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3ème guerre mondiale : quand a-t-elle débuté ?

L'armée britannique évacue son QG de Bassora, dans le sud de l'Irak

 LE MONDE | 31.07.09 | 11h39

C'est une décision hautement symbolique. Les troupes britanniques sont en train de quitter la dernière ville où elles étaient présentes en Irak. Elles ont commencé, dimanche 2 septembre, à se retirer de leur base du palais de Bassora, deuxième localité du pays. L'opération ne devrait pas prendre plus d'un ou deux jours. Les 550 soldats stationnés dans leur quartier général au coeur de la grande cité du Sud irakien sont redéployés sur l'aéroport, situé à 25 km et où se trouvent les quelque 5 000 hommes opérant encore dans le pays.

Le retrait a été annoncé par le général Mohan Tahir, chef des forces de sécurité de la province. Les troupes irakiennes, a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse, contrôlent désormais le palais de Bassora. L'opération a été confirmée par un porte-parole du premier ministre britannique, Gordon Brown. La base évacuée abritait les logements de militaires et de diplomates depuis l'invasion du pays, en 2003.

Regroupé totalement à l'aéroport, le contingent britannique continuera à jouer un rôle de "supervision". Il entraînera et conseillera la 10e division irakienne. Il l'épaulera si nécessaire lors d'opérations ponctuelles. Ce repli devrait permettre, comme prévu, de réduire à 5 000 le nombre total de soldats d'ici à décembre.

L'opération comporte bien sûr un risque : laisser le champ libre aux nombreuses milices chiites qui se disputent le contrôle de la ville. L'armée irakienne pourra-t-elle ou voudra-t-elle les tenir en respect ? Le retrait du palais de Bassora marque une étape nouvelle et significative dans la poursuite de la réduction de l'engagement britannique en Irak. Au nombre de 18 000 en mai 2003, après la chute de Saddam Hussein, et de 7 000 au début de 2007, les soldats ne sont plus que 5 500 aujourd'hui. Ils ont évacué trois provinces en un an.

Gordon Brown se refuse toujours, cependant, à fixer un calendrier de retrait, de peur de "miner le travail magnifique" des troupes en Irak, a-t-il souligné, il y a quelques jours, dans sa réponse à une lettre de Sir Menzies Campbell, chef du Parti des démocrates libéraux (LibDem), hostile à la guerre. Ce dernier a accueilli la nouvelle du retrait de Bassora comme la preuve que l'armée britannique ne peut plus jouer un "rôle efficace" sur le terrain.

L'évolution de la situation lui donne largement raison. Les relations entre les soldats, accueillis avec une certaine sympathie en 2003, et les civils se sont gravement dégradées après une série d'incidents en 2005. La surenchère entre les milices chiites, entraînées ou soutenues par l'Iran voisin, le noyautage par elles de la police et le manque d'autorité du pouvoir central ont placé les Britanniques face à des attaques au coût humain toujours plus fort et jugé de plus en plus intolérable par l'opinion. Londres a perdu 159 soldats en Irak.

En cautionnant un désengagement progressif, quoique prudent, Gordon Brown tient compte aussi des voeux de l'état-major, inquiet des tensions subies par une armée aux effectifs insuffisants et désireux de puiser en Irak les troupes qui lui permettront de "mettre le paquet" en Afghanistan, dans une guerre à ses yeux beaucoup plus légitime.

Les anciens chefs militaires ne se gênent plus maintenant pour critiquer ouvertement l'allié américain. "Il n'y a aucun doute, avec le recul, que le plan américain pour l'après-guerre était défectueux, et nombre d'entre nous le pressentaient à l'époque", a déclaré, dimanche, au Sunday Mirror le général Tim Cross. Cet officier supérieur était le plus haut gradé britannique chargé de la planification de l'après-guerre. Il met en cause directement l'ancien ministre de la défense américain, Donald Rumsfeld : "Dès le tout début, nous étions très préoccupés par le manque de précision du plan pour l'après-guerre. Rumsfeld n'a pas voulu entendre ce message. Les Américains étaient convaincus que l'Irak s'en sortirait assez rapidement comme une démocratie stable."

Même son de cloche du côté du général à la retraite Sir Mike Jackson, chef de l'armée au moment de l'invasion. "M. Rumsfeld est l'une des personnes les plus responsables de la situation actuelle en Irak", écrit-il dans son autobiographie, dont des extraits ont été publiés par le Daily Telegraph. Le général y qualifie la politique américaine de "faillite intellectuelle". Réagissant à ce jugement, l'ancien ambassadeur américain à l'ONU, John Bolton, accuse le général de donner "une version de l'Histoire appuyée par aucune preuve".

Les politiques sont aussi montés au créneau. Des Browne et David Miliband, ministres de la défense et des affaires étrangères, ont jugé "déplacées" les remarques d'un général américain à la retraite faisant état de la "frustration" des Etats-Unis face à la dégradation de la sécurité autour de Bassora. "Les troupes britanniques ont-elles échoué ? demandent les ministres, dans une tribune au Washington Post : la réponse est non. Il n'y a aucune insurrection antigouvernementale à Bassora, et très peu d'indications d'une présence d'Al-Qaida dans le sud de l'Irak."

Jean-Pierre Langellier

Appel pour la libération de Clothilde Reiss, détenue en Iran

 

Détenue dans la prison d'Evin, l'universitaire française est accusée d'espionnage par les autorités iraniennes. Crédits photo : AFP

Cet appel a été rédigé par un collectif d'une cinquantaine d'universitaires(*) concernés par la recherche en Iran.

Le partage des connaissances, au-delà des frontières nationales, constitue un processus fondamental dans l'élaboration du savoir. La mobilité des étudiants et des chercheurs est garante de cette logique intellectuelle basée sur la découverte de l'autre. La coopération scientifique à un niveau international doit dès lors transcender les clivages et les crises politiques afin de répondre à cette nécessité d'échange culturel et scientifique.

Nous nous réjouissons qu'actuellement près de 2 000 étudiants iraniens aient choisi la France pour poursuivre leurs études et leurs recherches dans tous les domaines, y compris en sciences sociales. Trop rares sont au contraire les étudiants et universitaires français ou non iraniens qui s'intéressent à l'Iran du passé et du présent ; le risque est de voir le pays pâtir d'une méconnaissance qui est source d'incompréhensions néfastes et de propos simplificateurs.

Nous tenons dès lors à souligner combien il est important que des étudiants et chercheurs puissent mener des études de terrain en Iran. Leur présence constitue la garantie de connaissances et de relations interculturelles solides, bénéfiques aussi bien pour le pays d'accueil que pour le pays d'origine des chercheurs. Les universitaires font un travail somme toute ordinaire mais cependant essentiel, en cherchant à connaître les cultures et les sociétés du monde.

Nous, étudiants, doctorants, chercheurs et professeurs familiers de l'Iran, tenons à exprimer notre profonde inquiétude suite à l'arrestation de Clotilde Reiss, notre amie et collègue, détenue depuis le 1er juillet 2009 à la prison d'Evin (Téhéran). Clotilde a consacré l'entièreté de son parcours académique à l'étude de la langue persane et de la culture iranienne.

Son travail l'a donc naturellement amenée à séjourner en Iran afin d'y effectuer les indispensables recherches de terrain. Après avoir soutenu son mémoire de master portant sur l'enseignement primaire de l'histoire-géographie en Iran, elle a accepté - quoi de plus banal ? - le poste de lectrice de français que lui avait proposé l'Université d'Ispahan. Emprisonner une étudiante parce qu'elle cherche à comprendre l'Iran et la culture iranienne est absurde et va à l'encontre de l'entente mutuelle, du respect des peuples et de la paix. Pour toutes ces raisons, nous appelons vivement à la libération de Clotilde Reiss.

(*) Parmi les signataires figurent Pierre Briant (professeur au Collège de France), Yann Richard (professeur à l'université de Paris-III), Bernard Hourcade (chercheur au CNRS), Azadeh Kian-Thiébaud (chercheur au CNRS), Farhad Khosrokhavar (directeur de recherches à l'Ehess) et Christian Bromberger (membre honoraire de l'Institut universitaire de France). Liste complète des signataires sur www.soutienaclotilde.wordpress.com

Pour signer cet appel : soutienaclotilde.signature@gmail.com

» Une jeune Française derrière les barreaux en Iran

» DOSSIER SPCÉCIAL - L'Iran en crise

http://www.lefigaro.fr/debats/2009/07/25/01005-20090725ARTFIG00094-appel-pour-la-liberation-de-c-reiss-detenue-en-iran-.php


L'armée irakienne prend le contrôle du camp des Moudjahidine du peuple, au moins 260 blessés

Au moins 260 personnes ont été blessées mardi dans des affrontements qui ont opposé les Moudjahidine du Peuple, des opposants au régime de Téhéran, et les forces de sécurité irakiennes lors de l'assaut de leur camp dans le nord de l'Irak, selon la police. 

Les affrontements se sont poursuivis pendant plusieurs heures avant que les forces de sécurité ne parviennent à prendre le contrôle du camp, selon les deux parties.

Selon la police de Diyala, 200 membres des Moujahidine du Peuple (OMPI) ont été blessés ainsi que 60 membres des forces de sécurité, dont 20 grièvement. Elle a précisé qu'une cinquantaine d'habitants du camp avaient été arrêtés.

"Cent-cinquante habitants du camp (dans le nord de l'Irak) ont été blessés, dont deux par balles", a de son côté indiqué Shahriar Kia, un porte-parole des Moudjahidine, joint par téléphone dans le camp.

"Nous craignons qu'ils remettent les personnes arrêtées au régime iranien", a-t-il ajouté, précisant que les forces irakiennes avaient pris le contrôle total du camp. 

En milieu d'après-midi, l'armée irakienne a tenté de prendre le contrôle de la sécurité du camp, aux mains des forces américaines depuis 2003, mais ont dû faire face à une forte résistance des habitants du camp, qui s'est transformée en émeutes quand les soldats irakiens ont pénétré par la force.

Le général de la police de Diyala, Abdel Hussein al-Chammari, s'est rendu dans la soirée dans le camp pour négocier avec les Moudjahidine et trouver un issue pacifique.

"Après l'échec des négociations avec les Moudjahidine pour y entrer pacifiquement, l'armée irakienne a pénétré en force dans le camp Ashraf et elle contrôle désormais totalement l'intérieur et les entrées du camp", avait indiqué une source militaire à Baqouba, dans la province de Diyala.

Selon un porte-parole de l'armée irakienne à Diyala qui a requis l'anonymat, "deux bataillons de 400 hommes chacun, l'un venant de Diyala et l'autre de la (province méridionale de) Bassorah sont entrés dans le camp sur ordre du cabinet du Premier ministre Nouri al-Maliki".

Selon un responsable de la police de la province, les habitants du camp ont tenté de s'opposer avec des armes blanches et les forces de sécurité ont réagi avec le même type d'armement et en utilisant des matraques électriques.

"Il y a eu quinze blessés dans leurs rangs, dont trois graves, et nous avons procédé à cinq arrestations", avait-t-il dit.

Cette décision de contrôler le camp, a indiqué le porte-parole militaire, s'inscrit dans le cadre de l'accord de sécurité signé en novembre entre Washington et Bagdad et qui en transfert l'autorité aux forces irakiennes.

Pour sa part, l'Organisation des Moudjahidine du peuple iranien (OMPI) a affirmé dans un communiqué que "les forces de police irakiennes ont lancé à 15H00 (12H00 GMT) une attaque sur Ashraf en tirant des gaz lacrymogènes alors que des bulldozers de la police ont démoli le portail d?entrée et des forces ont attaqué de divers côtés le camp pour y pénétrer".

"La Résistance iranienne tient les forces américaines responsables de la protection des résidents d?Ashraf et appelle le Secrétaire général de l?ONU et toutes les organisations des droits de l'Homme à intervenir immédiatement pour stopper l?attaque des forces irakiennes", ajoute le communiqué.

Situé à une centaine de km au nord de Bagdad et seulement 80 km de la frontière iranienne, le camp, qui abrite 3.500 personnes, a été construit dans les années 1980 afin d'y accueillir les Moudjahidine. Ils ont été désarmés en 2003 par les forces américaines lors de l'invasion de l'Irak.

Le 1er janvier 2009, les États-Unis ont transféré au gouvernement irakien la responsabilité de la protection du camp sur la base de garanties qu?ils disaient avoir reçues de Bagdad.

http://actu.orange.fr/articles/a-la-une/L-armee-irakienne-prend-le-controle-du-camp-des-Moudjahidine-du-peuple-au-moins-260-blesses.html


Moussavi accusé de trahison par un proche du pouvoir iranien

L'ultra-conservateur iranien Hossein Shariatmadari, proche conseiller du Guide suprême, a accusé samedi l'opposant Mir Hossein Moussavi d'être à la solde des Etats-Unis. Il demande que l'ancien Premier ministre soit jugé pour trahison, avec l'ancien président réformateur Mohammad Khatami.

Téhéran continue également de faire pression sur la communauté internationale, avec l'inculpation d'un employé iranien de l'ambassade de Grande-Bretagne, Hossein Rassam, accusé d'"atteinte à la sécurité nationale" pour son rôle présumé dans la contestation post-électorale, selon son avocat Me Abdolsamad Khorramshi. D'autres employés avaient été arrêtés puis relâchés.

En ce qui concerne Mir Hossein Moussavi, Hossein Shariatmadari évoque dans un éditorial de son journal "Kayhan" l'existence de "documents irréfutables" établissant un lien entre l'ancien Premier ministre, chef de file du mouvement de contestation, et des puissances étrangères.

C'est la première fois que M. Moussavi est qualifié d'agent de l'étranger. L'opposant réclame l'annulation du scrutin présidentiel du 12 juin, entaché selon lui de fraudes massives, et l'organisation d'une nouvelle élection. Il revendique la victoire que les autorités attribuent au président sortant, Mahmoud Ahmadinejad.

Pour Hossein Shariatmadari, M. Moussavi a tenté "d'échapper aux sanctions pour avoir tué des innocents, déclenché des émeutes, coopéré avec des étrangers et agi comme s'il était la cinquième colonne de l'Amérique" en Iran. MM. Moussavi et Khatami devraient répondre devant la justice de "crimes horribles et de trahison" selon lui.

Comme Mir Hossein Moussavi, l'employé de l'ambassade britannique à Téhéran, l'analyste politique Hossein Rassam, est soupçonné d'avoir porté atteinte à la sécurité nationale, selon son avocat. L'Union européenne a décidé de convoquer tous les ambassadeurs iraniens en poste dans les Vingt-sept, mais Londres demande aux pays du bloc d'aller plus loin et de rappeler tous leurs ambassadeurs en Iran pour protester contre les pressions sur son personnel diplomatique.

Le régime iranien veut étouffer la contestation avant l'investiture de Mahmoud Ahmadinejad pour un deuxième mandat présidentiel de quatre ans, fixée au 26 juillet au plus tôt.

Selon l'avocat iranien Saleh Nikbakht, une dizaine de meneurs du mouvement réformateur ont été arrêtés depuis le début de la contestation au lendemain de la proclamation des résultats officiels. Ils seraient accusés d'"agitation contre le système en place et d'action contre la sécurité nationale".

La police affirme que plus d'un millier de personnes ont été placées en détention et que 20 "émeutiers" ont été tués dans les violences qui ont marqué les manifestations. Huit bassidji, membres de ces milices pro-Khamenei semi-officielles, auraient également péri dans les affrontements violemment réprimés par ces mêmes bassidji.

Aucune manifestation n'a été signalée depuis dimanche dernier mais M. Moussavi maintient ses revendications. Il a déclaré mercredi qu'il ne reconnaissait pas la légitimité du gouvernement et exigeait la libération de tous les prisonniers politiques. Les bassidji ont fait une demande officielle d'ouverture d'enquête contre l'opposant pour son rôle dans les manifestations et les violences.

Malgré le soutien du haut clergé au président Ahmadinejad, certains religieux soutiennent ouvertement Mir Houssein Moussavi, mettent en doute les résultats officiels de l'élection et condamne la répression violente de la contestation. "Etant donné le manque de soutien de l'opinion publique", le grand ayatollah Youssef Saanei met en doute la compétence du gouvernement, dans un communiqué publié sur son site Web vendredi soir.

En mauvais termes avec le gouvernement, le grand ayatollah Saanei est l'un des neufs religieux les plus influents du pays et est très écouté par la population. "Je rappelle à toutes les forces chargées de protéger le peuple qu'aucun ordre ne donne d'excuse ou de permission pour violer les droits du peuple (...) et encore moins pour tuer et blesser les gens", prévient-il. AP

Samedi 4 juillet 2009 17H http://fr.news.yahoo.com/3/20090704/twl-iran-presidentielle-moussavi-ba66223.html


10 jours après les élections : entre le 20 et 21 juin 2009. Treize personnes tuées dans des affrontements avec la police en Iran, selon la télévision publique

La télévision publique iranienne a annoncé dimanche que 13 personnes avaient été tuées dans des affrontements entre les forces de sécurité et ce qu'elle a qualifié de "groupes terroristes". 

La télévision n'a pas précisé les circonstances de ces morts, mais elle avait annoncé un peu plus tôt que plusieurs personnes avaient été tuées samedi quand "des émeutiers" ont attaqué une mosquée dans l'ouest de Téhéran.

D'après la chaîne en langue anglaise de la télévision d'Etat, qui n'est diffusée qu'en dehors de l'Iran, "des émeutiers" ont aussi incendié deux stations-services et attaqué un poste militaire. 

Une chaîne de télévision publique, diffusée en Iran, a également annoncé que cent personnes avaient été blessées samedi. Mais elle a cité un responsable de la police affirmant que les policiers n'avaient pas utilisé de munitions pour disperser les manifestants.

C'est la deuxième fois que le autorités annoncent publiquement des décès liés à la crise de ces derniers jours. Plus tôt cette semaine, elles avaient annoncé que sept personnes avaient été tuées, ce qui porte à 20 le nombre officiel de morts.

Amnesty International a toutefois prévenu qu'il était "très difficile" de vérifier le bilan des victimes. "Le climat de peur a jeté une ombre sur toute la situation", a déclaré à l'Associated Press Drewery Dyke, spécialiste de l'Iran pour Amnesty.

L'ONG "International Campaign for Human Rights", en Iran, a affirmé pour sa part que de nombreux manifestants blessés qui voulaient se faire soigner après les affrontements de samedi avaient été arrêtés par les forces de sécurité dans des hôpitaux de Téhéran. Selon l'ONG, les médecins ont reçu l'ordre de signaler les blessés aux autorités, et certains manifestants grièvement blessés ont cherché refuge dans des ambassades étrangères pour essayer d'échapper à une arrestation.

Toujours dimanche, le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki a critiqué la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne pour leurs déclarations concernant les allégations de fraudes électorales dans l'élection présidentielle iranienne, remportée par Mahmoud Ahmadinejad.

M. Mottaki a critiqué la France pour ses "approches perfides et injustes", et il a dit que la Grande-Bretagne avait "toujours créé des problèmes" dans les relations entre pays.

L'Iran se préparait à la possibilité de nouveaux affrontements sanglants entre manifestants et forces de l'ordre dans les rues de Téhéran, où un calme précaire régnait dimanche.

Parallèlement, des images montrant de nouvelles brutalités circulaient dimanche malgré la volonté du régime iranien de ne pas diffuser d'informations sur les événements. Les informations données par des bloggers et des utilisateurs de Twitter en Iran ne pouvaient toutefois pas être vérifiées dans l'immédiat.

Une vidéo amateur montrait aussi des heurts dans la ville de Shiraz (sud), et des témoins ont fait état de violences dans les rues à Isfahan, au sud de Téhéran.

Parallèlement, une chaîne de télévision publique a annoncé qu'un attentat-suicide à l'explosif au mausolée de l'ayatollah Ruhollah Khomeini, à une vingtaine de kilomètres au sud du centre de Téhéran, avait fait au moins deux morts et huit blessés samedi. Une autre chaîne publique a diffusé des images de verre brisé, sans faire état d'autres dégâts ni de victimes, et a montré un témoin affirmant que trois personnes avaient été blessées.

Selon un témoin non identifié, cité par la télévision publique, un homme portant une ceinture d'explosifs s'est fait exploser à l'entrée du mausolée. "Grâce à Dieu, il n'y a pas eu beaucoup de victimes", a affirmé le témoin. Ces informations n'ont pu être vérifiées de source indépendante en raison des restrictions imposées aux médias par les autorités iraniennes.

Samedi soir, le président Mahmoud Ahmadinejad a remercié dans une lettre l'ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême iranien, pour son soutien: "Sans aucun doute, vous avez hissé fermement le drapeau de la dignité et de la conscience de la nation iranienne contre l'arrogant". AP


L'Europe plus ferme contre l'Iran que l'Amérique

Les Européens se sont exprimés sur les élections en Iran et la répression des manifestations d'opposants au président Ahmadinejad avec une vigueur inattendue. Celle-ci est d'autant plus remarquable qu'elle tranche avec la modération observée de l'autre côté de l'Atlantique. Si bien que les réactions dans le monde se divisent en trois groupes: les pays qui ont accepté le résultat officiel des élections présidentielles comme si de rien n'était, tels la Chine et la Russie, ceux qui ont condamné les probables manipulations, comme la France par la voix de Nicolas Sarkozy - «l'ampleur de la fraude est proportionnelle à la violence de la réaction [du pouvoir]», a dit le président de la République --, et ceux, enfin, qui observent la prudence. L'attitude de Barack Obama s'explique. La réélection de Mahmoud Ahmadinejad ne remet pas en cause sa proposition de dialogue avec Téhéran et toute déclaration trop nette ne pourrait que nuire à une opération dont la réussite est rien moins que garantie. Si le régime des mollahs vient à bout de la contestation - une hypothèse qu'on ne peut pas écarter --, les Américains se retrouveront en face des mêmes interlocuteurs et il serait contreproductif de les disqualifier alors que les contacts officiels n'ont pas commencé. Du côté européen, l'affaire est plus compliquée. Le Conseil européen qui s'est achevé vendredi 19 juin à Bruxelles, a employé le langage diplomatique classique pour appeler à la modération, à la liberté de manifestation et d'expression, à la renonciation à la violence. Dans leurs propos en marge de la réunion, les dirigeants européens ont été plus fermes. En particulier, une fois de plus, Nicolas Sarkozy. Certes, il ne veut pas donner l'impression de s'ingérer dans les affaires intérieures de l'Iran mais il n'en considère pas moins que les manifestations populaires sont «une bonne nouvelle», que les sanctions internationales ont «contribué à réveiller la société iranienne» et que la poursuite de la protestation rend «extrêmement optimiste». Cette franchise reflète sans doute la profonde aversion du chef de l'Etat pour le régime islamique de Téhéran et le règne des religieux, au-delà de l'aspect autoritaire et répressif du système. Mais elle a aussi une explication politique. Depuis son arrivée au pouvoir, Nicolas Sarkozy a condamné sans appel le programme nucléaire iranien. Il l'a répété encore au début de juin quand il a reçu à l'Elysée le ministre des affaires étrangères de Téhéran Mamoucher Mottaki - à la demande de ce dernier. Il l'a mis en garde contre le risque «d'isolement croissant» de l'Iran si le pays poursuit la recherche de la bombe. Si les Iraniens ne répondent pas aux conditions posées par la communauté internationale et ne suspendent pas l'enrichissement de l'uranium, «alors une frappe israélienne est inévitable, ce qui serait une catastrophe», a-t-il ajouté. Il s'agit pour les Européens, et pour la France en particulier, de réaffirmer leurs positions, à un moment où le réexamen de la politique américaine vis-à-vis de l'Iran demandée par le président Obama, pourrait conduire à un net infléchissement de l'attitude des Etats-Unis. Depuis 2003, les Européens, sous la forme de la troïka des ministres des affaires étrangères français, allemand et britannique, ont pris en charge le dossier nucléaire iranien. Ils l'ont fait par défaut. A cette époque, l'administration de George W. Bush, trop occupée par l'Irak, ne s'y intéressait pas et ne voulait avoir aucun contact avec les mollahs. Quand le dossier a été repris par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, plus l'Allemagne - le groupe des Six --, c'est encore un Européen, Javier Solana, le Haut représentant pour la politique extérieure et de sécurité commune, qui a mené les négociations au nom de tous. Si l'ouverture américaine envers l'Iran se confirme après la réélection d'Ahmadinejad, cette nouvelle politique risque de prendre les Européens à contrepied. Quelques jours à peine après la victoire de Barack Obama, le ministre français des affaires étrangères Bernard Kouchner était allé à Washington mettre en garde contre un tournant trop rapide. Les Européens se montraient soucieux de ne pas voir la fermeté affichée depuis plusieurs années, parfois aux dépens de leurs intérêts économiques en Iran, rayée d'un trait de plume. Même s'ils reconnaissaient que leurs efforts n'avaient abouti à aucun résultat. L'Union européenne poursuit ainsi deux objectifs: se présenter comme la meilleure représentante des valeurs démocratiques du monde transatlantique et renforcer sa position alors que l'heure d'une redéfinition de la politique iranienne va sonner. Daniel Vernet samedi 20 juin 2009 http://www.slate.fr/story/6943/iran-diplomatie-sarkozy-europe-france-ahmadinejad-nucleaire

 

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J

Iran: la révolution Twitter n'a pas eu lieu

Le rôle du réseau social dans les manifestations à Téhéran est tout relatif.

e manifeste mon enthousiasme personnel à l’égard de Twitter des dizaines de fois par jour en postant mes propres tweets (messages courts), en lisant une grande partie des messages publiés par mes 72 contacts et en renvoyant des tweets à n’en plus finir.

Toutefois, mon engouement pour Twitter connaît une limite: contrairement à mes collègues journalistes fans des nouvelles technologie, j’ai trouvé que ce site a fait beaucoup de bruit, mais a donné peu de clés pour comprendre l’explosion sociale qui secoue l’Iran. Je ne dis pas qu’il n’y a aucun renseignement pertinent dans le lot, mais seulement que mon filtre intellectuel n’est pas assez fin pour retenir les informations fiables à propos de l’Iran. Il y a deux jours, le contributeur de Slate, Joshua Kucera, a publié sur le site Internet True/Slant une liste d’erreurs factuelles que les utilisateurs de Twitter diffusaient au sujet de l’insurrection iranienne: on a pu lire, par exemple, que 3 millions de personnes manifestaient contre le régime, que Mir Hossein Moussavi était assigné à résidence et que l’élection avait été invalidée par les autorités.

Mais avant que vous – qui faites partie des millions de gens qui vantent Twitter comme étant la CNN du peuple, un outil de démocratie indispensable et une incroyable source d’information pour les journalistes – ne me tombiez dessus et ne veuillez me couper ma connexion Internet, soyez rassurez, je vous comprends. Je ne construis pas un homme de paille pour l’abattre ensuite. J’apprécie, comme l’écrit le célèbre éditorialiste de The Atlantic sur son blog, que la plupart des articles ont davantage vocation à «donner des impressions plutôt que des faits bruts». Mais disons que mon désir d’impressions est assez vite assouvi, contrairement à ma soif d’infos factuelles. Si on devrait pouvoir critiquer l’Ayatollah Ali Khamenei sans crainte de se faire tirer dessus, alors il faut qu'on puisse aussi examiner minutieusement Twitter.

Sur MotherJones.com, Kevin Drum explique qu’avant de plier le genou devant le pouvoir révolutionnaire de Twitter, il faut se rappeler que les manifestations massives et authentiques ont existé avant Twitter ou même Internet.

L’un des plus sévères détracteurs de Twitter que j’ai lu cette semaine s’appelle Evgeny Morozov. Sur le site d’info ForeignPolicy.com, il a exposé son avis hérétique selon lequel un contrôle ou un blocage des tweets et des articles de blog publiés par des manifestants iraniens dans le pays n’est peut-être pas la priorité numéro un du régime. «Lorsque des vraies émeutes se déroulent dans les rues, les «émeutes» sur Twitter n’apparaissent pas comme une vraie menace», écrit-il. Par ailleurs, Evgeny Morozov doute que Twitter ait contribué à l’organisation des manifestations, même si le réseau social a permis de braquer les projecteurs sur la crise iranienne.

Mais ne prenez pas Morozov pour un ennemi irréductible de Twitter. Il affirme avoir inventé, au mois d’avril, la «version moldave de la révolution Twitter». Selon lui, le nombre d’utilisateurs de Twitter dans un pays instable n’est pas aussi important que leur capacité à diffuser des infos. Il ne faut pas sous-estimer l’effet de réseau de quelques auteurs très engagés.

En même temps, Morozov comprend que le rôle des médias sociaux dans les tentatives de renversement de régimes despotiques est limité. «Si vous projetez de renverser le régime de Castro et que vous évoquez votre plan sur Twitter, franchement, ce n’est pas la peine de vous fatiguer.» De même, il explique qu’il était opposé à l’utilisation de LiveJournal.com pour organiser des mobilisations éclair en Biélorussie en 2006: «cela me paraissait stupide, puisque le KGB consultait pratiquement les mêmes blogs que les militants.» (Dans un autre article, Morozov raconte comment Twitter a mal informé la population à propos de la crise de la grippe porcine.)

La révolution Twitter a peut-être un côté obscur. Jason Zengerle, de la revue The New Republic, attire notre attention sur une interview d’Ethan Zuckerman dans l’émission On the Media de la National Public Radio [principale radio publique américaine] datant du mois d’avril. Zuckerman, qui travaille au Centre Berkman pour Internet et la Société, y parle de son étude de la révolution Twitter en Moldavie.

Ethan Zuckerman a prouvé qu’au bout de sept jours de rébellion, Twitter «a été utilisé comme une chaîne de désinformation par des groupes vraisemblablement de mèche avec le gouvernement; ils ont surtout tenté de faire peur à la population pour la dissuader de retourner manifester».

Bientôt, la police secrète risque d’envoyer elle-même des messages de mobilisation sur Twitter («Rassemblement à 19 heures sur la place de Tian’anmen pour une marche jusqu’au siège central.») afin d’épingler tous ceux qui seront au rendez-vous!

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Si vous souhaitez obtenir un avis plus positif sur l’incroyable pouvoir de Twitter, lisez cet article de Marc Ambinder (The Atlantic). Pour lire trois tweets optimistes par jour, consultez mon fil Tweeter.

Jack Shafer

Article paru sur Slate.com le 17 juin 2009 et traduit par Micha Cziffra

http://www.slate.fr/story/6905/les-limites-de-twitter

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La CIA et le laboratoire iranien

La nouvelle d’une possible fraude électorale s’est répandue à Téhéran comme une traînée de poudre et a poussé dans la rue les partisans de l’ayatollah Rafsanjani contre ceux de l’ayatollah Khamenei. Ce chaos est provoqué en sous-main par la CIA qui sème la confusion en inondant les Iraniens de messages SMS contradictoires. Thierry Meyssan relate cette expérience de guerre psychologique.

En mars 2000, la secrétaire d’État Madeleine Albright a admis que l’administration Eisenhower avait organisé un changement de régime, en 1953, en Iran et que cet événement historique explique l’hostilité actuelle des Iraniens face aux États-Unis. La semaine dernière, lors de son discours du Caire adressé aux musulmans, le président Obama a officiellement reconnu qu’« en pleine Guerre froide, les États-Unis ont joué un rôle dans le renversement d’un gouvernement iranien démocratiquement élu » [1].

À l’époque, l’Iran est contrôlée par une monarchie d’opérette dirigée par le chah Mohammad Reza Pahlavi. Il avait été placé sur le trône par les Britanniques, qui avaient forcé son père, l’officier cosaque pro-nazi Reza Pahlavi, à démissionner. Cependant, le chah doit composer avec un Premier ministre nationaliste Mohammad Mossadegh. Celui-ci, avec l’aide de l’ayatollah Abou al-Qassem Kachani, nationalise les ressources pétrolières [2]. Furieux, les Britanniques convainquent les États-uniens qu’il faut stopper la dérive iranienne avant que le pays ne sombre dans le communisme. La CIA met alors en place l’Opération Ajax visant à renverser Mossadegh avec l’aide du chah, et à le remplacer par le général nazi Fazlollah Zahedi, jusque là détenu par les Britanniques. Il installera le régime de terreur le plus cruel de l’époque, tandis que le chah servira de couverture à ses exactions en posant pour les magazines people occidentaux.

L’opération Ajax fut dirigée par l’archéologue Donald Wilber, l’historien Kermit Roosevelt (le petit-fils du président Theodore Roosevelt) et le général Norman Schwartzkopf Sr. (dont le fils homonyme a commandé l’opération Tempête du désert). Elle reste un modèle de subversion. La CIA imagine un scénario qui donne l’impression d’un soulèvement populaire alors qu’il s’agit d’une opération secrète. Le clou du spectacle étant une manifestation à Téhéran avec 8 000 figurants payés par l’Agence pour fournir des photos convaincantes à la presse occidentale [3].

L’Histoire se répéterait-elle ? Washington a renoncé à attaquer militairement l’Iran et a dissuadé Israël de prendre une telle initiative. Pour parvenir à « changer le régime », l’administration Obama préfère jouer la carte —moins dangereuse, mais plus aléatoire— de l’action secrète. À l’issue de l’élection présidentielle iranienne, de vastes manifestations opposent dans les rues de Téhéran les partisans du président Mahmoud Ahmadinejad et du guide Ali Khamenei d’un côté, aux partisans du candidat malheureux Mir-Hossein Mousavi et de l’ex-président Akbar Hashemi Rafsanjani de l’autre. Elle traduisent un profond clivage dans la société iranienne entre un prolétariat nationaliste et une bourgeoisie qui déplore d’être tenue à l’écart de la globalisation économique. Agissant en sous-main, Washington tente de peser sur les événements pour renverser le président réélu.

Une nouvelle fois, l’Iran est un champ d’expérimentation de méthodes innovantes de subversion. La CIA s’appuie en 2009 sur une arme nouvelle : la maîtrise des téléphones portables.

Depuis la généralisation des téléphones portables, les services secrets anglo-saxons ont multiplié leurs capacités d’interception. Alors que l’écoute des téléphones filaires nécessite la pose de bretelles de dérivation, donc des agents sur place, l’écoute des portables peut se faire à distance grâce au réseau Échelon. Toutefois, ce système ne permet pas d’interception des communications téléphoniques via Skype, d’où le succès des téléphones Skype dans les zones de conflit [4]. La National Security Agency (NSA) vient donc de démarcher les fournisseurs d’accès internet du monde entier pour obtenir leur concours. Ceux qui ont accepté ont été grassement rétribués [5].

Dans les pays qu’ils occupent —Irak, Afghanistan et Pakistan—, les Anglo-Saxons interceptent la totalité des conversations téléphoniques qu’elles soient émises par des portables ou qu’elles soient filaires. Le but n’est pas de disposer de retranscription de telle ou telle conversation, mais d’identifier les « réseaux sociaux ». En d’autres termes, les téléphones sont des mouchards qui permettent de savoir avec qui une personne donnée est en relation. Partant de là, on peut espérer identifier les réseaux de résistance. Dans un second temps, les téléphones permettent de localiser les cibles identifiées, et de les « neutraliser ».

C’est pourquoi, en février 2008, les insurgés afghans ont ordonné aux divers opérateurs de stopper leur activité chaque jour de 17h à 03h, de manière à empêcher les Anglo-Saxons de suivre leurs déplacements. Les antennes-relais de ceux qui ont contrevenu à cet ordre ont été détruites [6].

À l’inverse, —hormis un central téléphonique touché par erreur—, les forces israéliennes se sont bien gardées de bombarder les relais téléphoniques à Gaza, lors de l’opération Plomb durci, en décembre 2008-janvier 2009. Il s’agit là d’un changement complet de stratégie chez les Occidentaux. Depuis la guerre du Golfe prévalait la « théorie des cinq cercles » du colonel John A. Warden : le bombardement des infrastructures de téléphonie était considéré comme un objectif stratégique à la fois pour plonger la population dans la confusion et pour couper les communications entre les centres de commandement et les combattants. Désormais, c’est le contraire, il faut protéger les infrastructures de télécommunications. Durant les bombardements de Gaza, l’opérateur Jawwal [7] a offert du crédit à ses abonnés, officiellement pour leur venir en aide, de facto dans l’intérêt des Israéliens.

Franchissant un pas, les services secrets anglo-saxons et israéliens ont développé des méthodes de guerre psychologique basées sur l’usage extensif des portables. En juillet 2008, après l’échange de prisonniers et dépouilles entre Israël et le Hezbollah, des robots ont lancé des dizaines de milliers d’appel vers des portables libanais. Une voix en arabe mettait en garde contre toute participation à la Résistance et dénigrait le Hezbollah. Le ministre libanais des télécom, Jibran Bassil [8], avait déposé une plainte à l’ONU contre cette flagrante violation de la souveraineté du pays [9].

Sur le même modèle des dizaines de milliers de Libanais et de Syriens ont reçu un appel automatique en octobre 2008 leur proposant 10 millions de dollars contre toute information qui permettrait de localiser et de délivrer des soldats israéliens prisonniers. Les personnes intéressées pour collaborer étaient invitées à joindre un numéro au Royaume-Uni [10].

Cette méthode vient d’être employée en Iran pour intoxiquer la population en répandant des nouvelles choquantes, et pour canaliser le mécontentement qu’elles suscitent.

En premier lieu, il s’est agit de répandre par SMS durant la nuit du dépouillement la nouvelle selon laquelle le Conseil des gardiens de la Constitution (équivalent de la Cour constitutionnelle) avaient informé Mir-Hossein Mousavi de sa victoire. Dès lors, l’annonce, plusieurs heures plus tard des résultats officiels —la réélection de Mahmoud Ahmadinejad avec 65 % des suffrages exprimés— paraissait un gigantesque trucage. Pourtant, trois jours plutôt, M. Mousavi et ses amis considéraient la victoire massive de M. Ahmadinejad comme certaine et s’efforçaient de l’expliquer par des déséquilibres dans la campagne électorale. Ainsi l’ex-président Akbar Hashemi Rafsanjani détaillait ses griefs dans une lettre ouverte. Les instituts de sondage US en Iran pronostiquaient une avance de M. Ahmadinejad de 20 points sur M. Mousavi [11]. À aucun moment, la victoire de M. Mousavi n’est parue possible, même s’il est probable que des trucages ont accentué la marge entre les deux candidats.

Dans un second temps, des citoyens ont été sélectionnés ou se sont fait connaître sur internet pour converser sur Facebook ou s’abonner à des fils de dépêche Twitter. Ils ont alors reçu, toujours par SMS, des informations —vraies ou fausses— sur l’évolution de la crise politique et les manifestations en cours. Ce sont ces dépêches anonymes qui ont répandu les nouvelles de fusillades et de morts nombreux ; nouvelles à ce jour non confirmées. Par un malencontreux hasard de calendrier, la société Twitter devait suspendre son service durant une nuit, le temps nécessaire à la maintenance de ses installations. Mais le département d’État des États-Unis est intervenu pour lui demander de surseoir à cette opération [12]. Selon le New York Times, ces opérations contribuent à semer la défiance dans la population [13].


Des messages faisant état de menaces de mort, d’irruptions des forces de l’ordre à domicile, etc.
émis par des auteurs impossibles à identifier ou localiser.

Simultanément, dans un effort nouveau la CIA mobilise les militants anti-iraniens aux USA et au Royaume-Uni pour ajouter au désordre. Un Guide pratique de la révolution en Iran leur a été distribué, il comprend plusieurs conseils pratiques, dont :

  • régler les comptes Twitter sur le fuseau horaire de Téhéran ;
  • centraliser les messages sur les comptes Twitter @stopAhmadi, #iranelection et #gr88 ;
  • Ne pas attaquer les sites internet officiels de l’État iranien. « Laissez faire l’armée » US pour cela (sic).

Mis en application, ces conseils empêchent toute authentification des messages Twitter. On ne peut plus savoir s’ils sont envoyés par des témoins des manifestations à Téhéran ou par des agents de la CIA à Langley, et l’on ne peut plus distinguer le vrai du faux. Le but est de creer toujours plus de confusion et de pousser les Iraniens à se battre entre eux.

Les états-majors, partout dans le monde, suivent avec attention les événements à Téhéran. Chacun tente d’évaluer l’efficacité de cette nouvelle méthode de subversion dans le laboratoire iranien. À l’évidence, le processus de déstabilisation a fonctionné. Mais il n’est pas sûr que la CIA puisse canaliser les manifestants pour qu’ils fassent eux-mêmes ce que le Pentagone a renoncé à faire et qu’ils n’ont aucune envie de faire : changer le régime, clore la révolution islamique.

Par Thierry Meyssan, le 17 juin 2009, pour le Réseau Voltaire
 


Références :

[1] « Discours à l’université du Caire », par Barack Obama, Réseau Voltaire, 4 juin 2009.

[2] « BP-Amoco, coalition pétrolière anglo-saxonne », par Arthur Lepic, Réseau Voltaire, 10 juin 2004.

[3] Sur le coup de 1953, l’ouvrage de référence est All the Shah’s Men : An American Coup and the Roots of Middle East Terror, par Stephen Kinzer, John Wiley & Sons éd (2003), 272 pp. Pour les lecteurs francophones, signalons le dernier chapitre du récent livre de Gilles Munier, Les espions de l’or noir, Koutoubia éd (2009), 318 pp.

[4] « Taliban using Skype phones to dodge MI6 », par Glen Owen, Mail Online, 13 septembre 2008.

[5] « NSA offering ’billions’ for Skype eavesdrop solution », par Lewis Page, The Register, 12 février 2009.

[6] « Taliban Threatens Cell Towers », par Noah Shachtman, Wired, 25 février 2008.

[7] Jawwal est la marque de PalTel, la société du milliardaire palestinien Munib Al-Masri.

[8] Jibran Bassil est un des principaux leaders du Courant patriotique libre, le parti nationaliste de Michel Aoun.

[9] « Freed Lebanese say they will keep fighting Israel », Associated Press, 17 juillet 2008.

[10] L’auteur de cet article a été témoin de ces appels. On pourra aussi consulter « Strange Israeli phone calls alarm Syrians. Israeli intelligence services accused of making phone calls to Syrians in bid to recruit agents », Syria News Briefing, 4 décembre 2008.

[11] Cité dans « Ahmadinejad won. Get over it », par Flynt Leverett et Hillary Mann Leverett, Politico, 15 juin 2009.

[12] « U.S. State Department speaks to Twitter over Iran », Reuters, 16 juin 2009.

[13] « Social Networks Spread Defiance Online », par Brad Stone et Noam Cohen, The New York Times, 15 juin 2009.

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http://www.reopen911.info/News/2009/06/20/la-cia-et-le-laboratoire-iranien/comment-page-1/#comment-13667


Badgad autorise le maintien des contingents étrangers

En Irak, aux Etats Unis et ailleurs les communiqués se suivent et ne se ressemblent pas.

  Le parlement irakien a approuvé un texte permettant aux contingents de Grande-Bretagne et de plusieurs autres pays de rester dans le pays après le 31 décembre et l'expiration du mandat de l'ONU qui régit actuellement leur présence, a annoncé un responsable.

"Ce projet a reçu une majorité des votes. Nous autorisons le gouvernement à prendre toutes les mesures nécessaires au sujet des forces étrangères non-américaines", a déclaré le vice-président de l'assemblée, Khalid al Attiya. La mesure permettra le maintien des contingents étrangers jusqu'à la fin du mois de juillet 2009.

Outre les soldats britanniques, sont concernés ceux d'Australie, du Salvador, de Roumanie, d'Estonie ainsi que ceux sous drapeau de l'Otan.

Le vote de ce texte a été permis par la démission du président de l'assemblée Mahmoud al Machhadani, que les députés chiites et kurdes appelaient à quitter ses fonctions.

Ses opposants reprochaient à cet ancien médecin sunnite d'avoir insulté des députés en séance la semaine dernière. On ignore encore qui le remplacera.

Les disputes liées à cette affaire avaient retardé le vote du texte sur les contingents étrangers. Ce document n'a qu'une valeur technique, et doit laisser le temps au gouvernement irakien de signer un traité officiel sur la présence des militaires étrangers, sur le modèle du pacte de sécurité conclu avec les Etats-Unis.

Waleed Ibrahim, version française Gregory Schwartz

Reuters pour yahoo news http://fr.news.yahoo.com/4/20081223/twl-irak-parlement-gb-38cfb6d.html


Cent cinq pays en sont à ce jour signataires de la la Convention de La Haye sur la protection et préservation du patrimoine culturel en cas de conflit armé ; mais pas les États-Unis ni la Grande-Bretagne.

Ce qui est arrivé sur d'autres théâtres armés n'a pas échappé à l'Irak

Les américains ont pillé et vandalisé les vestiges que Saddam Hussein protégeait. Les GIA sont fiers de leurs destructions. J'ai pu vérifier cela par l'intermédiaire du module Questions/Réponses de yahoo US que les soldats utilisent. Mes questions à ce propos recevaient des réponses on ne peu plus claires. Elles ont même étaient effacées car gênant les bonnes pensées américaine et britaniques.

Voici déjà ce qu'écrivait RFI en 2003. http://www.rfi.fr/actufr/articles/040/article_21259.asp

Patrimoine

Appel d’urgence contre les pillages en Irak

L’Unesco, agence des Nations Unies pour l’éducation et la culture, se mobilise en faveur de la sauvegarde du patrimoine irakien. Après le pillage des musées, archives et bibliothèques du «berceau des civilisations» qu’est la Mésopotamie, une action s’organise contre de nouvelles mises à sac et pour éviter l’exportation et la vente des objets volés afin qu’ils retrouvent leur place.

La trentaine d’experts internationaux, chefs de missions archéologiques en Irak, réunis par le directeur général de l’Unesco, ont lancé un appel d’urgence aux responsables de la sécurité civile en Irak afin qu’ils protègent sans attendre les musées, bibliothèques, sites et monuments du patrimoine culturel de ce pays. Ils demandent un embargo total et immédiat à l’exportation de toute oeuvre d‘art, livre ou archive en provenance d’Irak et le gel du commerce international sur ces objets. Ils souhaitent vivement qu’un appel soit lancé à la restitution volontaire des objets volés ou exportés illégalement.

Une mission de l’Unesco devrait se rendre sur place dès que possible pour évaluer les dommages occasionnés par la guerre et les pillages au patrimoine culturel irakien et coordonner l’aide internationale aux institutions culturelles locales. Le directeur général de l’Unesco, Koïchiro Matsuura et les archéologues spécialistes de la Mésopotamie se défendent de s’intéresser plus aux pierres qu’aux êtres humains : préserver l’héritage culturel d’un peuple, c’est préserver son identité et les bases de la cohésion sociale par le partage de valeurs spirituelles communes.

La réaction de l’Unesco fait suite au pillage spectaculaire du Musée archéologique de Bagdad, riche de 150 000 oeuvres représentatives de 7 000 ans d’histoire, qui s’est déroulé sans que les forces de la coalition américano-britannique n’interviennent. Le sac des archives et de la bibliothèque nationales a suivi et les musées de Mossoul et de Tikrit ont subi le même sort sans plus de réaction des militaires pour les protéger. On est, pour l’instant, sans informations précises sur l’état des vestiges de la ville antique de Ninive, englobée dans l’actuelle Mossoul copieusement bombardée, ni du site archéologique de Babylone, proche du palais présidentiel de Saddam Hussein à Hillal, lui-aussi cible de guerre. Dans bien des cas l’évaluation des dégradations et des vols est encore difficile car, par exemple à Hatra, ville antique classée par l’Unesco, tout ce qui avait pu être déplacé et mis à l’abri l’a été par les conservateurs. Toutefois, les conservateurs avaient prévu d’éventuels bombardements, ils n’avaient à l’évidence pas prévu, ou pas assez, les pillages.

Des risques prévisibles

Des voix s’élèvent contre la passivité de la coalition, plus prompte à protéger les bâtiments du ministère du pétrole, gardés par une cinquantaine de chars depuis une semaine. Selon un professeur d’archéologie de l’université de Bagdad, les soldats sollicités pour s’opposer aux pillards ont répondu qu’ils n’avaient pas d’ordre pour intervenir. Et les Irakiens responsables des antiquités nationales se plaignent que les promesses américaines qui leur ont été faites d'assurer la protection du Musée de Bagdad sont encore sans effet. Les protestations naissent aussi en Grande-Bretagne où des archéologues dénoncent l'inaction de la coalition et leurs homologues américains confirment qu’ils avaient averti le Pentagone des risques de pillage et, qu’à l'évidence, il n’a pas été tenu compte de leurs avertissements ni des listes de sites sensibles à protéger remises à cette occasion. Y compris Kofi Annan, secrétaire général des Nations Unies, qui a officiellement appelé les autorités américaines à protéger immédiatement les sites religieux et archéologiques.

Pourtant, le pillage et la destruction d’œuvres culturelles, en cette période troublée, étaient prévisibles car ils ont eu des précédents. Parmi les exactions les plus récentes, la dégradation du site d’Angkor au Cambodge entre 1975 et 1993, les destructions dans les villes ex-yougoslaves de Dubrovnik, Mostar ou Sarajevo, entre 1991 et 1993, la destruction en 2001 des bouddhas géants de Bamiyan par les talibans afghans. Déjà, en 1954, après les destructions liées à la deuxième guerre mondiale, l’Unesco proposait à la communauté internationale d’adopter la Convention de La Haye sur la protection et préservation du patrimoine culturel en cas de conflit armé. Cent cinq pays en sont à ce jour signataires, mais pas les États-Unis ni la Grande-Bretagne.

Dommage, car les Etats signataires s’engagent à protéger et à respecter les biens culturels en cas de conflit armé, à prendre les dispositions nécessaires à cette protection dont la mise à l’abri des biens meubles et à marquer d’un signe distinctif des bâtiments et des monuments à sauvegarder. Les pays membres de la convention s’engagent également à créer des unités spéciales au sein des forces armées, particulièrement chargées de cette protection.

par Francine  Quentin

Article publié le 17/04/2003

Pour en savoir plus sur l'action de L'UNESCO en Irak http://portal.unesco.org/fr/ev.php-URL_ID=11178&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html

Ce blog saura aussi donné un aperçu avec des appréciations personnelles
http://la-paille-et-la-poutre.blogspot.com/2008/11/la-destruction-ou-le-pillage.html

Il existe de nombreux autres blogs sur le sujet. En ce qui me concerne je viens de récemment découvrir que les clubs très privés auxquels appartiennent le clan Bush et les Illumintati comme le Bohemian club ou les Skull and bones créé par le grand-père Prescott Bush s'inspireraient des anciens rites babyloniens comme ceux dédiés à Moloch.

Pour peu que Bush a envahi l'Irak pour venger son père de ne pas l'avoir réussi la dernière décennie du 20° siècle. Comme un serment famillial a accomplir. Le petit fils a conclu le rituel instauré par le grand-père facilitateur de l'ascension du III° Reich et dont les exploits de l'Holocauste ont causé la fortune de la dynastie Bush.

La boucle est bouclée. Mais quand les générations comprendront enfin de quelle race est la dynastie Bush. Vouer un culte au Moloch de l'ancien testament, n'est-ce pas suffisant pour faire un procès à ces personnages qui font la justice sur terre en se posant en rédempteur universel. Envoyé par la voix divine de Dieu qui lui a dit qu'il fallait envahir l'Irak. Est-ce cela la démocratie ?

http://www.bibleetnombres.online.fr/babylone.htm


Troisième procès pour "Ali le chimique"

Déjà condamné par deux fois à mort, le cousin de Saddam Hussein, Ali Hassan al Madjid, surnommé "Ali le chimique", a comparu à nouveau devant un juge, cette fois pour l'assassinat par le gaz de 5.000 Kurdes en 1988 à Halabja. 

Il a déjà été condamné à mort le 2 décembre par le Haut Tribunal irakien pour avoir écrasé dans le sang la révolte des chiites du Sud après la guerre du Golfe de 1991.

Madjid avait été condamné à la pendaison l'an dernier pour la mort de dizaines de milliers de Kurdes irakiens lors de l'opération "Anfal" ("Butin de guerre") en 1988 dans des villages du nord du pays.

C'est cette dernière opération, où du gaz toxique avait été utilisé, qui avait valu à Madjid son surnom d'"Ali le chimique".

Des centaines de Kurdes ont manifesté dimanche à Halabja pour réclamer l'exécution d'"Ali le chimique", retardée en raison de divergences au sein du gouvernement.

Madjid est jugé en compagnie de trois autres cadres du régime de Saddam Hussein, un ex-ministre de la Défense et deux responsables des services de renseignement. Le président du tribunal est un chiite, le juge Mohammed al Ouraïbi, qui a déjà condamné à deux reprises le cousin de l'ancien dictateur.

Le Haut Tribunal a été mis en place en 2003 pour juger les anciens responsables du régime de Saddam Hussein, y compris ce dernier, exécuté en décembre 2006 pour crimes contre l'humanité pour le meurtre de 148 villageois chiites exécutés après une tentative d'assassinat l'ayant visé à Doudjaïl.

La réputation de cruauté de Madjid envers les opposants au régime lui a valu d'être plus craint encore que Saddam Hussein, dont la vidéo de la pendaison, filmée par téléphone portable, a choqué la communauté sunnite d'Irak.

Selon l'organisation Human Rights Watch, 290.000 personnes ont disparu sous le régime de Saddam Hussein, dont beaucoup ont été inhumés dans des fosses communes.

Missy Ryan, version française Pascal Liétout


Les Américains remplaceront les Britanniques à Bassorah

Les troupes américaines remplaceront les quelque 4.000 soldats britanniques qui doivent quitter Bassorah d'ici la fin du mois de mai, indique le général Ray Odierno, patron des forces américaines et alliées en Irak. Parallèlement, un compromis a été trouvé dimanche au Parlement irakien en vue d'adopter un texte prévoyant le maintien en Irak des forces étrangères jusqu'en juillet 2009.

Dans un entretien accordé samedi soir à l'Associated Press, le général Odierno déclare envisager de transférer le QG d'une brigade ou d'une division, soit une centaine de personnes, ainsi qu'un nombre indéterminé d'hommes de combat à Bassorah.

Ville portuaire du sud de l'Irak, Bassorah est la deuxième agglomération du pays. Elle constitue l'un des centres névralgiques de l'industrie pétrolière irakienne. Actuellement, ce sont les forces britanniques qui assurent la sécurité dans toute sa région.

A Bagdad, les principaux partis représentés au Parlement sont parvenus dimanche à un accord sur la présence des troupes étrangères sur le territoire national. Les soldats autres qu'américains pourront rester jusqu'en juillet 2009. C'est la teneur de la résolution qu'ils ont convenu d'adopter lundi.

Un accord séparé avait été conclu pour les troupes américaines le 4 décembre. Ces dernières peuvent rester dans le pays jusqu'en 2011. Mais les dispositions de l'accord, qui entre en vigueur le 1er janvier, donne à Bagdad un contrôle strict sur les près de 150.000 soldats américains postés sur son territoire.

D'après Abbas al-Bayati, de l'Alliance chiite irakienne unie, "les chefs des groupes politiques sont parvenus à la décision d'approuver le projet de résolution" sur la présence des troupes étrangères, et les parlementaires voteront sur ce texte lundi. Si la loi est adoptée, elle "donnera au gouvernement l'autorité de garder certaines troupes à des fins d'entraînement", a-t-il ajouté.

Le Parlement irakien a déjà rejeté un compromis de ce type à deux reprises. Si un texte n'est pas adopté avant l'expiration du mandat de l'ONU le 31 décembre, la présence de ces troupes étrangères n'aura plus aucune justification légale.

Londres a déjà fait savoir que les troupes britanniques se retireraient de Bassorah avant la fin du mois de mai 2009. Et le général Odierno a expliqué que les troupes américaines les remplaceraient. "Ce sera une présence plus petite qu'actuellement", a-t-il précisé après avoir été informé par le général britannique Andy Salmon de la situation dans la région et des préparatifs du retrait britannique.

"Nous croyons qu'il est important de maintenir une présence ici parce que nous pensons que Bassorah est une ville importante et qu'il est essentiel que nous y conservions une forme de contrôle", a estimé le général Odierno.

Une fois ce transfert effectué, les troupes américaines auront l'entière responsabilité, aussi bien dans la région de Bassorah que dans le reste du pays, d'assister et de former les forces de sécurité irakiennes.

Le général Odierno a par ailleurs répondu au commandant des Marines, le général James Conway, qui avait évoqué dans un entretien à l'AP l'hypothèse d'un retrait de ses 22.000 hommes de la province d'Anbar (ouest), relativement calme, au profit d'un redéploiement en Afghanistan. "Toute décision sur la structure des forces en Irak sera prise par moi-même", a martelé le général Odierno, affirmant qu'aucune décision n'avait encore été prise pour la province d'Anbar.

Le patron des forces américaines et alliées en Irak veut avant tout s'assurer que les élections régionales du 31 janvier prochain se déroulent bien, et que les perdants reconnaissent pacifiquement leur défaite. Il envisage de prendre une décision sur l'avenir des forces américaines en Irak seulement deux mois après ce scrutin. AP

http://fr.news.yahoo.com/3/20081221/twl-irak-forces-etrangeres-synthese-1def439.html

 (Suite)