Par Laurent Lozano
BANGKOK (AFP) - Le président américain George W. Bush a exprimé jeudi ses "profondes inquiétudes" devant l'état des libertés en Chine, se livrant jusqu'au dernier moment à un exercice d'équilibre consistant à critiquer la répression sans brusquer un partenaire de plus en plus important.
"J'ai parlé avec clarté, et franchise, et constance avec les dirigeants chinois de nos profondes inquiétudes quant à la liberté religieuse et aux droits de l'Homme", a dit M. Bush dans un discours prononcé à Bangkok quelques heures avant de rallier Pékin pour les Jeux.
"Les Etats-Unis estiment que le peuple de Chine a droit aux libertés fondamentales qui sont le droit naturel de tous les êtres humains. Ainsi l'Amérique est vivement opposée à la détention par la Chine de dissidents politiques, de défenseurs des droits de l'Homme et de militants religieux", a-t-il dit dans ce discours qui ne devait pas manquer de retenir l'attention du gouvernement chinois.
Il s'agissait là de son propos le plus développé et l'un de ses plus fermes sur le sujet depuis longtemps.
La Maison Blanche l'a publié dès mercredi. Elle a assuré qu'il s'agissait de faciliter le travail des journalistes, semblant réfuter l'hypothèse que l'administration ait voulu ménager le gouvernement chinois en maintenant un certain délai entre la publication et l'arrivée de M. Bush en Chine.
Le président américain était attendu jeudi soir à Pékin où il assistera vendredi à la cérémonie d'ouverture des Jeux. Il restera jusqu'à lundi, se partageant entre les compétitions sportives et les entretiens politiques.
Après la Corée du Sud et la Thaïlande, c'est le point d'orgue de ce qui est probablement sa tournée d'adieux à l'Asie.
Depuis qu'il a annoncé en septembre 2007 qu'il serait le premier président américain à assister aux Jeux en dehors des Etats-Unis, M. Bush s'adonne à un exercice délicat. Il est pris entre les appels des défenseurs des droits de l'Homme à utiliser la formidable exposition médiatique des Jeux pour adresser un message fort aux dirigeants chinois, et les appels de ces derniers à ne pas "politiser" l'événement.
Maints défenseurs des droits de l'Homme accusent les autorités chinoises de ne pas tenir les promesses faites pour obtenir l'organisation des Jeux et de s'être servi du prétexte de la sécurité pour accroître la répression à mesure que l'événement approchait. Ils accusent M. Bush de ne pas en faire assez.
M. Bush et ses collaborateurs répondent qu'il soulève la question des libertés chaque fois qu'il parle à son homologue Hu Jintao et qu'il le ferait à nouveau cette fois, en dehors du stade.
Ils objectent que M. Bush a été le premier président à apparaître publiquement au côté du dalaï lama, le chef spirituel des Tibétains.
Jeudi, M. Bush n'a pas évoqué explicitement la très sensible question tibétaine, sérieux motif de querelle entre Washington et Pékin.
M. Bush vient de provoquer la grogne chinoise en recevant cinq éminents dissidents. Et, à Pékin, il prévoit de faire une déclaration publique sur la liberté religieuse après avoir assisté à un service chrétien.
Cependant, selon le New York Times, les pressions chinoises ont forcé M. Bush à renoncer à suivre l'office dans une église clandestine et à prononcer un grand discours sur le sujet.
Les défenseurs des droits de l'Homme ne manqueront pas de se demander si le discours de M. Bush jeudi restera sa déclaration de référence pour les Jeux.
Il a répété mercredi son refus de politiser les Jeux. Passionné de sport, il ne cache pas son excitation à l'idée de suivre le match de basket entre la Chine et les Etats-Unis et d'autres compétitions, au cours d'un séjour qui ressemble à une réunion de famille puisque sa femme, une de ses filles, son père, sa soeur et un de ses frères seront à Pékin.
Mais, dans une relation qu'il a encore qualifiée de "complexe" jeudi, M. Bush défend aussi les vertus d'une diplomatie discrète avec un partenaire dont les Etats-Unis sont de plus en plus tributaires face à une multitude de défis, économiques, stratégiques ou environnementaux.
http://fr.news.yahoo.com/afp/20080807/twl-usa-chine-birmanie-thailande-jo-2008-5fb7533.html
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Bush arrive à Pékin avec un double programme, sportif et politique
AFP - PEKIN (AFP) - Le président américain George W. Bush est arrivé jeudi soir à Pékin avec l'intention affirmée depuis des mois de ne pas laisser son souci des libertés en Chine interférer avec la fièvre olympique qu'il compte bien partager. M. Bush pourrait ainsi avoir pris soin de dire ce qu'il avait à dire avant de se poser en Chine
Jeudi, non pas sur le sol chinois mais en Thaïlande, il a exprimé ses "profondes inquiétudes" quant à la liberté religieuse et aux droits de l'Homme en Chine. Il a affirmé la ferme opposition des Etats-Unis à l'emprisonnement des dissidents, des défenseurs des droits de l'Homme et des militants religieux.
Il s'agissait là de son propos le plus développé et l'un de ses plus fermes sur le sujet depuis longtemps. La Chine a protesté contre cette "ingérence".
La question est à présent de savoir si, comme l'en pressent des défenseurs des droits de l'Homme et des parlementaires américains, M. Bush prendra le risque de brusquer ses hôtes pendant les quatre jours de son séjour controversé à Pékin, point d'orgue de sa probable tournée d'adieux à l'Asie.
Il a prévu de faire une déclaration publique sur la liberté religieuse après avoir assisté à un office chrétien dimanche.
Mais ce passionné de sport dit depuis des mois qu'il se rend d'abord aux Jeux pour soutenir les compétiteurs, et il ne cache pas son excitation à cette idée. Il soulèvera certes la question des libertés avec son homologue Hu Jintao, mais en privé.
Depuis qu'il a annoncé en septembre 2007 qu'il serait le premier président américain à assister aux Jeux en dehors des Etats-Unis, M. Bush se livre à un exercice délicat. Il est pris entre les appels des défenseurs des droits de l'Homme à utiliser la formidable exposition médiatique des Jeux pour adresser un message fort aux dirigeants chinois, et les appels de ces derniers à ne pas "politiser" l'événement.
"J'ai décidé de ne pas politiser les Jeux. C'est de sport qu'il s'agit ici. Du temps pour la politique, il y en a plein, et j'ai confiance dans le fait que j'aurai du temps pour la politique", a dit M. Bush, qui discutera avec M. Hu dimanche, après l'église.
Dans une relation qu'il qualifie de "complexe", M. Bush défend les vertus d'une diplomatie discrète avec un partenaire dont les Etats-Unis sont de plus en plus tributaires face à une multitude de défis, économiques, stratégiques ou environnementaux.
"L'un des dilemmes posés par cette question, c'est qu'on veut que nous ayons de l'influence sur le gouvernement chinois", dit un haut collaborateur de M. Bush pour les affaires asiatiques, Dennis Wilder, mais "si vous n'avez pas une bonne relation de travail avec le gouvernement chinois, comment est-ce que vous faites ?"
Ce qui ne souffre pas la controverse, c'est la joie que M. Bush se fait par exemple d'assister dimanche au match de basket entre les équipes masculines de Chine et des Etats-Unis, et à un match d'entraînement de base-ball entre les deux mêmes équipes.
Au cours d'un séjour qui ressemble à une réunion de famille puisque sa femme, une de ses filles, son père, sa soeur et un de ses frères seront à Pékin, M. Bush assistera vendredi à la cérémonie d'ouverture.
Fanatique de vélo tout-terrain, il voudrait aussi essayer le parcours olympique.
Le président américain s'est dit "fasciné" par la transformation de la Chine entre sa première visite en 1975, quand son père était le chef du bureau de liaison américain à Pékin et qu'il s'était mêlé dans la rue à la foule des cyclistes, et aujourd'hui. Et il se faisait une joie de parcourir les sites olympiques "juste pour sentir l'atmosphère avec ces gens venus du monde entier pour concourir aux Jeux".
http://fr.news.yahoo.com/afp/20080807/twl-usa-chine-droitshomme-jo-2008-prev-5fb7533.html
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