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3ème guerre mondiale : quand a-t-elle débuté ?

Point de vue de l'intérieur de l'Irak du bilan de ces cinq années de guerre

 LEMONDE.FR | 19.03.08 | 06h20  •  Mis à jour le 19.03.08 | 12h17

Soren Seelow

Sur les blogs irakiens, la chronique désabusée d'un quotidien en ruines

En 2003, sous le pseudonyme de "Salam Pax", un Irakien décrivait dans un blog en anglais le quotidien d'une Bagdad bombardée. Cinq ans après le début de l'intervention américaine en Irak, des dizaines de blogs, arabophones et anglophones, ont fleuri sur la Toile : ils témoignent, parfois avec humour, souvent avec violence, de la vie difficile dans une capitale en ruines, ravagée par l'insécurité et les privations de liberté.

Sur un blog collectif, Inside Iraq, des journalistes irakiens travaillant pour des médias américains ont tenu à marquer ce cinquième anniversaire. Dans une note intitulée "Democratic changes", ils reviennent, non sans une certaine ironie, sur les "progrès" observés depuis 2003. "Le plus grand changement est sans aucun doute la mort et le déplacement de plus de trois millions d'Irakiens. Je crois que le record de Saddam a été battu il y a longtemps déjà. Il y a désormais des Irakiens dans des endroits du monde dont je n'avais encore jamais entendu parler", écrit Laith. Parmi les innombrables "bienfaits" de l'intervention américaine, ce blogueur cite encore "la réduction des émissions de gaz à effet de serre" due à la rareté du pétrole, ou encore la diminution drastique des électrocutions : la plupart des Irakiens n'ayant droit qu'à trois heures d'électricité par jour, ils consomment "à l'ampère près" et "n'autorisent pas les enfants à gaspiller de l'électricité en regardant la télé".

 

LE BLUES DES FEMMES IRAKIENNES

Moins grinçant, mais nettement plus corrosif, le blog Arab Woman Blues donne la parole aux femmes. Son auteure, Layla, rapporte une brève conversation avec sa tante Sameera, qui rend compte du sentiment d'enfermement dont sont victimes les Irakiennes. "Nous sommes en train de pourrir à la maison... parfois, je sens que mon cœur va exploser. Peux-tu imaginer que notre seule sortie consiste à se rendre chez le marchand de légumes, à trois minutes d'ici ? Nous considérons qu'il s'agit d'un événement important. Tes cousines s'habillent pour l'occasion... Mais nous ne savons même pas si nous pourrons rentrer en un seul morceau... Layla, mon cœur va éclater..."

Parfaitement anglophone et visiblement éduquée (son blog est illustré de toiles d'artistes irakiens), Layla voue une haine sans limite à l'envahisseur américain. "Tous les Américains que je croise, ceux qui polluent le Moyen-Orient comme une maladie bactériologique, savent combien nous les détestons. Ils commencent invariablement leurs phrases ainsi : 'Je suis américain, j'espère que vous ne me détestez pas.' Et nous répondons à chaque fois : 'Non, bien sûr, nous n'avons rien contre le peuple américain. Il s'agit de votre gouvernement'. Un pur mensonge..." Afin de s'exprimer plus librement encore, Layla a ouvert une version "non censurée" de son blog, Uncensored Arab Woman Blues.

4,5 MILLIONS D'ORPHELINS

Sur son blog Tell Me a Secret, Khalid Jarrar se présente comme un modéré, mais son constat est le même : "Je suis pour Dieu, pour la vie, l'humanité, la vérité. Mais quand le gouvernement américain décide d'être contre tout cela, eh bien au diable : je suis contre le gouvernement américain." Khalid cite un rapport selon lequel l'Irak compte 4,5 millions d'orphelins, dont 500 000 vivent dans la rue. "Le plus terrible, s'indigne-t-il, c'est qu'il y a 800 orphelins dans les prisons américano-irakiennes." Clin d'œil douloureux de l'Histoire : dans une note publiée il y a un an jour pour jour, Khalid ne redoutait qu'une chose : être encore "assis sur cette même chaise à alimenter son blog pour la cinquième, la septième, la vingtième année d'occupation".

Sur Iraqpundit, un "exilé irakien" apporte une note d'optimisme mesurée sur la blogosphère irakienne. Il se fait l'écho des conclusions d'un sondage, réalisé lundi 17 mars pour la BBC, selon lequel "plus de 50 % des Irakiens pensent que leur vie est meilleure qu'à aucun autre moment au cours des trois années passées". Mais l'auteur s'intéresse davantage à un autre chiffre, moins flatteur, de cette étude : "Seuls 33 % des sunnites [au pouvoir du temps de Saddam Hussein] sont satisfaits de leur vie actuelle, alors que les chiites sont 62 % et les Kurdes 73 %."

"N'EST-ON PAS CHANCEUX ?"

Chikitita, une jeune Irakienne de 29 ans, décrit avec enthousiasme son retour au pays après un an d'absence. Elle constate avec bonheur des améliorations, comme le fait que son taxi ait pu traverser une zone autrefois contrôlée par Al-Qaida : "La dernière fois que j'étais à la maison, c'était impensable !", se réjouit-elle sur son blog. Mais une journée à Bagdad aura suffi à éteindre son optimisme : dès le lendemain, elle croise un jeune homme, "à bout de souffle et tachant d'épousseter son pantalon", qui venait d'échapper à un attentat-suicide. "Ce qui m'a troublée, c'est qu'il souriait tout en courant pour attraper le bus. Et ce drôle de commentaire qu'il a fait : 'Dieu merci ce n'était pas une voiture piégée !'. N'est-on pas chanceux ?", conclut-elle.

Fraîchement arrivée en Irak, une journaliste du New York Times compare elle aussi la situation à Bagdad à une "roulette russe" dans laquelle la chance tient toute sa place. "Il y a moins de deux semaines, je lisais les comptes-rendus des attentats à la voiture piégée dans le confort de mon appartement de Manhattan", écrit-elle sur son blog. "Comme la plupart des Américains, je n'avais qu'une idée très abstraite de la roulette russe que représente cette ville bunkerisée au quotidien. Bagdad est une cité tentaculaire de six millions d'habitants, et le problème n'est pas que la mort est partout, mais qu'elle peut être partout..."

Le miraculeux rescapé de Chikitita n'est d'ailleurs pas le seul à voir de la chance dans son malheur. Un dentiste de 24 ans, fan de Céline Dion, raconte sur son blog Baghdadentist un trajet en voiture entre Bagdad et Mossoul. "La route n'était pas fatigante (...) mais il y avait de nombreux postes de contrôle sur le trajet. Nous avons croisé deux ou trois barrages de soldats américains, mais ils ne nous ont retenus que quelques minutes. Nous avons eu de la chance. J'allais seul à Mossoul, ce qui est très dangereux car quand la police ou les soldats irakiens trouvent un homme qui vit seul, ils le considèrent comme un terroriste et le jettent en prison", rapporte-t-il.

L'IRAK ET SES VOISINS

Faiza, une mère de famille de Bagdad, tient un blog (A Family in Baghdad) avec ses trois fils. Elle raconte avec émotion son récent voyage en Egypte, qui lui a rappelé l'Irak d'avant-guerre. "Le visage des gens irradie d'optimisme. Ils accueillent et respectent les visiteurs, comme le faisaient les Irakiens avant la guerre. Mais aujourd'hui, que de douleurs pour un Arabe d'un pays voisin qui se rend en Irak", écrit Faiza, selon qui les Irakiens, traumatisés par les attentats, vouent une certaine"haine" à leurs voisins depuis le début de l'occupation américaine.

Mais Faiza ne se dit pas dupe. Derrière les sourires égyptiens, elle voit le mal qui gangrène, selon elle, toute la région : "A chaque fois que je visite un pays arabe, je sais que nous souffrons du même mal : des leaders autocrates (...), et Saddam Hussein n'était pas le seul." Décrivant des musulmans "perdus ici, dans ces rues, parmi toutes ces publicités (...), humiliés dans leur propre pays", elle redoute qu'ils "se raccrochent à l'islam, et pis encore, parce qu'ils y voient leur identité et le salut à l'injustice dont ils souffrent". La guerre en Irak, met-elle en garde, comme "toutes les frustrations accumulées", a déjà pour conséquence un recours croissant à l'islam au détriment des partis politiques laïques, tenus pour "minables et en faillite".

 (Suite)

Les morts continuent à se dénombrer en Afghanistan et Irak

Trois soldats de la Force internationale d’assistance à la sécurité dirigée par l’Otan ont été blessés jeudi dans un attentat-suicide à la voiture piégée, a annoncé la FIAS dans un communiqué. L’incident s’est produit dans le district d’Ismaïl Khel, dans la province de Khôst, au sud-est de l’Afghanistan.

18 tonnes de bombes jetées au sud de Bagdad en dix minutes

Yahoo News. Ce jeudi 10 janvier 2008

L'aviation américaine a lâché 18 tonnes de bombes en dix minutes jeudi matin contre des objectifs présentés par l'armée américaine comme des sanctuaires d'Al-Qaïda en Irak dans les faubourgs du sud de Bagdad. Ces frappes s'inscrivent dans le cadre de l'opération Phantom Phoenix, une campagne lancée mardi contre Al-Qaïda dans l'ensemble du pays. L'offensive aérienne a été suivie d'une attaque au sol qui a conduit à 12 arrestations et à la découverte de deux maisons utilisées pour torturer des personnes enlevées, selon un officier de l'armée irakienne ayant requis l'anonymat. Il a précisé que les soldats n'avaient rencontré aucune résistance sur place. Dans un communiqué, l'armée américaine indique que deux bombardiers B-1 et quatre chasseurs F-16 ont lâché leurs bombes sur 40 cibles à Arab Jabour lors de dix frappes. "Trente-huit bombes ont été lâchées dans les dix premières minutes, soit un total de 18 tonnes", précise le communiqué. Selon un officier de l'armée irakienne dans l'unité se trouvait dans le secteur d'Arab Jabour, les frappes ont commencé à 8h du matin et ont provoqué la destruction de deux maisons utilisées par des hommes armés. Il a précisé que des documents et des armes avaient été saisis sur place. L'offensive intervient au lendemain de l'annonce par l'armée américaine de la mort de neuf soldats américains au nord de Bagdad au cours des deux premiers jours de l'opération Phantom Phoenix. AP ljg/v235-390/lma

 

Par Marilynn Marchione AP - Jeudi 10 janvier, 13h21 NEW YORK - Environ 151.000 Irakiens sont morts dans des violences lors des trois années qui ont suivi l'invasion du pays par les Etats-Unis en mars 2003, selon une étude de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et du gouvernement irakien publiée mercredi. Ce chiffre a été obtenu sur la base de projections de l'OMS et du gouvernement de Bagdad issues d'entretiens réalisés au porte-à-porte dans près de 10.000 foyers irakiens. Selon les experts, il s'agit de l'étude la plus exhaustive et la plus scientifique effectuée depuis le début du conflit. Elle a été publiée sur le site Internet du "New England Journal of Medicine". Son résultat est loin des 600.000 morts déjà avancés par une étude précédente, mais plus élevé que les chiffres obtenus par d'autres organisations. Aucun décompte officiel des victimes de la guerre n'a été réalisé à ce jour. Le véritable bilan du conflit pourrait ne jamais être connu pour plusieurs raisons: le chaos qui règne en Irak empêche de répertorier de nombreux décès, les tensions entre chiites et sunnites rendent peu fiables les chiffres fournis pas les différentes communautés, et beaucoup de décès échappent aux statistiques en raison des traditions funéraires musulmanes (la mise en terre rapide des morts). Toutefois, le ministre irakien de la Santé Salih Mahdi Motlab Al-Hasnawi a défendu mercredi les résultats de cette étude. "Il s'agit d'une étude très profonde", a-t-il estimé. Richard Brennan, de l'organisation non-gouvernementale International Rescue Committee, qui a conduit des travaux similaires au Kosovo, en Ouganda et au Congo, l'a également jugée fiable. "Le but n'est pas de donner un chiffre absolu et précis des morts. Le but est de donner une idée de la magnitude du problème", a-t-il expliqué. L'étude couvre la période allant de mars 2003 à juin 2006. Elle a été réalisée par des employés du ministère irakien de la Santé entre la fin 2006 et le début 2007 chez des habitants des 18 provinces irakiennes, qui ont été divisées pour obtenir un échantillon valable de chaque région. Seuls les décès liés à des actes de violence ont été retenus. Ainsi, les accidents de la route n'ont pas été comptabilisés, sauf ceux résultant de l'explosion de bombes en bordure de route. En limitant leurs travaux à la période suivant l'invasion américaine et en extrapolant les résultats à l'ensemble du pays, les chercheurs sont parvenus à une estimation de 151.000 décès. Les auteurs de l'étude affirment toutefois être certains à 95% que le véritable chiffre se situe entre 104.000 et 223.000, pour une population irakienne totale d'environ 26 millions de personnes. Plus de 100 quartiers, la plupart à Bagdad et à Anbar, n'ont pu être visités pour des raisons de sécurité. Les chercheurs ont estimé les décès dans ces zones en utilisant une formule basée sur les données d'une autre ONG répertoriant les décès, l'organisation britannique Irak Body Count. L'Associated Press a, elle, commencé à répertorier les décès de civils en Irak après la prise de fonctions du nouveau gouvernement le 28 avril 2005. Depuis cette date, elle a compté au moins 37.547 morts, chiffre obtenu sur la base des informations fournies par les hôpitaux, la police, des journalistes et des témoins fiables. Ce bilan est vraisemblablement en dessous de la réalité et n'inclut pas les insurgés irakiens. AP jp/v738

Aux Etats Unis avec yahoo news

Hillary Clinton a déjoué les pronostics des sondages et des experts en obtenant mardi 39% des voix, devant le sénateur noir de l'Illinois Barack Obama (36%), qui avait le vent en poupe depuis sa victoire dans les caucus de l'Iowa le 3 janvier. Viennent ensuite l'ancien sénateur de Caroline du Nord John Edwards (17%) et le gouverneur du Nouveau-Mexique Bill Richardson (5%). Chez les républicains, John McCain l'emporte avec 37% des voix devant l'ancien gouverneur du Massachusetts Mitt Romney (31%), l'ex-gouverneur de l'Arkansas Mike Huckabee (11%), qui avait gagné dans l'Iowa, l'ancien maire de New York Rudolph Giuliani (9%), le représentant du Texas Ron Paul (8%) et l'ex-sénateur du Tennessee Fred Thompson (1%). En coiffant sur le fil Barack Obama, Mme Clinton relance sa candidature à la Maison Blanche après sa modeste troisième place dans l'Iowa. C'est déjà dans le New Hampshire qu'était née la dynamique qui avait porté son mari Bill Clinton à la présidence en 1992. Au bord des larmes devant ses partisans lundi à la veille d'un échec annoncé, la sénatrice de New York arborait un sourire radieux mardi. "J'ai l'impression que nous avons tous parlé avec notre coeur, et je suis tellement reconnaissante que vous ayez répondu", a-t-elle déclaré, avant de saluer ses partisans en liesse. "Maintenant, ensemble, offrons à l'Amérique le même come-back que le New Hampshire vient de m'offrir". La sénatrice de New York semble avoir récolté les fruits de l'importante campagne de terrain menée par son camp, et les entretiens réalisés auprès d'électeurs à la sortie des bureaux de vote ont montré que les femmes lui avaient apporté un large soutien: elle l'emporte nettement dans cet électorat avec 46% des voix contre 34% pour M. Obama, qui avait pourtant obtenu davantage de suffrages d'électrices dans l'Iowa. A l'inverse, Barack Obama a pâti d'un manque de mobilisation des jeunes votants qui l'avaient plébiscité la semaine dernière, même s'il devance toujours sa grande rivale parmi les indépendants. Reconnaissant que "la bataille pourrait être longue", le sénateur de l'Illinois, qui croit toujours en la victoire, a assuré mardi être "prêt à continuer" et a félicité la gagnante du jour. De come-back, il en était également question dans le camp républicain, où le sénateur de l'Arizona John McCain, après une campagne chaotique, a repris la main en s'imposant dans le New Hampshire, où il avait déjà gagné en 2000 face à un certain George W. Bush. Son succès marque le deuxième revers pour le riche homme d'affaires mormon et ancien gouverneur du Massachusetts Mitt Romney, déjà battu par M. Huckabee dans l'Iowa. Ancien héros de la guerre du Vietnam, M. McCain a profité du vote des électeurs indépendants et a également obtenu de bons scores parmi les électeurs préoccupés par les questions de sécurité nationale et la menace terroriste. "Nous avons montré à la population de ce pays à quoi ressemble un véritable come-back", a-t-il déclaré à l'Associated Press. "Nous allons continuer dans le Michigan et en Caroline du Sud (prochaines primaires, NDLR) et remporter l'investiture". Les primaires du New Hampshire ont été marquées par une participation record. Selon un décompte effectué par l'Associated Press après dépouillement de la quasi-totalité des voix, 526.671 personnes ont voté, pulvérisant le précédent record de 396.385 enregistré en 2000. L'Etat compte quelque 850.000 électeurs inscrits, sur une population de 1,3 million d'habitants. A l'issue des votes dans l'Iowa et le New Hampshire, la course à l'investiture républicaine et démocrate en vue de la présidentielle de novembre reste encore très ouverte. Désormais, les candidats ont le regard tourné vers les prochaines primaires: le Michigan (15 janvier), le Nevada et la Caroline du Sud (19) pour les républicains et la Caroline du Sud (26) côté démocrate. Reste que tout pourrait se jouer lors du "super mardi" du 5 février où des primaires se tiendront dans 22 des 50 Etats du pays. AP jp/ir/ljg/lma/v386/ll/cr/v616

 

 

 (Suite)

Les USA livreront 50.000 fusils à Kaboul

Les Etats-Unis livreront à l'armée afghane 50.000 fusils l'an prochain en remplacement de ses vieilles armes russes et chinoises afin d'améliorer ses capacités face aux insurgés talibans.
"C'est une question très sensible pour nous. Il y a eu beaucoup de plaintes dans l'armée, les armes sont très vieilles, jusqu'à 30 ans", a annoncé aujourd'hui le ministre afghan de la Défense, le général Abdul Rahim Wardak
La première livraison d'environ 5.000 fusils d'assaut est attendue en janvier et sera suivie de 10.000 autres par mois, a précisé le général Wardak.

Ces armes, qui doivent remplacer les AK47 russes et chinois, seront opérationnelles pour le printemps. "Je pense que lorsque la neige aura fondu et que la saison des affrontements reviendra avec le printemps, une vaste majorité de l'armée afghane sera équipée de M16 au lieu des AK47", a-t-il dit.
Les Etats-Unis ont également promis des milliers de véhicules blindés, a ajouté le ministre.

Source : Le Figaro du 17.11.07 avec AFP


Le président irakien demande la libération immédiate d'un Iranien arrêté par les forces américaines

YAHOO news dimanche 23 septembre 2007 à 0H38 

BAGDAD - Le président irakien Jalal Talabani a réclamé samedi la libération immédiate d'un Iranien interpellé cette semaine par les forces américaines, soulignant que Téhéran avait menacé de fermer sa frontière avec le Kurdistan irakien si le ressortissant n'était pas relâché.

Selon un communiqué diffusé par le bureau du président Talabani, l'arrestation du responsable iranien dans un hôtel de la ville kurde de Souleimaniyeh jeudi a eu lieu sans que les autorités du Kurdistan irakien en soient préalablement informées et en l'absence de toute coopération.

"Cela équivaut à une insulte et à une violation de leurs droits et de leur autorité", souligne le communiqué, citant une lettre que le chef d'Etat irakien a adressée au commandant des forces américaines en Irak, le général David Petraeus, et à l'ambassadeur des Etats-Unis Ryan Crocker le jour de l'arrestation.

Jalal Talabani, kurde, est l'un des plus sérieux alliés de Washington en Irak, mais le ton de sa lettre aux responsables américains dans le pays suggère que cette interpellation l'a profondément indigné.

Selon l'armée américaine, le suspect est membre d'une unité d'élite des Gardiens de la Révolution iraniens accusés d'armer et de former des milices chiites en Irak.

M. Talabani a affirmé que le ressortissant iranien arrêté cette semaine faisait partie d'une délégation officielle dont la présence au Kurdistan était connue du gouvernement irakien et des autorités de la région. AP

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Yahoo news le dimanche 23 septembre 2007 à 8H58 

L'ONU hésite à accroître son rôle en Irak. Par EuroNews

Le secrétaire général des Nations-Unies Ban Ki-Moon a participé hier à New York à une conférence inetrnationale à huis-clos sur la reconstruction du pays dévasté. Autour de la table, le Premier ministre irakien Nouri Al-Maliki, et des représentants d'une vingtaine de pays parmi lesquels les 5 membres permamnents du Conseil de sécurité et huit pays voisins de l'Irak.

La résolution 1770 du conseil de sécurité a été évoquée. Adoptée en août, elle confère à l'ONU un rôle accru en Irak, y compris politique et diplomatique, si les circonstances le permettent. Or la violence persiste dans le pays, il reste donc beaucoup a faire pour améliorer cette situation a déclaré Ban Ki-moon à l'issue de conférence.

L'ONU a limité sa présence en Irak à quelques dizaines de personnes après l'attentat d'août 2003 contre son quartier général à Bagdad. 22 personnes avaient été tuées dont le représentant spécial des Nations Unies, Sergio Vieira de Mello.


J'ai financé le 11 septembre et tout le monde s'en fout

Par Taïké Eilée Agoravox - Mardi 11 septembre, 17h00

Cet article a été rédigé par un reporter d'AgoraVox, le journal média citoyen qui vous donne la parole.

A l'heure où tout un chacun rêve de devenir une célébrité, quitte à n'avoir rien fait pour le mériter, il est des êtres qui ont beau se démener dans les actions les plus spectaculaires qui soient, ils demeurent désespérément ignorés, ne parvenant guère à attirer la lumière sur eux. C'est le cas du général Mahmoud Ahmad, probable financier des attentats du 11 septembre - événement sans conteste le plus marquant de ce début de siècle -, et que l'on laisse à son triste anonymat. De grands médias avaient bien braqué leur regard sur lui dès les premières semaines post-attentats. Mais rien n'y fait : Mahmoud Ahmad n'intéresse pas. Il n'a pas l'étoffe d'une star. L'ancien chef des services secrets pakistanais reste un homme de l'ombre, qui semble voué à une retraite paisible sur ses terres. Lumière - tamisée - sur un suspect incroyablement tabou. (Au-delà de cet homme, c'est le rôle du Pakistan dans l'organisation du 11 septembre qui est interrogé.)

Dans les jours qui suivent le 11 septembre, les enquêteurs sont à la recherche des traces financières laissées par les terroristes. C'est grâce à elles qu'ils pourront remonter la chaîne de commandement des attentats, jusqu'aux commanditaires eux-mêmes. Le 1er octobre 2001, le FBI découvre un lien entre les pirates de l'air et Al-Qaïda, à travers un transfert d'argent au profit de Mohammed Atta, le leader des kamikazes, en Floride (BBC, 1er octobre 2001). Le 6 octobre, CNN révèle que Mohammed Atta a reçu de l'argent venant du Pakistan et que le financier serait Omar Saeed Sheikh, un Britannique d'origine pakistanaise, diplômé de l'école des Sciences Economiques de Londres, parlant cinq langues, mais surtout connu pour être l'un des financiers d'Al-Qaïda. Toute la presse publie l'information, mais omet de dire que Sheikh n'est pas seulement un agent d'Al-Qaïda, mais aussi de l'ISI, l'agence de renseignement militaire du Pakistan (voyez le remarquable portrait de ce personnage clé tracé par Paul Thompson, l'auteur du site Complete 9/11 Timeline, la plus grande base de données médiatiques sur le 11 septembre).

Révélation

Le 7 octobre, c'est le début de la guerre en Afghanistan. Ce même jour, on apprend discrètement que Mahmoud Ahmad est renvoyé de son poste de directeur de l'ISI. Mais le lendemain, le journal pakistanais The Dawn lance une véritable bombe (comme l'Indien Press Trust of India) : "Mahmoud Ahmad a été remplacé après que les enquêteurs du FBI aient établi un lien crédible entre lui et Omar Sheikh [...]. Des sources bien informées disent qu'il y avait suffisamment d'indications pour les agences de renseignement américaines montrant que c'est à la demande du général Mahmoud que Sheikh a transféré 100 000 dollars US sur le compte de Mohammed Atta..." Ce sont les services secrets indiens qui sont à l'origine de la révélation. Le 9 octobre, le très respecté Times of India la reprend : le FBI possède des preuves crédibles que "100 000 dollars on été envoyés au pirate du WTC Mohammed Atta du Pakistan par Omar Saeed Sheikh, sur les ordres du général Mahmoud Ahmad". Le transfert a lieu le 11 août 2001, et l'argent émane d'une rançon payée au gangster indien Aftab Ansari, suite à un kidnapping (Times of India, 14 février 2002). Un autre transfert de 100 000 dollars attribué à Sheikh et Ahmad a lieu un an plus tôt, durant l'été 2000, une période durant laquelle l'agent de l'ISI et d'Al-Qaïda adresse de nombreux appels à son directeur.

L'information est énorme, et pourtant elle franchit difficilement les frontières indienne et pakistanaise. Le 10 octobre, le Wall Street Journal y consacre une brève. L'AFP et l'Australian la répercute aussi. Le 15 octobre, c'est au tour d'India Today, le 18 octobre du Daily Excelsior, et puis, plus tard, le 24 février 2002 du Sunday Herald, et le 21 avril 2002 du London Times. À en croire le député travailliste Michael Meacher, ministre de l'Environnement de Tony Blair entre 1997 et 2003, l'information aurait été confirmée par le directeur de la section financière du FBI, Dennis Lormel (Guardian, 10 septembre 2005). En France, Bernard-Henri Lévy la relaie en mai 2003 dans son best-seller Qui a tué Daniel Pearl ?. Pages 383 et 384, il effectue une bonne revue de presse internationale sur le sujet. Pages 385 à 387, il juge "à peu près certain" le lien entre Ahmad et Sheikh au sein de l'ISI, et pose la question, "que l'on ne peut plus esquiver, de la responsabilité des services pakistanais, ou d'une faction de ces services, dans l'attaque contre l'Amérique et la destruction des Tours : [...] comment ne pas penser [...] que l'attentat du 11 septembre a été voulu et financé - au moins en partie - par les barbouzes d'un pays officiellement "ami", membre de la coalition antiterroriste et ayant offert aux États-Unis son aide logistique et ses sources de renseignement ?".

Dissimulation

Le 22 juillet 2004, lorsque paraît le rapport final de la Commission d'enquête sur le 11-Septembre, on ne trouve pas la moindre allusion à ces accusations. Le but explicite du rapport était pourtant de "fournir le récit le plus complet possible des événements entourant le 11/9". Le nom de Omar Saeed Sheikh n'apparaît pas une fois, celui de Mahmoud Ahmad est mentionné deux fois, pages 331 et 333, au sujet notamment de l'entrevue qu'il eut le 13 septembre 2001 avec le sous-secrétaire d'État Richard Armitage sur l'aide, déclinée en sept points, que le Pakistan devait apporter aux États-Unis. Le jour même, Michael Meacher publiait un article dans le Guardian, intitulé "The Pakistan connection", où il s'étonnait de cette omission : "Il est incroyable que ni Ahmad ni Sheikh n'ait été inculpé et traduit en justice pour ce chef d'accusation. [...] Quand Ahmad a été exposé par le Wall Street Journal comme ayant envoyé l'argent aux pirates, il a été forcé de se retirer par le président Pervez Musharraf. Pourquoi les États-Unis n'ont-ils pas demandé à ce qu'il soit interrogé et traduit en justice ?" Le rapport de la Commission conclut au sujet du financement du 11-Septembre, page 172 : "À ce jour, le gouvernement des États-Unis n'a pas été capable de déterminer l'origine des sommes utilisées pour les attaques du 11/9. En fin de compte, cette question n'a pas beaucoup de signification pratique."

Coïncidence ?

Si vous avez été attentif au paragraphe précédent, vous avez remarqué que, le 13 septembre, Mahmoud Ahmad discute avec Richard Armitage... En effet, étonnante coïncidence, du 4 au 13 septembre 2001, le directeur de l'ISI est en visite officielle à Washington : il y rencontre longuement des officiels de la Maison-Blanche et du Pentagone, surtout le sous-secrétaire d'État pour les Affaires politiques Mark Grossman (The News, 10 septembre 2001). Le 9 septembre, il s'entretient avec le directeur de la CIA, George Tenet. Celui-ci racontera dans ses mémoires, publiées en 2007, qu'il essaya alors de pousser Ahmad à faire quelque chose au sujet du soutien des taliban à Ben Laden, mais que le patron de l'ISI n'était pas disposé à faire quoi que ce soit. Le 11 septembre au matin, le financier de l'attaque qui va frapper l'Amérique prend son petit déjeuner au Capitole, en compagnie du sénateur démocrate Bob Graham, président du Comité du renseignement du Sénat, du représentant républicain Porter Goss, président du Comité du renseignement de la Chambre, du sénateur républicain Jon Kyl, et de l'ambassadeur pakistanais aux États-Unis Maleeha Lodhi. La conversation du jour porte sur le terrorisme venant d'Afghanistan et, plus particulièrement, Ben Laden. Ça tombe bien...

Disparaître

Dans les jours qui suivent, Mahmoud Ahmad établit un partenariat de lutte contre le terrorisme avec les États-Unis, qu'il assure, avec le président Musharraf, de son inconditionnel soutien. Il est chargé d'aller visiter le chef des taliban, le Mollah Omar, pour lui demander d'extrader Ben Laden. Mais l'on apprendra qu'en définitive, il lui conseilla de ne pas le livrer et de résister aux Américains (Time, 29 avril 2002). Ahmad est trop proche des taliban, dont il partage le fondamentalisme, pour rester en place. Et surtout, sa participiation au financement du 11-Septembre s'ébruite dans la presse. Au moment où la guerre américaine contre les taliban commence, le 7 octobre, il est poussé vers la sortie (Guardian, 9 octobre 2001). Celui qui avait permis au général Musharraf de réussir son coup d'État et de parvenir au pouvoir le 12 octobre 1999, et qui en avait été justement remercié en étant nommé chef de l'ISI, se retire sur la pointe des pieds, et va se tapir dans l'ombre, se faire oublier pour un bon moment.

Réapparaître

Il est rapporté qu'Ahmad est alors assigné à résidence (Asia Times, 5 janvier 2002). Cette mesure prise à son endroit suggérerait qu'il a été écarté pour davantage qu'une simple divergence d'opinion au sujet des taliban. Il refusera de parler à la presse suite à son renvoi (Associated Press, 21 février 2002), et il faudra attendre le 30 avril 2003 pour le voir refaire surface. En businessman ! Il réapparaît, en effet, à la tête d'une filiale d'un important consortium industriel. Le New Yorker fera remarquer que c'est "une place qui nécessite un soutien du gouvernement" (The New Yorker, 4 août 2003, page 3). Le nouvel homme d'affaires s'adresse à quelques journalistes sélectionnés, mais refuse "de parler au sujet des rumeurs de sa détention après qu'il a été remplacé" (Daily Times, 1er mai 2003).

Audaces

Pendant ce temps, que font les médias ? Ils ignorent l'affaire Mahmoud Ahmad. La "Pakistan connection" ne les intéresse pas. Un journaliste va pourtant oser l'aborder. Nous sommes le 16 mai 2002 à la Maison-Blanche. La conseillère à la Sécurité nationale Condoleezza Rice tient une conférence de presse. Après plus de trente minutes de questions usantes, alors qu'on touche à la fin de l'exercice de communication, survient l'improbable question, l'incroyable secousse sismique ; un journaliste indien interroge Rice sur la visite du directeur de l'ISI à Washington le 11 septembre 2001. Rice ne semble pas comprendre de quoi on lui parle. Elle prétend ne pas l'avoir rencontré, et même n'avoir pas eu connaissance de sa visite (pourtant officielle et longue de dix jours), pas plus que des accusations de financement du 11-Septembre qui pèsent sur lui (voir 9/11 Press For Truth à 1h08). Circulez, y a rien à voir... Le 21 août 2006, le vice-président de la Commission d'enquête sur le 11-Septembre sera interrogé par CBC News sur ce même sujet. Sa réponse, qui laisse rêveur : "Je ne sais rien de tout cela."

Face à ce silence gêné, la presse a donc peu réagi, se contentant parfois de constater que rien ne se faisait pour explorer sérieusement la piste pakistanaise : "Un transfert d'argent de Karachi pour les pirates en Floride n'a jamais été entièrement examiné ou expliqué. Ahmad n'a jamais été convoqué pour s'expliquer là-dessus..." (Times of India, 10 août 2004). Mais parfois, la presse se lâche et ose avancer des hypothèses très politiquement incorrectes : "Si Mahmoud Ahmad était réellement impliqué dans le 11-Septembre, cela signifierait que l'ISI - "l'État à l'intérieur de l'État" - serait au courant de tout. Et si une élite du renseignement au Pakistan le savait, une élite du renseignement en Arabie saoudite le saurait, aussi bien qu'une élite du renseignement aux États-Unis" (Asia Times, 8 avril 2004). Même son de cloche chez Daniel Ellsberg, ancien informateur du ministère de la Défense, cité par Michael Meacher : "Il me semble tout à fait probable que le Pakistan était franchement impliqué dans tout cela... Dire le Pakistan, c'est, pour moi, dire la CIA parce que... il est difficile de penser que l'ISI savait quelque chose dont la CIA n'avait pas connaissance".

Les États-Unis connaissaient-ils le rôle de l'ISI avant le 11-Septembre ? Et le jour même des attaques ? Ou ont-ils attendu que les services secrets indiens leur apportent la nouvelle au début du mois d'octobre ? Les officiels de la Maison-Blanche et du Pentagone qui ont rencontré Mahmoud Ahmad dans la semaine du 11-Septembre avaient-ils eu vent de ses activités terroristes ou non ? Et les présidents des comités du renseignement du Sénat et de la Chambre, Bob Graham et Porter Goss, étaient-ils dans la plus parfaite ignorance des activités suspectes de leur hôte, avec lequel ils partageaientt leur petit déjeuner au moment même où les tours s'enflammaient ?

"Ces tours-là vont s'écrouler"

Un homme a peut-être la réponse : il s'appelle Randy Glass. À la fin des années 90, cet ancien escroc reconverti en agent secret s'est infiltré dans un réseau de vente d'armes terroristes dans le cadre de l'opération secrète "Diamondback", une vaste enquête menée par le FBI et le Bureau de Contrôle des Alcools, du Tabac et des Armes à feu. Le 22 juillet 1999, il est à New York pour une réunion dans un restaurant avec trois de ses contacts. L'un d'eux, Rajaa Gulum Abbas, veut acheter des systèmes d'armes sophistiqués en grande quantité (missiles Stinger, matériel nucléaire, etc.) pour le compte d'Oussama Ben Laden. Abbas se présente comme un agent de l'ISI. Au cours de la conversation, Randy Glass lui demande quelles sont ses intentions. Après le dîner, alors qu'ils marchent dehors, Abbas regarde les tours du World Trade Center et déclare : "Ces tours-là vont s'écrouler" (Dateline NBC, 2 août 2002 ; Cox News, 2 août 2002 ; The Palm Beach Post, 17 octobre 2002 ; OpEd News, 7 septembre 2004 ; voir 9/11 Press For Truth, 1h09). L'ISI aurait eu le projet d'abattre les tours du WTC ?

Alerte

En août 2001, alors que sa mission est terminée, Randy Glass va informer l'équipe du sénateur Bob Graham et du représentant Robert Wexler qu'un agent pakistanais travaillant pour les talibans, R. G. Abbas, a fait mention à trois reprises d'un plan imminent pour attaquer le WTC. Mais ses avertissements sont ignorés (The Palm Beach Post, 17 octobre 2002). Graham a-t-il reçu, en temps et en heure, l'information brûlante que Glass avait transmise à son équipe ? Il faudra attendre 2002 pour en avoir une idée, le temps que l'affaire intéresse quelques très rares médias. Le 2 août, la chaîne Dateline NBC révèle l'histoire de Randy Glass, et réussit même à joindre R. G. Abbas au Pakistan par téléphone (Dateline NBC, 2 août 2002). Mais NBC n'inclut pas dans son montage final la révélation la plus forte de Randy Glass, selon laquelle Abbas avait menacé de faire s'effondrer les tours du WTC, pas plus d'ailleurs que la menace qu'aurait reçue Glass de la part d'un agent du FBI, Steve Bernowski : s'il parlait de son affaire, il serait accusé d'entrave à la justice (voir 9/11 Press For Truth, 1h10'45). Il faudra attendre le 17 octobre 2002 pour que le Palm Beach Post publie l'histoire complète de Randy Glass.

Mais dès le 7 octobre 2002, WPTV, une chaîne de NBC TV en Floride, diffusait un reportage saisissant sur les menaces d'attaques du WTC que Randy Glass avaient portées à la connaissance du sénateur de Floride, Ron Klein, trois mois avant le 11-Septembre. Klein dit avoir contacté le bureau en Floride du sénateur Bob Graham. Selon Jill Greenberg, porte-parole de Graham, celui-ci fut averti durant l'été 2001 des avertissements de Glass, avant le 11-Septembre. Graham confirma dans un premier temps cette version, précisant qu'il avait transmis l'information à l'agence de renseignement "la plus appropriée" (sans dire laquelle). Mais plus tard, il corrigera sa déclaration, prétendant que la communauté du renseignement n'avait été avertie de l'histoire de Glass qu'après le 11-Septembre.

Un drôle de petit déjeuner

En prenant son p'tit déj' avec le chef de l'ISI le matin du 11-Septembre, Bob Graham a-t-il pensé à Randy Glass quand il a appris, le nez dans ses corn flakes, que le WTC était attaqué et s'était écroulé ? Comment a-t-il considéré son hôte pakistanais ? Et que pouvait bien ressentir Mahmoud Ahmad, financier du carnage, devant ses tartines et son jus de fruit, parlementant de terrorisme afghan et de Ben Laden, dans l'antre doré de l'ennemi américain ? De la jubilation ? Et le soir même, quand les États-Unis signaient un partenariat de lutte contre le terrorisme avec le Pakistan, par l'intermédiaire de Mahmoud Ahmad, financier du 11-Septembre et chef de R.G. Abbas, l'homme qui menaçait de faire s'écrouler les tours, qu'y avait-il dans les têtes de tout ce beau monde ? Situation ubuesque au possible.

Tension et menace

La négociation du partenariat semble avoir été tendue. Il sera rapporté que Richard Armitage menaça Mahmoud Ahmad de bombarder le Pakistan et de le ramener à "l'âge de pierre" s'il n'apportait pas son aide aux États-Unis (Deutsche Presse-Agentur, 12 septembre 2001 ; LA Weekly, 7 novembre 2001). George W. Bush, de son côté, téléphona au président pakistanais Pervez Musharraf et lui demanda instamment de choisir son camp. Musharraf l'assura de son soutien inconditionnel. Mais il mit trois jours pour l'officialiser. Dans ce laps de temps, il y eut un troublant incident, qui fait sentir l'extrême tension qui régnait. Le 13 septembre, George W. Bush déclarait certes : "Nous donnerons au gouvernement pakistanais une chance de coopérer, alors que nous partons à la chasse de ceux qui ont commis cet acte incroyable et répugnant contre l'Amérique" (voir 9/11 Press For Truth, 1h). Mais du côté d'Islamadad, la capitale du Pakistan, l'aéroport était étonnamment fermé pour la journée. Un membre du gouvernement dira que des intérêts stratégiques pakistanais avaient été menacés, sans plus de précision. Le lendemain, alors que le Pakistan assurait les États-Unis d'un soutien "généreux", l'aéroport était rouvert. Il sera suggéré plus tard qu'Israël et l'Inde avaient menacé d'attaquer le Pakistan et de prendre le contrôle de son armement nucléaire s'il ne se ralliait pas aux États-Unis (LA Weekly, 6 novembre 2001). Autant de tension ne suggère-t-elle pas la connaissance du rôle du Pakistan ou de ses services secrets dans les attentats qui venaient d'avoir lieu ?

Encore des coïncidences ?

L'implication pakistanaise - mais aussi saoudienne - semble confirmée par d'étonnantes révélations contenues dans le livre de l'écrivain américain Gerald Posner Why America Slept : The Failure to Prevent 9/11, et rapportées par Newsday le 2 septembre 2003. Posner se base sur des informations obtenues auprès d'un agent de la CIA et d'un membre du gouvernement Bush. D'après lui, un membre éminent d'Al-Qaïda, Zubaydah, a révélé lors d'un interrogatoire que trois princes saoudiens et un officier pakistanais étaient au courant de la préparation des attentats. L'un des trois princes saoudiens est Ahmed Bin Salman Bin Abdul Aziz, le neveu du roi Fahd et un magnat de l'édition saoudienne. Le Pakistanais est Ali Mir, en charge de l'armée de l'air pakistanaise. Les deux autres princes auraient servi d'intermédiaires pour financer les taliban et Al-Qaïda, en échange de la promesse faite à l'Arabie saoudite qu'elle ne subirait pas d'attaque terroriste de leur part. Les quatre suspects sont depuis morts dans de curieuses circonstances. Le prince Ahmed est mort à l'âge de 43 ans d'une crise cardiaque en juillet 2002. Le lendemain mourait le deuxième prince d'un accident de la route. Une semaine plus tard, c'était au tour du troisième de mourir officiellement "de soif dans le désert". Enfin, sept mois plus tard, le maréchal pakistanais trouvait la mort dans un accident d'avion (voir aussi Eric Laurent, Tout le monde en parle sur France 2, 13e minute). Une coïncidence de plus...

Les tourments de Bob

Bob Graham, président du Comité du renseignement du Sénat, a maintes fois affirmé que des États étrangers avaient participé aux attentats du 11-Septembre. Et il a maintes fois pesté contre l'administration Bush qui censure les informations qui pourraient le prouver. Le 24 juillet 2003, un panel regroupant les comités de surveillance du Sénat et de la Chambre des Représentants américains publie, en dépit des réticences de la Maison-Blanche, son rapport sur les attentats. Sur un total de près de 900 pages, la Maison-Blanche est parvenue à en censurer 28 concernant, d'après de nombreuses fuites apparues dans la presse, l'implication du gouvernement saoudien dans la préparation et le financement des attentats. D'après le New York Times, les pages censurées indiqueraient que deux des pirates de l'air, Nawaf Alhazmi et Khalid Almihdhar, étaient en contact à San Diego avec deux Saoudiens, Omar al-Bayoumi et Osama Bassnan, probables agents du renseignement saoudien (Associated Press, 29 juillet 2003 ; The New Republic, 1er août 2003 ; The New York Times, 2 août 2003).

Mais le Pakistan pourrait être aussi visé par le rapport. En effet, le 11 décembre 2002, alors que le rapport est déjà achevé et la censure des 28 pages connue, Bob Graham met en cause "des gouvernements étrangers [au pluriel] [...] impliqués dans l'aide aux activités d'au moins quelques-uns des terroristes aux États-Unis", ajoutant : "Pour moi, c'est une question extrêmement importante et la plus grande partie de cette information est classifiée, je pense sur-classifiée. Je crois que le peuple américain devrait connaître l'étendue du défi auquel nous sommes confrontés en termes d'implication de gouvernements étrangers. [...] Je pense qu'il y a une preuve très convaincante qu'au moins quelques-uns des terroristes étaient assistés pas seulement dans le financement - bien que cela en ait fait partie - par un gouvernement étranger souverain et que nous avons failli à notre devoir de débusquer tout cela [...]. Cela sera rendu public un jour ou l'autre lorsque le dossier sera déclassé, mais ce sera dans 20 ou 30 ans" (PBS, 11 décembre 2002 ; voir 9/11 Press For Truth, 1h07).

Le 2 février 2004, il en rajoute une couche, il continue de se plaindre des pages censurées du rapport, et déclare : "L'administration Bush n'a pas seulement échoué à enquêter sur la participation d'un gouvernement étanger, elle a utilisé à mauvais escient la procédure de classification pour protéger les gouvernements étrangers qui ont pu être impliqués dans le 11-9. Il n'y a aucune raison pour l'administration Bush de continuer à protéger de soi-disant alliés qui soutiennent, directement ou indirectement, des terroristes qui veulent tuer des Américains."

Juste pour rire

George W. Bush censure des pages d'un rapport officiel qui semble prouver l'implication de l'Arabie saoudite, et peut-être du Pakistan (en tout cas, Graham parle de plusieurs pays), mais il fait dans le même temps de jolis discours plein de bravoure sur sa volonté de fer à combattre les terroristes et leurs soutiens étatiques. Ainsi, le 1er mai 2003, le président américain déclare sur le pont d'envol du porte-avions Abraham Lincoln : "Toute personne impliquée dans la perpétration ou la planification des attaques terroristes contre le peuple américain devient un ennemi de ce pays et une cible de la justice américaine. Toute personne, organisation ou gouvernement qui soutient, protège ou héberge des terroristes est complice du meurtre de l'innocent et également coupable des crimes terroristes. Tout régime hors-la-loi qui entretient des liens avec des groupes terroristes et cherche ou possède des armes de destruction massive constitue un grave danger pour le monde civilisé et sera affronté" (CNN). La personne : Mahmoud Ahmad ? L'organisation : l'ISI ? Le régime : le Pakistan ? Il y a de l'ironie à ce que ces belles paroles aient été prononcées le lendemain du retour au grand jour du terroriste Mahmoud Ahmad à un poste prestigieux qui exigeait, pour l'obtenir, le soutien du gouvernement pakistanais...

Indices à la pelle

Enfonçons encore un peu plus sur le clou au sujet des liens flagrants entre le régime de Musharraf et Al-Qaïda. Le 30 avril 2001, le Département d'Etat américain publie son rapport Modèles de terrorisme global pour l'année 2000. Il décrit le Pakistan comme un soutien matériel, financier et militaire des taliban, eux-mêmes soutiens du terrorisme international et de Ben Laden. Il est également dit que le Pakistan échoua à prendre les dispositions nécessaires pour freiner les activités de certaines madrasas, ou écoles religieuses, qui servent de bases de recrutement pour le terrorisme. Le 9 septembre, le commandant Massoud, leader de l'Alliance du Nord, est officiellement assassiné par deux agents d'Al-Qaïda qui se font passer pour des journalistes marocains (BBC, 10 septembre 2001). Mais le lendemain, l'Alliance du Nord fait cette déclaration : "Ahmed Shah Massoud a été la cible d'une tentative d'assassinat organisée par l'ISI pakistanaise et Oussama Ben Laden" (Reuters, 4 octobre 2001 : "deux terroristes qui étaient envoyés par Oussama Ben Laden, les services du renseignement du Pakistan, et les taliban"). Le 10 septembre, Ben Laden est soigné dans un hôpital militaire à Rawalpindi au Pakistan pour une dialyse des reins, escorté, d'après un employé de l'hôpital, par l'armée pakistanaise (CBS News, 28 janvier 2002 : voir 9/11 Press For Truth, 57e minute). Le 11 septembre 2002, on arrête Ramzi bin al-Shaibah au Pakistan (The Observer, 15 septembre 2002). Il est considéré comme l'un des leaders d'Al-Qaïda et l'une des rares personnes encore vivantes à connaître de l'intérieur les détails de l'opération du 11-Septembre (The New York Times, 13 septembre 2002). Autour du 1er mars 2003, on arrête Khalid Shaikh Mohammed, le "cerveau" du 11-Septembre, au Pakistan (Associated Press). Et déjà le 7 février 1995, on procédait à l'arrestation de Ramzi Youssef, l'organisateur de l'attentat à la bombe contre le WTC en 1993, au Pakistan, dans une maison appartenant à Ben Laden.

ISI et Al-Qaïda : inséparables

Les liens entre l'ISI et Al-Qaïda étaient encore mis en évidence dans un récent article édifiant de Roland Jacquard et Atmane Tazaghart, paru dans Le Figaro du 20 juillet 2007, et intitulé "Pakistan : la Mosquée rouge, centre névralgique d'al-Qaida". On y apprenait que cette mosquée, véritable "centre de recrutement et de formation de terroristes", "était fréquentée par les plus hautes autorités religieuses et militaires du Pakistan. Les généraux y tenaient leurs rendez-vous secrets. [...] Un agent de l'ISI résidait même en permanence à l'intérieur de la mosquée et assurait la protection des radicaux qui s'y réfugiaient. [...] Ce membre de l'ISI est celui qui servait d'instructeur pour les explosifs dans les camps d'al-Qaida, notamment à Shakar Dara. C'est lui qui avait manipulé Richard Reid, cet Anglais qui avait essayé de faire exploser l'avion du vol Paris-Miami le 22 décembre 2001 à l'aide d'explosifs cachés dans ses chaussures". Les derniers mots de l'article étaient : "Naturellement des questions restent posées sur le développement d'une telle situation dans la Mosquée rouge, à moins de 500 mètres du siège central des services secrets pakistanais, du quartier général des forces saintes pakistanaises et à quelques centaines de mètres du palais présidentiel et du ministère de l'Intérieur !"

Si l'ISI soutient largement Ben Laden, c'est aussi elle qui l'avait mis en relation avec les leaders taliban dès 1996 : "Le but du Pakistan était de convaincre les taliban de laisser Ben Laden faire fonctionner des camps d'entraînement pour des militants du Cachemire soutenus par l'ISI. Les taliban acceptèrent. En retour, Ben Laden construisit une maison pour leur chef, le Mollah Omar, et finança certains autres de leurs hauts responsables" (Slate, 9 octobre 2001).

Omar, l'agent (au moins) double

Si tout cela ne suffisait pas, il y a aussi l'affaire de l'enlèvement (le 23 janvier 2002) et du meurtre (le 31 janvier 2002) de Daniel Pearl, ce journaliste du Wall Street Journal qui enquêtait sur les liens entre l'ISI et des groupes islamistes militants. Omar Saeed Sheikh (Wall Street Journal, 23 janvier 2003) et Khalid Shaikh Mohammed (Time, 26 janvier 2003) semblent être les responsables de cet enlèvement : l'ISI et Al-Qaïda. Le 5 février 2002, Sheikh, dont l'implication dans l'enlèvement de Daniel Pearl a été découverte par la police pakistanaise avec l'aide du FBI, se rend - secrètement - auprès son ancien chef à l'ISI (Boston Globe, 7 février 2002 ; Vanity Fair, août 2002). Durant une semaine, l'ISI retient Saeed, mais n'en informe pas la police pakistanaise ni personne d'autre (Newsweek, 11 mars 2002). Plus tard, Saeed refusera de parler de cette semaine, disant simplement : "Je connais des gens au gouvernement et ils me connaissent, ainsi que mon travail" (Vanity Fair, août 2002). Et lorsque le FBI voudra l'interroger sur ses liens avec l'ISI, il répondra : "Je ne parlerai pas de ce sujet. Je ne veux pas que ma famille se fasse tuer" (Newsweek, 13 mars 2002).

Paul Thompson remarque que, dans les mois qui suivent, au moins 12 articles occidentaux mentionnent les liens de Saeed avec Al-Qaïda, y compris son financement du 11-Septembre, au moins 16 mentionnent ses liens avec l'ISI. Mais seuls quelques-uns considèrent que Saeed a pu être lié aux deux groupes en même temps, et apparemment un seul indique qu'il a pu être impliqué à la fois dans l'ISI, Al-Qaïda et le financement du 11-Septembre (London Times, 21 avril 2002).

Un étrange marché

Autre élément troublant : alors que la guerre en Afghanistan se termine, fin novembre 2001, un couloir aérien est mis en place entre la ville assiégée (afghane) de Kunduz et le Pakistan, pour permettre la fuite des Pakistanais ayant combattu aux côtés des taliban. Les avions pakistanais y volent régulièrement la nuit, et évacuent près de 5 000 combattants, parmi lesquels on trouve des milliers de membres d'Al-Qaïda et des taliban (Seymour Hersh, The New Yorker, 23 janvier 2002). Preuve supplémentaire des rapports étroits entre Al-Qaïda et le Pakistan. Mais ces mouvements aériens ne peuvent pas se produire sans que les Etats-Unis en aient connaissance. Il semble que Pervez Musharraf ait demandé aux Américains l'autorisation de mettre en place ce couloir aérien et ait gagné leur soutien en leur disant que l'humiliation de la perte de centaines, voire de milliers de militaires et agents du renseignement pakistanais menacerait sa survie politique. Le gouvernement américain ne reconnaîtra pas cet accord (Département d'Etat, 16 novembre 2001 : Rumsfeld déclare au sujet des ces convois : "Si nous les voyons, nous les abattons"), pas plus que le pakistanais, selon lequel aucun de ses militaires ne se trouvait en Afghanistan. Le 1er décembre 2001, le colonel Ken Allard, commentateur militaire pour NBC, affirmera qu'il existe sans doute une sorte de marché entre le Pakistan et les Etats-Unis (voir 9/11 Press For Truth, 57e minute). Reste à savoir si le marché comporte la fuite des taliban et des combattants d'Al-Qaïda, ou si cette dernière s'est produite accidentellement.

Interprétations

La connexion entre l'ISI et Al-Qaïda paraît avérée, et leur association dans l'exécution du 11-Septembre (avec d'autres sans doute). Mais que dire du silence américain sur cette connexion ? Comment expliquer la bienveillance des Etats-Unis avec leur curieux allié pakistanais ? Pourquoi s'obstiner à ne pas le sanctionner ? Deux pistes semblent envisageables. Soit les Etats-Unis soutiennent le Pakistan parce qu'ils sont complices de ses méfaits ; c'est l'hypothèse d'une ISI commandée par la CIA, ou, du moins, étroitement mêlée à elle. Soit les Etats-Unis (à peu près innocents) veulent défendre à tout prix leur allié stratégique au Moyen-Orient, malgré les forces hostiles - notamment au sein de l'ISI - qui le minent.

La première explication nous ramène à la première guerre d'Afghanistan (de décembre 1979 à février 1989) entre l'Union soviétique et les Moudjahidine, rapidement rejoints par Oussama Ben Laden. Dans le contexte de la Guerre froide, les Etats-Unis, via la CIA, soutiennent massivement les Moudjahidine. Mais la CIA ne les finance pas directement, elle fait passer secrètement l'argent par l'ISI. Des milliards de dollars de la CIA et des Saoudiens sont ainsi crédités par l'ISI pour appuyer la guerre, et créer, au passage, Ben Laden et les racines de son réseau (pour approfondir, lisez Alexandre del Valle, Genèse et actualité de la "stratégie" pro-islamsite des Etats-Unis, 13 décembre 1998 - ou extraits - ; voir 9/11 Press For Truth, 58e minute). Certains supposent que cette manière de fonctionner subsiste encore aujourd'hui, autrement dit que le 11-Septembre aurait été commis par Al-Qaïda, outil de l'ISI, elle-même outil de la CIA. Cela reste à démontrer. On peut rétorquer, face à cette hypothèse, qu'en Afghanistan dans les années 80, les Etats-Unis et les islamistes avaient un ennemi commun, l'URSS. L'association était compréhensible. Mais aujourd'hui ? Quel pourrait être l'intérêt commun du Pakistan - ou de l'ISI - et des Etats-Unis ? La question est posée.

Seconde explication possible à cette attitude très courtoise des Américains à l'égard du principal vivier de terroristes au monde : les Etats-Unis doivent impérativement conserver le Pakistan parmi leurs alliés pour servir leurs objectifs stratégiques au Moyen-Orient, ils doivent donc le préserver de l'islamisme au pouvoir et, pour cela, ne pas le malmener, et choyer le "pro-Américain" Musharraf (sachant que tout autre dirigeant sera probablement pire pour eux). C'est la vision du journaliste Seymour Hersh : "L'administration Bush a engagé son prestige, et les Américains leur argent, derrière Musharraf, dans le pari - jusqu'ici réussi - qu'il continuera de tenir le Pakistan, et son arsenal nucléaire, loin du fondamentalisme. Le but est de stopper le terrorisme nucléaire, aussi bien que le terrorisme politique" (The New Yorker, 23 janvier 2002). Le Pakistan est un pays vulnérable, qui deviendrait une considérable menace si son armement nucléaire tombait aux mains des islamistes les plus radicaux. Ainsi donc, on préférerait étouffer l'affaire Mahmoud Ahmad, et, aussi incongrue soit cette décision, rallier le Pakistan à la coalition antiterroriste pour ne surtout pas le voir se retourner définitivement contre soi. Le rapport du Département d'Etat américain du 30 avril 2001, Modèles de terrorisme global, après avoir décrit le Pakistan comme un sponsor du terrorisme, spécifiait que le Pakistan était un cas épineux, dans la mesure où il aidait aussi les Etats-Unis dans leur lutte contre le terrorisme. Malgré son double jeu, on avait envie de lui donner toutes ses chances d'évoluer dans la bonne direction.

Stratégie

Comme l'écrit Bernard-Henri Lévy dans Qui a tué Daniel Pearl ?, "l'éventuelle responsabilité pakistanaise dans l'attentat du 11 septembre [...] reste le grand non-dit de l'Amérique de George Bush et Donald Rumsfeld : tenir pour [...] une coresponsabilité de l'ISI dans l'attaque, n'équivaudrait-il pas à remettre en cause tout le bâti d'une politique étrangère qui, à l'époque déjà, faisait de l'Irak la figure même de l'ennemi et du Pakistan un pays allié ?". Le documentaire Ben Laden, les ratés d'une traque revient sur le double jeu pakistanais et nous éclaire sur l'intérêt stratégique que représente le Pakistan pour les Américains : "Le Pakistan est très important géopolitiquement pour les Américains, qui le voient comme une base arrière pour un scénario à venir dont l'Iran fait partie, avec son président. Mais surtout la Chine, qui est de plus en plus active dans la région" (Shabir Ahmad Khan, parlementaire pakistanais proche des Frères musulmans). Bien sûr, maintenant, il faudrait évoquer le pétrole et les futures guerres des ressources... et la volonté farouche des Américains de demeurer la seule super-puissance au XXIe siècle...

Le Pakistan n'est qu'un angle d'approche du 11-Septembre. Tout ne s'y réduit évidemment pas. Mais c'est un angle néanmoins crucial, trop souvent délaissé. De nombreux faits troublants et peu connus sont là, bien rapportés par quelques journalistes scrupuleux et courageux. Il reste à les interpréter, à saisir les intentions des uns et des autres. C'est le travail le plus décisif, mais aussi le plus incertain.

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Le prince Bandar proche de la famille Bush et du Vice-président Dick Cheney compromis dans une affaire de corruption du parti de la 3ème guerre mondiale

1/(LPAC) L’ancien ambassadeur saoudien à Washington, le prince Bandar, impliqué jusqu’au cou dans l’affaire BAE pour avoir reçu 1,5 milliards d’euros de « pots de vin », a fait l’objet d’une enquête de la Commission du 11 Septembre, pour avoir versé de l’argent à certains ressortissants saoudiens. Entre avril 1998 et mai 2002, il a versé entre 38.000 et 55.000 euros à deux couples de saoudiens résidant en Californie, et qui ont ensuite financé deux des pirates de l’air du 11 septembre. Nawaf Alhazmi et Khalid Almihdhar, les deux terroristes saoudiens en question, ont résidé en Californie dans la même résidence qu’Omar al-Bayoumi et Osama Basnan. Al-Bayoumi s’était chargé de leur accueil fin 2000, leur fournissant appartement, argent, numéro de sécurité sociale et plus tard des leçons de pilotage. La source de financement d’al-Bayoumi établie par le FBI était, via sa compagne, la femme de l’ambassadeur Bandar, qui avec son mari avait aussi financé puis protégé Osama Basnan. Lors d’une perquisition du domicile d’al-Bayoumi en Angleterre quelques jours après le 11 septembre 2001, Scotland Yard a retrouvé sous son planché les numéros de téléphone de certains officiels de l’ambassade saoudienne à Washington. Le prince Bandar et sa femme la princesse Haifa nient toujours avoir financé des terroristes du 11 septembre. Les co-présidents d’alors du Comité du renseignement au Sénat américain ont accusé le FBI de ne pas être allé au bout des pistes financières du 11 septembre. Des sources ont affirmé au LPAC que le FBI avait refusé l’autorisation au comité d’interroger les enquêteurs qui avaient établis les liens avec Basnan et al-Bayoumi. 2/ BAE Systems aurait versé des commissions secrètes au prince Bandar 15-06-2007 LONDRES – Les soupçons de corruption entourant les ventes d'armes de BAE Systems à l'Arabie saoudite sont revenus sous les projecteurs la semaine dernière avec la révélation dans la presse de commissions versées au prince Bandar, dont le groupe de défense britannique ne semble nier que l'illégalité. Le prince lui-même a confirmé dans la soirée des versements d'argent par BAE, insistant seulement sur le fait qu'ils n'avaient rien de «secret». Le Guardian et la BBC ont affirmé que BAE avait versé secrètement, pendant au moins dix ans, 30 millions de livres (plus de 63 millions $ CA) par trimestre à l'ancien ambassadeur saoudien aux États-Unis, via une banque de Washington, dans le cadre du contrat de vente d'armes Al-Yamamah, signé en 1985 et renouvelé par la suite. Au total, les versements présumés dépassent 1,2 milliard de livres, soit 2,54 milliards $ CA au taux de change actuel. BAE Systems a démenti, dans un communiqué, «toutes les allégations de malversations liées à ce programme [militaire] important et stratégique». Mais il n'a pas démenti des versements d'argent, soulignant que le contrat Al-Yamamah était «un accord de gouvernement à gouvernement» et que «tous les paiements de ce type effectués dans le cadre de cet accord, l'avaient été avec l'approbation expresse des deux gouvernements britannique et saoudien». Selon la BBC qui a consacré son émission télévisée Panorama à l'affaire, le 11 juin, les commissions ont été versées sur deux comptes de l'ambassade saoudienne à Washington et étaient décrites comme des «services d'assistance» dans des clauses secrètes du contrat Al-Yamamah. Le prince Bandar a pour sa part «catégoriquement démenti», dans un communiqué transmis par ses avocats, tout secret et tout «pot-de-vin» dans cette affaire. Mais il a confirmé que BAE, qui était pourtant le vendeur, a versé des sommes sur des comptes du ministère saoudien de la Défense (MODA) dans le cadre de ce contrat. Tout en reconnaissant avoir la signature sur ces comptes, il a assuré que «les sommes payées depuis ces comptes étaient exclusivement pour des objectifs approuvés par le ministère saoudien de la Défense et de l'Aviation», qu'il ne précise pas. Le prince Bandar ben Sultan a été ambassadeur à Washington de 1983 à 2005, avant d'être nommé secrétaire général du conseil de sécurité national saoudien. Il est considéré comme un négociateur clé du contrat Al-Yamamah aux côtés de l'ex-première ministre britannique, Margaret Thatcher. Selon les deux médias, les versements ont été mis au jour par une enquête du Serious Fraud Office (SFO), le service britannique de lutte contre la délinquance financière, sur des allégations de corruption concernant les contrats Al-Yamamah. Ils portaient principalement sur la vente et la maintenance de chasseurs Tornado et ont rapporté 43 milliards de livres à BAE. Les avocats de BAE avaient reconnu dès 2005 l'existence de «services d'assistance» fournis à des responsables saoudiens, dans le cadre des arrangements contractuels du programme Al-Yamamah, dans une lettre au SFO révélée au début d’avril 2007 par le Financial Times. La nature et le montant de ces services n'avaient pas été précisés. Ouverte en 2004, l'enquête du SFO a été annulée en décembre 2006 par le ministère britannique de la Justice au nom de l'intérêt général du pays, notamment en matière de sécurité, alors que l'Arabie saoudite, selon la presse, menaçait d'annuler un nouveau contrat, cette fois pour des chasseurs Eurofighter, si certains de ses dignitaires étaient mis en cause. Cette décision, endossée par le premier ministre britannique Tony Blair, a valu au Royaume-Uni des critiques du comité anti-corruption de l'OCDE, ainsi que d'ONG et d'élus britanniques. Depuis le sommet du G8 à Heiligendamm, en Allemagne, le 7 juin dernier, M. Blair n'a pas voulu faire de commentaires sur les accusations personnelles, tout en remarquant que les faits étaient anciens. BAE Systems fait encore l'objet d'investigations visant des contrats de vente d'armes dans six pays (Roumanie, Afrique du Sud, Tanzanie, Chili, République tchèque et Qatar). 3/ Affaire BAE/Bandar : Le Parti de la guerre menacé d’un Watergate International (Nouvelle Solidarité) Tony Blair, principal promoteur de la guerre en Irak et dont les services avaient fabriqué les preuves la justifiant, se retrouve au milieu d’une affaire de « pots de vin » organisés par l’entreprise d’armement BAE. Mais ce n’est pas seulement le système BAE pour obtenir des marchés qui est mis à jour par ces « dessous de table » donnés au Prince saoudien Bandar bin Sultan, mais la manière dont certains hauts dirigeants britanniques et américains manipulent les relations internationales et créent des conflits. Le prince Bandar est un proche de la famille Bush et du Vice-président Dick Cheney. Ancien ambassadeur saoudien aux Etats-Unis il a gardé des liens étroits avec la Maison Blanche, au point d’avoir personnellement organisé le voyage du Vice président Cheney en Arabie Saoudite au mois de novembre dernier à l’insu de l’ambassadeur saoudien du moment Turki al Faisal. C’est lors de ce voyage que Dick Cheney a promu sa politique de clash régional entre sunnites et shiites, avec en arrière-fond un scénario d’attaque contre l’Iran « shiite ». Le prince Bandar représente en Arabie Saoudite les partisans de ce clash, et y participe activement en armant les groupes anti-shiites contre le Hamas palestinien ou le Hezbollah libanais. Et il n’en est pas à son coup d’essai. C’est le prince Bandar lui-même qui avait monté dans les années 80, l’opération de soutien aux jihadistes d’Oussama Ben Laden. Cette opération visait à combattre l’URSS en Afghanistan et avait été organisée conjointement avec l’actuel conseiller de la Maison Blanche pour le Proche-Orient et pour la Démocratie, Elliot Abrams. Est-ce que le Prince Bandar finance le Fatah-al-Islam et la guérilla du Fatah palestinien en utilisant l’argent transféré sur ses comptes par BAE avec l’aval du gouvernement Blair ? Quoi qu’il en soit, l’escalade des conflits au Liban et en Palestine n’est pas spontanée, il y a bien comme pour la guerre en Irak une main invisible qui les provoque et les attise. Et c’est ce qui ressurgit aux yeux du monde avec cette affaire BAE. La guerre en Afghanistan, en Irak et potentiellement en Iran émane d’une volonté politique pour qui le prince Bandar, Dick Cheney et Tony Blair ne sont pas des hommes d’Etat, mais des hommes de main. Mesurez l’ampleur du scandale BAE, visitez notre fil : « Pots de vin » de BAE : derrière la corruption, un Watergate international

1/ www.solidariteetprogres.org/ article du 18 juin 2007 18H09
2/ www.lagrandeepoque.com/ article du 15 juin 2007
3/ www.solidariteetprogres.org/ brève du 11 juin 2007 à 16H14

 (Suite)

une armée de 60 000 shiites armés grâce à l'intervention américaine voulue par l'intercession divine de G.W. Bush

 Le gouvernement irakien appelle les milices à suivre l'exemple de l'Armée du Mahdi

http://fr.news.yahoo.com/

AP. Vendredi 31 août 2007 : 19 H 46

BAGDAD - Le gouvernement irakien a salué la décision de l'imam chiite radical Moqtada al-Sadr de suspendre les activités de sa milice, l'Armée du Mahdi, durant six mois, et a appelé les autres groupes armés à en faire autant.

Dans un communiqué publié jeudi soir, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki estime que la décision prise mercredi par le chef de la plus grosse milice chiite du pays va dans le sens de "l'affirmation de la sécurité et de la stabilité" dans le pays.

Le gouvernement al-Maliki ajoute que l'initiative de l'Armée du Mahdi offre "une bonne chance" de "suspendre les opérations des autres milices" en vue de rétablir "l'intégrité et la souveraineté de l'Irak".

La décision de l'imam al-Sadr fait suite à deux jours de violents affrontements dans la ville sainte de Kerbala. Les forces de l'ordre ont accusé les miliciens de l'Armée du Mahdi d'avoir attaqué des membres de la Brigade Badr, la branche armée du Conseil suprême de la Révolution islamique en Irak (CSRII).

Sur le terrain, les violences se poursuivent. Vendredi, l'armée américaine a ainsi annoncé la mort de deux de ses soldats dans deux attaques séparées mercredi dans la province sunnite insurgée d'Anbar dans l'ouest de l'Irak, a annoncé l'armée américaine, vendredi.

Ces deux décès portent à au moins 79 le nombre de soldats américains tués en août, soit un de plus que le bilan de juillet qui était le plus bas pour l'année.

 

-->Bagdad -- L'annonce mercredi par le jeune chef chiite Moqtada al-Sadr d'une trêve de six mois et d'une restructuration de son mouvement, l'Armée du Mehdi, illustre sa volonté de préserver sa crédibilité comme acteur politique central sur la scène irakienne.

Le chef de l'Armée du Mehdi «est un redoutable politique, très avisé et calculateur», estime Adel Darwish, expert du Moyen-Orient et basé à Londres. 

«Il va rester calme pendant six mois ou un an», pronostique M. Darwish, «mais on peut s'attendre à ce que, très discrètement, il redevienne actif». Notamment lors du départ des troupes britanniques de la région chiite de Bassora et, «à plus long terme, après l'inévitable retrait américain», où il pourra alors faire ce qu'il veut, assure l'analyste. 

Moqtada al-Sadr a ordonné mercredi à ses quelque 60 000 miliciens de l'Armée du Mehdi de suspendre pour six mois leurs activités après avoir été mis en cause dans des heurts qui ont fait plus de 50 morts dans la ville sainte de Kerbala la veille.

Démentant toute implication dans ces violences, il s'est cependant engagé à purger le bras armé de son mouvement des groupes indisciplinés qui échappent à son autorité et entament la crédibilité de sa formation, la plus populaire au sein de la communauté chiite, majoritaire en Irak.

Depuis des mois, les formation chiites en Irak se sont lancées dans une féroce concurrence pour le contrôle de la communauté, notamment le parti Dawa, du premier ministre Nouri al-Maliki, et son allié, le Conseil suprême islamique irakien (CSII), en lutte contre l'Armée du Mehdi.

Des groupes liés à l'Armée du Mehdi ont également fait sécession pour organiser séparément des attaques visant la communauté sunnite, faisant ombrage à l'autorité de Sadr et à la crédibilité de son organisation.

Les nouvelles violences de Kerbala «sont une gêne pour Moqtada Sadr», juge Joost Hiltermann, spécialiste de l'Irak pour l'organisation International Crisis Group (ICG). «Il ne veut pas être vu en train de combattre des chiites à quelques mètres des mausolées de l'imam Hussein et de l'imam Abbas», lieux saints du chiisme.

«L'Armée du Mehdi compte trop d'éléments incontrôlés dans ses rangs, et Sadr veut s'en débarrasser tout en reprenant le contrôle total de sa milice», explique M. Hiltermann, assurant qu'il s'agit pour le leader chiite d'un problème purement interne.

Pour autant, Sadr n'a pas l'intention de dissoudre ou de démanteler la milice. «Sadr a besoin de l'Armée du Mehdi. Tant qu'il peut jouer de la violence, les autres partis reconnaîtront sa légitimité», souligne M. Hiltermann, montrant du doigt son double jeu militaire et politique.

Toujours selon ce responsable d'ICG, Moqtada al-Sadr conserve pour principal objectif politique la mission de révolution sociale que s'était fixée son père, le grand ayatollah Mohammed Sadek Sadr : défendre et parler au nom des classes laborieuses chiites.

Son but à long terme «est toujours d'affronter l'establishment chiite pour assurer à la majorité populaire une part du gâteau».

A trop armer les uns contres les autres, la politique américaine s'autodétruit elle-même. Mais comme dans la série culte, les messages s'autodétruisent immédiatement pour ne garder en mémoire que le dernier message, qui lui-même s'autodétruira, etc.

Aux veilleurs de faire que les messages ne s'autodétruisent pas...

 (Suite)

Kouchner mentait et voilà le résultat. A son âge il n'a pas du changer les conséquences ne seront donc pas modifiées

21 mars 2005 

 par Michel Collon.http://www.legrandsoir.info/

http://www.michelcollon.info/display.php?image=img/tm/tm_yougo34.jpg 

Le co-auteur d'un des plus gros médiamensonges des années 90 vient d'avouer. Instructif pour l'avenir, car les trucs de manipulation sont toujours les mêmes...

Flash-back. Eté 92, guerre en Bosnie. Bernard Kouchner et ses « Médecins du monde » diffusent dans la presse et sur les murs de Paris une pub, frappante et coûteuse. La photo - montage présente des « prisonniers » d'un camp serbe en Bosnie. Derrière des barbelés. Kouchner y accole l'image d'un mirador d'Auschwitz. Son texte accuse les Serbes d' « exécutions en masse ».

Info ou intox ? Intox, reconnaît Kouchner douze ans plus tard. Son récent livre autopublicitaire, Les guerriers de la paix, relate une entrevue avec Izetbegovic (le dirigeant nationaliste musulman au pouvoir à l'époque à Sarajevo), sur son lit de mort :

- Kouchner : C'étaient d'horribles lieux, mais on n'y exterminait pas systématiquement. Le saviez-vous ?
- Izetbegovic : Oui. L'affirmation était fausse. Il n'y avait pas de camp d'extermination quelle que fût l'horreur des lieux. Je pensais que mes révélations pourraient précipiter les bombardements.

Ce médiamensonge a effectivement fait basculer l'opinion vers le soutien aux bombardements. Toute la presse occidentale l'avait diffusé massivement Mais le récent démenti a été passé sous silence. Le public ne peut savoir qu'il a été roulé.

Le demi-aveu de Kouchner et ce silence médiatique posent des questions cruciales :

1° Kouchner savait-il bien plus tôt ?
Réponse : Oui. Dès 1993, un journaliste de France 2, Jacques Merlino, révélait la supercherie dans un bouquin au titre éloquent « Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire ». Il y interviewait le directeur de Ruder Finn, agence US de relations publiques. Lequel, très fier, avouait avoir monté de toutes pièces la campagne des « camps d'extermination » : « Nous avons circonvenu trois grandes organisations juives : B'nai B'rith, American Jewish Committee et American Jewish Congress. Aussitôt, nous avons pu dans l'opinion publique faire coïncider Serbes et nazis. Le dossier était complexe, personne ne comprenait ce qu'il se passait en Yougoslavie, m! ais d'un seul coup, nous pouvions présenter une affaire simple avec des bons et des méchants. »
En mentant, fait observer le journaliste ! Réponse : « Nous sommes des professionnels. Nous ne sommes pas payés pour faire la morale. »
Donc, Kouchner savait depuis longtemps et ce n'est pas joli - joli à présent de mettre toute la faute sur le dos d'un mort.

2° Les médias ont-ils enterré les preuves de la supercherie ?
Réponse : Oui. Un journaliste allemand Thomas Deichman a montré dès 1994 que l'image des barbelés était truquée, que les « prisonniers » n'étaient pas enfermés. En fait, elle était tirée d'un reportage ITN où ils déclaraient être bien traités, mais la journaliste avait coupé ces déclarations !
On trouvera l'affiche de Kouchner, les commentaires de Deichmann, et notre exposé des trucages dans notre livre Poker menteur. Daté de 1998. Donc, il ne fallait pas attendre aujourd'hui pour rectifier : http://www.michelcollon.info/display.php?image=img/tm/tm_yougo34.jpg
Dans un reportage-vidéo « Sous les bombes de l'Otan » (1999), nous avions aussi présenté les images tournées par une télé locale, qui démontraient la tricherie du reportage ITN.

3° Kouchner a-t-il été protégé, même par des « critiques de médias » ?
Réponse : Oui. Un exemple : Daniel Schneidermann (Arrêts sur images, France 5) nous avait contacté sur ce dossier, puis nous a écarté du débat pour ne pas nuire à Kouchner.
On n'a pas non plus interrogé ses médiamensonges sur le Kosovo et son bilan catastrophique dans cette province. Nous disons bien : médiamensonges, et non erreurs. Son plan de carrière visant le poste de secrétaire - général de l'ONU, il lui faut tout faire pour plaire aux USA.

4° Pourquoi fallait-il présenter une histoire « simple », mais fausse ?
Pour cacher la responsabilité des grandes puissances occidentales dans ce conflit :
- Depuis 1979, la CIA allemande soutenait des extrémistes pour faire éclater la Yougoslavie.
- En 1989, le FMI avait mis la pression néolibérale pour éliminer l'autogestion et les droits travailleurs, excitant la crise et les nationalismes.
- En 1991, l'Allemagne avait armé les extrémistes croates et musulmans avant la guerre.
- De 1992 à 1995, les Etats-Unis ont délibérément prolongé le conflit, comme en atteste l'envoyé spécial européen en Bosnie, lord Owen. http://www.michelcollon.info/reponses_tm.php
- Pour quels intérêts, toutes ces manoeuvres ? Eliminer un système social trop à gauche, mais aussi contrôler les Balkans stratégiques et les routes du pétrole.

5° S'agit-il de nier tous les crimes commis ?
Pas du tout, mais lorsque nos gouvernements cherchent à nous entraîner par une propagande de guerre « bons contre méchants », il est important de repérer leurs intérêts cachés. Et leurs trucages d'infos. Par exemple, s'agissant des camps de prisonniers en Bosnie, l'ONU en avait recensé six croates, deux serbes et un musulman. Et c'étaient plutôt des camps de regroupement en vue d'échanges, et non des camps d'extermination. Mais, les nationalistes croates et musulmans étant "nos" alliés, ou plutôt "nos" agents, Kouchner, Bernard-Henri Lévy et autres invités médiatiques permanents les ont mensongèrement blanchis.
Il faudrait juger les criminels de guerre. Tous les criminels de guerre, dans tous les camps. Mais pas par des tribunaux bidons mis sur pied par une justice des vainqueurs où les USA et l'Otan se placent d'office au-dessus de la loi et même carrément hors-la-loi puisqu'ils violent la Charte de l'ONU à tour de bras.

6° Y a-t-il eu d'autres médiamensonges « réussis » dans cette guerre ?
Oui. Un seul exemple. Quand l'Otan a commencé à bombarder la Yougoslavie, en 1999, elle a affirmé réagir à ce qu'elle appelait un « massacre de 40 civils » par l'armée yougoslave, à Racak, village du Kosovo. Mais Belgrade parlait d'un combat entre deux armées, provoqué par les forces séparatistes albanaises. L'ONU avait commandé un rapport à une commission de légistes dirigée par un docteur finlandais, Madame Ranta. Celle-ci a confirmé la thèse de Belgrade. Mais aucun média n'en a parlé. Le médiamensonge reste intact pour l'opinion.
Pourquoi ? Parce que les médiamensonges de Kouchner, BHL et Cie ont permis de diviser la gauche et de l'empêcher de s'opposer à une guerre en réalité injuste. L'opinion publique, ça se travaille. Et la prochaine fois, ça recommencera.

Michel Collon

Ces questions seront prochainement débattues en Belgique et en France :
Cinq ans après l'intervention de l'OTAN au Kosovo, quel bilan tirer ? Quel est aujourd'hui le sort des minorités nationales ? Quels sont les véritables enjeux géopolitiques de cette guerre et la place des Etats-Unis dans les conflits?

21 / 3 - MONS (Belgique)
Projection + débat Les Damnés du Kosovo
Avec Vanessa Stojilkovic et Michel Collon.
Org. Initiative pour les Droits des Etrangers (IDE)
Au cinéma Plaza Art - Info : 065/35.15.44 plaza.art@skynet.be

29 / 3 - CARPENTRAS (France)

Projection + débat Les Damnés du Kosovo.
Avec Vanessa Stojilkovic.
Org. Cercle Concorcet. Au lycée agricole de Serres-Carpentras, à 20h30.
Info : camille.vivante@wanadoo.fr

Le résultat humanitaire : une vision bien moins schizophrène qu'il y paraît http://www.mariecollon.info/themes/komtuveux2/images/message.jpg

Sarkozy entre de Gaulle et Bush

Le monde diplomatique  

vendredi 8 juin 2007

Cet article est paru dans le quotidien italien il manifesto, le 8 juin 2007.

La scène se passe le 12 septembre 2006 à Washington, dans le musée des American Girls of the Revolution. Devant « un très chic parterre franco-américain (1) », le candidat de la droite française à l’élection présidentielle déclare : « Plus jamais nous ne devons faire de nos désaccords une crise. De nos désaccords, faisons l’occasion d’un dialogue constructif, sans arrogance et sans mise en scène. (…) Nous sommes amis depuis longtemps et pour toujours. (…) On ne doit jamais donner l’impression de se réjouir des difficultés de nos alliés. Pour notre dialogue, l’efficacité dans la modestie, c’est ce qu’il y a de mieux. » Et, peu après, de développer cette envolée lyrique lors d’une rencontre avec George W. Bush, dont témoignera une photographie officielle où, étrangement, le futur chef de l’Etat français semble aussi grand que son homologue américain…

Jusqu’au discours qu’il prononcera au soir de son élection, le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy n’aura de cesse de faire oublier ce « baptême américain », craignant visiblement les réactions de nombreux électeurs, y compris à droite. Certes, voici plus de quarante ans que le général de Gaulle a pris ses distances avec Washington, quittant l’organisation militaire intégrée de l’OTAN, critiquant la guerre menée par les Etats-Unis au Vietnam et décrétant un embargo sur les armes à destination de tous les protagonistes de la guerre des Six Jours, Israël compris. Depuis, ses successeurs ont progressivement renoué avec l’Amérique. Mais l’opposition de Jacques Chirac à la guerre d’Irak et l’affirmation de sa « différence » sur plusieurs dossiers (du conflit israélo-palestinien aux accords de Kyoto) firent à nouveau entendre – du moins jusqu’à l’automne 2003 — la voix dissidente de la France.

C’est donc sans surprise qu’on voit le candidat de la droite réaffirmer, dès l’automne 2006, au congrès de son parti, son soutien à la politique de Jacques Chirac sur l’Irak, puis se démarquer, au printemps 2007, du projet américain de « bouclier anti-missiles » et enfin, à la mi-avril, s’engager en faveur du plan arabe de paix, qualifié de « très bonne initiative » — car il « repose sur un principe simple, celui de l’échange des territoires contre la paix, avec la création d’un Etat palestinien indépendant dans les frontières de 1967 » et « laisse aux parties le soin de discuter des points les plus délicats, comme la question des réfugiés par exemple  (2) ». Dans ce ravalement de façade, Sarkozy dispose d’un atout : Ségolène Royal et François Bayrou entendent également contourner les questions européennes et internationales.

D’ailleurs, pour ne pas effrayer les 55 % de partisans du « non » au référendum du 29 mai 2005, Sarkozy propose un « traité simplifié » — adieu, Constitution ! — à soumettre, qui plus est, au vote du Parlement et non plus des Français. Cet exercice de prestidigitation quant à la forme ne signifie toutefois nullement que le nouvel hôte de l’Elysée renoncerait à ses objectifs sur le fond (3)…

En France comme à l’étranger, on a qualifié la nomination de Bernard Kouchner au poste de ministre des Affaires étrangères de geste d’« ouverture ». Mais sur quoi ? Derrière son image « droit-de-l’hommiste », le socialiste rallié cultive, on le sait, l’atlantisme : il fut même l’une des rares personnalités à approuver, en 2003, l’intervention américaine en Irak. A sa nomination, la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice réagit, selon son porte-parole, en déclarant : « Les Etats-Unis et la France ont beaucoup de pain sur la planche pour pouvoir s’atteler à des questions d’intérêt mutuel autour du globe, qu’il s’agisse de l’Iran ou du Moyen-Orient ou de l’atténuation de la pauvreté en Afrique ou du changement climatique (4). »

Tous ces éléments suffisent-ils à pronostiquer ce que sera exactement la politique extérieure de la France de Nicolas Sarkozy ? Du passé comme des prises de position récentes du président de la République, on peut bien sûr déduire un désir de rupture avec ce qui reste de la tradition gaulliste, afin de mieux s’impliquer dans la « guerre mondiale contre le terrorisme ». Paris se voudra plus proche de Washington, plus éloigné de Moscou, plus intégré dans la stratégie de l’OTAN, plus engagé à l’échelle d’une Europe elle-même plus ouvertement néolibérale. Le nouvel hôte de l’Elysée a néanmoins prouvé qu’il était d’abord un homme pragmatique.

Quelles que soient ses convictions, il sait devoir compter avec plusieurs facteurs de résistance : d’abord la pesanteur de la politique relativement indépendante héritée du gaullisme ; ensuite les traditions et habitudes des institutions qui ont mis en musique cette orientation, en particulier le Quai d’Orsay, même si les jeunes énarques néo-libéraux y supplantent peu à peu les vieux orientalistes ; enfin et surtout l’attachement de la majorité de l’opinion à quelques invariants, de de Gaulle à Chirac en passant par Mitterrand.

Entre continuité et changement, les premiers tests significatifs concerneront le Moyen-Orient, sur lequel le président ne fait guère mystère de ses sentiments. Lors de la visite, déjà évoquée, outre-Atlantique, le président du Congrès juif mondial, Israël Singer, avait commenté : « Les déclarations de Nicolas Sarkozy sur l’antisémitisme, la lutte contre l’islamisme et les positions en faveur d’Israël qu’il a rappelées au président George W. Bush, le terrorisme palestinien et du Hezbollah, ou sur l’Iran, sont telles qu’elles pourraient avoir été faites par un leader d’une d’organisation juive (5). » Reste à savoir jusqu’à quel point il les mettra en œuvre…

Au Liban, le président prolongera sans doute — la visite de Kouchner sur place le confirme — le tournant que son prédécesseur avait engagé après l’assassinat de son ami Rafic Hariri, au point que Paris ne s’y distingue plus guère de Washington. Concernant l’Iran, comme prévu, il a déjà haussé le ton – « rien n’est exclu a priori (6) », a-t-il même annoncé, si Téhéran n’applique pas les résolutions des Nations unies. En Irak, il envisage une plus grande implication pour la France, qui pourrait former la police et l’armée du régime. S’agissant enfin de l’Afghanistan, où Washington presse ses alliés de s’engager plus avant, il a au contraire envisagé le retrait de nos troupes — confronté, il est vrai, à la prise d’otages français par les talibans.

Et le conflit israélo-palestinien ? Nicolas Sarkozy, là encore, ne fait pas mystère de son tropisme personnel : « Je veux dire combien je me sens proche d’Israël, avait-il confié aux Etats-Unis. Israël est la victime. Il doit tout faire pour éviter de passer pour l’agresseur. (…) Nous sommes à vos côtés, mais ayez la réaction appropriée, pas la réaction disproportionnée (7) ». Nicolas Sarkozy, dans cet esprit, réprouvera-t-il aussi les bombardements israéliens sur la bande de Gaza, ou bien seulement les tirs de roquettes palestiniennes sur le sud d’Israël ? Dénoncera-t-il la poursuite de la construction du mur, jugée illégale par la Cour internationale de La Haye, comme de la colonisation, condamnée par les Nations unies ? Se prononcera-t-il pour la levée de l’embargo contre un gouvernement palestinien qui appuie le plan arabe de paix ? Et, en réponse à ce dernier, se prononcera-t-il pour une initiative européenne visant à relancer les négociations bilatérales, régionales et internationales ?

Mieux que l’espoir de la presse israélienne et l’inquiétude des médias arabes, la réponse à ces questions commencera à définir la nouvelle politique de l’Elysée. Le 14 mai dernier, l’ambassadeur de France en Israël, à l’instar de ses homologues de l’Union européenne, a boycotté la cérémonie du quarantième anniversaire de la « réunification » de Jérusalem. Baroud d’honneur ou hirondelle printanière ?

Dominique Vidal

(1) Le Figaro, 14 septembre 2006.

(2) Voir « Réponse de Nicolas Sarkozy - Positionnement sur le conflit israélo-palestinien », sur le site des ONG françaises pour la Palestine.

(3) Dans une interview à la revue Politique internationale (n° 115, printemps 2007), il réaffirmait que le « traité simplifié » devait notamment prévoir « l’extension de la majorité qualifiée (…) ; la règle de la double majorité ; le partage du pouvoir législatif entre le Parlement et le Conseil ainsi que l’élection du président de la Commission par le Parlement ; le respect du principe de subsidiarité (…) ; la mise en place d’une présidence stable du Conseil européen (…) ; la création d’un ministre des Affaires étrangères l’U.E. », etc.

(4) Conférence de presse du 18 mai 2007, Washington.

(5) WJC, 13 septembre 2006.

(6) Le Monde, 16 avril 2007.

(7) Le Figaro, 14 septembre 2006.

http://www.monde-diplomatique.fr/