et en donnant d'avantage de pouvoir aux dirigeants qu'elle a nommés dans ces républiques. Elle justifie son attitude par la lutte contre le djihadisme mondial.

La deuxième guerre tchétchène a vu brandir d'avantage de slogans religieux que de revendications séparatistes. Et dans l'ensemble, certaines tendances ont pu laisser prédire une internationalisation du terrorisme tchétchène. En 2005, Abdoul-Khalim Saïdoullaïev, «président» du gouvernement clandestin tchétchène, tué par les Russes en 2006, a fondé un «Front nord-caucasien». Quant au chef de guerre Chamil Bassaïev, il comptait instaurer en cas de victoire un califat fondamentaliste s'étendant au-delà des frontières tchétchènes.

Ajoutons que des combattants islamistes non caucasiens ont bien rejoint les rangs tchétchènes, même si deux chercheurs, Emil Souleimanov et Ondrej Ditrych, estiment qu'ils n'ont jamais dépassé le nombre de 300. Enfin, Al-Qaïda a affirmé à plusieurs reprises qu'elle comptait bien sur le Caucase Nord pour lutter contre l'Occident. Ces faits n'inscrivent pourtant pas vraiment le terrorisme nord-caucasien dans le djihad mondial.

L'élimination de chefs du type Bassaïev a d'abord beaucoup contribué à faire passer de mode une attirance superficielle pour le «djihadisme global». Mais surtout, il semble clair que l'instabilité dramatique de la région caucasienne n'est pas tant due à la présence d'éléments islamistes qu'au caractère complètement sinistré de son économie. Le taux de chômage chez les jeunes Daghestanais est de 41%, 71% celui des jeunes Ingouches. La corruption est loi et la guerre de Tchétchénie a favorisé les trafics en tous genres dans la région. Le résultat est une délinquance généralisée, dont la frontière avec le terrorisme est des plus floues. Les vendettas entre clans, les affrontements de jeunes hommes désœuvrés et armés avec les forces armées russes et les réels actes terroristes se combinent pour rendre la zone extrêmement dangereuse.

Concluons sur une apparente contradiction de la politique étrangère russe. La Russie affirme lutter contre le terrorisme mondial mais cultive ses relations avec l'Iran, la Syrie, le Hamas palestinien. Tout en entretenant dans le même temps des liens avec Israël, les deux pays échangeant leurs expériences de la lutte contre les guérillas. On expliquera cette attitude en se disant qu'en diplomatie et par tradition, la Russie aime les positions intermédiaires.

Macha Fogel

Image de une: après l'attentat contre une caserne de Nazran, en Ingouchie, le 17 août 2009, qui a fait au moins 19 morts. REUTERS

http://www.slate.fr/story/9675/la-russie-combat-elle-le-%C2%AB-terrorisme-international-%C2%BB-dans-le-caucase


Une militante russe, proche de Politkovskaïa, assassinée

Le jeudi 16 juillet 2009 à 11H30 

C'est mercredi 15 juillet au matin, à Grozny, que des inconnus ont enlevé Natalia Estemirova. Elle a été retrouvée morte quelques heures plus tard en Ingouchie voisine. La militante des droits de l'homme avait pour habitude de dénoncer, dans les médias russes, les atteintes commises par les services de sécurité en Tchétchénie.

"Je sais avec certitude qui est responsable du meurtre de Natalia (...) Son nom est Ramzan Kadirov", écrit Oleg Orlov, président de Memorial, sur le site internet de l'organisation.

"Ramzan avait déjà menacé et insulté Natalia, qu'il considérait comme une ennemie personnelle", poursuit-il.

Le président tchétchène, cité par Interfax, avait jugé un peu plus tôt que les auteurs de ce crime "monstrueux" ne méritaient "aucun soutien" et devaient subir "un châtiment digne des criminels les plus cruels". A Moscou, son homologue russe Dmitri Medvedev s'est dit "indigné" et a ordonné l'ouverture d'une enquête.

Plusieurs assassinats de militants des droits de l'homme et de journalistes russes ont soulevé récemment l'indignation de la communauté internationale et mis en doute les promesses des autorités en faveur du respect de l'Etat de droit.

Les Etats-Unis "troublés" et "tristes"

Le plus retentissant a été celui d'Anna Politkovskaïa, journaliste très critique à l'égard du Kremlin, tuée en 2006 dans le centre de Moscou. L'affaire n'a toujours pas été élucidée.

Parce qu'elle parlait couramment le tchétchène, Natalia Estemirova lui a servi d'interprète lorsqu'elle enquêtait sur les actes de l'armée russe dans la petite république du Nord-Caucase.

Elle a été, en 2007, la première lauréate du "prix Anna Politkovskaïa", décernée par l'organisation caritative Reach All Women in War (RAWinWAR). Agée d'une cinquantaine d'année, elle vivait seule avec sa fille.

L'ONG Human Rights Watch a précisé que Natalia Estemirova travaillait sur des dossiers extrêmement délicats de violations des droits en Tchétchénie.

 Exprimant le "trouble profond" et la "tristesse" des autorités américaines, Mike Hammer, porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison blanche, a invité le gouvernement russe "à livrer les responsables de ce crime révoltant à la justice et à démontrer que l'anarchie et l'impunité ne seront pas tolérés".

http://fr.news.yahoo.com/78/20090716/twl-une-militante-russe-proche-de-politk-5231d91.html

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Natalia Estemirova ou la mort à petit feu des droits de l'homme en Tchétchénie

Tout le monde savait qu'elle était menacée, elle la première." Pour Anne Le Huérou, chargée de mission à la Fédération internationale des droits de l'homme, comme pour la plupart des connaisseurs de la situation en Tchétchénie, le meurtre, mercredi 15 juillet, de Natalia Estemirova n'est pas une surprise.

Son travail et sa volonté inébranlable de dénoncer les exactions commises en Tchétchénie depuis 2000 avaient fini par faire d'elle la femme à abattre dans la région. Journaliste de formation, cette militante de 50 ans sillonnait sans relâche la Tchétchénie pour traquer les violations des droits de l'homme. Principale responsable de l'ONG russe Memorial dans cette république, elle détenait beaucoup d'informations, travaillait avec des avocats, des journalistes russes ou étrangers qui trouvaient en elle une interlocutrice sérieuse, fiable et expérimentée.

"Les gens de la région eux-mêmes s'adressaient directement à elle, ils se confiaient à elle", raconte Shakhman Akboulatov, du bureau de Memorial à Grozny, la capitale de la Tchétchénie. Une chose peu courante dans cette région, où le mutisme est plutôt de mise. "Grâce à son sérieux, son écoute et sa gentillesse, elle avait réussi à gagner la confiance des gens", ajoute-t-il. "Elle était l'une des plus expérimentées à travailler dans cette région", renchérit Mme Le Huérou.

"RAMZAN KADYROV A MIS EN PLACE UNE VÉRITABLE TERREUR D'ETAT"

Car Natalia Estemirova exerçait en Tchétchénie depuis presque dix ans. Arrivée lors de la seconde guerre de Tchétchénie (1999-2000), elle n'avait cessé, depuis, d'enquêter sur les abus et violations des droits de l'homme et sur les conditions des femmes, victimes de meurtres commis en toute impunité. Relativement protégée par son statut au début de la guerre, elle était de plus en plus menacée depuis que les chars russes avaient quitté Grozny pour laisser la région entre les mains toutes-puissantes de Ramzan Kadyrov, président de la Tchétchénie. "Ramzan Kadyrov a alors mis en place une véritable terreur d'Etat, un règne de la peur", explique Mme Le Huérou.

Ces derniers mois, ses conditions de travail étaient devenues de plus en plus difficiles. La dénonciation de trop, selon Anne Le Huérou, fut celle d'une exécution publique d'un présumé combattant tchétchène. "Elle gênait de plus en plus. Elle avait reçu des menaces directes de Ramzan Kadyrov, car son travail l'empêchait de faire croire que tout se passait bien en Tchétchénie, que le calme et la prospérité étaient revenus. Si M. Kadyrov n'est pas directement responsable de ce meurtre, il en a en tout cas clairement à l'avance absous les auteurs. Et les autorités russes ont accepté cela sur leur sol, elles ont laissé faire, elles en portent la responsabilité", accuse Mme Le Huérou.

Car si Dmitri Medvedev, le président de la Russie, a "fait part de son indignation devant ce meurtre" et a, surtout, reconnu que "ce meurtre prémédité [était] lié à l'activité professionnelle de Natalia Estemirova", pour Memorial, les autorités russes sont au moins complices de ce crime. Une enquête a été ouverte mais, selon Anne Le Huérou, "une enquête telle que celle qui a suivi le meurtre d'Anna Politkovskaïa en 2006 est à craindre". C'est-à-dire une investigation qui aboutirait dans le meilleur des cas à la mise en cause de seconds couteaux mais non des auteurs principaux ni des commanditaires.

"NOUS N'ABANDONNONS PAS"

Dans cette région où, comme le note l'association Human Rights Watch,"les enlèvements sont encore une pratique courante pour se débarrasser de ceux qui critiquent le pouvoir", défendre les droits de l'homme relève de plus en plus d'une mission quasi impossible. L'assassinat de Natalia Estemirova est le dernier d'une longue série de meurtres "punitifs".

"Beaucoup de défenseurs des droits de l'Homme comparent le régime de Kadyrov aux années 1936-1938, lors de la pire période de la terreur stalinienne. Il semble que désormais, le seul choix restant soit de se rallier à Ramzan Kadyrov", déplore Anne Le Huérou. A l'antenne de Grozny de l'ONG Mémorial, on veut garder encore un peu d'espoir. "Nous n'abandonnons pas. Nous resterons prudents, mais nous allons continuer notre travail", assure M. Akboulatov.


AF447: Danko, le système qui aurait pu localiser l'A330 (chercheur russe)

Science le 10.06.09 

MOSCOU, 10 juin - RIA Novosti. Le nouveau système spatial russe Danko aurait permis de détecter immédiatement l'Airbus A330 d'Air France qui s'est abîmé le 1er juin dans l'Atlantique et dont l'épave reste introuvable, a déclaré mercredi à Moscou son concepteur Iossif Einbinder, spécialiste de la télécommunication par satellite.

"Si un avion disparaît des écrans radars, combien de temps reste-t-il avant sa chute? 50 secondes au maximum. Combien de temps faut-il attendre pour qu'un satellite en orbite basse (du système de recherche international Cospas-Sarsat) arrive dans le secteur où se trouve l'avion et pour qu'il capte le signal de détresse? Trois ou quatre heures. L'Airbus français a émis 24 signaux... Mais à qui? Les balises de détresse ne restent généralement pas en surface si un avion tombe d'une grande altitude. L'avion ne sera plus là quand le satellite survolera le lieu de l'accident", a déclaré le professeur Einbinder au journal russe Moskovski Komsomolets.

"Personne ne sait localiser rapidement le lieu d'une catastrophe aérienne. La tragédie de l'Atlantique en est la preuve. On utilise le système de recherche universellement reconnu Cospas-Sarsat (basé sur l'utilisation de plusieurs satellites en orbite basse) depuis trente ans... Mais à mon avis, ce système ne convient pas à l'aviation. Il a été conçu pour déterminer les coordonnées des navires en détresse", a indiqué le chercheur. Un navire en perdition, même très endommagé, reste en surface pendant plusieurs heures ce qui permet de le localiser au moyen de Cospas-Sarsat.

Le système de collecte d'informations par satellite Danko a été créé par un groupe de chercheurs dirigé par M.Einbinder à l'époque de l'URSS. Il était notamment destiné à déterminer les lieux de catastrophe à 100 m près en 5 secondes. Les essais du système se sont achevés avec succès en 1999 et Danko devait être mis en exploitation à partir de 1999, "mais l'Agence spatiale et aéronautique russe (Rosaviakosmos) nous a déclaré que la Russie continuerait d'utiliser le système international Cospas-Sarsat approuvé par tous les pays civilisés et prévu par les normes internationales de sécurité aérienne et qu'il ne fallait inventer rien d'autre", a noté le chercheur.

Le système Danko repose sur cinq satellites géostationnaires. "Les balises de détresse envoient un signal d'alerte à l'un des satellites géostationnaires qui évoluent à une altitude de 36.000 km. Cinq satellites couvrent l'ensemble de la Terre... Le signal codé envoyé de n'importe quel point du globe sera capté par l'un des satellites qui le retransmettra au centre de collecte d'information. Où que vous soyez, votre signal d'alerte sera entendu et votre lieu sera déterminé à l'instant", a indiqué le spécialiste.

Le système permet de suivre la chute d'un avion dès l'apparition des premières défaillances jusqu'au crash et d'analyser les causes de l'accident avant même la découverte des enregistreurs de vol, parce que les balises de détresse envoient "entre autres des données sur le changement de paramètres de vol", selon M.Einbinder.

Le système n'implique pas le lancement de nouveaux satellites, il peut recourir aux appareils déjà en place - deux satellites américains et les satellites européen, japonais et russe, a ajouté le chercheur.

http://fr.rian.ru/science/20090610/121939848.html


Reprise de la coopération militaire entre l'OTAN et la Russie

L'OTAN et la Russie sont convenus de reprendre leur coopération militaire après un gel de dix mois dû à la guerre entre la Russie et la Géorgie en août dernier, a annoncé samedi à Corfou (Grèce) le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Jaap de Hoop Scheffer.

M. de Hoop Scheffer, dont le mandat arrive à expiration, a expliqué qu'il a eu pour ambition de laisser à son successeur un Conseil OTAN-Russie "en fonctionnement". Il a ajouté être parvenu à cet objectif. Le Conseil OTAN-Russie se réunit ce week-end à Corfou en présence des ministres des Affaires étrangères des pays de l'OTAN et de leur homologue russe.

C'est la permière réunion à ce niveau depuis le conflit en Géorgie. AP


L'Abkhazie et l'Ossétie du Sud confient à Moscou leur défense

Jeudi 30 avril 15H46 : http://fr.news.yahoo.com/4/20090430/twl-russie-georgie-bd5ae06_2.html

L'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, deux provinces géorgiennes sécessionnistes reconnues comme indépendantes par Moscou, ont confié à la Russie la défense de leurs frontières avec la Géorgie.

A Bruxelles, l'Otan a estimé que ces transferts de responsabilité étaient en contradiction avec les accords de paix conclus sous médiation européenne après le bref conflit armé entre la Russie et la Géorgie l'été dernier.

"Jusqu'à ce qu'elle forme ses propres gardes-frontières, la partie abkhaze délègue à la Fédération russe l'autorité pour garder les frontières de son Etat afin d'assurer sa sécurité", indique le texte de l'accord signé au Kremlin entre le président russe Dmitri Medvedev et les dirigeants de l'Abkhazie, non reconnues par le reste de la communauté internationale, à l'exception du Nicaragua.

L'accord, dont une version similaire a été paraphée avec l'Ossétie du Sud, précise que ce transfert de responsabilité entre en vigueur pour une durée minimale de cinq ans et que ni l'Abkhazie ni l'Ossétie du Sud n'auront de compétence juridique sur les postes-frontières russes.

Cette initiative est prise une semaine avant le début de manoeuvres militaires conduites par l'Otan en Géorgie, dont Moscou critique vivement la tenue, faisant valoir qu'elles ne constituent pas le message souhaitable pour Tbilissi et risquent de déstabiliser la région.

"Les exercices prévus de l'Otan sont une provocation, en dépit de tout ce que peuvent nous dire nos partenaires occidentaux pour tenter de nous convaincre du contraire", a dit Medvedev après avoir paraphé ces accords. "Ceux qui prennent ces décisions devront assumer l'entière responsabilité de toute conséquence négative", a-t-il ajouté.

Moscou a reconnu l'an dernier les deux régions comme des Etats indépendants, envers et contre les pays occidentaux, après un bref conflit armé avec la Géorgie qui avait tenté d'en reprendre le contrôle.

Les désaccords entre Occidentaux et Russes au sujet de la Géorgie risquent de faire obstacle aux efforts de rapprochement du président russe et de son homologue américain Barack Obama.

Après sa première rencontre avec Medvedev le 1er avril, Obama avait noté que le point de vue négatif de Washington sur la guerre de l'été dernier et ses conséquences restait inchangé.

Pour l'Otan, ce nouveau développement dans les relations entre Moscou et les deux provinces séparatistes de Géorgie "ne servent pas les intérêts de la paix et de la sécurité à long terme dans la région du Sud-Caucase", a réagi un porte-parole de l'Alliance.

Il risque de tendre davantage encore les relations avec Moscou, de même que l'expulsion pour espionnage de deux diplomates russes accrédités auprès de l'Otan.

Quelque 1.300 soldats de 19 pays doivent participer du 6 mai au 1er juin aux manoeuvres de l'Otan en Géorgie. Moscou redoute que ces exercices n'incitent le président géorgien Mikheïl Saakachvili à se réarmer.

version française Pascal Liétout et Henri-Pierre André


Appels au calme en Géorgie après les affrontements de Tbilissi

Jeudi 7 mai 15H10  http://fr.news.yahoo.com/4/20090507/twl-georgie-bd5ae06.html

L'Union européenne et l'influent patriarche de l'Eglise orthodoxe de Géorgie ont lancé des appels au calme dans le conflit entre l'opposition et le président Mikheil Saakachvili.  

Ce dernier, au pouvoir depuis janvier 2004, après la "révolution des roses", est menacé sur deux fronts : intérieur avec un vaste mouvement en faveur de sa démission à la suite notamment de la désastreuse guerre contre la Russie l'an dernier, et extérieur, Moscou ne lui pardonnant pas ses avances envers l'Otan.

Mercredi soir, des heurts ont opposé plusieurs dizaines de partisans de l'opposition, qui organisent depuis début avril des manifestations anti-Saakachvili, à la police aux abords du commissariat central de la capitale, Tbilissi.

Ces affrontements ont fait 28 blessés - 22 manifestants et six policiers.

Les manifestants demandaient la libération de trois opposants détenus dans le commissariat, accusés d'avoir frappé un journaliste.

A la demande du chef de l'Eglise orthodoxe géorgienne, le patriarche Ilia II, les trois hommes ont été libérés. Ils ont affirmé avoir été battus par les policiers pendant leur détention.

Mardi, un bataillon blindé stationné près de Tbilissi s'était brièvement mutiné, au premier jour de manoeuvres de l'Otan dans le pays prévues pour durer un mois et que le Kremlin considère comme une provocation.

Tbilissi a accusé la Russie d'avoir voulu ourdir un complot plus large visant le président Saakachvili, neuf mois après le conflit de cinq jours qui a opposé les troupes de Moscou et celles de Tbilissi.

SITUATION "EXPLOSIVE"

Le patriarche Ilia a jugé dans la nuit de mercredi à jeudi que la situation risquait de devenir "explosive" et a exhorté l'opposition à contenir ses protestations dans les limites autorisées par la loi.

L'ambassadeur tchèque Ivan Jestrab, dont le pays assume jusqu'à la fin juin la présidence de l'Union européenne, a souhaité que le gouvernement géorgien et l'opposition ouvrent "des discussions en vue de parvenir à une solution politique pour sortir de la situation actuelle".

Il a attribué à l'opposition la responsabilité des violences de mercredi soir.

"L'attaque d'hier contre le commissariat était un acte criminel tout à fait intolérable dans une société démocratique", a-t-il dit à l'issue d'une réunion de diplomates étrangers au ministère géorgien des Affaires étrangères.

La guerre d'août dernier entre Moscou et Tbilissi a conduit à la proclamation d'indépendance de deux régions géorgiennes sécessionnistes, l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, appuyées par la Russie.

Une rencontre prévue ce jeudi entre responsables géorgiens, russes et sud-ossètes sur la ligne de démarcation, qui aurait été la seconde du genre sous les auspices de l'UE, a été annulée en raison d'un désaccord sur le lieu de rendez-vous.

La Russie a mis en cause l'attitude de la Géorgie alors que Tbilissi accusait l'Ossétie du Sud d'avoir boycotté cette rencontre.

Les observateurs européens chargés de surveiller le respect du cessez-le-feu ont cependant dit espérer que cette réunion puisse se tenir "dans un proche avenir".

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Mercredi 6 mai à 15H22 http://fr.news.yahoo.com/4/20090506/twl-georgie-otan-bd5ae06.html

Manoeuvres de l'Otan en Géorgie sous l'oeil de Moscou

L'Otan a entamé des manoeuvres militaires en Géorgie dans un climat de tension ravivée avec la Russie, qui a livré un bref conflit armé contre son voisin l'an dernier et parle aujourd'hui de "provocation".

De son côté, le président géorgien Mikheil Saakashvili a accusé Moscou d'être à l'origine d'une mutinerie matée mardi à la base de blindés de Moukhrovani, à l'est de Tbilissi. La Russie a nié toute implication dans cette affaire.

La mutinerie a pris fin sans effusion de sang mais a jeté une ombre sur les exercices de l'Alliance atlantique, dans le cadre desquels plus de mille soldats d'une douzaine de pays - dont les Etats-Unis - simuleront des ripostes à des situations de crise et formeront des unités au maintien de la paix.

Des soldats français et canadiens ont mis en place un centre de commandement à la base aérienne de Vaziani, anciennement utilisée par l'armée russe. Les prochains jours seront consacrés à la préparation d'exercices prévus à partir de la semaine prochaine, indiquent des responsables.

La Russie a critiqué ces manoeuvres appelées à durer un mois à sa frontière sud en les qualifiant de démonstration de force.

Le président Dmitri Medvedev y voit "une provocation" et le représentant de Moscou au siège bruxellois de l'Otan, Dmitri Rogozine, a déclaré mardi que l'alliance aurait aussi bien fait d'organiser ces exercices dans un asile de fous que dans un pays dont les soldats "se révoltent contre leur propre président".

Les adversaires politiques intérieurs de Saakachvili, qui ont paralysé le centre de Tbilissi durant des semaines en exigeant sa démission, mettent en cause les explications fournies par le gouvernement géorgien au sujet de la mutinerie.

"Il y a beaucoup de versions de ce qui s'est passé, mais celle qu'ont avancée les autorités est la moins crédible", a affirmé Tina Khidacheli, du Parti républicain (opposition).

DIPLOMATES EXPULSÉS

Les manoeuvres, projetées depuis un an, relancent les tensions entre la Russie et l'Otan au moment où les deux parties avaient repris des contacts officiels suspendus après la guerre entre Moscou et la Géorgie.

La Russie a écrasé en août une tentative de l'armée géorgienne pour reprendre le contrôle de l'Ossétie du Sud, province séparatiste de Géorgie. Les pays occidentaux avaient condamné l'initiative russe.

Le secrétaire général de l'Otan, Jaap de Hoop Scheffer, a estimé que nul ne devait "détourner ces manoeuvres".

Carmen Romero, porte-parole de l'Alliance, a dit qu'il ne s'agissait "pas de manoeuvres de l'Otan, mais de manoeuvres de l'Otan avec ses partenaires. (...) La Géorgie ne fait qu'accueillir ces manoeuvres et nul ne doit les interpréter autrement ni s'en servir à d'autres fins".

La Russie a encore assombri l'atmosphère en annonçant l'expulsion de deux diplomates canadiens du bureau d'information de l'Otan à Moscou. La semaine dernière, l'Alliance avait expulsé deux diplomates russes pour espionnage.

Les autorités géorgiennes ont affirmé que la mutinerie à la base de Moukhrovani s'inscrivait dans un complot téléguidé par Moscou en vue de perturber les exercices de l'Otan et de susciter une rébellion plus large contre Saakachvili.

La Russie a qualifié ces accusations d'insensées et affirmé en retour que Saakachvili cherchait à se soustraire ainsi à des semaines de manifestations visant à le faire démissionner pour atteinte à la démocratie et pour la défaite militaire de 2008.

Les exercices de l'Otan se déroulent à quelques kilomètres de la base de Moukhrovani. Les soldats appliqueront des schémas opérationnels en simulation de crise. L'entraînement au maintien de la paix aura lieu dans la seconde quinzaine de mai.

"L'entraînement multinational aura lieu selon le calendrier prévu", a déclaré le colonel géorgien Nougzar Tsintsadze.

L'Otan, qui a invité des pays extérieurs à l'alliance à y participer, souligne que les exercices ne constituent d'aucune façon une menace contre la Russie. Ils sont considérées comme un signe de solidarité avec la Géorgie, dont la candidature à l'Otan est gelée de facto depuis la guerre de l'an dernier.

L'Arménie, alliée de la Russie dans le sud du Caucase, a décidé mardi de les boycotter, rejoignant ainsi le Kazakhstan, la Serbie et la Moldavie dans leur refus d'y participer.

Matt Robinson, version française Henri-Pierre André, Philippe Bas-Rabérin

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Mardi 5 mai 1H09  http://fr.news.yahoo.com/4/20090505/twl-georgie-bd5ae06_2.html

Les autorités géorgiennes ont annoncé avoir maté une mutinerie dans une base située à l'est de Tbilissi, déjouant une tentative de soulèvement militaire téléguidée, selon elles, par Moscou.

Une mutinerie matée en Géorgie, Saakachvili accuse Moscou

La Russie, qui a défait en août les forces géorgiennes lors d'une bref conflit autour de la province séparatiste d'Ossétie du Sud, a affirmé que le président Mikheïl Saakachvili tentait de détourner l'attention de ses problèmes intérieurs en lui imputant cette tentative présumée de coup de force.

Kakha Kukavan, chef de l'opposition géorgienne, qui manifeste quotidiennement depuis un mois pour réclamer la démission de Saakachvili, a déclaré lui aussi à Reuters que le chef de l'Etat géorgien cherchait à faire diversion devant les difficultés qu'il affronte.

Cette soudaine poussée de fièvre intervient à la veille de manoeuvres communes entre l'Otan et la Géorgie, prévues de longue date, mais que Moscou avait demandé à l'Alliance atlantique d'annuler, les estimant "nocives dans les circonstances actuelles".

Quelques instants avant que le ministre géorgien de l'Intérieur n'annonce à Reuters par téléphone que la mutinerie de la base de blindés de Moukhrovani avait pris fin et que son commandant avait été arrêté, des officiers limogés et ses soldats consignés, Saakachvili avait évoqué une "grave menace".

Le président géorgien, politiquement déstabilisé par l'issue du bras de fer qu'il avait engagé avec la Russie l'an dernier en tentant de lui reprendre par la force le contrôle de l'Ossétie du Sud, a carrément mis en cause la Russie.

Dans une allocution télévisée, il a affirmé que les mutins avaient "des liens avec les forces spéciales d'un pays que nous connaissons" et a "demandé instamment à (son) voisin du Nord de s'abstenir de toute provocation".

La police géorgienne a tenu les journalistes à distance de la base de Moukhrovani, à une vingtaine de kilomètres de la capitale, et l'on ignore l'ampleur qu'a pu prendre la mutinerie de cette garnison qui compte plusieurs centaines d'hommes.

"ASILE DE FOUS"

Dans la matinée, le ministère géorgien de l'Intérieur avait annoncé avoir éventé des préparatifs de soulèvement militaire visant à perturber les manoeuvres de l'Otan et ourdis par des éléments à la solde de Moscou.

L'annonce de ce complot intervient le jour-même où l'opposition avait annoncé son intention de bloquer les axes routiers menant à Tbilissi, accentuant sa campagne pour obtenir le départ du président Saakachvili.

Avant son arrestation, le commandant de la base des mutins, Mamuka Gorgichvili, avait déclaré à l'agence de presse russe Interfax qu'il ne pouvait "regarder sans réagir le processus de déliquescence du pays et l'affrontement vers lequel il courait".

Des experts militaires à Tbilissi n'excluent pas que cette rébellion éphémère permette à Mikheïl Saakachvili de justifier le recours à la force pour empêcher l'opposition de bloquer les accès à la capitale et mettre fin à sa campagne pour le renverser .

Le représentant russe au siège bruxellois de l'Otan, Dmitri Rogozine, a déclaré que le soulèvement de la base de Moukhrovani était "juste une illustration de la crise politique et économique globale qui résulte de la présidence de Saakachvili".

Rogozine a estimé que ça n'aurait pas été pire pour l'Otan d'organiser ses manoeuvres dans un asile de fous plutôt que dans ce pays "dont les militaires ne peuvent accueillir correctement leurs collègues parce qu'ils se révoltent contre leur propre président".

L'Otan, dont un millier de soldats d'une douzaine de pays membres participeront durant un mois à une simulation de "réponse de crise" dans une ancienne base aérienne russe à l'est de Tbilissi, s'est refusée à tout commentaire sur les événements de mardi.

L'Alliance considère ces manoeuvres, prévues avant le conflit d'août dernier, comme une consolation pour un pays qui frappe à la porte de l'Otan mais dont l'adhésion ne fait pas l'unanimité et pourrait faire les frais du réchauffement des relations entre Washington et Moscou sous la présidence de Barack Obama.


Des missiles russes livrés à Téhéran, selon un député iranien

 La Russie a commencé à livrer à l'Iran des missiles sol-air S-300 susceptibles d'être utilisés par Téhéran lors d'une attaque aérienne israélienne ou américaine, déclare le vice-président de la commission des Affaires étrangères du Majlis.

"Après quelques années de pourparlers avec la Russie (...) le système S-300 est aujourd'hui en cours de livraison à l'Iran", indique Email Kosari, cité par l'agence de presse iranienne Irna.

Email Kosari n'a pas précisé quand avait commencé la livraison. Le ministère iranien des Affaires étrangères s'est refusé à tout commentaire.

En octobre, après une visite à Moscou du Premier ministre israélien Ehud Olmert, le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Andreï Nesterenko, avait affirmé que la Russie n'avait "pas l'intention de livrer ce type d'armes à des pays situés dans des régions troublées".

Mais la semaine dernière l'agence de presse russe Ria, citant "des sources confidentielles", a rapporté que la Russie était en train d'honorer son contrat avec l'Iran.

La fourniture de missiles S-300 permettrait à l'Iran de contrer un éventuel raid aérien contre ses installations nucléaires suspectes et certains observateurs n'excluent pas que l'Etat juif envisage de les frapper préventivement.

Parisa Hafezi, avec Conor Sweeney à Moscou, version française Pascal Liétout

http://fr.news.yahoo.com/4/20081221/twl-iran-russie-missiles-38cfb6d.html


Hommage unanime au patriarche russe Alexis II, ami, citoyen et autorité spirituelle

AFP avec yahoo news le 6.12.08 

Personnalités politiques, Vladimir Poutine en tête, et dignitaires religieux ont rendu hommage vendredi au patriarche russe Alexis II, "leader spirituel" et "grand citoyen", le Vatican saluant son "engagement" en faveur du rapprochement entre catholiques et orthodoxes. 

Samedi, son cercueil sera transporté dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou où les fidèles pourront se recueillir toute la nuit. Un synode aura lieu dans la journée à Peredelkino pour arrêter la date des funérailles. Celles-ci devraient avoir lieu mardi. Le Premier ministre et ex-président (2000-2008) Vladimir Poutine, qui a contribué à rétablir l'influence de l'Eglise orthodoxe en Russie après la chute de l'URSS a déploré un "événement tragique" pour le pays. "C'était une belle âme. C'est une grande perte", a-t-il déclaré.

Le président russe Dmitri Medvedev a rendu hommage depuis New Delhi à un "grand citoyen de Russie" dont le "destin reflète les plus grandes épreuves du XXe siècle".

Le pape Benoît XVI s'est dit "profondément attristé" par la mort d'Alexis II et a salué son engagement "sur la voie de la compréhension mutuelle et de la collaboration entre orthodoxes et catholiques".

Le patriarche russe a connu une longue période de froid avec les catholiques, qu'il accusait de "prosélytisme" en Russie, et avait refusé de recevoir le pape Jean Paul II. Une amorce de rapprochement s'était toutefois esquissée après l'avènement de Benoît XVI.

Pour le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Terry Davis, Alexis II restera "dans les mémoires pour le rôle majeur qu'il a joué dans son pays pendant la délicate période de transition qui a suivi l'effondrement de l'Union soviétique".

Le président ukrainien Viktor Iouchtchenko dont les efforts pour créer en Ukraine une Eglise orthodoxe unie, indépendante du patriarcat de Moscou, étaient très mal vus en Russie a exprimé sa "profonde tristesse".

Les activités d'Alexis II ont "considérablement contribué à la renaissance de la religion dans les pays d'ex-URSS", a-t-il fait valoir.

Le patriarche orthodoxe géorgien Ilia II a qualifié Alexis II d'"ami de l'église et du peuple géorgiens". Le dignitaire, dont le pays avait été en guerre avec la Russie en août, a exprimé à cette occasion sa "sympathie envers le peuple russe".

Toomas Hendrik Ilves, président de l'Estonie où Alexis II était né et qui est en froid avec la Russie, a souligné dans une lettre à Dmitri Medvedev que le patriarche avait "un intérêt sincère pour tout ce qui se passait en Estonie, et cela avec une rare compréhension".

Le président bulgare Guéorgui Parvanov a lui aussi rendu hommage au patriarche.

Les églises orthodoxes serbe, grecque et roumaine ont présenté leurs condoléances, Athènes soulignant qu'Alexis II avait conduit l'église russe "vers une période du renouveau spirituel".

Le président américain George W. Bush, qui a offert sa sympathie à tous les croyants de Russie, a lui aussi estimé que les années d'Alexis II à la tête de l'Eglise orthodoxe russe ont coïncidé avec un "incroyable renouveau" spirituel.

Pour le métropolite bulgare Dometian, Alexis II a ouvert "une nouvelle époque dans la vie de l'Eglise orthodoxe russe, après le totalitarisme, en la rapprochant du peuple".

A Moscou, les communautés juive et musulmane ont salué l'engagement d'Alexis II envers un dialogue interconfessionnel.

"Le patriarche a apporté une contribution inestimable au renouveau de la spiritualité en Russie et à l'harmonisation des relations entre les confessions traditionnelles", a réagi le grand rabbin Berl Lazar.

"Alexis II était l'un de ceux qui ont organisé un dialogue interconfessionnel dans notre pays et à l'étranger", a commenté le vice-président du conseil des muftis, Damir Guizatoulline.

La veuve d'Alexandre Soljenitsyne, Natalia, a estimé que la mort du patriarche était une "épreuve" pour le pays et a appelé les Russes à "cesser tous leurs différends et à s'unir en ces temps difficiles".

Le peintre Ilia Glazounov a jugé que toute "une époque de l'histoire russe" serait liée au nom d'Alexis II. "Il a tant fait après les pogroms de l'athéisme militant, il a fait restaurer tant d'églises !", s'est-il exclamé.

"De l'époque soviétique à nos jours en passant par la perestroïka, il a tenu bon et oeuvré pour la renaissance de l'Eglise orthodoxe russe, c'était un don de Dieu", a déclaré le cinéaste Nikita Mikhalkov.

"Je suis bouleversé, j'ai du mal à trouver des mots. J'éprouvais un immense respect à son égard", a déclaré le père de la Perestroïka et ex-président soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, qui a réagi parmi les premiers à l'annonce de sa mort.


Décès du patriarche de toutes les Russies Alexis II

AFP avec yahoo news le vendredi 5 décembre 2008 

Le patriarche de Moscou et de toutes les Russies, Alexis II, chef de la plus grande église orthodoxe du monde, est décédé vendredi à l'âge de 79 ans, a annoncé le service de presse du patriarcat à l'AFP. 

"Il est décédé", a indiqué un membre du service de presse, sans plus de précisions.

"Le saint patriarche est décédé dans sa résidence de Peredelkino (près de Moscou, ndlr) dans la matinée", a précisé le chef du service de presse, Vladimir Viguilianski, cité par les agences russes.

Proche du Premier ministre et ex-président Vladimir Poutine, Alexis II, était depuis 1990 le chef de la plus grande Eglise orthodoxe au monde. Il a rétabli, avec l'appui du Kremlin, l'influence de l'Eglise orthodoxe en Russie, après 70 ans d'athéisme soviétique.

"Je suis bouleversé, j'ai du mal à trouver des mots. J'éprouvais un immense respect à son égard", a déclaré à l'agence Interfax le père de la Perestroïka et ex-président soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, réagissant parmi les premiers à l'annonce de sa mort.

Le visage orné d'une imposante barbe blanche, la voix grave, Alexis II était un personnage très respecté des Russes et très présent au plan politique et médiatique, officiant à toutes les grandes liturgies à la cathédrale du Christ-Sauveur en présence souvent des dirigeants du pays.

Il a connu en revanche une longue période de froid avec les catholiques, qu'il accusait de "prosélytisme" en Russie, et avait refusé de recevoir le pape Jean Paul II. Une amorce de rapprochement s'était toutefois esquissée depuis l'avènement de Benoît XVI.

En juin encore, Alexis II avait déclaré que le "prosélytisme" catholique demeurait un "problème" sur "les terres traditionnellement orthodoxes de la Russie et d'autres pays de la CEI" (ex-URSS).

Le Vatican a exprimé sa "surprise" et sa "douleur" à l'annonce du décès du patriarche, dans un bref communiqué diffusé vendredi par son service de presse.

Le secrétaire du conseil pontifical pour l'unité des chrétiens - l'organisme en charge des relations avec les orthodoxes - Mgr Brian Farrel a fait part de "la surprise et la douleur" du Vatican à cette annonce.

"Il est revenu au patriarche Alexis II de guider l'Eglise dans une période de grandes transformations. Il a su assumer cette tâche avec un grand sens des responsabilités et de l'amour de la tradition russe", a déclaré le prélat.

Le Vatican a annoncé que cette première réaction serait suivie des "condoléances officielles" du Saint-Siège.

 (Suite)

Poutine esquisse une possible détente avec Washington

 Marina LAPENKOVA - AFP

Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a esquissé jeudi une possible détente entre Moscou et Washington après des années de tensions aux relents de guerre froide.

"Généralement, quand le pouvoir change dans un pays, des changements (de politique étrangère, ndlr) ont lieu, surtout s'il s'agit d'une super-puissance comme les Etats-Unis", a-t-il dit, interrogé sur la nouvelle administration américaine, pendant une séance télévisée de questions-réponses avec ses concitoyens. "Il y a déjà de premiers signaux positifs", a ajouté M. Poutine au lendemain de la décision de l'Otan de reprendre son dialogue avec Moscou et de refuser dans l'immédiat à la Géorgie et l'Ukraine le statut de candidats à l'Alliance, à la grande satisfaction de la Russie. "Si ce ne sont pas que des mots et si cela se transforme en une politique concrète, notre réaction sera adéquate et nos partenaires américains le ressentiront aussitôt", a assuré le Premier ministre russe. Pour Fiodor Loukianov, rédacteur en chef de la revue La Russie dans la politique mondiale, "la Russie voit dans ces décisions de l'Alliance un geste de bonne volonté de Washington longtemps attendu". "La balle était dans le camp des Américains : c'est Washington qui a tout gâché, c'était à lui de faire le premier pas", affirme-t-il. Après une lune de miel au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, notamment dans la lutte contre le terrorisme, Moscou n'a pas réussi à préserver une relation privilégiée avec Washington qui a largement ignoré ses intérêts, note M. Loukianov. Les Etats-Unis se sont retirés en 2002 du traité ABM limitant le nombre des armes balistiques nucléaires afin de mener à bien leur projet de défense antimissile en Europe, tandis que l'Otan s'étendait jusqu'aux portes de la Russie et que des pro-occidentaux prenaient le pouvoir à Kiev et à Tbilissi. En mai 2006, le vice-président américain Dick Cheney critiquait à Vilnius la Russie sur les droits de l'Homme et l'accusait d'utiliser le "gaz et le pétrole comme instruments de manipulation et de chantage". En février 2007, Vladimir Poutine reprochait, à son tour, aux Etats-Unis, dans un discours à Munich, de "déborder de leurs frontières nationales dans tous les domaines". L'offensive militaire de la Géorgie en août dans sa région séparatiste d'Ossétie du Sud, suivie d'une intervention des forces russes, a exacerbé les tensions, Moscou accusant ouvertement Washington de soutenir "le régime criminel" du président géorgien Mikheil Saakachvili. Le 5 novembre, la Russie est également la seule à accueillir l'élection de Barack Obama à la Maison Blanche par une salve antiaméricaine : dans son premier discours à la Nation, le président Dmitri Medvedev fait alors retomber sur les Etats-Unis la responsabilité de la guerre en Géorgie et de la crise financière internationale. Et promet le déploiement de missiles dans la région de Kaliningrad, enclave russe entre la Pologne et la Lituanie, pour contrer le projet d'installation d'éléments du bouclier antimissile américain en Pologne et en République tchèque. "Tout en échangeant des coups avec Washington, Moscou attendait le premier pas de sa part", estime Sergueï Kolmakov, analyste indépendant. C'est la réticence de Barack Obama sur le déploiement du bouclier antimissile américain en Europe qui laisse entrevoir une éventuelle détente, croit-il savoir. "Si Washington continue dans ce sens, la réaction de Moscou sera adéquate comme l'a promis Poutine", commente Valéri Garbousov, à l'Institut russe des Etats-Unis et du Canada. "Pas de bouclier en Europe, pas de (missiles russes) Iskander à Kaliningrad", conclut-il.