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3ème guerre mondiale : quand a-t-elle débuté ?

Les combats contraignent encore davantage de Somaliens à fuir Mogadiscio

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR William Spindler — à qui toute citation peut être attribuée — lors de la conférence de presse du 26 juin 2009 au Palais des Nations à Genève.

Nous sommes extrêmement inquiets de la spirale de violence et de l'aggravation de la crise de déplacement forcé en Somalie. Les combats en cours entre les forces gouvernementales et les groupes d'opposition Al-Shabaab et Hisb-ul-Islam, qui ont commencé le 7 mai dernier dans plusieurs quartiers du nord-ouest de la capitale somalienne Mogadiscio, ont causé des pertes en vie humaine, des destructions et de nouveaux déplacements parmi les populations civiles.

Selon les informations communiquées par des hôpitaux locaux somaliens, plus de 250 civils ont été tués et au moins 900 autres ont été blessés au cours du mois dernier. On estime que, depuis le début des combats en mai, plus de 160 000 personnes ont été contraintes de quitter leurs maisons et de chercher un abri ailleurs en Somalie ou dans les pays voisins. Entre le 19 juin et le 22 juin seulement, une population d'environ 26 000 personnes a fui Mogadiscio du fait des combats violents.

La majorité des personnes déplacées internes, quelque 49 000 personnes, sont parties vers des quartiers plus sûrs à l'intérieur même de la ville ou vers des installations de fortune accueillant des personnes déplacées et situées aux alentours de Mogadiscio, tandis que 45 000 autres ont fui par le corridor d'Afgooye. Elles ont rejoint plus de 400 000 personnes qui sont déjà des déplacés internes depuis 2007. D'autres sont partis vers des destinations plus lointaines notamment vers le Bas et Centre Shabelle, le Bas Juba, Galgaduud et Gedo. Selon nos partenaires locaux, certains des déplacés sont partis vers les pays voisins. Certains parmis les nouveaux déplacés sont des familles entières qui étaient récemment rentrées chez elles suite à une période de paix relative à Mogadiscio pendant les quatre premiers mois de l'année.

De nombreuses personnes déplacées internes font des récits de conditions de vie extrêmes et de souffrances alors qu'elles tentaient de fuir la capitale somalienne en proie aux combats. La majorité de ces personnes tentent de quitter la ville à bord de minibus transportant en moyenne 20 personnes. Selon des déplacés internes, les chauffeurs font payer 250 dollars ou plus pour une place. Nos partenaires en Somalie se sont entretenus avec des déplacés à Afmadow, à environ 400 kilomètres au sud-ouest de Mogadiscio. L'un des déplacés internes, une mère de six enfants, a expliqué à nos partenaires que son voyage avait duré neuf jours pour atteindre Afmadow après que les chauffeurs lui aient pris son argent et l'aient abandonnée au bord de la route avec ses enfants.

La détérioration de la situation sécuritaire a fortement réduit les possibilités de distribution de l'aide humanitaire, dont le besoin se fait tant ressentir, aux personnes déplacées dans et autour de Mogadiscio. Nos partenaires locaux qui acheminent de l'aide auprès des déplacés internes font face à des problèmes d'insécurité croissants alors qu'ils tentent d'aider les personnes dans le besoin.

Par ailleurs, au Kenya voisin, le nombre de réfugiés arrivant dans le pays continue à augmenter. Depuis le début de l'année, quelque 38 000 nouveaux réfugiés sont arrivés au Kenya, pour la majorité des Somaliens. En juin, le camp de Dadaab a reçu 4 104 réfugiés. Plus de 280 000 personnes sont actuellement hébergées à Dadaab, le plus grand complexe de camps de réfugiés au monde.

Publié le 26 juin 2009
Points de presse

 

http://www.unhcr.fr/cgi-bin/texis/vtx/news/opendoc.htm?tbl=NEWS&id=4a44da882

Amnesty accuse Tsahal de "destructions gratuites" à Gaza

 L'armée israélienne s'est livrée à des actes de "destructions gratuites", visant des civils Palestiniens, lors de son offensive dans la bande de Gaza en décembre et janvier, affirme Amnesty International.

Dans un rapport de 117 pages consacré aux 22 jours de combats, l'organisation humanitaire précise également que les tirs de roquettes des militants du Hamas contre Israël constituaient des "crimes de guerre".

Amnesty affirme n'avoir trouvé aucune preuve que des civils ont été volontairement utilisés par les combattants du Hamas comme des boucliers humains, comme l'affirmait l'armée israélienne.

Au total, ce conflit a entraîné la mort de 1.400 Palestiniens, dont 300 enfants et des centaines de civils, des chiffres en accord avec ceux avancés par le ministère de la Santé à Gaza et le Centre palestinien des droits de l'homme. 

L'armée israélienne avait évalué à 1.196 les pertes palestiniennes dont 295 civils. Au cours de cette intervention, 13 Israéliens ont été tués dont trois civils.

"La plupart des destructions étaient gratuites et délibérées", estime Amnesty dans son rapport. "Elles ont été conduites dans des circonstances qui confirment qu'elles n'étaient pas justifiées par des impératifs militaires."

L'état-major israélien a réagi en disant que l'armée avait agi conformément aux règlements internationaux. Il a accusé les auteurs du rapport d'ignorer "les efforts fournis par les forces de défense israéliennes pour limiter autant que possible les dommages aux non-combattants".

"PRUDENCE"

"Dans de nombreux cas, les forces de défense israéliennes ont fait preuve de prudence, notamment en avertissant la population civile avant une attaque", ajoute Tsahal.

"Les forces israéliennes ont dirigé leurs attaques uniquement contre des cibles militaires", affirme l'état-major.

Une enquête ouverte par l'état-major israélien avait conclu à l'absence de crimes tandis que l'Etat hébreu a refusé de coopérer avec une enquête diligentée par les Nations unies.

Amnesty précise que les roquettes tirées par les combattants du Hamas ont rarement fait des victimes et ont surtout provoqué des mouvements de panique parmi les populations.

Ils n'en restaient pas moins des actes "aveugles et illégaux au regard du droit international".

Amnesty accuse le Hamas et d'autres groupes armés d'avoir mis en danger la vie des civils palestiniens en tirant des roquettes et en cachant des armes à proximité d'habitations.

L'organisation humanitaire affirme n'avoir recueilli aucune preuve montrant que "le Hamas et les autres groupes armés obligeaient des civils à demeurer à l'intérieur ou à proximité de bâtiments utilisés par leurs combattants."

Aucune preuve n'a été trouvée que ces civils étaient retenus contre leur gré dans des immeubles ou dans des quartiers sous le contrôles des insurgés.

Le rapport affirme en revanche qu'en plusieurs occasions des soldats israéliens se sont servis de civils palestiniens, y compris d'enfants comme de "boucliers humains" en les contraignant à rester à proximité de "maisons qu'ils utilisaient comme positions militaires".

Joseph Nasr, version française Pierre Sérisier et Pascal Liétout

Le jeudi 2 juillet 2009

http://fr.news.yahoo.com/4/20090702/twl-israel-gaza-amnesty-38cfb6d.html


Successions de revirements dans les affaires de l'ETA au mois d'avril 2009

Mercredi 15 avril 2009 à 12 H 23

http://fr.news.yahoo.com/3/20090415/tfr-justice-basque-eta-paris-342d366_1.html

Un membre présumé de l'appareil logistique d'ETA mis en examen et écroué à Paris

Un membre présumé de l'organisation séparatiste basque ETA arrêté vendredi dernier à sa descente de train à la gare Montparnasse à Paris a été mis en examen mardi soir par la juge d'instruction antiterroriste Laurence Le Vert et placé en détention provisoire, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Ekaitz Sirvent Auzmendi, soupçonné d'être un important faussaire de l'ETA, est notamment poursuivi pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, détention et usage de faux documents, falsification de documents administratifs, port d'armes et recel de vol en réunion, a-t-on précisé de même source.

Selon les autorités espagnoles, Ekaitz Sirvent Auzmendi était en fuite depuis 2002 et avait "une longue histoire au sein de l'organisation terroriste ETA".

Interpellé vendredi peu après 16h alors qu'il descendait d'un train en provenance du Sud-Ouest, il a passé 96 heures en garde à vue. Il était en possession d'un revolver 357 Magnum, probablement volé lors d'un braquage dans le sud de la France, ainsi que de faux documents d'identité. Selon le ministère espagnol de l'Intérieur, "beaucoup de matériel informatique", dont un ordinateur portable, des disques durs et des clés USB, ont aussi été saisis.

Ekaitz Sirvent Auzmendi était suivi depuis quelque temps par les enquêteurs de la Sous-direction antiterroriste (SDAT), la direction interrégionale de police judiciaire de Bordeaux et la police espagnole dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris, selon une source judiciaire. AP

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http://fr.news.yahoo.com/4/20090411/tts-france-espagne-eta-ca02f96_1.html

Samedi 11 avril, 15h58

Un nouveau coup porté en France à la tête de l'ETA

L'arrestation, vendredi à Paris, d'Ekaitz Sirvent Auzmendi, responsable présumé d'ETA, allonge la liste des opérations menées par la police et la gendarmerie françaises contre la tête de l'organisation séparatiste basque.

Considéré par les autorités espagnoles comme le chef de l'appareil chargé des falsifications de l'ETA après avoir appartenu à l'appareil politique, Ekaitz Sirvent Auzmendi était en fuite depuis 2002, après le démantèlement du commando Zelatun.

Arrêté vendredi à 16h10 à la gare Montparnasse à sa descente du TGV venant de Bordeaux, l'etarra présumé transportait un ordinateur portable, des clés USB, des disques durs, ainsi que de nombreux papiers d'identité espagnols et français falsifiés.

La précédente arrestation d'un dirigeant de l'ETA sur le territoire français remonte au 8 décembre dernier à Gerde, petit village des Hautes-Pyrénées situé près de Cauterets.

Aitzol Iriondo Yarza, dit "Gurbitz", 31 ans, considéré comme le nouveau chef de l'ETA militaire, avait été cueilli en compagnie de deux membres présumés de l'organisation séparatiste alors qu'il avait rendez-vous avec un ancien membre du commando Biscaye venu d'Espagne, Aitor Artetxe Rodriguez.

"Gurbitz" venait de succéder à Garikoïtz Aspiazu Rubina, dit "Txeroki", écroué fin novembre à Paris après son arrestation le 17 novembre à Cauterets (Hautes-Pyrénées) en compagnie d'une femme.

Considérée comme une base arrière de l'ETA, la France a été le théâtre de nombreuses arrestations de ses dirigeants depuis la signature de l'accord franco-espagnol de coopération anti-terroriste en 1987.

ARRESTATIONS À RYTHME SOUTENU

Dès septembre de cette année-là, Santiago Arrospide Sarasola dit "Santi Potros", numéro 2 présumé de l'ETA-militaire était arrêté à Anglet (Pyrénées-Atlantiques). Un an et demi plus tard, son successeur José Antonio Urruticoetchea, dit "Josu Ternera", était interpellé à son tour à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques).

Le chef présumé des commandos et de l'appareil logistique de l'ETA-militaire, José Javier Zabaleta Elasegui, dit "Waldo", était ensuite arrêté près de Biarritz, le 23 septembre 1990.

Cinq autres arrestations à la tête de l'ETA allaient intervenir en France avant 2000, dont celles des chefs de commandos successifs Lopez de la Calle, dit "Mobutu", à Toulon (Var) en novembre 1994, et Javier Arizcuren, dit "Kantauri", à Paris en mars 1999.

Les Pyrénées-Atlantiques étaient le théâtre des trois autres arrestations dont celle de Francisco Mugica Garmendia dit "Artapalo'", chef présumé de l'Eta, à Bidart en mars 1992.

Le rythme des coups portés à ETA est resté soutenu au cours de la dernière décennie.

Le 2 février 2000, Juan Carlos Iglesias Chouzas, dit "Gadafi", considéré comme un dirigeant de l'appareil militaire tombait à Tarnos (Landes) alors qu'au mois de septembre suivant c'est le chef présumé de l'organisation, Ignacio Gracia Arregui dit "Inaki de Renteria" qui était la cible d'un coup de filet monté par la police à Bidart.

Un an plus tard, le nouveau chef présumé de l'appareil militaire, Francisco Javier Garcia Gaztelu, dit "Txapote", était cueilli à Anglet. En décembre 2002, à Urt, toujours dans les Pyrénées-Atlantiques, Juan Ibon Fernandez Iradi, dit "Susper", était arrêté à son tour. Il s'est évadé trois jours plus tard du commissariat de Bayonne avant d'être repris en décembre 2003 à Mont-de-Marsan, dans les Landes.

Le numéro un de l'appareil politique de l'organisation depuis une douzaine d'années a été interpellé à Salies-de-Béarn en octobre 2004. Mikel Albizu Iriarte, dit "Antza" a été arrêté sans heurts en même temps que sa compagne, Soledad Iparraguire Genetxea, dite "Anboto", dirigeante présumée des commandos.

En juillet 2007, Juan Cruz Maiza Artola, chef présumé de l'appareil logistique, était arrêté à Rodez (Aveyron). En mai 2008 c'est Javier Lopez Pena dit "Thierry", successeur d'"Antza" à la tête de l'ETA, en fuite depuis 25 ans, qui était retrouvé dans un appartement du centre-ville de Bordeaux.

Edité par Elizabeth Pineau

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Samedi 11 avril, 14h18 

http://fr.news.yahoo.com/3/20090411/tfr-justice-basque-eta-paris-342d366_1.html

 Madrid confirme l'identité de l'etarra présumé interpellé à Paris

Le ministère espagnol de l'Intérieur a confirmé samedi qu'Ekaitz Sirvent Auzmendi, soupçonné d'être un important faussaire de l'organisation séparatiste basque ETA, avait été interpellé la veille gare Montparnasse à Paris. Lire la suite l'article

Selon un communiqué du ministère Ekaitz Sirvent Auzmendi était en fuite depuis 2002 et avait "une longue histoire au sein de l'organisation terroriste ETA".

Le suspect, interpellé peu après 16h alors qu'il descendait d'un train en provenance du Sud-Ouest, a été placé en garde à vue dans les locaux de la Sous-direction antiterroriste (SDAT) à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), selon une source policière française.

Il était en possession d'un revolver 357 Magnum ainsi que de faux documents d'identité. Selon le ministère espagnol de l'Intérieur, "beaucoup de matériel informatique", dont un ordinateur portable, des disques durs et des clés USB, ont aussi été saisis.

Les enquêteurs de la SDAT agissaient avec des policiers de la direction interrégionale de police judiciaire de Bordeaux et des confrères espagnols. AP

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Vendredi 10 avril, 20h41

http://fr.news.yahoo.com/3/20090410/tfr-justice-basque-eta-paris-342d366_1.html

Un etarra présumé interpellé à Paris

Un membre présumé de l'organisation séparatiste basque espagnole ETA a été interpellé vendredi après-midi gare Montparnasse à Paris, a-t-on appris de source policière. Il a été placé en garde à vue dans les locaux de la Sous-direction antiterroriste (SDAT) à Levallois-Perret (Hauts de Seine). Lire la suite l'article

L'homme a été interpellé peu après 16h alors qu'il descendait d'un train en provenance du Sud-Ouest. Il était en possession d'un revolver 357 Magnum ainsi que de faux documents d'identité.

Les enquêteurs de la SDAT, qui agissaient avec des policiers de la direction interrégionale de police judiciaire de Bordeaux et des confrères espagnols, cherchent à établir son identité. Selon les médias espagnols, le suspect pourrait être Ekaitz Sirvent Auzmendi, l'un des responsables de l'appareil logistique d'ETA. AP

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Lundi 6 avril, 11h52

 http://fr.news.yahoo.com/4/20090406/tts-france-explosifs-eta-ca02f96_1.html

Une cache d'explosifs découverte à Grenoble, l'ETA soupçonnée

Près de 450 kilos de produits explosifs ont été découverts dimanche dans un garage du centre de Grenoble (Isère), apprend-on de source judiciaire.

Les enquêteurs privilégient la piste d'une cache de l'ETA, a-t-on appris auprès du parquet antiterroriste, qui a été saisi.

L'information est révélée lundi par Le Dauphiné Libéré.

Le propriétaire du box, qui était sans nouvelle de son locataire depuis décembre dernier, a découvert les produits explosifs, dont du nitrate d'ammonium, en entrant dans la garage.

Un cumulus évidé, pouvant servir à la fabrication d'un engin explosif, a également été retrouvé. Un dispositif similaire avait été mis au jour en 2007 dans une base arrière de l'organisation séparatiste basque à Cahors (Lot), a-t-on précisé.

Service France, édité par Sophie Louet


Élisabeth Martens met les pendules à l'heure sur le Tibet (reédition)

 
Elisabeth Martens interviewée par Bénito Perez pour « Le Courrier » de Genève, le 27 mars 2008. Voici la version intégrale de cette interview qui répond sans ambages à toutes les questions sur l'histoire, les événements, la répression, le Dalaï Lama, les problèmes sociaux du Tibet...
 
Pouvez-vous vous présenter brièvement? Comment êtes-vous venu à vous
intéresser au Tibet et à la Chine?

Je suis partie durant trois années en Chine, après des études de biologie en Belgique, pour me spécialiser en médecine traditionnelle chinoise. J'ai bien sûr profité de mon séjour là-bas pour voyager du nord au sud et d'est en ouest. Un de ces voyages m'a amené pour la première fois dans une région tibétaine (c'est-à-dire habitée, ea, par des tibétains) en 1990, à XiaHe au Gansu, au grand monastère du Bouddhisme tibétain de Labulang. J'ai été surprise par la facilité de contact avec les lamas qui se promenaient en rue et allaient faire leurs courses à l'épicerie du coin ; c'est loin de l'image de nos moines cloîtrés derrière leurs murs.

Surprise aussi par la différence entre les bouddhas chinois, tout ronds comme des théières qui mijotent doucement sur le poêle, souriants, joviaux, et les bouddhas tibétains, beaucoup plus imposants. Et encore surprise de trouver dans les temples une quantité phénoménale de représentations de dieux, de monstres, de boddhisattvas, etc. plus féroces et effrayants les uns que les autres. J'ai trouvé que, d'une certaine manière, c'est assez proche de ce que l'on trouve comme galerie d'horreurs dans nos églises : des hommes transpercés, crucifiés, ou jetés dans des marmites d'huile bouillante, etc. Rien de comparable dans l'art chinois : dans la pensée chinoise, et donc dans les arts de la Chine, la souffrance et le moyen de s'en délivrer n'est pas au centre des préoccupations. De quoi devrait-on se délivrer à partir du moment où l'on sait que la souffrance est l'opposé-complémentaire du bien-être ? J'ai trouvé dans les régions tibétaines, où je suis retournée plusieurs fois par la suite (la dernière fois, en été 2007), une culture très différente de la culture chinoise. Cette différence m'a paru intéressante : comment un pays aussi gigantesque que la Chine (plus grand que toute l'Europe) s'en sort-il pour concilier 55 nationalités parlant chacune leur propre langue, surtout avec la disproportion de Han (environ90%) par rapport aux autres nationalités ?

- Que se passe-t-il, selon vos informations (quelles sont vos sources?),
actuellement dans les régions de Chine peuplées de Tibétains?
Les violences qui ont eu lieu à Lhassa le 14 mars 2008 ont été perpétrées par des groupes de manifestants tibétains. Les témoignages des étrangers présents sur place vont tous dans le même sens : les agressions visaient les Chinois (les Han) et les Hui, majoritairement des Musulmans. Des personnes ont été incendiées vives, d'autres ont été battues à mort, déchiquetées au couteau ou lapidées. Les armes utilisées étaient des cocktails Molotov, des pierres, des barres d'acier, des poignards et des couteaux de boucher. Il y a eu 22 morts et plus de 300 blessés, quasi tous des Hui et des Han. Il s'agissait d'actes criminels à caractère raciste . Serge Lachapelle, un touriste de Montréal, dit : « Le quartier musulman a été complètement détruit, plus aucun magasin ne tenait debout » .

Dès le 18 mars, le Dalaï Lama déclare dans une conférence de presse que « les événements au Tibet échappent à son contrôle et qu'il est prêt à démissionner si les violences se poursuivent ». Il ajoute que « ces actes de violence sont suicidaires » . Il n'empêche que, à peine quelques jours plus tard (le 21 mars), par une étrange coïncidence du calendrier, Nancy Pelosa, présidente du Congrès américain, arrive à Dharamsala pour une visite officielle au 14ème Dalaï Lama. Elle parle des évènements au Tibet comme d'un « défi pour la conscience mondiale » et exige de la Chine de pouvoir envoyer au Tibet une commission internationale indépendante afin de vérifier l'accusation chinoise comme quoi « l'entourage du Dalaï Lama se trouve derrière les violences », et afin de contrôler « de quelle manière sont traités les prisonniers tibétains en Chine » . C'est une des stratégies utilisées par les Etats-Unis : forcer la Chine à accepter des équipes d'inspection qui portent le cachet des « Droits de l'Homme », ou pouvoir dire que la Chine les a refusées. Pour exécuter un tel plan, nul mieux placé que le Dalaï Lama : dans son allocution du 10 mars, ce dernier exhortait déjà la Chine à « une plus grande transparence » .

Ces termes ne font-ils pas curieusement écho au « glassnost » qui a conduit à l'éclatement de l'URSS ? L'Allemagne, avant-garde de l'Europe, s'aligne sur les exigences de transparence des Etats-Unis : son ministre des Affaires étrangères a déclaré que « le gouvernement fédéral de l'Allemagne demande une plus grande transparence de la part du gouvernement chinois » . Quant aux autorités chinoises, elles parlent d'une révolte préméditée et bien organisée. L'occasion choisie pour donner le feu vert aux émeutiers était la date anniversaire de commémoration de la révolte de 1959 à Lhassa, date que les Tibétains en exil ont décrétée « Fête nationale » : le 10 mars. Ce jour-là, une marche, partant de l'Inde et se dirigeant vers le Tibet, a effectivement démarré. Elle devrait durer six mois: jusqu'aux débuts des JO de Péking. Cette marche a été organisée par le « Mouvement pour le soulèvement du peuple tibétain » (il est difficile de traduire « uprising » autrement que par « soulèvement »). Il s'agit d'une association dans laquelle sont représentées les fractions principales du gouvernement tibétain en exil : le NDP (New Democratic Party), le Congrès de la Jeunesse tibétaine (Tibetan Youth Congres), et le mouvement des femmes.

Le 10 mars était clairement le signal de départ des émeutes : elles ont été encouragées à distance par de multiples manifestations devant des ambassades chinoises (e.a. à Bruxelles). En Chine même, des tracts appelant à manifester pour l'indépendance du Tibet, ont été distribués dans les différentes régions tibétaines . Le même jour, trois cents lamas du monastère de Drepung ont manifesté au centre de Lhassa, de manière non-violente bien que "provocatrice" ; la police les a dispersés, sans heurts. Ce ne fut plus le cas quelques jours plus tard, le 14 mars : plusieurs groupes de Tibétains, tous armés de la même manière et opérant de la même manière, se sont dispersés dans la ville de Lhassa, ouvrant les hostilités et semant la panique. La suite est le drame que l'on sait, avec les répressions chinoises que l'on devine. Faut-il rappeler que le Droit international stipule que « chaque pays a le droit d'utiliser la force contre des mouvements d'indépendance qui vise à la division du dit pays » ? Imaginez le foin que cela ferait en France si le mouvement séparatiste corse se mettait à incendier des passants français en plein Ajjacio!

- On a généralement analysé ces émeutes comme une "réaction à la
colonisation du Tibet par les Chinois"? On parle même de génocide? Qu'en
est-il?

Quand on parle de « colonisation » d'un pays par un autre, il faut, au minimum, qu'il y ait deux pays. Dans ce cas précis, faut-il rappeler que le Tibet n'a jamais été reconnu comme « pays indépendant » ? Au 13ème siècle, le Tibet est annexé à la Chine par les Mongols, et au 18ème les Mandchous ont divisé leur empire chinois en 18 provinces, dont la province tibétaine. Fin du 19ème, l'empire britannique envahit le Tibet et y installe ses comptoirs de commerce.

Cela se passe sous le règne du 13ème DL, qui voit dans l'occupation anglaise du Tibet une opportunité pour revendiquer l'indépendance. Il se base pour cela sur ce qu'il a appelé le « Grand Tibet » : un territoire qui équivaut à cinq fois la France, quasi le tiers de la Chine, et qui correspond plus ou moins (parce qu'il n'y avait pas de cartes à l'époque) à ce qu'était le Tibet à la fin de la dynastie des Tubo, au 9ème siècle. Or la Chine du début du 20ème sortait d'un siècle de ventes aux enchères, avec la succession des « concessions » faites aux pays occidentaux. Céder le tiers de son territoire était signer son arrêt de mort. Donc cette demande d'indépendance a été sans suite. Je veux dire par là : sans aucune suite. C'est dire que ni les NU ni aucun pays n'a jamais reconnu le Tibet comme un pays indépendant. C'est une première réponse à votre question.

Une deuxième, c'est que quand on parle de « colonisation », cela implique en filigrane que le pays envahisseur profite des biens du pays envahi. Or, si on considère les cinquante dernières années du Tibet, on constate un phénomène inverse. La population tibétaine a triplé grâce aux soins de santé et à une rapide amélioration du niveau de vie. Ce qui, à vrai dire, n'était pas très compliqué, vu les conditions désastreuses dans les quelles vivaient plus de 90% de Tibétains sous le régime théocratique des DL. Toutefois, cette amélioration n'a pas été aussi rapide que dans les grandes villes chinoises qui, par leur lustre, font croire au monde entier que la Chine est devenue capitaliste. C'est fou ce que l'on fait croire avec des paillettes, des lumières et des vitrines. Pour répondre à votre deuxième question, celle du génocide, il faut à nouveau faire un petit retour historique. En 49, avec l'avènement de la R.P. de Chine, le gouvernement chinois opte pour une remise à zéro des compteurs : tous les étrangers et influences étrangères sont mis à la porte et les frontières chinoises sont réaffirmées, aussi dans les provinces lointaines dont le Tibet. Dès 1956, une rébellion armée est organisée dans plusieurs monastères tibétains (ea. Litang et Drepung) : avec la RP Chine, c'est les dignitaires tibétains qui sont visés, ceux du clergé en particulier. C'est d'ailleurs cette couche de la population qui commence à fuir vers l'Inde et qui va constituer la communauté tibétaine en exil (de la même manière que l'exode vers TaiWan qui était composée essentiellement des « grosses » familles chinoises).

Cette rébellion armée est dès ces débuts soutenue financièrement et logistiquement par la CIA . Pour quelle raison ? Il suffit pour le comprendre de lire ce que disait un rapport de l'Office des Affaires Etrangères des E-U en avril 49 : « Le Tibet devient stratégiquement et idéologiquement important. Puisque l'indépendance du Tibet peut servir la lutte contre le communisme, il est de notre intérêt de le reconnaître comme indépendant (...) Toutefois, ce n'est pas le Tibet qui nous intéresse, c'est l'attitude que nous devons adopter vis-à-vis de la Chine » . On ne peut être plus explicite ! La rébellion armée, qui démarre du monastère de Litang, s'étend par vagues jusqu'à Lhassa, où a eu lieu la plus importante, celle qui a été écrasée par l'Armée rouge en 59. Suite à cet événement, il était de grande importance pour les E-U d'amener l'opinion publique à croire qu'il s'agissait d'un génocide, c'est pourquoi le chiffre de 1,2 million de morts a été avancé par les autorités du Bouddhisme tibétain en exil.

Plusieurs études démographiques ont démontré par la suite que ce chiffre a été inventé de toute pièce . Patrick French, ex-directeur de « Free Tibet », a été le vérifier sur place, à Dharamsala. Après avoir compulsé longuement les documents « officiels » qui ont servi à avancer ce chiffre, il a été complètement dégoûté par l'ampleur de la falsification venant de la part de ceux qu'il admirait. Il raconte cet épisode dans son livre . Ce qui est important à retenir dans cette falsification, c'est que si on parle de 1,2 million de morts sur une population d'à peine deux millions d'habitants, on peut en effet parler d'un « génocide ». Mais s'il s'agit que quelques milliers de morts de part et d'autre, il ne s'agit plus d'un génocide, mais d'une guerre civile. Ce chiffre de 1,2 million de morts a donc permis de manipuler l'opinion publique en l'amenant vers la méfiance, voire la xénophobie, vis-à-vis des Chinois. C'est le même topo depuis 50 ans. Donc, si on analyse les faits de manière historique, on ne peut parler ni d'invasion, ni de colonisation, ni de génocide. Les émeutes qui ont eu lieu ce mois de mars 2008 doivent être analysées dans un contexte économique en tout premier lieu, sans oublier que le Tibet est un des terrains de combat entre les E-U et la Chine, depuis longtemps.

- La violence des manifestations ne cadre pas avec le pacifisme affiché
par le Dalai-Lama. Pourquoi?

Le DL et son entourage portent les couleurs du pacifisme et se doivent d'entretenir l'image de tolérance et de compassion qui sied au Bouddhisme tibétain, sinon qui les croirait encore en Occident ? Le DL a quand-même pris le temps d'ameuter l'opinion publique autour de la manifestation pacifique des 300 moines de Drepung descendus au centre de Lhassa le 10 mars et a immédiatement incriminé la répression aux forces de l'ordre chinoises (soit dit en passant, tout un chacun qui a voyagé au Tibet a pu remarquer que la police est essentiellement composée de Tibétains et compte très peu de Chinois). Quand les actes de violence ont atteint un niveau de barbarie sans nom, il s'est rapidement distancié des événements. Quel rôle joue-t-il là-dedans ? Pour le savoir, il faut analyser à qui profitent ces émeutes : ni aux Chinois, ni aux six millions de Tibétains de Chine. Elles servent essentiellement à ameuter l'opinion publique autour des violations des Droits de l'homme en Chine, le manque de liberté d'expression, et les diverses répressions que nous incriminons au gouvernement chinois. Donc, elles servent à donner de la Chine une image exécrable, ceci juste avant les JO qui vont rassembler la presse internationale à Pékin.

Je pense qu'en partie, elles reflètent l'énorme peur que nous avons de la puissance économique que représente la Chine actuellement. Il est vrai que si par certains côtés, elle fait encore partie du Tiers Monde, par d'autres côtés, elle risque de nous rattraper très rapidement et même de nous dépasser. Peu de gens ici se rendent compte que la Chine compte un potentiel intellectuel gigantesque et que cette masse d'intellectuels chinois commence à en avoir par-dessus la tête de se voir constamment refoulée et dénigrée par l'Occident. Ils ne vont plus se taire pendant longtemps. Pour résumer, je pense que ces émeutes servent à noircir l'image de la Chine : provoquer des émeutes à caractère racial dans les régions tibétaines, c'est obliger le gouvernement chinois à sortir la grosse mitraille, et donc nous pourrons parler en tout bien tout honneur d'une « répression sauvage » exercée par le gouvernement chinois lors « d'incidents ethniques ».

On connaît la chanson : elle a été utilisée à plusieurs reprises depuis 89 (conflits en Afrique, dans les Balkans, en Irak, et ceux pour démanteler l'URSS). Il faut savoir aussi qu'au sein de la communauté tibétaine en exil, une scission est de plus en plus évidente : d'une part, il y a les modérés, dont le DL, qui ne prêche pas (pas ouvertement en tout cas) pour la violence et ne demande même pas une indépendance, mais parle « d'autonomie poussée », comme on sait. D'autre part, et pour le moment c'est une fraction majoritaire au sein du gouvernement en exil, il y a les radicaux qui exigent une indépendance totale et sont prêts pour cela à prendre les armes. Vous imaginez bien qu'un discours pareil serait impossible à tenir sans l'appui de leurs alliés de 50 ans : les E-U qui, d'ailleurs continuent à financer et à armer la communauté tibétaine en exil. En réalité, les E-U disposent actuellement de deux chevaux de bataille qu'ils utilisent simultanément : le DL et sa suite (européenne, surtout) par qui passe le discours pacifiste qui sert à rassembler les intellectuels occidentaux autour des thèmes de « démocratie », de « droit de l'homme », de « liberté de presse », etc. qu'il faut imposer à la Chine (c'est un comble « une démocratie » qu'il faut imposer !... mais ça marche à 200%), et puis la fraction « dure » du gouvernement tibétain en exil qui compte de plus en plus de membres grâce à un discours musclé de lutte pour une indépendance, coûte que coûte. Apparemment, ce sont ces derniers qui mettent le feu aux poudres et déclenchent les violences.

- Cela n'exprime-t-il pas un réel mécontentement?

Oui, bien sûr. Ce que je vous ai expliqué jusque là ce sont les déclencheurs « externes » des émeutes. Mais il est évident que s'il n'existait pas un « terrain », les déclencheurs ne pourraient rien déclencher. Comme je vous le disais, les raisons internes sont essentiellement économiques, donc aussi sociales. D'abord, il faut se rappeler que l'enseignement au Tibet n'a pu démarrer que dans les années '60, vu le retard général du Tibet comparé au reste du pays. Ce qui veut dire que les premiers universitaires ou techniciens supérieurs tibétains n'ont commencé à travailler que dans les années 80, soit 10 ans plus tard que les Chinois Han (et 10 ans en Chine, c'est presque 100 ans chez nous !). C'est un retard qui n'est pas encore rattrapé maintenant. Ce retard dans les niveaux de formation, donc aussi dans le type de travail proposé aux uns et aux autres, explique que les postes « importants » sont occupés surtout par des Chinois.

Au-delà de ce premier problème qui est réel, difficile à résoudre, et source de conflit « ethnique », il y a aussi le retard bien connu, partout en Chine, des campagnes par rapport aux grandes métropoles. Si beaucoup de Tibétains ont profité des avancées économiques de la Chine, beaucoup d'autres sont restés dans le marasme. Ce fait ne touche pas que le Tibet, mais l'ensemble de la Chine : les inégalités se font de plus en plus criantes entre les plus aisés (ou même les moyennement aisés) et les plus démunis. Ce qu'il y a sans doute de plus spécifique au Tibet, c'est que peu de Chinois résidant au Tibet sont sans travail - s'ils arrivent au Tibet, c'est qu'ils savent qu'ils y auront un travail, sinon ils iraient ailleurs -, alors qu'il y a beaucoup de jeunes tibétains sans travail. En général, ils viennent de la campagne et ont juste suivi l'école primaire. Ils manquent de qualification, alors que les Chinois qui viennent travailler au Tibet sont des techniciens qualifiés, des universitaires ou des cadres, et bien sûr des commerçants. Même si l'enseignement est facilité aux Tibétains (comme aux autres minorités ethniques de la Chine, d'ailleurs), que le minerval est moins élevé et que les examens d'entrée sont moins sévères que pour les Han, les Tibétains ne voient pas toujours l'intérêt de poursuivre des études supérieures. Amener les Tibétains à se former serait pourtant une manière intéressante de diminuer l'inégalité sociale, alors que la Chine « s'en tient » à injecter des milliards de yuan pour le seul développement économique du Tibet. De plus, dans les villes tibétaines, le marché libre favorise les Chinois Han et les musulmans Hui qui ont plus d'expérience dans le commerce que les Tibétains. Donc, là aussi, les Tibétains se sentent sur le carreau par rapport aux Han et aux Hui.

A noter que la haine raciale vis-à-vis des musulmans est ancrée de longue date dans le Bouddhisme tibétain et véhiculée par lui (ea. par le Kalashakra) : c'est en raison des invasions musulmanes dans le nord de l'Inde au 10ème et 11ème siècles que les maîtres tantriques ont été se réfugier au Tibet. Le Tantrisme indien, devenu au Tibet le bouddhisme tibétain, a gardé vis-à-vis de l'Islam une rancœur de longue durée à cause des persécutions musulmanes.

- La Chine n'a-t-elle pas annexé le Tibet? Peut-on nier l'existence
d'une revendication nationale au Tibet, d'une "nation tibétaine"
distincte de la Chine?

Comme je vous le disais plus haut, le Tibet a été annexé à la Chine par les Mongols, c'est-à-dire à l'époque où les Mongols étendaient leur empire e.a. sur la Chine (13ème). Lorsque la Chine a repris le contrôle sur son empire, avec les Ming, du 14ème au 16ème siècle, elle s'est passablement désintéressée de cette lointaine contrée tibétaine et le Tibet est resté annexé à la Chine « passivement ». Puis, les Mandchous se sont emparés de la Chine et ont fait du Tibet une province chinoise. Episode suivi par celle des Britanniques, puis celle des E-U.

Alors que signifie le terme « nation » ? Si vous voulez parler d'une nation historiquement distincte de la Chine, il faut remonter à la dynastie des Tubo qui régnait sur le Tibet du 7ème au 9ème siècle. C'est comme si maintenant on revendiquait l'empire de Charlemagne ! Si vous voulez parler d'une culture spécifique, cela semble évident que le Tibet n'a pas la même culture que la Chine, ne fut-ce que par sa langue et son écriture, mais aussi par ses traditions, ses religions, ses habitants, etc. Ce qui n'a d'ailleurs pas empêché de multiples croisements, au point que je me demande ce que cela pourrait engendrer comme déchirures et drames familiaux si un jour le Tibet devenait réellement indépendant et mettait tous les Chinois Han à la porte, ainsi que tous les musulmans (ce sont les deux ethnies visées par le gouvernement en exil) : ils auraient un sacré problème pour distinguer qui est qui, et qui appartient à quelle ethnie. En fait, les discours ethniques ne sont là que pour expliquer au grand public des guerres que se font entre elles les grandes puissances : cela s'est vu dans les Balkans, en Irak, en URSS, cela se reproduit au Tibet. Ce qui m'ahurit, c'est que l'opinion publique n'a pas encore « fait tilt ». Et ce qui m'inquiète, c'est que les enjeux dans ce conflit-ci dépassent de loin tous ceux qu'on a vu dans les autres conflits : d'une part la Chine ne se laissera pas faire, d'autre part, c'est l'économie mondiale qui risque de basculer.

- Aujourd'hui, les Tibétains peuvent-ils vivre selon leur culture/religion?

Les Tibétains sont pour la plupart très croyants, cela se voit dans le quotidien : les moulins à prière tournent allègrement, on assiste à des prosternations devant les temples du matin au soir, sur les routes on rencontre des pèlerins en marche vers Lhassa, les drapeaux de prière flottent sur les cols, les monastères sont bondés de moines même des très jeunes enfants (ce qui est interdit par la loi chinoise), les billets de banque s'amoncellent au pied des bouddhas, de loin on entend résonner les trompettes et les mantras.

La pratique religieuse est loin d'être réprimée. Il faudrait être vraiment de mauvaise foi pour prétendre le contraire ! Ou bien, il faut n'avoir jamais été au Tibet. Dans l'enseignement, le bilinguisme est obligatoire et pratiqué dans toutes les écoles que nous avons visitées (primaires, secondaires et supérieures) ; des instituts de tibétologie ont été ouvert à l'intention des jeunes tibétains (ou autres) qui désirent approfondir l'étude de la culture tibétaine : y sont donnés des cours de langue, de médecine, de théologie, de musique et danse, de pratiques artisanales, etc. Donc je pense que c'est vraiment un non-sens de dire que la culture et la religion sont opprimées ou détruites. A nouveau, c'est l'information qui est donnée chez nous : après avoir mis en lumière la tromperie quant au génocide ethnique, on s'est rapidement tourné vers le « génocide culturel ». Il est évident que, moi, en tant que petit individu, si je dis l'inverse, personne ne me croira, mais il suffit d'aller voir sur place pour vous en convaincre.

Alors de quoi parle-t-on lorsqu'on pointe du doigt la « répression chinoise » ? Ce qui est interdit et sévèrement puni est toute tentative de « séparatisme », ou de division de la Chine. Cela peut être des actes qui paraissent anodins chez nous, comme porter le drapeau tibétain en rue (drapeau qui a été inventé en 59, lors de l'exil, et qui a donc une couleur politique), ou distribuer des tracts en rue, ou distribuer la photo du DL (qui est une effigie politique), ou organiser des manifestations, etc. Pour ce genre d'actions, il y a très rapidement (trop rapidement sans doute ?) arrestation, et parfois emprisonnement. La Chine est drastique à ce sujet parce qu'elle sait que le soutien à ce mouvement pour l'indépendance du Tibet est énorme, que ce soutien vient de l'Occident et vise la division de la Chine. Comme je vous le disais, le contentieux ne concerne pas tant les six millions de Tibétains de Chine face à la Chine, mais c'est un contentieux qui oppose la Chine à l'Occident et qui s'exprime par le malaise économique que connaît actuellement le Tibet.

- Quelle est la nature du bouddhisme tibétain et de sa structure/clergé?
Ses rôles sociaux et politiques, passés et présents?

Alors là, vous me demandez de réécrire mon bouquin ! En résumé, le Bouddhisme tibétain est issu du tantrisme, une des trois grandes écoles ou « véhicules » du Bouddhisme. D'après les bouddhologues, c'est le véhicule qui s'est le plus éloigné du dharma (ou enseignement originel du bouddha, 6ème AC). Tout d'abord, parce qu'il s'agit du véhicule le plus récent (6ème PC), donc le Bouddhisme a eu le temps de se métamorphoser plusieurs fois, ce à quoi il a dû se prêter en raison de la difficulté intellectuelle de son enseignement. Et ensuite parce que le Bouddhisme tibétain a la particularité d'exercer simultanément un pouvoir spirituel et un pouvoir temporel, ce qui n'existe pas dans les deux autres véhicules du Bouddhisme.

En fait, le tantrisme a pris son essor au Tibet au 10ème et 11ème par les circonstances historiques que je vous ai racontées (invasions musulmanes). A cette époque, le Tibet était totalement désorganisé au niveau politique et social. Or les communautés tantriques venues du nord de l'Inde étaient, elles, très structurées et hiérarchisées. C'est pourquoi, lorsqu'elles se sont installées dans ce Tibet qui demandait une réorganisation, elles ont repris la région en main de manière « spontanée », en utilisant leurs propres critères. Le tantrisme est devenu le bouddhisme tibétain à partir du moment où il s'est adapté aux mœurs, coutumes et à la religion autochtones (le Bön). On peut dire qu'à cette époque, la religion bouddhiste fut bénéfique au Tibet, puisqu'il a amené le Tibet vers une féodalité structurée. L'ennui, c'est que cette féodalité s'est figée durant un millénaire autour d'un pouvoir religieux extrêmement répressif et conservateur. Le Tibet a été arrêté dans son évolution en raison de ce pouvoir omniprésent et omnipotent. Il ne faut pas oublier que les monastères possédaient plus de 70 % des terres tibétaines, le reste allant aux familles nobles. Jamais n'a existé un pouvoir théocratique aussi puissant et aussi riche dans le monde. C'était incomparable avec ce qui se passait chez nous au Moyen-Âge où les monastères devaient se faire une petite place à l'ombre des châteaux forts. Avec l'avènement de la RP Chine en 49, il fut d'autant plus difficile pour le haut clergé tibétain de renoncer à ce pouvoir.

- Vous dites que le bouddhisme tibétain a permis d'imposer un système
féodal. Mais cela a été le cas de la plupart de religions. Ce temps
n'est-il pas révolu?

Bien sûr, cela a été le cas pour pas mal d'autres religions, comme quoi les religions ont toujours un pied dans la politique, quoi qu'on en dise. Le bouddhisme tibétain a permis à une société tribale, telle qu'elle était avant le 9e siècle, d'évoluer vers une société mieux structurée, féodale. La féodalité n'a plus la cote nulle part, et l'ancienne élite tibétaine, maintenant en exil, n'a pas l'intention de revenir à l'ancien système. Ils se modernisent eux aussi et sont plutôt partisans du modèle « marché libre » avec réinstauration de la propriété privée des terres, donc, surtout en dehors du système chinois, mais copié sur le modèle occidental.

- Comment expliquer le sentiment très pro-Tibétain en Occident,
notamment dans les médias?

L'opinion publique suit les médias et les médias obéissent aux intérêts économiques. Ne vit-on pas dans une dictature économique chez nous ? La censure est aussi réelle ici qu'ailleurs, mais mieux camouflée. En Occident, on n'est pas enfermé en prison pour ses opinions, mais bien dans sa tête, puis dans la maladie qui en résulte. Je me demande parfois ce qui vaut mieux. Donc votre question réelle devient : « comment expliquer le sentiment pro-tibétain véhiculé par notre système économique » ? Ni les E-U, ni l'Europe n'apprécient les avancées fulgurantes de la Chine sur la scène internationale. Tous les coups sont bons pour la contrecarrer : « Il faut foutre le bordel pendant les JO à Pékin ! » crie Cohn-Bendit dans son discours en séance plénière à propos du comportement que l'UE doit adopter face à la Chine . Ceci, pas même une semaine après les événements qui ont enflammé le cœur de Lhassa ! C'est assez monstrueux, mais cela démontre par « a+b » que le « grand monde de la diplomatie et du trust financier » n'a cure du Tibet, ce qui lui importe c'est « foutre le bordel en Chine ».

Comment faire avaler cette pilule au grand public occidental, en ne perdant surtout pas l'approbation des intellectuels ? Pour cela, on fait appel à Sa Sainteté qui par son sourire de neiges éternelles ferait fondre un chat devant une souris. Le Bouddhisme tibétain ne s'est-il pas habillé de ses plus beaux atours pour séduire un Occident « en vide de valeurs spirituelles » ? Entré chez nous en surfant sur la vague du « retour aux sources » des années 70, il ne lui fut pas difficile de se faire passer pour le dharma, présenté à nous comme un « athéisme spirituel », une philosophie de vie, un mode d'être, une thérapie intérieure, etc., bref, tout sauf une religion.

Or, si on y regarde d'un peu plus près, le Bouddhisme du Bouddha est déjà une religion puisqu'il propose une transcendance : un au-delà des souffrances résultant de nos limites physiques et temporelles. Est-ce qu'un au-delà, ou une transcendance, n'implique pas une foi ? Le Bouddhisme tibétain est encore plus une religion, puisqu'il a réintroduit des dogmes, dont le plus fameux : la réincarnation, justement celui contre lequel s'est insurgé le Bouddha en personne ! La réincarnation a été remise à l'honneur par le Bouddhisme tibétain au 14ème siècle, pour pouvoir officialiser la succession de l'héritage spirituel, temporel et, surtout, matériel d'un Rinpoché (ou responsable de monastère) vers le suivant, par le système des tulkous (qui compte avec la croyance en la réincarnation). Etre responsable d'un monastère au Tibet à l'époque féodale, c'était être grand propriétaire foncier : les terres, et les biens sur ces terres, y compris les serfs, appartenaient au monastère. Cela explique pourquoi il y eut tant d'assassinats dans les rangs du haut clergé tibétain et de guerres entre les différentes écoles du Bouddhisme tibétain.

Bref, le Bouddhisme, grâce à son caractère très plastique s'est adapté aux différents environnements où il a élu domicile, que ce soit au Tibet, ou au 20ème chez nous... où Sa Sainteté le DL se plait à nous servir quelques louches de démocratie, avec une cuillère à soupe de Droits de l'homme, et autant de liberté d'expression, à mélanger consciencieusement à une bonne pincée de tolérance et de compassion bouddhistes, et on obtient une pâte bien lisse prête à enfourner dans les hauts fourneaux médiatiques pour en faire une succulente tarte à la crème ! Que le Bouddhisme s'adapte, c'est un signe de bonne santé ! Ce qui est beaucoup plus malsain, c'est un DL qui fait passer le Bouddhisme tibétain pour une non-religion (une philosophie) de tolérance et de compassion dénuée d'implications politiques. Là, il y a vraiment de quoi s'esclaffer (bien que ce ne soit pas une bonne blague) !

- Ne peut-on aussi l'expliquer par le caractère totalitaire et répressif
de l'Etat chinois?

Evidemment, ce qu'on met en avant chez nous, c'est le contraste entre le « pacifisme » du DL et le « totalitarisme » de la Chine. Mais c'est un peu ridiculement noir-blanc, ne trouvez-vous pas ? C'est juste bon à persuader des enfants en robe de communion. Alors comment se fait-il que tout le monde chez nous (même les intellos de gauche, progressistes, écolos, bios, et tout et tout) a cette idée très contrastée en tête, d'un Tibet tellement sympathique et d'une Chine abominablement répressive ? C'est la même question que : comment se fait-il que tout le monde boit du Coca-cola et porte des Adidas ? La pub, ça fonctionne et c'est dangereux, tout le monde le sait et on ne peut s'empêcher de se faire avoir. Surtout que cette pub là, cela fait 50 ans qu'elle nous assomme !

Qu'on dise chez nous que la Chine est « répressive », d'accord dans une certaine mesure, mais expliquez-moi comment il se fait alors que proportionnellement elle compte cinq fois moins de prisonniers qu'aux E-U ? Qu'on dise chez nous que la Chine est « totalitaire » : d'accord pour dire qu'elle reste communiste, mais est-ce automatiquement synonyme de « totalitaire » ? D'ailleurs, ce qui nous gêne, ce n'est pas tant qu'elle soit communiste, mais c'est qu'elle protège son « territoire économique » : ni les E-U ni l'UE ne peuvent y faire ce qu'ils veulent à leur propre guise, et cela ne plaît pas du tout aux multinationales. Les investissements étrangers en Chine ne dépassent pas 3% : ce n'est pas un beau cadeau pour nos multinationales !

- Y a-t-il une dimension géostratégique? Quel est le rôle du Dalai-Lama?

La dimension géostratégique est au cœur du problème, bien sûr et ce, dès le début du 20e siècle. Il ne faut pas oublier que l'Europe avait beaucoup de « concessions » en Chine au début du 20e siècle et que le Tibet était, pour ainsi dire, sous la tutelle des Anglais. La prise de pouvoir par les communistes a mis fin à cette semi-colonisation. Je crois que chez nous, on n'a pas digéré cela. Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, ce sont les E-U qui ont repris le flambeau avec la guerre froide en toile de fond. Le Tibet et le DL sont devenus deux excellents chevaux de bataille pour les E-U dans leur tentative de diviser la Chine.

- Les USA viennent d'ôter la Chine de leur liste des Etats les plus
répressifs? La Chine n'est-elle pas devenue un Etat capitaliste comme les
autres?

Si les USA font cela, n'est-ce pas dans un but stratégique ? Cela leur permet d'organiser plus d'émeutes en régions tibétaines, ce qui devra amener la Chine à déployer les canons de la répression, et les E-U pourront ainsi ressortir leur carton rouge : « Etat répressif ». La Chine pratique actuellement une économie qu'elle appelle « mixte », c'est-à-dire que certains aspects du capitalisme y sont admis, mais que le socialisme gère encore l'armature de l'économie chinoise. En simplifiant, on peut dire que le capitalisme s'y développe sous le contrôle du parti communiste. D'après les économistes internationaux, le secteur public domine encore l'économie chinoise à plus de 60%. C'est peut-être difficile à comprendre pour nous qui réfléchissons plutôt de manière aristotélicienne où « A ne peut jamais être non-A ». Mais pour un Chinois, c'est de l'ordre du yin-yang : l'un n'exclut pas l'autre, A peut être non-A, cela dépend des conditions. C'est ce qu'on appelle une manière de pensée dialectique. Par exemple : les autorités ont constaté qu'ils ont laissé aller la pollution beaucoup trop loin. Du coup, dans leur plan quinquennal, ils corrigent le tir et prévoient un investissement gigantesque dans le secteur de l'environnement et de l'écologie, quitte à faire appel à des investissements étrangers. Mais en utilisant des moyens capitalistes, leur fin ne l'est pas. On ne peut qu'espérer que cela fonctionne !


Elisabeth Martens

article trouvé sur le site de Michel Collon lien

Géorgie: les Européens appellent à une "enquête indépendante" sur le conflit

AFP - 

AVIGNON (France) (AFP) - Les Européens se sont dits favorables samedi en Avignon (France) à une "enquête indépendante" sur le déclenchement début août du conflit en Géorgie, selon le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères Jean Asselborn. 

Par ailleurs, le vice-président américain Dick Cheney a accusé la Russie "d'avoir alimenté" le conflit intérieur en Géorgie et d'avoir commis des "actes de guerre" contre la démocratie, lors d'un forum économique et politique dans le nord de l'Italie.

"Ce qu'on a décidé aujourd'hui, c'est qu'on veut une analyse d'un organisme international, d'un groupe international, pour définir la responsabilité du déclenchement du conflit", a déclaré le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères Jean Asselborn vaux journalistes à l'issue d'une discussion avec ses homologues de l'UE sur la situation en Géorgie.

"Il y a eu unanimité" sur cette idée lancée la veille par le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier, a-t-il assuré, précisant que l'organisme chargé de cette enquête n'avait pas été choisi.

La communauté internationale "ne manque pas d'institutions" capables de mener une enquête sur le conflit, avait estimé la veille M. Steinmeier, dans une interview au quotidien Hannoversche Allgemeine Zeitung (HAZ), citant l'ONU ou l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe).

"Je suis tout à fait favorable", avait déclaré juste avant la réunion le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, dont le pays préside l'Union européenne.

"Il faut savoir ce qui s'est passé. Les chiffres les plus fantaisistes -ou réels d'ailleurs- circulaient, 1.000, 2.000 morts, qui a commencé, quel genre de provocations, à quel moment, pendant combien de temps, qu'est-ce qui était préparé de part et d'autre", avait-il dit à la presse.

Son homologue espagnol, Miguel Angel Moratinos, avait également soutenu cette idée, assurant que l'Espagne allait "demander" une telle enquête.

Au-delà des responsabilités dans le déclenchement du conflit, le chef de la diplomatie britannique, David Miliband, a jugé "essentiel que toute allégation, qu'il s'agisse de violations des droits de l'Homme, de bombes à sous-munitions ou toute autre allégation, fasse l'objet d'une enquête approfondie et indépendante".

Il a rappelé que "des accusations très graves avaient été lancées des deux côtés", russe et géorgien.

Les chefs de la diplomatie européenne tentaient en Avignon de consolider leur unité face à Moscou, avant une réunion cruciale lundi entre le président français Nicolas Sarkozy et son homologue russe Dmitri Medvedev.

http://fr.news.yahoo.com/afp/20080906/twl-georgie-russie-conflit-ue-diplomatie-c99dde2.html


Washington-Moscou, retour à la guerre froide

De notre correspondant à Moscou, Fabrice Nodé-Langlois le 03/09/2008
 

Après l'Azerbaïdjan (ci-dessus à son arrivée à Bakou), Dick Cheney va poursuivre sa tournée jeudi en Géorgie, puis en Ukraine avant de terminer par l'Italie. Crédits photo : AFP

Le numéro deux américain Dick Cheney arrive jeudi en Géorgie avec une aide humanitaire de un milliard de dollars.

Jamais depuis un quart de siècle le spectre de la guerre froide n'avait autant hanté Washington et Moscou. Le vice-président américain, Dick Cheney, après une étape en Azerbaïdjan hier, vient soutenir jeudi à Tbilissi le président géorgien Mikhaïl Saakachvili. Pour rallier depuis l'aéroport la capitale de l'ancienne république soviétique devenue une protégée de la Maison-Blanche, Dick Cheney devrait emprunter l'avenue George-W. Bush. Cette tournée européenne du faucon de Washington intervient au moment où, sur fond de convention républicaine aux États-Unis, la rhétorique de confrontation entre les deux grandes puissances s'emballe. Hier soir, c'est George Bush lui-même qui a annoncé une aide humanitaire de un milliard de dollars pour la Géorgie. Cet appui sonnant et trébuchant ne fait que conforter, à Moscou, la version des événements défendue par Vladimir Poutine selon laquelle la Maison-Blanche est largement responsable de «l'agression géorgienne» contre la région séparatiste d'Ossétie du Sud. La Russie accuse les États-Unis de vouloir réarmer rapidement la Géorgie. En outre, le sentiment russe d'être encerclé par l'Otan ne pourra qu'être renforcé par la visite en Géorgie des représentants des vingt-six États de l'Alliance, annoncée le 15 septembre. La délégation de l'Otan évaluera notamment les besoins de l'armée géorgienne défaite par les chars et l'aviation russes.

Mardi soir, le président russe Dmitri Medvedev a franchi un pas de plus dans l'escalade verbale en déclarant à la télévision italienne que «le président Saakachvili n'existe plus pour nous. Il est un “cadavre politique”.» Une prise de position qui n'est guère de nature à faciliter la tâche de Nicolas Sarkozy, qui se rend lundi à Moscou et Tbilissi avec la volonté d'appliquer l'accord de cessez-le-feu du 12 août. «Il est temps que nos partenaires américains revoient leurs relations avec le régime (géorgien) actuel», a poursuivi Dmitri Medvedev. Le successeur de Vladimir Poutine a récemment déclaré qu'il ne craint pas la guerre froide, et répété mardi ne pas avoir peur d'être exclu du G8.

Recul des droits de l'homme

 

Le candidat républicain à la Maison-Blanche, John McCain, avait dès avant la guerre de Géorgie plaidé pour l'exclusion du G8 de la Russie, disqualifiée à ses yeux par ses manquements à la démocratie. Son adversaire, Barack Obama, n'avait pas souscrit à cette approche frontale. La semaine dernière, McCain, estimant que les événements lui ont donné raison, a poussé ses feux. Réagissant à la reconnaissance par Moscou de l'indépendance des provinces géorgiennes prorusses d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, il a suggéré que «les pays occidentaux devraient penser à l'indépendance du Caucase du Nord et de la Tchétchénie». À la fin de sa tournée européenne, ce week-end en Italie, Dick Cheney pourrait prononcer un discours «encore plus dur que son fameux discours de Vilnius», s'attend le quotidien russe Kommersant. En mai 2006, l'influent vice-président avait impulsé un tournant dans la relation bilatérale en critiquant le recul des droits de l'homme en Russie et l'emploi de l'arme énergétique. Vladimir Poutine avait accouché neuf mois plus tard d'un discours riposte, à Munich, où il avait fustigé l'unilatéralisme de l'empire américain.

Qu'elle semble lointaine, la solennelle «déclaration stratégique États-Unis-Russie» du 6 avril dernier : «Nous réaffirmons que l'ère dans laquelle les États-Unis et la Russie se considéraient comme des ennemis ou des menaces stratégiques est révolue». George W. Bush et Vladimir Poutine, celui-ci encore président en exercice, avaient approuvé ce texte de neuf pages, à Sotchi, à quelques encablures de l'Abkhazie, sur le rivage de cette même mer Noire où les flottes russe et américaine se toisent jeudi.

 (Suite)

Crise géorgienne: l'UE se concerte à Avignon avant les négociations avec Moscou

Par Catherine TRIOMPHE AFP -

BRUXELLES (AFP) - Les chefs de la diplomatie européenne tenteront vendredi et samedi à Avignon (France) de consolider leur unité face à Moscou avant une réunion cruciale lundi entre le président français Nicolas Sarkozy et son homologue russe Dmitri Medvedev. 

Quatre jours après un sommet européen extraordinaire sur la Géorgie, les ministres devraient insister à leur tour sur le retour des troupes russes à leurs positions antérieures au 7 août, conformément au plan de paix en six points négocié par le président français, président en exercice de l'UE.

Soucieux de maintenir le dialogue avec Moscou, les dirigeants européens ont écarté lundi toute sanction immédiate, gelant simplement les négociations sur un partenariat renforcé UE-Russie tant que cette exigence ne serait pas remplie.

Mais la Russie, peu affectée par cette mesure, assure que le maintien de certaines de ses troupes en Géorgie est conforme au point 5 du plan de paix. Sa position illustre l'ambiguïté d'un texte négocié à la hâte avec les présidents russe et géorgien le 12 août pour obtenir un cessez-le-feu et éviter l'escalade.

Elle augure aussi de pourparlers extrêmement difficiles lundi entre MM. Medvedev et Sarkozy, les deux parties en attendant une clarification qui validera leur interprétation du texte.

Pour préparer le terrain, les ministres devraient discuter des contours d'une mission européenne appelée à se déployer dans les prochaines semaines en Géorgie pour observer le respect du cessez-le-feu. Si le principe d'une "présence européenne" dans la région a été validé au sommet, son efficacité dépendra beaucoup de la coopération des Russes, reconnaissent des diplomates européens.

Le diplomate en chef de l'UE Javier Solana, qui voyagera avec Sarkozy, voudrait en effet que cette mission civile de "quelques centaines" d'hommes se déploie "en plusieurs phases", d'abord sur le territoire géorgien non contesté, pour arriver jusqu'aux zones de sécurité qui jouxtent les régions séparatistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud. Des zones actuellement patrouillées par les Russes. Un des enjeux des pourparlers de lundi - lors desquels Sarkozy devrait annoncer la tenue d'une conférence internationale sur la stabilité au Caucase - consistera donc à voir dans quelle mesure la mission civile européenne pourrait y accéder.

Les ministres devraient aussi à Avignon "passer en revue tous les aspects" des relations qu'ils ont nouées avec la Russie depuis l'effondrement de l'URSS (politique, énergie, commerce, justice, sciences, culture...), selon un diplomate. L'idée est de voir, au cas où la Russie resterait sur ses positions d'ici le sommet UE-Russie du 14 novembre, dans quel(s) domaine(s) des sanctions pourraient être envisagées.

Les ministres chercheront surtout à ne pas nuire à l'unité affichée au sommet face à une Russie qui oppose souvent depuis 2004 la "Vieille Europe", conciliante envers le Kremlin, à la "Nouvelle Europe" qui se souvient du joug soviétique. Les déclarations sur la Russie seront "risquées" car "les Russes peuvent les utiliser pour opposer les uns aux autres", a reconnu un diplomate.

Pour renforcer l'unité, le ministre français Bernard Kouchner, qui présidera les débats, a invité ses 26 homologues à se rendre à Avignon ensemble en TGV depuis Paris. Seul l'Italien Franco Frattini a décidé de s'y rendre par ses propres moyens, selon une source diplomatique.

Tenus à la prudence sur la Russie avant lundi, les ministres aborderont également d'autres dossiers: leurs premières discussions vendredi après-midi devraient porter sur les relations de l'UE avec les Etats-Unis et de ce que seront leurs priorités lorsqu'une nouvelle équipe arrivera à la Maison Blanche en janvier.

http://fr.news.yahoo.com/afp/20080905/twl-ue-russie-georgie-conflit-c99dde2.html


Nicaragua: le président Ortega reconnaît l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie

MANAGUA (AFP) - Le président nicaraguayen Daniel Ortega a reconnu l'indépendance des Républiques séparatistes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie, ont annoncé mercredi les médias locaux. 

Le président Ortega, lui-même un ancien rebelle, est le premier chef d'Etat à reconnaître officiellement l'indépendance des deux républiques séparatistes de Géorgie, après la reconnaissance annoncée le 26 août par la Russie.

La reconnaissance par Moscou de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie avait été aussitôt condamnée par les Occidentaux, qui contestent aussi le maintien de positions russes avancées en territoire géorgien.

Le Nicaragua "reconnaît l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie" décrétée par leurs Parlements respectifs en août, a déclaré mardi soir le président Ortega à l'occasion du 29e anniversaire de l'Armée nationale.

Le président Ortega a également exprimé son soutien "à la position du gouvernement russe qui recherche le dialogue avec les pays européens pour mettre un terme à ce conflit".

Il a fustigé les "hégémonies politiques" qui "tentent d'encercler la Russie" et investissent des millions de dollars par le biais de l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique Nord) pour "encercler militairement la Russie".

Un conflit militaire a opposé la Géorgie à la Russie début août, les troupes russes entrant sur le territoire géorgien pour repousser une intervention lancée par l'armée géorgienne dans la nuit du 7 au 8 août en Ossétie du Sud et pour en reprendre le contrôle.

Le vice-président américain, Dick Cheney, a entamé une tournée mercredi en Azerbaïdjan pour rassurer les alliés de Washington dans la région et exprimer le soutien des Etats-Unis à la Géorgie dans la crise qui l'oppose à la Russie.

A Bakou, il a exprimé l'"intérêt profond et constant" des Etats-Unis pour la sécurité dans l'ensemble de la région.

Cette tournée intervient alors que les Etats-Unis tentent d'achever le réexamen de leurs relations avec la Russie à la lumière du conflit russo-géorgien, la Maison Blanche n'excluant pas l'adoption éventuelle de sanctions.

 (Suite)

L'ambassadeur de France en Géorgie bloqué par les Russes

De notre envoyée spéciale à Satchkeré, Laure Mandeville : http://www.lefigaro.fr/international/2008/08/22/01003-20080822ARTFIG00013-l-ambassadeur-de-france-en-georgie-bloque-par-les-russes-.php
  

L'ambassadeur de France à Tbilissi, Éric Fournier, a été retenu jeudi pendant deux heures et demie par les forces russes. Paris a jugé l'incident «inacceptable». Le récit de notre envoyée spéciale.

Ils se sont retrouvés face à face mardi au barrage de police de Djria, à quinze kilomètres de la petite bourgade de Satchkeré, au nord-ouest de Gori. Cent Géorgiens formant un bouclier humain. Et un détachement de l'armée russe, mené par un véhicule blindé qui menaçait de passer en force. Prévenus par des villageois de l'arrivée des «envahisseurs» venus du nord, le président du conseil municipal local, Nodar Abjandadzé, le chef de la police du district Vassili Vakhturidzé, avaient décidé de les faire reculer.

«Nous avons ordre de marcher sur la base militaire de Satchkeré», leur déclarent les militaires, qui appartiennent au bataillon de Tchétchènes prorusses Vostok, supervisé par le GRU, le service de renseignement de l'armée russe. «Nous sommes chez nous, vous n'avez rien à y faire», réplique le président du conseil municipal géorgien. Le chef de la police remarque que les soldats parlent tchétchène. «N'avez-vous pas honte de venir envahir une terre caucasienne, vous dont la république a été réduite en cendres par la Russie ?» Les soldats se contentent d'affirmer qu'ils reviendront avec une force «qui réduira en charpie ce bouclier humain»…

L'ambassadeur français, Éric Fournier, s'émeut de cette épée de Damoclès suspendue au-dessus d'une école de formation des troupes de montagne, avec laquelle Paris a établi une coopération suivie. Des chasseurs alpins français étaient présents sur cette base au moment de l'éclatement du conflit, le 7 août. «Nous sommes inquiets des mouvements russes vers Satchkeré, confie le diplomate. Nous craignons que les Russes ne cherchent à le détruire, ce qui serait une violation inacceptable du cessez-le-feu.»

Aussitôt, Éric Fournier décide de se rendre sur place, en passant par Gori, dont les entrées et sorties sont contrôlées par les Russes. Après une route, mercredi, où les passages de chariots à bœuf, d'oies et de vaches dévorant des épis de mais alternent avec les check-points russes équipés de blindés, il choisit d'y passer la nuit. Sur la base, où les autorités de la ville et quelques officiers expriment leur gratitude au diplomate, Éric Fournier fait hisser les couleurs de la France dans le crépuscule. «Ce soutien moral est capital», commente le commandant Tarel Tarakadzé, 46 ans.

«Les Russes peuvent tout bloquer»

 

Mais l'espoir reste mince. Militaires comme civils à Satchkeré doutent des intentions russes. Pour eux, la Russie se constitue une zone tampon le long de l'Ossétie du Sud, pour consolider sa domination. Le cantonnement que les troupes de Vostok viennent d'établir juste au-dessus de Djria les inquiète. Jeudi dans la soirée, les soldats ont forcé la porte d'une école et visité des maisons, paniquant les villageois. L'annonce, jeudi, par l'état-major général de la création d'une zone tampon où seraient maintenus 500 soldats russes semble confirmer ce scénario. Gori repasserait sous contrôle géorgien. «Pour l'instant, nous attendons de voir, car nous craignons pour nos civils», dit un officier. Car si les Russes gardent le contrôle du trafic routier sur cette artère est-ouest vitale pour le pays, «ils peuvent tout bloquer en cinq minutes», note un expert.

Le retour mouvementé en voiture de Satchkeré à Tbilissi de l'ambassadeur a révélé ce contrôle du terrain. Partout, des déploiements de forces, des blindés, des tranchées. L'attitude des soldats russes est aléatoire. À l'entrée de Gori, l'ambassadeur a été bloqué pendant deux heures et demie, son coffre ouvert. Joint au téléphone par Éric Fournier, l'ambassadeur de Russie annonce la mise en place pour aujourd'hui d'une procédure, qui obligera les ambassadeurs à avoir l'autorisation du ministère des Affaires étrangères russe pour se déplacer. À Paris, le Quai d'Orsay a vivement protesté. «Il est inacceptable que la liberté de mouvement de notre ambassadeur ait été entravée, a déclaré un porte-parole du ministère. Nous l'avons fait savoir aux autorités russes.»

Mais il paraît difficile d'échapper à la formulation ambiguë du point 5 de l'accord négocié par la France avec le président russe Dmitri Medvedev. La possibilité de laisser patrouiller les «forces de maintien de paix russes» à l'intérieur de la Géorgie «jusqu'à la mise en place d'un mécanisme international» continue de faire le jeu des Russes, sur le terrain comme à New York.

http://www.lefigaro.fr/international/georgie.php


Les Russes gèlent leur coopération militaire avec l'Otan

BRUXELLES (AFP) - La Russie a officiellement gelé jeudi jusqu'à nouvel ordre sa coopération militaire avec l'Otan, une réplique aux critiques proférées cette semaine par les pays membres de l'Alliance.

"Nous avons reçu une notification des Russes, par les canaux militaires, disant qu'ils avaient décidé d'arrêter les opérations militaires de coopération internationale entre la Russie et les pays de l'Otan", a précisé à l'AFP une porte-parole de l'Alliance, Carmen Romero.

L'Otan a "davantage besoin" du soutien de la Russie, notamment en Afghanistan, que Moscou n'a besoin de l'Alliance, avait souligné un peu plus tôt jeudi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la télévision russe.

Moscou aide notamment l'Otan en matière de transit des matériels militaires vers l'Afghanistan.

"Nous n'avons pas l'intention de claquer la porte" de la coopération avec l'Otan, a toutefois précisé le chef de la diplomatie russe.

"Tout dépend des priorités de l'Otan: si ces priorités vont à un soutien inconditionnel au régime en faillite (du président géorgien) Saakachvili, et si le prix qu'ils (les pays de l'Otan) sont prêts à payer est la rupture des relations avec la Russie, ce n'est pas notre choix", a-t-il expliqué.

Le département d'Etat américain a jugé "regrettable" que la Russie ait décidé de suspendre sa coopération militaire avec l'Otan.

"Je ne peux pas imaginer dans les circonstances actuelles que nous nous engagions dans une coopération militaire avec les Russes, tant que la situation en Géorgie n'est pas résolue", a toutefois déclaré dans la foulée le porte-parole de la Maison Blanche pour la sécurité nationale, Gordon Johndroe, depuis Crawford (Texas, sud) où le président américain George W. Bush se trouve dans son ranch.

La Russie avait prévenu mardi qu'elle tirerait "les conclusions qui s'imposent", après une réunion d'urgence le même jour de l'Alliance atlantique à Bruxelles.

Les pays de l'Otan avaient alors sommé la Russie de tenir sa promesse de retirer ses troupes de Géorgie et avaient décidé de suspendre les réunions de leur forum de coopération, le Conseil Otan-Russie, créé en 2002, tant qu'elle ne le ferait pas.

Les 26 pays membres ont averti dans une déclaration commune que l'Otan ne pouvait pas "continuer comme si de rien n'était" ses relations avec Moscou.

Désireux de prouver leur soutien à la Géorgie, il ont aussi annoncé la création d'une commission Otan-Géorgie, chargée de superviser la coopération entre ce pays et l'Alliance atlantique. Elle doit mener à terme à l'intégration de cette ex-république soviétique à l'Otan, comme l'Alliance l'a promis à Tbilissi en avril dernier.

L'Otan n'a cependant pris aucune décision pour accélérer le processus d'adhésion de la Géorgie, ce qui n'aurait pas manqué de susciter une réaction autrement plus vive de Moscou.

Pour autant, "le processus formel (d'intégration) a été lancé avec l'établissement de cette commission", a jugé le chef de la diplomatie britannique David Miliband, dans un entretien publié jeudi dans The Guardian.

Depuis le début du conflit russo-géorgien, plusieurs pays de l'Otan, Etats-Unis en tête, ont annoncé l'annulation de leur participation à des manoeuvres navales conjointes avec la Russie. Moscou avait annoncé la même décision concernant des exercices prévus en mer Baltique dans le cadre d'un programme de partenariat de l'Alliance.

http://fr.news.yahoo.com/afp/20080822/twl-georgie-russie-conflit-otan-prev-d9fddae.html

Le représentant de la Russie auprès de l'Otan, Dmitri Rogozine, s'est pour sa part envolé pour Moscou.