Mondialisation du pouvoir militaire grâce à l’expansion de l’OTAN
L’OTAN et le réseau plus vaste d’alliances militaires sous l’égide des Etats-Unis
Après la dissolution du Pacte de Varsovie et l’effondrement de l’Union soviétique, l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) n’a pas changé fondamentalement sa mission. A la suite de la guerre froide, elle n’a pas cessé de s’élargir. En 1999, avant sa guerre contre la Yougoslavie, elle s’est étendue en direction de l’Europe de l’Est.
L’OTAN, résolue à augmenter à la fois le nombre de ses membres et celui de ses missions, devrait finalement devenir une puissance militaire mondiale. En plus, il lui appartient, en tant qu’alliance militaire globale, de garantir la «sécurité énergétique» de ses pays membres. Cela revient à militariser les «artères» du monde, c’est-à-dire les oléoducs stratégiques, les couloirs maritimes empruntés par les pétroliers ainsi que les eaux internationales.La «clause de défense mutuelle», moyen de contrôler les ressources pétrolières?Le sénateur américain Richard Lugar a appelé l’OTAN à se porter au secours d’un pays membre, comme les Etats-Unis, si ses ressources pétrolières étaient menacées. Selon lui, cette intervention serait justifiée par la clause de défense mutuelle (article 5). Son idée a reçu le soutien appuyé des membres d’Europe de l’Est et de l’UE qui dépendent de la Fédération de Russie pour leur approvisionnement en énergie. Lugar s’est exprimé en ces termes: «[L’OTAN] devrait comprendre qu’il n’y a pratiquement pas de différence entre un membre contraint de se soumettre parce qu’on lui coupe son approvisionnement en énergie et un membre confronté à un blocus militaire ou à d’autres opérations militaires à ses frontières.» (1) L’article 5 est la raison d’être de l’OTAN. Il considère toute attaque contre un pays membre comme une attaque contre l’ensemble de ses membres. Il constitue la base de la «défense mutuelle». Toute interprétation de cette clause en rapport avec la sécurité énergétique signifierait que tout membre de l’OTAN auquel on coupe l’approvisionnement en énergie pourrait compter sur l’assistance du reste de l’Alliance. On pourrait donc interpréter l’article 5 comme voulant dire que couper l’approvisionnement en énergie d’un pays membre constitue une agression ou un acte de guerre. On notera que presque aucun membre de l’OTAN ne dispose de ressources énergétiques à lui. Il n’est pas surprenant que la Russie soit extrêmement fâchée et déconcertée par cette extension de la notion de sécurité énergétique. Si cette doctrine était acceptée par l’OTAN, elle pourrait servir de justification pour imposer des sanctions économiques et politiques à la Russie et aux autres pays producteurs d’énergie. La clause pourrait également justifier une attaque contre la Russie ou n’importe quel autre pays producteur dont l’Iran, le Turkménistan, la Libye et le Venezuela, dans le but de s’emparer de ses ressources énergétiques naturelles. Peter Mandelson, commissaire européen au commerce, a récemment déclaré publiquement «Chacune des deux [la Russie et l’UE] croit que l’autre utilise l’arme énergétique comme instrument politique.» Il a ajouté que les relations entre l’UE et la Russie étaient au plus mal depuis la fin de la guerre froide et que «l’Europe recherchait la sécurité de l’approvisionnement énergétique». (2) C’est pourquoi, parmi d’autres, la Russie et ses alliés considèrent le projet de défense anti-missile globale des Etats-Unis et de l’UE comme un moyen permettant, par la menace du recours à la force, de s’emparer des réserves énergétiques russes et mondiales. La Russie, la Chine et l’Iran se trouvent entourés par une frontière militaire que la Russie considère comme faisant partie des efforts de l’OTAN pour l’encercler, elle et ses alliés.En outre, l’OTAN envisage un processus de «portée globale» qui la transformerait en une puissance militaire mondiale comprenant des Etats extérieurs à l’Amérique du Nord et au continent européen. Bien que cela ne soit pas encore officiel, l’OTAN a déjà commencé une transition vers la «globalisation» de ses troupes et de ses opérations. Elle est très impliquée en Afghanistan et empêtrée en Asie centrale. Elle a des bases en Afghanistan aux frontières immédiates de la Chine et de l’Iran. Elle a également consolidé sa présence dans les Balkans, qui avait été mise en relief par son intervention en ex-Yougoslavie. En outre, elle envisage d’importantes interventions au Soudan et plus généralement sur tout le continent africain, ce que ses adversaires qualifient de «mascarade de maintien de la paix». L’expansion-intégration de l’OTAN constitue une alliance militaire globale«Depuis la guerre froide et son rôle régional dans les années 1990, l’OTAN s’est transformée en une organisation transatlantique effectuant des missions globales, de portée globale avec des partenaires globaux. C’est en Afghanistan que cette transformation est la plus évidente. Mais elle a dépassé définitivement le débat «in-area/out-of-area» qui avait duré si longtemps dans les années 1990. Tout appartient potentiellement à la zone de l’OTAN. Cela ne signifie pas que ce soit une organisation globale. C’est une organisation transatlantique mais l’article 5 a maintenant des implications globales. L’OTAN est en train de développer les capacités et les perspectives politiques nécessaires pour s’attaquer aux problèmes et aux éventualités qui surviennent dans le monde entier. Cela représente un changement considérable.»Daniel Fried, Secrétaire d’Etat adjoint américain aux affaires européennes et eurasiennes (17 avril 2007) De plus, l’OTAN, bien que de manière informelle, intervient au Liban (3). Une armada de bâtiments de guerre de l’OTAN est déployée dans les eaux d’Afrique orientale, de la mer Rouge et de la mer d’Oman. Les forces navales des pays membres tels que l’Allemagne et le Danemark sont présentes dans l’est de la Méditerranée, prêtes à frapper la Syrie en cas de guerre. (4)L’OTAN s’étend du côté du golfe Persique vers l’Iran (The “Gulf Security Initiative”)L’OTAN a officiellement pénétré dans le golfe Persique même si en réalité les forces armées de plusieurs de ses pays membres opèrent là-bas depuis la guerre froide. Le directeur adjoint du National Security Apparatus du Koweït Cheikh Thamer Ali Sahab Al-Salem Al-Sabah a annoncé que son pays avait signé avec l’OTAN un accord sur la sécurité au cours d’une conférence réunissant le Gulf Cooperation Council (GCC) et l’OTAN qui a eu lieu les 11 et 12 décembre 2006. Le GCC, qui a été rebaptisé Cooperation Council for the Arab States of the Gulf, comprend l’Arabie saoudite, le Koweït, les Emirats arabes unis, le Qatar, Bahreïn et Oman. Le GCC possède déjà un accord militaire entre ses membres, la Gulf Shield Defence Force, et des accords bilatéraux individuels sur la sécurité avec les USA et la Grande-Bretagne. L’OTAN a déjà été en pourparlers avec le Qatar, le Koweït et d’autres membres du GCC en vue d’établir une présence plus officielle de l’Alliance dans le golfe Persique et de conclure un nouvel accord sur la sécurité dirigé contre l’Iran. Le nouvel équilibre régional dans le golfe Persique fait partie d’une alliance plus large du Moyen-Orient liée à l’OTAN. L’Arabie saoudite, la Jordanie, l’Egypte, Israël, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’OTAN font tous partie, en plus du GCC, de cette coalition moyen-orientale.(5) Cette alliance ou coalition militaire représente essentiellement un élargissement à l’est du «Dialogue méditerranéen» de l’OTAN. On attribue aux membres moyen-orientaux de cette coalition l’appellation de «coalition des modérés» alors que l’Iran et la Syrie sont censés diriger une «coalition d’extrémistes». A part la conséquence possible d’une confrontation avec l’Iran, cette coopération entre le GCC et l’OTAN confirme le fait que l’Alliance atlantique se prépare à devenir une institution et une force militaire globales. Le Moyen-Orient est une région d’élargissement de l’OTAN très importante au point de vue géostratégique et riche en ressources énergétiques. Les avant-gardes de l’OTAN y sont la Turquie et Israël. Les Etats-Unis ont déjà installé leur arsenal de missiles dans le golfe Persique et y ont acheminé de grandes quantités de matériel militaire et de systèmes radars. A l’origine, la justification du déploiement militaire dans le Golfe était la «guerre globale contre le terrorisme» puis ce fut l’invasion de l’Irak et maintenant il s’agit de protéger de la menace des missiles balistiques iraniens les alliés de l’Amérique dans le Golfe, c’est-à-dire les Emirats arabes unis, le Koweït et l’Arabie saoudite. La Conférence GCC/OTAN a reçu son mandat de l’Initiative de coopération d’Istanbul et était consacrée au thème «Facing Common Challenges» («Venir à bout de défis communs»), qui désigne directement l’Iran comme la cible de la coopération militaire et sécuritaire entre la GCC et l’OTAN. (6)L’encerclement de l’Iran par les alliés de l’OTANEn outre, la Conférence a eu lieu après des manœuvres militaires des membres du GCC, des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France et de l’Australie, ce qui prouve également que la coopération entre les deux branches de l’OTAN, l’entente franco-allemande et l’alliance anglo-américaine a commencé avant la conférence historique de l’OTAN à Riga (Lituanie) en 2006. (7) Les accords entre le GCC et l’OTAN sont également importants parce qu’ils signifient que le golfe Persique pourrait être partagé et divisé par l’entente franco-allemande et l’alliance anglo-américaine. Bien que Cheikh Thamer Ali Sabah Al-Salem Al-Sabah et des dirigeants koweïtiens aient essayé de minimiser l’importance de la coopération entre le Koweït et l’OTAN, cette collaboration est un signe de l’expansion de l’OTAN et d’une probable confrontation avec l’Iran. Les Koweïtiens ont également souligné que l’objectif de la Conférence était de mettre à profit les expériences variées de l’OTAN dues à sa composition internationale. La montée en puissance militaire anglo-américaine et l’extension de l’OTAN dans le golfe Persique ont encouragé les chefs du GCC à coopérer avec les armées américaine et britannique. Récemment, le ministre de la Défense du Bahreïn Cheikh Kalifa bin Ahmed Al-Khalifa a déclaré que les émirats du golfe Persique «sont en mesure de répondre à n’importe quelle attaque de l’Iran voisin» et «répliqueraient par la force» si l’Iran bloquait le détroit d’Ormuz à la suite de frappes américaines.(8) Et ce n’est pas un hasard si les dirigeants koweïtiens ont également déclaré qu’ils étaient préparés à une attaque de l’Iran conduite par les Américains et à une guerre au Moyen-Orient.(9) Notons que toute attaque par l’Iran des émirats du golfe Persique serait une réponse à leur coopération avec les Etats-Unis et au fait qu’ils acceptent que les armées des Etats-Unis et de leurs alliés utilisent leurs espaces aériens, maritimes et terrestres contre l’Iran. Les dirigeants de ces pays ont soutenu les Américains et les Britanniques dans leur invasion de l’Irak et ils hébergent d’importantes bases terrestres, aériennes et navales américaines.L’objectif final de l’OTAN est d’encercler la Russie, la Chine et leurs alliés«Le premier et le plus important changement que nous devons opérer consiste à développer notre capacité à étendre la stabilité à l’Est..» Manfred Wörner, Secrétaire général de l’OTAN Le 7 février 2007, les déclarations devant le Congrès du ministre de la Défense américain Robert Gates, qui présentait le budget militaire 2008 du Pentagone confirment que les Etats-Unis continuent de considérer la Chine et la Russie comme des adversaires potentiels en plus de l’Iran. Gates a déclaré que la Russie comme la Chine représentaient des menaces pour les Etats-Unis: «En plus de la guerre globale contre le terrorisme, nous devons également faire face aux voies incertaines de la Chine et de la Russie qui poursuivent toutes les deux des programmes de modernisation militaire sophistiqués.(10) La vraie question est de savoir si les Russes et les Chinois constituent une menace pour les Etats-Unis ou si c’est l’inverse; et également si la Chine et la Russie représentent une menace économique pour les Etats-Unis. Le ministre des Affaires étrangères et le gouvernement russes ont presque immédiatement demandé des explications à la Maison Blanche sur ces propos menaçants.Les Russes ont manifesté de plus en plus d’inquiétude au fur et à mesure qu’ils se rendaient compte qu’ils étaient encerclés. Il y a pas mal de temps que la Russie, la Chine et leurs alliés sont peu à peu encerclés. La Chine se trouve face à une frontière orientale militarisée en Asie tandis que l’Iran a été pratiquement encerclé et que les frontières occidentales de la Russie ont été infiltrées par l’OTAN. L’expansion de l’OTAN se poursuit malgré la fin de la guerre froide et malgré les promesses de l’Alliance qu’elle ne s’étendrait pas. Les bases militaires et les installations de missiles encerclent la Chine, l’Iran et la Fédération de Russie. La Russie se trouve face à des menaces militaires beaucoup plus graves que durant la guerre froideLe 27 février 2007, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le président Poutine a déclaré que l’OTAN visait la Fédération de Russie et a rappelé à l’Alliance qu’elle avait promis de ne pas s’étendre vers l’Est.(11) Boris Eltsine s’était exprimé dans le même sens à propos de l’expansion de l’OTAN lors de l’entrée des Etats baltes dans ce bloc militaire. Le discours de Poutine représente la déclaration russe la plus importante jusqu’ici et indique que la Russie commence à ressentir la menace qui pèse sur ses frontières, de l’extrême-orient russe aux frontières avec la Géorgie et l’Europe de l’Ouest. Du point de vue russe, l’OTAN n’est plus vouée à la «coexistence pacifique». Le général Iouri Balouievsky, chef d’état-major des forces armées russes et premier adjoint au Ministre de la Défense, a averti les Russes qu’ils se trouvaient face à des menaces militaires beaucoup plus graves que durant la guerre froide. Il a, avec le président Poutine, demandé une nouvelle doctrine militaire russe pour répondre aux menaces croissantes venant des Etats-Unis et de l’OTAN.(12) Les projets militaires lancés par les Etats-Unis, certains alliés européens membres de l’OTAN (Grande-Bretagne, Pologne et République tchèque) et le Japon en vue de l’installation de deux boucliers antimissile parallèles menacent à la fois la Russie et la Chine. L’un des boucliers sera situé en Europe et l’autre en Extrême-Orient. Ils sont censés répondre à d’hypothétiques menaces iraniennes et nord-coréennes contre les Etats-Unis, l’Europe, la Corée du Sud et le Japon. «Il s’agit là [le bouclier antimissile situé aux frontières de la Russie] d’une question très urgente et politiquement très importante qui pourrait nous entraîner dans une nouvelle course aux armements», a déclaré le général Iouri Soloviev, commandant de l’Armée russe, à propos du projet d’installations antimissile qui devraient être déployées en Europe de l’Est, à la frontière russe.(13) Il est également question d’un autre bouclier qui serait déployé dans le Caucase ou même peut-être en Ukraine. Les républiques d’Azerbaïdjan et de Géorgie sont des candidats potentiels pour l’abriter.Le projet de radar ne vise pas principalement l’Iran mais la Russie«Notre analyse montre que l’installation d’un système radar en République tchèque et d’un système de défense antimissile en Pologne constitue une menace réelle pour nous», a précisé le général Vladimir Popovkine, commandant des Forces spatiales russes, et il a ajouté: «Il n’est pas sûr du tout que les éléments du système de défense antimissile américain en Europe soient dirigés contre l’Iran, comme l’ont déclaré [des responsables américains].» (14) Le projet de radar prévu en République tchèque se heurte également à l’opposition de la majorité de la population tchèque (15) mais on ignore ici la volonté du peuple de même que les gouvernements ne cessent d’ignorer celle des peuples américain, britannique, italien, canadien et japonais. En d’autres termes, ces gouvernements prétendument démocratiques se révèlent extrêmement antidémocratiques quand il s’agit de projets militaires et de guerres à l’extérieur. Les frontières russes et chinoises sont en train d’être militarisées par l’OTAN et le réseau plus vaste des alliances organisées par les Etats-Unis. Curieusement, la Turquie, membre moyen-oriental de l’OTAN, voisin immédiat de l’Iran et choix logique pour toute installation antimissile destinée à protéger contre une prétendue menace balistique iranienne, n’a pas été choisie comme site d’un bouclier. Le fait qu’il doive être installé en Pologne et en République tchèque plutôt qu’en Turquie et dans les Balkans fait penser qu’il ne vise pas principalement l’Iran mais la Russie.Projet de bouclier en Extrême-OrientL’autre projet de bouclier, en Extrême-Orient, serait voisin, outre de la Corée du Nord, des provinces très peuplées de l’est de la Chine et de l’extrême-orient russe riche en ressources énergétiques. Le bouclier serait installé essentiellement au Japon, avec d’éventuels éléments en Corée du Sud. Le Japon et les Etats-Unis ont commencé un projet commun de défense antimissile en 1999, comme par hasard l’année de l’expansion de l’OTAN et de sa guerre contre l’ex-Yougoslavie.16 Taiwan constitue également un chaînon vital dans la militarisation de la frontière avec la Chine. Une fois que la constitution de ce réseau militaire international sera achevée, la véritable base de la création de deux projets parallèles de boucliers antimissile sera tout à fait évidente. Ces projets sont liés. Ils font partie de la globalisation de l’OTAN et d’une alliance militaire plus large ayant pour but d’encercler la Russie, la Chine et leurs alliés. Parallèlement au développement de ce réseau militaire global, l’OTAN et les USA ont commencé d’essayer de contrôler les océans. Le commerce international en haute mer et le trafic maritime sont également l’objectif d’un régime de contrôle en voie de consolidation dirigé par le gouvernement américain.Encerclement de la Chine: importance des routes maritimes stratégiques du pétrole, Taiwan, SingapourLes Etats-Unis ont des liens militaires étroits avec Taiwan parce que l’île offre une plaque tournante stratégique pour des opérations militaires contre la Chine et sa sécurité énergétique. Taiwan a une importance géostratégique parce que l’île est située entre la mer de Chine méridionale et la mer de Chine orientale. Les Etats-Unis attribuent une extrême importance à la situation de Taiwan en raison des voies de navigation d’une très grande importance stratégique le long desquelles s’effectue le transport vers la Chine du pétrole et d’autres ressources. On a beaucoup discuté de l’importance des routes du pétrole en Asie centrale et de celle des couloirs terrestres, mais il faudrait également s’intéresser aux routes maritimes du pétrole et aux voies maritimes internationales d’importance stratégique. L’approvisionnement en énergie est étroitement lié à la sécurité nationale de la Chine, à son développement et à sa puissance militaire. Si, en cas de guerre, l’approvisionnement en pétrole de la Chine était bloqué ou, plus probablement, retardé, elle serait vulnérable et pourrait être paralysée, étouffée. Un cordon maritime autour du pays répondrait à un tel objectif. Les détroits de Taiwan et de Malacca ont une importance géostratégique vitale pour le transport du pétrole et d’autres ressources vers la Chine. Celui qui contrôle les deux détroits contrôle l’approvisionnement en énergie de la Chine sous le présent statu quo. Ce serait un coup dur pour la Chine si les détroits étaient bloqués et les pétroliers stoppés ou retardés comme ce serait un coup dur pour les Etats-Unis et l’UE si l’Iran fermait le détroit d’Ormuz. Il se trouve que la Marine américaine contrôle ces voies de navigation. Tant que la Chine n’aura pas un moyen sûr de recevoir de l’énergie par une route non contrôlée par les Etats-Unis, elle continuera d’être vulnérable à la Marine américaine qui ne cesse de surveiller les détroits de Taiwan et de Malacca. C’est pour cela que Taiwan et Singapour sont de proches alliés des Etats-Unis. Ils sont très militarisés pour permettre de contrôler les deux détroits vitaux. En cas de guerre entre la Chine et les Etats-Unis, Singapour et Taiwan ont tous les deux des plans d’urgence pour empêcher le pétrole d’atteindre la Chine. Bien que le détroit de Malacca se trouve dans les eaux territoriales de la Malaisie, la rapide militarisation de Singapour a pour but de contrôler et, si nécessaire, d’arrêter les pétroliers. Cela bloquerait le transport d’énergie vers la Chine en cas de guerre entre la Chine et les Etats-Unis. Les installations navales de Singapour sont également hautement spécialisées dans le service des navires de guerre et des sous-marins et sont très utilisées par la Marine américaine. | |
Articles de Mahdi Darius Nazemroaya publiés par Mondialisation.ca | |
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30 Juillet 2007 à 00:56 dans
- Conflits

L'armée canadienne serait très impressionnée par la performance de ses six nouveaux canons britanniques M-777, qui ont été achetés directement de l'armée américaine l'hiver dernier.