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3ème guerre mondiale : quand a-t-elle débuté ?

Révélations : le récit détaillé de l'embuscade en Afghanistan

 Des forces françaises patrouillent mardi dans le secteur de Kapisa. Crédits photo : AFP

Isabelle Lasserre
22/08/2008 - Le figaro
 

«Le Figaro» a pu reconstituer la chronologie minute par minute de l'attaque dans laquelle dix militaires français ont péri le 18 août en Afghanistan.

Grâce à des informations obtenues auprès de plusieurs sources très proches du dossier, Le Figaro est en mesure de reconstituer en détail l'embuscade lancée par les insurgés afghans contre une patrouille de reconnaissance, qui a coûté la vie à dix soldats français le 18 août.

Cette chronologie minute par minute invalide les témoignages recueillis à Kaboul auprès de certains soldats blessés, que Le Monde avait publiés dans son édition datée de jeudi. Selon ces premiers témoignages, le nombre élevé de victimes de l'embuscade menée par les talibans contre la patrouille française s'expliquerait en partie par la lenteur de la réaction du commandement et par des ratés dans la coordination. Toujours selon Le Monde, l'unité partie reconnaître à pied le col de Saroubli serait restée quatre heures sous le feu ennemi sans renfort. Elle aurait, de surcroît, manqué de munitions. Quant aux avions de l'Otan venus en renfort, ils auraient manqué leur cible et touché des soldats français.

L'Otan a catégoriquement démenti jeudi les informations faisant état de tirs fratricides, estimant qu'elles étaient «totalement infondées». Quant à la rapidité de réaction, elle n'est pas en doute non plus. De nombreux éléments de renforts ont été envoyés sur place très vite, 25 minutes, pour les premiers, après le début de l'attaque. Mais il leur fallait le temps d'arriver, et de progresser sur un terrain accidenté et peu sûr.

Si l'arrière de la colonne n'a pas pu porter secours aux éléments avancés partis à pied reconnaître le col, ce n'est pas en raison d'une défaillance des troupes françaises, mais parce que les talibans ont coupé la patrouille en deux. Ils ont d'abord attaqué les 22 militaires qui évoluaient à pied sur la crête. Puis ils les ont encerclés et ont immédiatement frappé la section arrière, pour empêcher qu'elle puisse porter secours à l'avant. Les talibans ont aussi délibérément visé l'adjoint du chef de section et le radio, les premiers à être tombés sous les tirs de leurs snipers. Ce qui explique pourquoi les communications ont été coupées. L'embuscade avait été très bien préparée. Les assaillants bénéficiaient manifestement de renseignements d'une grande précision concernant la patrouille française, son itinéraire et le nombre de forces engagées.

Depuis que la France a pris le commandement de la région centre, le 5 août, plusieurs patrouilles avaient effectué des missions de reconnaissance et de renseignement dans le secteur, qui se trouve dans les vallées d'Uzbin et de Tizin. Les talibans se faisaient plutôt rares dans la région. Les forces italiennes, qui avaient précédemment commandé la région, n'avaient pas rencontré de problèmes. Même si, selon plusieurs témoignages, elles ne s'étaient guère aventurées hors de leur camp. Quoi qu'il en soit, en cette mi-août torride, «la situation est calme», rapportaient les militaires sur place. Il y avait bien eu quelques «menaces d'attaques», non suivies d'effet. Jusqu'au 18 août.

Voici le déroulé des faits, tel que nous avons pu le reconstituer :

Le 18 août au matin, deux sections françaises d'élite, du 8e RPIMa et du régiment de marche du Tchad, font route vers la vallée d'Uzbin avec deux sections de l'armée afghane et des éléments des forces spéciales américaines. Ces dernières concentrent leur attention sur la présence des talibans en Afghanistan. Quant aux forces armées afghanes, elles sont formées depuis plusieurs années par des instructeurs français. La zone patrouillée se trouve au nord-est de Surobi, à une cinquantaine de kilomètres de la capitale, Kaboul. Soit environ 45 minutes, par la route.

13 h 30 : Les fantassins du 8e RPIMa partent reconnaître à pied un col qui culmine à 2 000 mètres, sur une route en lacet s'étirant sur 4 à 5 kilomètres. L'ambiance est suffocante, il fait plus de 30 degrés. Les fantassins sont ralentis par la poussière orange qui s'infiltre partout et par la lourdeur de leurs gilets pare-balles.

15 h 30 : La section à pied est attaquée à l'arme légère et au lance-roquettes par des insurgés. Plusieurs militaires sont blessés. Après avoir encerclé l'avant-garde de la section, les talibans, qui sont environ une centaine, attaquent l'arrière de la colonne, avant de l'encercler. Les combats sont intenses. Le régiment de marche du Tchad (RMT) placé en appui, est à son tour encerclé. Le piège s'est refermé.

15 h 52 : La patrouille alerte la base.

15 h 55 : La section de réaction rapide est envoyée en renfort. Elle arrive sur place une heure plus tard.

16 h 30 : Une nouvelle section est envoyée en renfort de la base Tora. Elle est équipée de mortiers de 81 mm.

16 h 50 : Des avions de combat, guidés par les soldats américains au sol, arrivent. Les F 15 s'abstiennent de tirer, par crainte de commettre des dégâts collatéraux, les insurgés et les forces alliées étant trop imbriqués.

17 h 50 : Deux hélicoptères américains tentent d'évacuer les blessés, mais ne peuvent pas se poser. Les tirs sont trop nourris. Toute la zone est à feu et à sang.

17 h 58 : Deux hélicoptères français Caracals décollent vers la zone de combat pour tenter d'apporter un appui aux troupes au sol.

18 h 15 : Les hélicoptères déposent un médecin et dix commandos. Le bataillon français de Kaboul engage trois sections d'infanterie, dont l'une est héliportée à proximité, sur la base Tora.

18 h 25 : Les mortiers de 81 mm arrivés en renfort ouvrent le feu.

Vers 20 heures, les hélicoptères Caracals réussissent à évacuer plusieurs blessés.

Jusqu'à 21 h 30, les insurgés continuent leurs attaques contre la patrouille. Ils sont bien équipés et semblent bénéficier d'énormes réserves de munitions.

À 21 h 30, le feu se calme. Des groupes d'infanterie se dirigent dans la vallée d'Uzbin pour reprendre le contrôle de la zone. Leur travail est compliqué par la tombée de la nuit. Quelques blessés sont évacués.

À partir de 23 heures, des munitions sont acheminées sur les lieux pour aider les forces françaises à répliquer aux insurgés. Les recherches pour retrouver les disparus se poursuivent jusque tard dans la nuit. Mais les hommes peinent. L'obscurité est totale. L'ensemble des corps ne sera retrouvé que le matin.

À 4 heures, le 19 août, un véhicule de transport blindé participant aux évacuations tombe dans un ravin à cause d'un effondrement de terrain. Un soldat français est tué et trois autres sont blessés. L'évacuation des blessés se poursuit toute la nuit.

À 9 heures, les insurgés attaquent à nouveau au mortier les unités françaises. Mais cette fois brièvement et sans faire de blessés.

Pendant toute la durée des combats, les drones de combat Predator de l'Otan ont surveillé les alentours pour prévenir l'arrivée éventuelle de renforts talibans. Deux avions tueurs de chars A 10 Thunderbolt ont ouvert le feu : ils ont tiré 1 340 coups en 30 minutes. Les unités françaises ont aussi bénéficié du soutien rapproché aérien des avions américains, qui ont été guidés par les forces spéciales américaines.

Bilan de l'embuscade : 10 morts français au combat et 21 blessés. Les talibans auraient perdu 39 ou 40 hommes, dont un de leurs chefs. L'armée afghane déplore deux blessés. Un interprète afghan a aussi été tué.

 (Suite)

La Russie va rompre ses relations militaires avec l'OTAN, selon la Norvège

OSLO - La Norvège a annoncé mercredi soir que la Russie l'avait informé de son intention de rompre toutes ses relations militaires avec l'OTAN. 

Par Bjoern Amland AP

L'Alliance atlantique avait prévenu mardi qu'elle suspendrait tout contact formel avec la Russie tant que celle-ci aurait des troupes stationnées en Géorgie. Elle a également maintenu son soutien en faveur de l'entrée de l'ex-république soviétique du Caucase au sein de l'organisation.

L'ambassade norvégienne à Moscou a reçu un appel téléphonique d'un "responsable haut placé du ministère russe de la Défense" mercredi l'informant que Moscou avait l'intention de "geler toute coopération militaire avec l'OTAN et les pays de l'Alliance", a déclaré le secrétaire d'Etat norvégien Espen Barth Eide.

Il a précisé que ce responsable russe avait expliqué que la Norvège recevrait prochainement un communiqué écrit, et que des diplomates norvégiens rencontreraient les autorités russes jeudi matin pour clarifier les implications de cette décision.

"D'après ce que nous avons compris, les autres pays de l'OTAN vont recevoir des communiqués similaires", a-t-il déclaré.

Les autorités russes n'étaient pas immédiatement joignables pour commenter cette information, et l'OTAN affirmait ne pas avoir été informée des intentions russes.

Washington a qualifié cette décision de "malencontreuse". "Si c'est effectivement le cas, ce serait malencontreux. Nous avons besoin de travailler avec la Russie sur une série de questions de sécurité, mais nous sommes évidemment très préoccupés par le comportement russe en Géorgie", a déclaré Robert Wood, porte-parole du département d'Etat.

En vertu d'un accord de 2002 instaurant le Conseil OTAN-Russie, Moscou et l'Alliance atlantique se sont engagés dans plusieurs projets de coopération. Des navires de guerre russes participent ainsi notamment occasionnellement à des manoeuvres de l'OTAN en mer Méditerranée. AP

http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20080820/tts-france-afghanistan-soldats2-ca02f96.html


Les soldats blessés racontent l'embuscade, les combats, les erreurs...

Le monde du 20 août 2008

 KABOUL ENVOYÉ SPÉCIAL

La France a connu, dans la soirée du lundi 18 août, ses premières lourdes pertes en Afghanistan, au cours d'une embuscade qui a coûté la vie à dix soldats français et blessés vingt et un de leurs camarades. Selon une source militaire en poste à Kaboul, les combats ont fait rage de 13 h 30 jusqu'à la nuit. Les derniers blessés ont été évacués mardi vers 2 heures du matin.

Les dix soldats tués appartenaient au 8e Régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa), basé à Castres (Tarn), au 2e Régiment étranger de parachutistes (REP), basé à Calvi (Haute-Corse), et au Régiment de marche du Tchad (RMT), basé à Noyon (Oise).

Dès l'annonce officielle de leur décès, Nicolas Sarkozy a tenu à justifier la présence et l'envoi de troupes françaises sur le sol afghan. "La cause est juste, a déclaré le président français. C'est l'honneur de la France et de ses armées de la défendre. Au nom de tous les Français, je renouvelle à nos armées la confiance de la Nation pour remplir leur mission." Au même moment, interrogé par l'Agence France-Presse, un porte-parole des talibans revendiquait l'attaque. "Ce matin, a déclaré Zabihullah Mujahed, nous avons tendu une embuscade aux troupes de l'OTAN dans le district de Saroubi à l'aide de mines et de roquettes. Nous avons détruit cinq véhicules et infligé de lourdes pertes."

L'opération dans laquelle étaient engagés les soldats s'inscrivait dans le cadre de l'extension du mandat des troupes françaises en Afghanistan, et notamment dans la province de Kapisa, décision prise par le président Sarkozy après le sommet de l'OTAN de Bucarest début avril. Les soldats du 8e RPIMa, arrivés le 23 juillet en Afghanistan, figuraient à l'avant-garde d'un convoi, comprenant aussi des troupes de l'armée afghane et des forces spéciales de l'armée américaine, chargé de reprendre le contrôle d'une zone abandonnée aux insurgés entre les provinces de Kaboul et de Kapisa.

Au sein de l'état-major de l'OTAN, à Kaboul, on confirmait, mardi soir, que la mission de ce convoi consistait à sécuriser une route jusque-là considérée comme dangereuse et peu fréquentée entre les districts de Saroubi, appartenant à la région de Kaboul où se trouvent des troupes françaises depuis 2002, et de Tag Ab, dans la province voisine de Kapisa où a été affecté le nouveau contingent envoyé cet été par la France.

Cette route en lacet, interminable et idéale pour les embuscades, ne revêt, en soi, que peu d'intérêt stratégique, car on peut accéder à cette région, connue sous le nom de Kohistan, par d'autres voies. On note juste la présence d'un barrage dans le district de Saroubi. Cette mission consistait à faire le lien entre deux provinces désormais sous contrôle des Français.

Le chef d'état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin, a décrit, lors d'une conférence de presse à Paris, ce qu'il a décrit comme "une embuscade bien montée". "Arrivé à proximité d'un col, le chef de section a fait débarquer l'élément de tête de sa section pour aller reconnaître le site à pied." C'est à ce moment-là que "le feu nourri" des assaillants a surpris la patrouille. "Le chef de section a été blessé à l'épaule tout de suite, ce qui a contribué à la désorganisation", a ajouté le général Georgelin, pour lequel l'attaque a correspondu à "un schéma d'embuscade classique". Puis s'est engagée "une série de combats qui ont duré jusque tard le soir, sur un terrain extrêmement favorable à l'ennemi", selon le général, tandis que "les appuis aériens étaient apportés par la coalition".

Ce récit officiel paraît toutefois fort incomplet en comparaison des témoignages de soldats français blessés dans l'embuscade et rencontrés par Le Monde mercredi matin à Kaboul.

Le nombre de victimes s'expliquerait notamment, selon ces soldats, par la lenteur de la réaction du commandement et de sérieux problèmes de coordination. L'unité de reconnaissance chargée d'approcher le col à pied est restée sous le feu ennemi "pendant près de quatre heures sans renfort". "Nous n'avions plus de munitions pour nous défendre avec d'autres armes que nos Famas", raconte un blessé.

Les frappes aériennes de l'OTAN censées permettre aux soldats assaillis de sortir du guet-apens ont par ailleurs, selon les blessés, raté leur cible et touché des soldats français, de même que des tirs venant des soldats afghans positionnés en aval. Les communications radio ont par ailleurs été coupées avec les unités du Régiment du marche du Tchad, créant une grande frustration parmi les soldats coincés au col.

"Lorsque nous sommes arrivés à cinquante mètres de la ligne de crête, raconte un soldat, les tirs ont commencé. Ils n'ont pas cessé pendant six heures. Parmi les attaquants, il y avait des tireurs d'élite, ils étaient plus nombreux que nous et nous attendaient. On les entendait recharger leurs armes."

Les survivants à l'attaque s'interrogent également sur l'absence de mise en veille, comme c'est le cas pour ce type de mission à risque, d'une force d'action rapide. "Il faut près de trois heures pour arriver au col, suffisamment de temps pour que les talibans soient prévenus par des complices de notre arrivée."

Contrairement à la version officielle, les victimes ne sont pas toutes mortes lors des premiers tirs ennemis mais, selon les soldats interrogés, au fil des affrontements.

La région de l'embuscade, située au nord de Kaboul, a longtemps été sous l'emprise du mouvement islamiste Hezb-e-Islami du chef de guerre Gulbuddin Hekmatyar. Cette organisation y est toujours présente, mais l'implantation islamiste radicale s'est largement diversifiée. Hekmatyar est passé, comme Jalaluddin Haqqani dans l'est de l'Afghanistan, de la résistance à l'armée russe à la lutte aux côtés du mouvement taliban du mollah Omar.

C'est cette coalition d'insurgés, talibans afghans et combattants d'Hekmatyar, alliés aux talibans pakistanais et à Al-Qaida, qui a tendu un piège mortel aux soldats français.

Jacques Follorou
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Polémique sur l'envoi de soldats au "casse-pipe" en Afghanistan 

PARIS (Reuters) - Des soldats blessés dans l'embuscade de Saroubi évoquent dans Le Monde des erreurs de commandement et de coordination lors de l'opération qui a fait 10 morts et 21 blessés.

Dans le même temps, des proches des victimes dénoncent les conditions dans lesquelles des jeunes soldats sont envoyés sur un terrain extrêmement périlleux.

"Il ne fallait pas envoyer ces jeunes au casse-pipe. Maintenant, c'est arrivé, le pire", a déclaré à Reuters Roland Grégoire, oncle d'un caporal tué lundi à Saroubi.

"Il faut qu'il fasse revenir les autres, il ne faut plus que ça arrive", a lancé la mère d'un autre soldat tué sur RTL.

"Il s'est engagé il y a un an. Je leur en veux d'avoir envoyé des enfants, au bout d'un an, pour une mission aussi dure que l'Afghanistan", a-t-elle ajouté.

En réponse aux polémiques naissantes, le général Elrick Irastorza, chef d'état-major de l'armée de terre, a assuré que cette opération serait décortiquée "pour améliorer les procédures, la façon de travailler".

"On tire toujours les enseignements d'incidents comme cela, et surtout de la gravité de celui-là, mais rien ne remettra en cause le choix que nous avons fait avec 45 pays de défendre la liberté et la sécurité du monde", a déclaré pour sa part le Premier ministre, François Fillon.

Mardi, le général Jean-Louis Georgelin, chef d'état-major des armées, avait estimé lors d'une conférence de presse à Paris "qu'il n'y avait pas eu d'erreurs des soldats sur le terrain."

Selon des témoignages anonymes recueillis mercredi par Le Monde, le nombre des victimes lors du guet-apens de lundi et mardi s'expliquerait par "la lenteur de la réaction du commandement et de sérieux problèmes de coordination."

"PLUS DE MUNITIONS"

L'unité de reconnaissance chargée d'approcher le col à pied "est restée sous le feu ennemi pendant près de quatre heures sans renfort", raconte un soldat. "Nous n'avions plus de munitions pour nous défendre avec d'autres armes que nos Famas", ajoute-t-il.

Le quotidien ajoute que les frappes aériennes de l'Otan visant à permettre aux soldats de s'extraire du guet-apens ont parfois raté leur cible et "touché des soldats français".

En outre, les communications radio auraient été coupées avec les unités du Régiment de marche du Tchad en appui au sein du convoi.

Pour le Monde, contrairement à la version officielle, les victimes ne sont pas toutes mortes lors des premiers tirs ennemis mais "au fil des affrontements."

"Il est vraiment facile de juger de très loin dans son fauteuil. Il faut prendre le déroulement de toute l'opération dans le détail, à tête reposée", répond le lieutenant-colonel Bruno Louisfert, adjoint à la communication du général Michel Stollsteiner, commandant de la région de Kaboul.

"Il y a un temps pour la compassion, la solidarité avec les familles. Passé ce temps là, nous allons, en vrai professionnels - car c'est une armée de métier -, décortiquer toute cette affaire et en tirer tous les enseignements", a renchéri le général Irastorza sur RTL.

"A chaque fois que nous avons un incident de ce type, à chaque fois que nous avons un engagement opérationnel, nous avons des procédures de retour d'expérience, nous analysons ce qui a été fait, ce qui aurait peut être pu l'être, et nous en tirons des conclusions", a-t-il ajouté.

Dans l'entourage du ministre de la Défense, Hervé Morin, on confirme qu'il y aura des "éclaircissements" sur les événements dans le cadre de la procédure menée systématiquement après un tel événement.

Mais des proches des victimes expriment leur "colère".

"Là bas, c'était trop dangereux. L'histoire l'a prouvé. Ou alors, ils étaient trop jeunes, ou ils manquaient de matériel. Ce qui est sûr, c'est qu'ils sont morts dans une embuscade, comme du gibier", dénonce Roland Grégoire.

Dans Midi-Libre, son neveu, Julien Grégoire, juge "anormal d'envoyer des jeunes se faire tuer dans un pays où nous n'avons rien à faire".

Gérard Bon avec Elizabeth Pineau et Nicolas Fichot

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 (Suite)

Le Sénat russe "prêt" à reconnaître l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud

MOSCOU (AFP) - Le Conseil de la Fédération (chambre haute du Parlement russe) est "prêt à reconnaître" l'indépendance des régions séparatistes géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, a déclaré mercredi le président de la chambre haute, Sergueï Mironov, cité par l'agence Interfax.

La chambre haute du Parlement russe se réunira lundi en session extraordinaire pour discuter de la reconnaissance de l'indépendance des régions séparatistes géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, a rapporté mercredi l'agence officielle russe Ria Novosti.

"Le 25 août nous nous réunissons spécialement en session extraordinaire sur cette question", a déclaré à Ria Novosti la vice-présidente du Conseil de la Fédération (chambre haute russe), Svetlana Orlova.

"Le Conseil de la Fédération est prêt à reconnaître le statut d'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie si les peuples de ces républiques le souhaitent et si il y a une décision en ce sens du président de Russie" Dmitri Medvedev, a affirmé M. Mironov à Vladikavkaz, en Ossétie du Nord, dans le sud de la Russie.

"Personne ne portera plus jamais atteinte à la vie pacifique du peuple de l'Ossétie du Sud", a-t-il estimé, laissant entendre que le statut d'indépendance permettrait de protéger la république.

L'Abkhazie a affirmé mercredi vouloir lancer un appel à la Russie demandant à celle-ci de reconnaître formellement son indépendance.

"Le peuple d'Abkhazie a l'intention de demander à la direction russe de reconnaître l'Abkhazie", a indiqué à l'AFP le vice-président du Parlement abkhaze Viatcheslav Tsougba.

Le Parlement abkhaze doit examiner mercredi après-midi un appel en ce sens du président de la république autoproclamée, Sergueï Bagapch.

L'initiative abkhaze survient dans le contexte de la défaite de l'armée géorgienne face aux forces russes après une tentative manquée de Tbilissi de reprendre le contrôle de l'Ossétie du Sud.

Recevant au Kremlin vendredi dernier le président abkhaze et son homologue ossète du Sud Edouard Kokoïty, le président russe a déclaré que Moscou "soutiendrait" et "garantirait" sur la scène internationale toute décision des séparatistes sur leur futur statut.

MM. Bagapch et Kokoïty ont ensuite déclaré devant la presse que les deux républiques séparatistes étaient déterminées à obtenir leur indépendance.

L'Ossétie du Sud a par le passé réclamé son rattachement à la Fédération de Russie. Les séparatistes abkhazes ont de leur côté évoqué un statut de territoire "associé" à la Russie

http://fr.news.yahoo.com/afp/20080820/twl-russie-georgie-conflit-ossetie-abkha-d9fddae.html

 


Hervé Morin souhaite qu'on tire "les conséquences" de l'embuscade qui a tué 10 soldats français

AP - le 20 août 2008 

PARIS - Le ministre de la Défense Hervé Morin a souhaité mercredi que l'armée française tire "les conséquences en matière de renseignement" de l'embuscade qui a coûté la vie lundi à 10 soldats français en Afghanistan

"Les talibans sont capables de mener des opérations nettement mieux organisées, ils nous ont pris par surprise dans le cadre d'une embuscade qui avait été extrêmement bien préparée", a expliqué M. Morin sur France-Info, ajoutant que "nos hommes n'ont pas été en mesure de riposter et sont tombés de toute évidence dans les premières minutes".

Selon lui, il faut en tirer "les conséquences en matière de renseignement, de connaissance du terrain avant le départ des missions pour qu'une telle attaque surprise et non-prévisible nous puissions l'éviter au maximum".

"Nous n'éviterons jamais à 100% le risque qui est inhérent à la condition militaire et qui peut aller jusqu'au don ultime", a toutefois prévenu M. Morin, c'est pour quoi il faut mettre "en oeuvre l'ensemble des moyens dont nous disposons (...) afin que nous soyons en mesure de mieux anticiper".

"C'est toujours un moment de tristesse et de peine de voir dix cercueils avec dix drapeaux français et les photos d'hommes jeunes venus combattre pour une cause juste, pour un combat nécessaire qui est celui des droits de l'Homme, celui de la lutte contre le terrorisme, de la sécurité et de la stabilité du monde", a-t-il déclaré.

"Cela fait 15 mois que je suis ministre de la Défense, des cérémonies militaires j'en ai malheureusement vécu déjà beaucoup et on ne s'y fait jamais", a confié M. Morin qui, avec son collègue des Affaires étrangères Bernard Kouchner, a accompagné le président de la République à Kaboul. AP

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 http://fr.news.yahoo.com/ap/20080820/twl-afghanistan-france-ong-deces-fcd69a8.html

Un employé afghan de l'ONG Acted tué en Afghanistan 

PARIS - Un employé afghan de l'Agence française d'aide à la coopération technique et au développement (Acted) a été tué dans la région de Kunduz en Afghanistan, a annoncé mardi soir l'ONG française dans un communiqué. 

L'homme, qui travaillait comme formateur communautaire, a été retrouvé mort mardi. Il avait été enlevé deux jours auparavant, alors qu'il se trouvait à bord d'un véhicule d'Acted.

Les motivations de l'assassinat restent pour l'heure encore incertaines, précisait le communiqué. Les forces de police afghanes mènent leur enquête sur les circonstances de ce drame, qui touche pour la première fois Acted, présente en Afghanistan depuis 1995.

Acted est une organisation non gouvernementale créée en 1993 et qui a pour vocation de soutenir les populations vulnérables de par le monde, ainsi que de les accompagner dans la construction d'un futur meilleur. Les programmes mis en oeuvre (près de 150 par an) en Afrique, Asie, Moyen-Orient et Amérique Latine/Caraïbes cherchent à répondre aux besoins des populations touchées par les crises et agit pour concilier urgences, réhabilitation et développement. AP

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 Soldats français tués en Afghanistan: Nicolas Sarkozy demande aux troupes de "relever la tête"

Par Philippe ALFROY AFP - 

CAMP WAREHOUSE (Afghanistan), (AFP) - Le président français Nicolas Sarkozy a demandé mercredi à Kaboul aux soldats français de "relever la tête", au nom du "combat contre le terrorisme", après la mort de dix des leurs dans l'attaque la plus meurtrière contre les troupes étrangères en Afghanistan.

Accompagné par les ministres des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et de la Défense, Hervé Morin, le chef de l'Etat s'est rendu au camp Warehouse, quartier général du commandement régional de Kaboul de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) de l'Otan.

Là, en périphérie de Kaboul, Nicolas Sarkozy s'est adressé aux militaires français réunis sur la place d'armes.

"La meilleure façon d'être fidèles à vos camarades c'est de continuer le travail, c'est de relever la tête, c'est d'agir en professionnels", a-t-il lancé aux soldats.

"Je tenais à vous dire que le travail que vous faites ici, il est indispensable (...). Pourquoi on est ici ? Parce qu'ici se joue une partie de la liberté du monde. Ici se mène le combat contre le terrorisme", a poursuivi le président français.

"Je n'ai pas de doute, il faut être là. Moi aussi, j'étais sous le choc (...), mais je vous dis en conscience que si c'était à refaire, je le referais. Pas la patrouille et l'enchaînement des événements, mais le choix qui m'a amené à confirmer le choix de mes prédécesseurs d'envoyer l'armée française ici", a-t-il souligné.

M. Sarkozy avait décidé en avril de renforcer le contingent français en Afghanistan.

Le président français et les deux ministres se sont recueillis devant les cercueils des dix soldats, dans la chapelle ardente dressée dans le camp, puis il s'est entretenu avec des militaires du 8e Régiment parachutiste d'infanterie de marine (8e RPIMa), qui lui ont raconté l'embuscade et les combats contre les talibans, dans la vallée d'Uzbeen du district de Saroubi, à 50 km à l'est de Kaboul.

Une centaine d'insurgés islamistes avaient pris en embuscade une unité de reconnaissance se déplaçant à pied sous un "feu nourri", tuant aussitôt neuf soldats dans les rangs français.

Il a fallu l'intervention d'une force de réaction rapide et un soutien aérien rapproché pour dégager les troupes. Une trentaine d'insurgés auraient été tués, selon Hervé Morin.

Un dixième soldat, parmi ceux dépêchés pour récupérer les blessés, est mort mardi, lorsque son véhicule blindé s'est renversé.

Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière pour l'armée française depuis l'attentat contre l'immeuble le Drakkar à Beyrouth en 1983 (58 morts).

Nicolas Sarkozy s'est ensuite rendu à l'hôpital du camp, où il a rencontré 10 des 21 soldats blessés.

Après un entretien avec le général Michel Stollsteiner, commandant français des troupes internationales dans la région de Kaboul, le chef de l'Etat a rencontré le président afghan Hamid Karzaï au palais présidentiel.

Il devait ensuite repartir vers la France. Un autre avion va rapatrier les corps des tués et certains blessés français. Une cérémonie est prévue jeudi aux Invalides à Paris.

Environ 3.000 militaires français sont actuellement engagés en Afghanistan, au sein de l'Isaf, principalement à Kaboul et dans la province de Kapisa, au nord-est de la capitale.

Avant le drame de lundi, 13 militaires français étaient morts en Afghanistan depuis 2001, dans des accidents, opérations ou attentats. Le dernier avait péri le 21 septembre 2007, dans un attentat suicide à la voiture piégée à Kaboul.

Quelque 176 soldats étrangers, en majorité américains, sont morts en Afghanistan depuis le début de l'année, selon un décompte de l'AFP basé sur les communiqués militaires.

Les talibans ont lancé une insurrection meurtrière depuis qu'ils ont été chassés du pouvoir à la fin 2001 par une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis.

Les violences ont redoublé d'intensité depuis près de deux ans malgré la présence de 70.000 soldats de deux forces multinationales, celle de l'Otan et l'autre sous commandement américain (Operation Enduring Freedom).

 

 (Suite)

Pierre Moscovici dénonce "une guerre sans but et sans fin" en Afghanistan

 PARIS - Le secrétaire national aux relations internationales du Parti socialiste Pierre Moscovici a dénoncé mercredi "une guerre sans but et sans fin" en Afghanistan et réclamé la convocation des commissions des Affaires étrangères et de la Défense, au lendemain de la mort de 10 soldats français tués dans une embuscade près de Kaboul.

Quand des soldats français meurent en faisant leur métier pour leur pays, la première chose qu'on éprouve c'est de la tristesse, (...) et donc ce n'est pas le temps de la polémique", a déclaré sur RTL Pierre Moscovici.

"Nous le Parti socialiste, au moment où Nicolas Sarkozy a envoyé 700 troupes en renfort nous avions déposé une motion de censure" a-t-il néanmoins souligné: "Nous nous interrogions sur le fait de savoir si une stratégie purement militaire dans ce pays au service d'une guerre sans but et sans fin".

"Nous demandons qu'il y ait le moment venu (...) un débat et que notamment les ministres compétents, le ministre de la Défense, le ministre des Affaires étrangères, le Premier ministre viennent s'expliquer les commissions des Affaires étrangères et de la Défense" de l'Assemblée nationale et du Sénat.

"Aujourd'hui nous sommes devant une impasse militaire qui est totale et durable, ce sont les services de renseignement français qui le disent", a expliqué le député du Doubs.

M. Moscovici a rappelé que "Nicolas Sarkozy avait dit que la présence militaire française à long terme en Afghanistan n'était pas décisive" peu avant son élection à la présidence de la République.

"Je ne plaide pas pour le retrait des troupes françaises car je crois qu'il ne faut pas céder devant les taliban, cela dit la question de la réorientation de la stratégie en Afghanistan" se pose.

"L'aide internationale n'arrive pas, on a un gouvernement qui reste toujours corrompu, des forces de sécurité afghanes qui ne sont pas capables d'assumer leur propre destin" a déclaré M. Moscovici.

Si rien ne change, "nous aurons des troupes engagées dans des dangers pour très longtemps sans qu'il y ait la moindre solution qui émerge". AP

http://fr.news.yahoo.com/ap/20080820/twl-afghanistan-france-soldats-ps-moscov-fcd69a8.html


Daniel Anrig, nouveau commandant de la Garde suisse pontificale

ROME/FRIBOURG - Le pape Benoît XVI a nommé un nouveau commandant de la Garde suisse pontificale en la personne de Daniel Anrig, 36 ans, actuel commandant de la police cantonale glaronnaise. Il prendra ses fonctions le 1er décembre, succédant à Elmar Maeder, a annoncé mardi la Conférence des évêques suisses.

Natif de Sargans, dans le canton de Saint-Gal, Daniel Anrig a été pendant deux ans garde suisse à Rome, avant d'entamer des études à l'Université de Fribourg, conclues en 1999 avec une licence en droit civil et en droit canon. Il a ensuite débuté sa carrière dans le corps de police en qualité de chef de la police judiciaire au sein de la police cantonale de Glaris.

Le nouveau commandant de la Garde suisse pontificale est marié avec une théologienne et père de quatre enfants. Dans l'armée suisse, il a le grade de capitaine.

Plus petite armée au monde, la Garde suisse pontificale a été créée en 1506 par le pape Jules II. Ce corps d'élite, composé d'une centaine de jeunes citoyens suisses catholiques, est chargé depuis un demi-siècle de la protection des papes et de l'Eglise au Vatican. Armés de hallebardes et de rapières, avec leurs morions à plumet rouge et leurs collerettes blanches, ils ont aussi une fonction d'apparat au milieu des prélats. Les Gardes suisses agrémentent les cartes postales du Vatican et attirent les touristes du monde entier.

Il y a un peu plus de dix ans, le 4 mai 1998, la Garde suisse avait été le théâtre d'une tragédie: le vice-caporal Cédric Tornay avait abattu le commandant Aloïs Estermann et son épouse, avant de retourner l'arme contre lui. AP

http://fr.news.yahoo.com/ap/20080819/twl-vatican-suisse-garde-pontificale-0ef7422.html


Afghanistan: dix soldats français tués, une base américaine attaquée

 http://fr.news.yahoo.com/afp/20080819/twl-afghanistan-otan-france-violences-2e-3caf257.html

Carte de localisation des attaques contre des soldats français et contre une base américaine

KABOUL (AFP) - Dix soldats français de la force de l'Otan en Afghanistan ont été tués lundi et mardi lors de combats contre les talibans, a-t-on appris mardi de source proche de la présidence française. 

Le président Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il se rendrait dès mardi soir en Afghanistan.

Les soldats ont péri lors d'affrontements déclenchés par une "embuscade tendue par les talibans", qui ont débuté lundi et se sont poursuivis tout au long de la nuit de lundi à mardi à une cinquantaine de kilomètres à l'est de Kaboul, a précisé cette source à Paris.

La Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) de l'Otan avait indiqué auparavant que des soldats étaient engagés dans un "incident majeur" dans la province de Kaboul.

Un officier afghan interrogé sous couvert de l'anonymat avait pour sa part indiqué que dix soldats français avaient été tués et vingt blessés lors de ces affrontements dans le district de Saroubi, à quelque 50 km de la capitale afghane.

Un porte-parole des talibans a affirmé que les insurgés avaient infligé "de lourdes pertes" aux forces de l'Otan dans le district de Saroubi.

"Ce matin, nous avons tendu une embuscade aux troupes de l'Otan dans le district de Saroubi, à l'aide de mines et de roquettes. Nous avons détruit cinq véhicules et infligé de lourdes pertes", a déclaré à l'AFP Zabihullah Mujahed.

"L'Otan a riposté par des frappes aériennes aux cours desquelles cinq talibans et 15 civils ont été tués", a-t-il ajouté.

Il n'était pas possible de vérifier ces informations et les bilans donnés par les talibans sont souvent très exagérés.

Le porte-parole du ministère de la Défense, le général Mohammad Zahir Azimi, a affirmé que 13 insurgés, parmi lesquels un Pakistanais, avaient été tués dans les combats de Saroubi.

Ces pertes sont les premières depuis le renforcement de la présence militaire française en Afghanistan, annoncée par Nicolas Sarkozy lors du sommet de l'Otan à Bucarest en avril.

Environ 3.000 militaires français sont actuellement engagés en Afghanistan, au sein de l'Isaf, principalement à Kaboul et dans la province de Kapisa, au nord-est de la capitale.

A Kaboul, l'ossature de la présence française est constituée par le Régiment de marche du Tchad, basé à Noyon (Oise, nord de la France). La France a pris le 5 août le commandement de la région "capitale", assuré à tour de rôle par la France, l'Italie et la Turquie, qui disposent chacun d'un bataillon déployé à Kaboul et dans sa région proche.

Depuis fin 2001 et sans compter les morts de lundi et mardi, quatorze militaires français sont morts en Afghanistan dans des accidents, opérations ou attentats. Le dernier en date avait péri le 21 septembre 2007, dans un attentat suicide à la voiture piégée à Kaboul.

Quelque 176 soldats étrangers sont morts en Afghanistan depuis le début de l'année, selon un décompte de l'AFP basé sur les communiqués militaires. La plupart d'entre eux ont été victimes de bombes improvisées.

Les talibans ont lancé une insurrection meurtrière depuis qu'ils ont été chassés du pouvoir à la fin 2001 par une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis.

Les violences ont redoublé d'intensité depuis près de deux ans malgré la présence de 70.000 soldats de deux forces multinationales, l'une de l'Otan, l'autre sous commandement américain (Operation Enduring Freedom).

Par ailleurs, la base américaine Salerno située à proximité de la ville de Khost, à quelque 30 km de la frontière avec le Pakistan, a fait l'objet d'une nouvelle attaque dès l'aube, au lendemain d'un attentat suicide qui y avait fait 10 tués civils.

"D'après les premiers rapports, quelque 30 talibans ont tenté d'attaquer la base. Nous avons découvert les corps de six personnes portant des vestes bourrées d'explosifs", a déclaré à l'AFP le gouverneur de la province de Khost, Arsala Jamal.

"Deux enfants ont été tués et trois hommes blessés alors qu'ils se trouvaient dans une maison proche de la base. Nous ne savons pas dans quelles circonstances ils ont été atteints", a précisé le service de presse du gouverneur.

Le porte-parole du ministère de la Défense, le général Mohammad Zaher Azimi, a affirmé que 13 "terroristes" avaient été tués dans l'attaque de la base. "Une unité de commando s'est déployée et a repoussé les assaillants. Six commandos ont été blessés", a-t-il précisé.

Pour sa part, l'Isaf a fait état de sept insurgés tués.

"Les forces de l'Isaf ont identifié un groupe d'insurgés se préparant à attaquer la base et ont ouvert le feu contre eux. Des hélicoptères ont ensuite pris à partie les insurgés alors qu'ils tenaient de s'enfuir", a indiqué la force dans un communiqué.

"Aucun membre de l'Isaf n'a été blessé dans l'attaque", a-telle précisé.

Zabihullah Mujahed a revendiqué cette nouvelle attaque au nom des talibans. "Un groupe de 30 moujahidine équipés d'armes à feu et de vestes bourrées d'explosifs ont attaqué la base américaine de Khost, tuant de nombreux américains", a-t-il déclaré.

 (Suite)

Nouvel assaut taliban contre une base américaine

KHOST, Afghanistan (Reuters) - Un trentaine de taliban, dont six kamikazes, ont pris d'assaut la principale base américaine dans le sud-est de l'Afghanistan dans la nuit de lundi à mardi, rapportent des responsables afghans et de l'Otan 

Des militaires de l'Otan affrontaient encore dans la matinée quelques combattants taliban, repoussés dans les maisons d'un village voisin, a rapporté le gouverneur de la province de Khost, où s'est déroulée l'attaque. Ces combats ont fait deux morts et trois blessés parmi les civils, a-t-il ajouté.

Lundi, un attentat suicide avait causé la mort de dix civils afghans aux portes de cette même base, le Camp Salerno, situé à proximité de la frontière pakistanaise.

"Depuis, un affrontement s'est poursuivi entre l'Otan et les taliban. Six taliban ont été tués après avoir fait exploser les charges qu'ils avaient sur eux. Deux enfants ont été tués et deux autres, ainsi qu'une femme, ont été blessés", a rapporté le gouverneur provincial, Arsala Jamal.

L'Otan a repoussé les taliban vers un village voisin, dont plusieurs maisons ont été la cible de frappes aériennes, ont indiqué des habitants.

"Il y avait jusqu'à six kamikazes à pied. Certains ont pu se faire exploser à l'extérieur de la base et d'autres ont été tués par nos hommes", a déclaré un porte-parole de la mission de l'Otan, la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf).

"Les combats se poursuivent. il n'y a pas de victimes de notre côté", a-t-il ajouté.

Elyas Wahdat, version française Gregory Schwartz


Afghanistan: 4 civils tués par l'Otan dans des combats avec des insurgés

Afghanistan: 4 civils tués par l'Otan dans des combats avec des insurgés 

KABOUL (AFP) - La Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) de l'Otan a reconnu dimanche avoir tué quatre civils au cours de combats avec des insurgés dans un bastion des talibans, dans le sud de l'Afghanistan.

"Une unité de l'Isaf a accidentellement tué quatre civils et en a blessé trois au cours d'un engagement avec des insurgés", a annoncé l'Isaf dans un communiqué. La bavure a eu lieu samedi dans le district de Sangin, dans la province d'Helmand, un bastion des talibans dans le sud du pays. "Une patrouille a identifié des insurgés armés sur le toit d'un bâtiment se préparant à ouvrir le feu et pour se défendre, les soldats de l'Isaf ont tiré trois roquettes qui ont toutes atteintes leur objectif", a expliqué l'Isaf. "A l'insu de la patrouille, des civils se trouvaient à l'intérieur du bâtiment", a-t-elle ajouté. Les trois blessés, parmi lesquels deux enfants grièvement atteints, ont été soignés dans une infirmerie de l'Isaf, selon le communiqué. "L'Isaf regrette profondément cette tragédie, quand des femmes et des enfants sont tués et blessés", a ajouté l'Isaf, précisant qu'une enquête avait été ouverte. Les forces étrangères en Afghanistan sont régulièrement accusées de provoquer la mort de civils dans leurs combats ou bombardements contre les insurgés. Le président Hamid Karzaï et les autorités afghanes lancent régulièrement des appels à la prudence aux forces internationales, avertissant que de telles bavures risquent de retourner la population contre les soldats étrangers et le gouvernement. En juillet, deux frappes aériennes des forces internationales avaient tué 64 civils, pour la plupart des femmes et des enfants venant assister à un mariage, dans les provinces du Nouristan et de Nangarhar (est), selon des commissions d'enquête des autorités afghanes. Le 7 août, la coalition avait annoncé la mort de quatre femmes et d'un enfant dans la province de Ghazni (centre), présents dans un bâtiment à partir duquel des hommes armés avaient ouvert le feu contre des soldats. Au cours des quatre premiers mois de l'année 2008, environ 200 civils afghans ont été tués par les forces internationales, la plupart dans des frappes aériennes, avait indiqué à la mi-mai un rapporteur spécial de l'ONU, Philip Alston. Dans le même temps, 300 civils ont été tués lors d'attaques des talibans, les trois quarts au cours d'attentats suicide, selon lui. Les talibans ont lancé une insurrection meurtrière depuis qu'ils ont été chassés du pouvoir en novembre 2001 par une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis. Les violences ont redoublé d'intensité depuis près de deux ans malgré la présence de 70.000 soldats de deux forces multinationales, l'une de l'Otan, l'autre sous commandement américain (Opération "Liberté immuable").

Un soldat de l'Isaf (g) et un soldat afghan le 29 mai 2008 à Kaboul

http://fr.news.yahoo.com/afp/20080817/twl-afghanistan-violences-2elead-3caf257.html

http://fr.news.yahoo.com/photos/diaporama/afghanistan-photos.html?imageUrl=/afp/20080817/r_p_afp_wl_afghan/pwl-afghanistan-violences-2-30d06e7986060