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3ème guerre mondiale : quand a-t-elle débuté ?

Le terrorisme caucasien n'est pas le djihad

La Russie a longtemps justifié par la lutte contre «le terrorisme international» ses actions et ses exactions.

Lors de la deuxième guerre de Tchétchénie, plusieurs experts et politiques français avaient affirmé qu'au fond, la Russie combattait dans la région un ennemi commun: le terrorisme islamiste. Un argument régulièrement brandi par le Kremlin pour justifier ses actions et ses exactions en Tchétchénie et dont il convient de questionner le bienfondé.

Une chose est sûre: terrorisme il y a, bien évidemment, en Russie. Dans les républiques «autonomes» de Tchétchénie, d'Ingouchie et du Daguestan, la situation s'est aggravée depuis quelques mois. Et cela même si en avril 2009, Moscou a déclaré que la situation étaient définitvement réglée en Tchétchénie, après avoir, en gros, tenté d'y éliminer toute la génération masculine des 15-45 ans. Cette semaine, quatre policiers ont été tués dans un attentat suicide à Grozny, tandis que le 17 août, en Ingouchie, un autre attentat faisait au moins 27 victimes civiles.

Selon le ministère de l'Intérieur russe, 948 attentats à l'explosif ont eu lieu en 2008, dont plus de la moitié au sud du pays — c'est-à-dire, dans ce que nous appelons le Caucase Nord. Dans cette zone se multiplient à la fois les meurtres de policiers, de fonctionnaires, de ministres, enfin, de tous ceux soupçonnés de soutenir le pouvoir central de Moscou, et les assassinats de journalistes et d'humanitaires.

Moscou répond en envoyant ses forces armées et en donnant d'avantage de pouvoir aux dirigeants qu'elle a nommés dans ces républiques. Elle justifie son attitude par la lutte contre le djihadisme mondial.

La deuxième guerre tchétchène a vu brandir d'avantage de slogans religieux que de revendications séparatistes. Et dans l'ensemble, certaines tendances ont pu laisser prédire une internationalisation du terrorisme tchétchène. En 2005, Abdoul-Khalim Saïdoullaïev, «président» du gouvernement clandestin tchétchène, tué par les Russes en 2006, a fondé un «Front nord-caucasien». Quant au chef de guerre Chamil Bassaïev, il comptait instaurer en cas de victoire un califat fondamentaliste s'étendant au-delà des frontières tchétchènes.

Ajoutons que des combattants islamistes non caucasiens ont bien rejoint les rangs tchétchènes, même si deux chercheurs, Emil Souleimanov et Ondrej Ditrych, estiment qu'ils n'ont jamais dépassé le nombre de 300. Enfin, Al-Qaïda a affirmé à plusieurs reprises qu'elle comptait bien sur le Caucase Nord pour lutter contre l'Occident. Ces faits n'inscrivent pourtant pas vraiment le terrorisme nord-caucasien dans le djihad mondial.

L'élimination de chefs du type Bassaïev a d'abord beaucoup contribué à faire passer de mode une attirance superficielle pour le «djihadisme global». Mais surtout, il semble clair que l'instabilité dramatique de la région caucasienne n'est pas tant due à la présence d'éléments islamistes qu'au caractère complètement sinistré de son économie. Le taux de chômage chez les jeunes Daghestanais est de 41%, 71% celui des jeunes Ingouches. La corruption est loi et la guerre de Tchétchénie a favorisé les trafics en tous genres dans la région. Le résultat est une délinquance généralisée, dont la frontière avec le terrorisme est des plus floues. Les vendettas entre clans, les affrontements de jeunes hommes désœuvrés et armés avec les forces armées russes et les réels actes terroristes se combinent pour rendre la zone extrêmement dangereuse.

Concluons sur une apparente contradiction de la politique étrangère russe. La Russie affirme lutter contre le terrorisme mondial mais cultive ses relations avec l'Iran, la Syrie, le Hamas palestinien. Tout en entretenant dans le même temps des liens avec Israël, les deux pays échangeant leurs expériences de la lutte contre les guérillas. On expliquera cette attitude en se disant qu'en diplomatie et par tradition, la Russie aime les positions intermédiaires.

Macha Fogel

Image de une: après l'attentat contre une caserne de Nazran, en Ingouchie, le 17 août 2009, qui a fait au moins 19 morts. REUTERS

http://www.slate.fr/story/9675/la-russie-combat-elle-le-%C2%AB-terrorisme-international-%C2%BB-dans-le-caucase


L'UE en panne de solidarité face aux clandestins

 Jean-Jacques Mével, correspondant à Bruxelles
26/08/2009 | Mise à jour : 11:33
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Ces immigrants clandestins ont été récupérés en mer par un navire italien au large de l'île de Lampedusa, près de la Sicile. (photo datant de 2007). Crédits photo : ASSOCIATED PRESS

La présidence suédoise de l'Union européenne va tenter de proposer, dès septembre, des avancées dans le dossier empoisonné de l'immigration.

La Suède, présidente de l'UE et fière de sa tradition d'accueil, a quatre mois pour réussir là où beaucoup d'autres ont failli : mettre sur les rails une politique européenne crédible face à un afflux de réfugiés qui, via la Méditerranée, ne cesse d'enfler.

Le drame humain, marqué par la récente noyade de plusieurs dizaines de clandestins érythréens au large de l'île italienne de Lampedusa, se heurte de plein fouet à la réalité politique : la crise économique, la montée du chômage et le virage à droite des opinions européennes ne poussent ni à l'ouverture ni à la sérénité du débat sur l'immigration.

L'Europe du Sud sous la pression des flux migratoires

Stockholm et le commissaire français à la Justice, Jacques Barrot, ont pourtant décidé de proposer, dès septembre, une avancée sur deux chapitres clefs de ce dossier empoisonné. D'abord, la réinstallation dans le reste de l'Europe - et au bon vouloir de chaque capitale - d'une partie des irréguliers échoués au sud de l'Italie, en Grèce, en Espagne, à Chypre et à Malte. Jusqu'ici seule la France a entrouvert sa porte.

Pour la présidence suédoise, il faut aussi mettre sur pied une politique d'asile «plus efficace». Le droit européen n'impose que des normes minimales de protection. Stockholm veut s'atteler à une harmonisation de lois nationales. Ce serait le pendant logique de l'espace de libre circulation ouvert par l'Europe de Schengen. L'an dernier, quelque 70 000 clandestins ont traversé la Méditerranée dans l'espoir de forcer la porte de l'UE.

L'Europe du Nord et du Sud

 

Pour l'heure, l'impasse sordide des camps au Sud et le refus du Nord de se laisser imposer un «partage du fardeau» donnent une piètre image de l'Europe après ses sermons sur Guantanamo. Le Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU a demandé lundi la fermeture immédiate d'un centre de l'île grecque de Lesbos, où s'entassent hommes, femmes et enfants. Les mêmes conditions prévalent à Pagani, une installation sans eau courante qui n'offre qu'un sanitaire par centaine de détenus. En Italie, à Chypre ou à Malte, d'autres centres d'accueil essuient la dénonciation régulière des ONG. «On ne peut pas continuer à traiter les gens comme ça !», insiste un haut responsable européen.

En première ligne face aux boat people venus d'Afrique et du Moyen-Orient, les pays méditerranéens de l'UE ont beau jeu de dénoncer l'absence de solidarité du reste de l'Europe. «Nous entendons de belles paroles, mais l'Europe ne nous a toujours pas dit que faire quand une vague d'immigrants s'abat sur nos côtes», répète Franco Frattini, chef de la diplomatie italienne et prédécesseur de Jacques Barrot à Bruxelles. Frustré, Rome prend le risque de la réprobation internationale et renvoie les irréguliers de l'autre côté de la Méditerranée, sans autre forme de procès. L'Italie est la première destination d'une bonne moitié des clandestins.

Les textes européens en vigueur entretiennent eux-mêmes l'afflux des irréguliers et la regrettable division des Européens. Pour demander le statut de réfugié, il faut atteindre physiquement l'UE. Faute d'un visa, le plus souvent refusé, reste l'entrée «en douce». Voilà pour l'afflux sur la façade maritime de l'UE. Une fois sur place, le droit d'asile n'est reconnu que par le pays qui a accordé sa protection. Résultat : même régularisés, les immigrants restent parqués au Sud. Pour eux comme pour le droit, l'Europe reste un inextricable labyrinthe.


Singapour reprend la place Suisse

La fin d'un autre secret helvétique

Correspondant Genève 

L'affaire n'a pas fait autant de bruit que la levée partielle du secret bancaire ou l'accord passé avec les Etats-Unis sur les comptes des contribuables américains ouverts chez UBS. Néanmoins, c'est également le signe de la fin d'une époque. Le port franc de Genève fut longtemps l'une des bases offshore les moins réglementées au coeur de l'Europe, une sorte de gigantesque "garde-meuble" prisé par les milieux de l'art pour sa position géographique et la discrétion de ses services 

 Collectionneurs, marchands et maisons de vente aux enchères pouvaient, en toute confidentialité, y entreposer leurs pièces, bénéficiant d'une exonération des droits de douanes et de la TVA. Pour les moins regardants, les lieux fonctionnaient comme une blanchisseuse idéale. Certains scandales retentissants en matière de trafic d'antiquités le prouvent. Un objet exporté illégalement pouvait y dormir durant cinq ans et ressortir "blanchi" pour être revendu. Mais l'institution a été obligée de se plier à des règles de transparence très strictes. Depuis le 1er mai, une nouvelle loi sur les douanes régit ces quelque 140 000 mètres carrés d'entrepôts, de chambres fortes et showroom situés à la périphérie de la ville et près de l'aéroport de Cointrin, où sont stockés bijoux, tapis, caviar, grands crus et surtout objets d'art qui occupent 35 % des surfaces.

Rebaptisé "dépôt franc sous douane", le port franc de Genève, comme ceux du reste de la Suisse, perd son statut extraterritorial et les détenteurs de "marchandises sensibles" (dont les oeuvres d'art) doivent dresser des inventaires précis de leurs stocks et surtout les tenir à disposition de la douane qui peut les consulter à tout moment. "Avant le 1er mai, le port franc était un territoire douanier étranger et même si les inspections étaient possibles nous ne savions pas en détail ce qui s'y trouvait", explique Massimo Grassi de la direction générale des douanes à Berne. Avec l'obligation d'inventaire, "il est possible que certains squelettes sortent des placards", ajoute-t-il.

Dans le monde feutré des collectionneurs, des marchands et des transitaires (sociétés de transport et d'entreposage) spécialisés dans l'art, beaucoup s'inquiètent de l'utilisation qui sera faite de ces listes où doivent, entre autres, figurer la description et la valeur de l'oeuvre d'art, l'identité de la personne habilitée à en disposer, et la preuve d'origine précédente.

A l'étranger, l'intérêt est vif. Début juin, une délégation italienne de passage à Berne pour discuter des questions de restitution des biens culturels a demandé avec insistance à avoir accès à certains inventaires du port franc. Se heurtant à un refus, ils se sont vu conseiller de déposer des demandes sur la base de soupçons fondés.

Certains ont décidé de prendre les devants en épurant leurs stocks. A la mi-mai, la galerie Phoenix Ancient Art et ses propriétaires, les frères Ali et Hisham Aboutaam, des marchands d'antiquités basés à Genève et New York, ont spontanément restitué à l'Italie 151 objets issus de fouilles illicites. Entreposées au port franc, certaines de ces pièces, acquises dans les années 1980 et 1990, avaient été saisies en 2001 dans une procédure d'entraide judiciaire lancée par Rome. Mais en 2008, la justice genevoise avait levé les séquestres, estimant que la prescription était atteinte.

Pourquoi les rendre maintenant ? Faisant visiter son showroom au port franc, une grande pièce aux lumières tamisées où s'exposent les plus beaux objets de la galerie, comme cette statuette Amlash d'Iran acquise pour 600 000 francs suisses (395 165 euros), Ali Aboutaam dit avoir voulu protéger "sa réputation et ses clients". "Dans notre inventaire, nous avons fait table rase des objets qui pouvaient poser problème. Nous ne voulions pas avoir à nouveau des ennuis", précise Michael Hedqvist, le directeur de la galerie.

Avec l'entrée en vigueur, en Suisse, en juin 2005, d'une loi visant à prévenir le trafic d'objets archéologiques, la marge de manoeuvre des marchands d'antiquités n'a cessé de rétrécir. Depuis cette date, tout bien culturel entrant au port franc est spécifiquement déclaré à la douane. Finie l'époque où il était possible d'entreposer des amphores grecques du Ve siècle avant J.-C. sous l'appellation "vaisselle ancienne".

Et pour les pièces mises à l'abri avant 2005, elles doivent figurer sur les inventaires. "Notre métier a beaucoup changé : nous passons deux à trois fois plus de temps qu'il y a dix ans à travailler sur la biographie d'un objet", déplore M. Hedqvist, qui dit craindre que la Suisse ne soit maintenant bombardée de demandes d'entraides judiciaires imprécises.

Dans un tout autre registre, certains redoutent que les inventaires ne soient utilisés pour poursuivre des délits fiscaux à l'étranger, alors que la Suisse, sous la pression de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), s'est engagée à élargir sa collaboration. Car il n'est un secret pour personne qu'au port franc de Genève se trouvent des oeuvres d'art achetées par des collectionneurs étrangers, avec des fonds pas toujours déclarés au fisc de leur pays, ou transmis par héritage dans la plus grande discrétion. "Nous avions un système particulier. Nous en avons profité durant pas mal d'années. Nous entrons maintenant dans l'ère de la transparence", estime un connaisseur.

A Genève, les transitaires qui entreposent les biens de ces riches clients marchent sur des oeufs. "Comme dans toute nouveauté, et alors que la Suisse est une cible privilégiée, beaucoup de gens se posent des questions", concède Christian Aegerter, le directeur de la société Rodolphe Haller qui exploite 4 000 mètres carrés au port franc, abritant entre autres dans un lieu top secret une partie de la fabuleuse collection de tableaux des Nahmad, les grands marchands d'art. "Beaucoup de bruits ont couru. On a dit que les noms des clients seraient divulgués. C'est absolument faux !", se défend-il.

Les Ports francs et Entrepôts de Genève, la société qui loue les entrepôts et exploite elle-même 2 500 mètres carrés de magasins généraux, se sont battus pour que les inventaires ne soient pas automatiquement transmis à la douane et que l'identité du propriétaire des oeuvres d'art n'y figure pas. Ces derniers pourront encore s'abriter derrière des transitaires, des intermédiaires ou des sociétés. Mais cet anonymat sera sans doute levé en cas de demande d'entraide de l'étranger fondée et motivée.

Certains clients envisagent-ils de s'installer sous des cieux plus cléments ? Gérard Duchesne, le directeur général des Ports francs, dit n'avoir enregistré aucun départ. Il s'agace du zèle des autorités à imposer toujours plus de carcans administratifs. "Nous avons le syndrome du premier de la classe. Quand on adopte une législation, en général après tout le monde, on en rajoute, alors que d'autres pays sont beaucoup plus laxistes", regrette-t-il.

A Genève, un seul transitaire, Yves Bouvier, le directeur de Natural Le Coultre, affiche une humeur au beau fixe. Ce Suisse affable fait visiter au pas de course ses locaux. Ici, on aperçoit un salon blanc où trône, sur un chevalet, un Picasso. Le propriétaire, un collectionneur étranger, est attendu pour admirer son chef-d'oeuvre. Là, une porte blindée s'ouvre sur une "cabine" qui abrite des pendules anciennes. Mais le grand projet de M. Bouvier est à Singapour, où sa société construit un port franc de 30 000 mètres carrés sur le territoire de l'aéroport. Les lieux ouvriront en décembre et accueilleront des oeuvres d'art, des bijoux et des voitures de collection.

Le but affiché est d'attirer de riches collectionneurs asiatiques et des maisons de vente aux enchères. En toute discrétion. Car, à Singapour, pas d'obligation d'inventaires à l'intention de la douane, la nature des biens entreposés, leur valeur et l'identité de leur propriétaire restant confidentiels.

Agathe Duparc

Karadzic demande à Paris de l'aider à se défendre devant le TPIY

LE MONDE | 25.08.09 |

La Haye, correspondance

Radovan Karadzic a demandé, lundi 24 août, aux juges du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) d'émettre une ordonnance à l'encontre du gouvernement français. L'ancien chef politique des Serbes de Bosnie espère la coopération de Paris pour contrer les accusations de "génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre" dont il devra répondre à l'ouverture de son procès, prévue en septembre.

Incarcéré depuis juillet 2008 dans la prison du tribunal à La Haye, aux Pays-Bas, il accuse plusieurs Etats d'avoir utilisé la Force des Nations unies (Forpronu), déployée en Bosnie-Herzégovine durant la guerre (1992-1995), pour armer les forces bosniaques, en violation de l'embargo décidé par le Conseil de sécurité de l'ONU.

Parmi les documents demandés à la France, Radovan Karadzic cite deux rapports du général Bertrand de Lapresle, alors commandant de la Forpronu, adressés au représentant du secrétaire général des Nations unies, Yashushi Akash. Selon l'accusé, M. de Lapresle aurait, par la suite, "été sous la pression d'officiers américains pour retirer ces rapports".

L'ex-chef des Serbes de Bosnie veut éclaircir plusieurs points : l'infiltration d'agents secrets français au sein d'organisations internationales ou humanitaires en Bosnie ; mais aussi une réunion tenue, début mars 1995 à Key West, en Floride, au cours de laquelle les ministres de la défense français, américain, britannique et allemand auraient "discuté de la possibilité de fournir un soutien direct au gouvernement bosniaque". Enfin, il souhaite interroger le trafiquant d'armes belge, Jacques Monsieur, actuellement incarcéré en France.

Radovan Karadzic a adressé des demandes similaires à d'autres pays, dont l'Allemagne, l'Italie, l'Egypte et le Pakistan. Se basant sur des rapports établis dans ces pays ainsi que par le Congrès américain, Radovan Karadzic estime que ces livraisons d'armes, via des soldats de la Forpronu ou sous couvert d'action humanitaire, justifiaient la prise en otage de casques bleus, dont il est tenu pour responsable.

Comme au temps de la guerre, Radovan Karadzic dénonce dans les documents adressés à la Courles forces qui auraient cherché à établir un "Etat islamique en Europe". Il demande ainsi au Caire de fournir "les rapports concernant les relations des Frères musulmans avec Alija Izetbegovic (alors président de Bosnie-Herzégovine)". Il évoque des "transactions financières entre différents groupes terroristes islamiques", dont était "parfaitement informé le président bosniaque". L'organisation Third World Relief Agency (TWRA), alors dirigée par le Soudanais Elfaith Hassanein, aurait servi, selon lui, de couverture aux livraisons d'armes. Pour l'heure, Paris n'a pas répondu aux demandes de Radovan Karadzic. Conformément à la procédure classique, les juges devraient, dans les jours à venir, "inviter" la France à coopérer avec l'accusé.

Stéphanie Maupas

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/08/25/radovan-karadzic-prepare-sa-defense-devant-le-tpiy_1231660_3214.html


Un rapport parlementaire confirme les méthodes d'interrogatoire de la CIA

Des parlementaires ont confirmé qu'un rapport interne du gouvernement américain rédigé en 2004 faisait état des méthodes d'interrogatoire de la CIA, citant l'emploi d'une arme à feu et d'une perceuse électrique pour menacer des prisonniers, a appris l'Associated Press.

L'hebdomadaire Newsweek a publié l'information vendredi, écrivant que des agents de la CIA avaient brandi ces instruments en interrogeant Abd al-Rahmi al-Nashiri, soupçonné d'avoir attaqué le destroyer USS Cole à Aden en 2000, un attentat qui avait fait 17 morts.

Le suspect a aussi été soumis à la "planche à eau", un simulacre de noyade approuvé par l'administration Bush comme méthode d'interrogatoire. La nouvelle équipe de la Maison Blanche a dénoncé ce procédé comme relevant de la torture.

Les détails de l'interrogatoire d'Abd al-Rahmi al-Nashiri apparaissent dans un rapport de 2004 de l'inspection générale de la CIA sur les méthodes d'interrogatoire et de détention de l'agence. Un juge a demandé la publication de ce rapport la semaine prochaine. AP

http://fr.news.yahoo.com/3/20090822/twl-usa-cia-interrogatoires-224d7fb.html


La CIA a eu recours illégalement à une société privée contre Al-Qaida

La CIA (Agence centrale de renseignements) a engagé en 2004 la société de sécurité privée Blackwater dans le cadre d'un programme secret visant à pister et assassiner des dirigeants d'Al-Qaida, révèle le New York Times dans son édition du 19 août.

Blackwater a contribué à des mission d'organisation, d'entraînement et de surveillance dans ce programme qui a coûté plusieurs millions de dollars sans permettre la capture ou l'assassinat d'un seul activiste, rapporte le quotidien. Blackwater qui a récemment changé de nom pour devenir Xe Services, a joué un rôle controversé en Irak et a été notamment vivement critiquée après une fusillade en 2007 en plein Bagdad qui avait coûté la vie à dix-sept civils irakiens. Depuis les dirigeants irakiens ont refusé d'accorder à Blackwater une licence pour opérer en tant que service de sécurité.

Selon les fonctionnaires cités par le New York Times, il n'y a jamais eu de contrat formel signé entre la CIA et Blackwater sur ce programme d'élimination, mais des accords individuels avec certains des responsables de Blackwater, à commencer par son fondateur, Erik D. Prince, un ancien des Navy Seals, une unité des forces spéciales de nageurs de combat de la marine américaine.

Le recours à une société extérieure pour un programme clandestin qui est hors-la-loi a contraint le directeur de la CIA, Leon Panetta, à avouer en juin au Congrès que l'agence avait dissimulé les détails de ce projet durant sept ans, rapporte le journal. Une commission parlementaire enquête actuellement sur les raisons pour lesquelles les parlementaires américains et les Commissions du renseignement du Sénate et de la Chambre des Représentants n'ont jamais été informés de ces faits. En 1976, à la suite des tentatives ratées d'assassinat de Fidel Castro par la CIA, le président Gerald Ford avait signé un décret interdisant à la CIA de se livrer à des assassinats.

Pour permettre à l'agence de contourner cette interdiction, l'administration Bush a pris le parti de considérer que tuer des membres d'une organisation qui avait attaqué les Etats-Unis comme Al-Qaida était assimilable à tuer des soldats ennemis au champ de bataille.

Dianne Feinstein, la sénatrice démocrate de Californie qui dirige la Commission sur le renseignement du Sénat, estime «qu'il est trop facile d'externaliser des tâches dont vous ne voulez pas accepter de prendre la responsabilité».

D'autres démocrates laissent entendre que le «programme Blackwater» n'était qu'un parmi d'autres que l'administration Bush a caché au Congrès et au public. Des officiels de la CIA justifient le programme comme une alternative aux frappes de missiles avec des drones qui ont tué de nombreux civils au cours des dernières années et ne peuvent pas être employées dans les zones urbaines où les terroristes se cachent, notamment au Pakistan.

[Lire l'article complet du New York Times] http://www.google.fr/search?hl=fr&rlz=1T4GGLJ_fr&q=new+york+times+archives+blackwater&btnG=Rechercher&meta=

http://www.slate.fr/story/9385/la-cia-eu-recours-une-societe-privee-contre-al-qaida-terrorisme-Etats-Unis

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Updated April 6, 2009

Founded in 1998 by former Navy Seals, Blackwater Worldwide says it has prepared tens of thousands of security personnel to work in hot spots around the world. But it was an incident in Baghdad in September 2007 in which Blackwater guards killed 17 Iraqis that brought the company to public notice, and made it a focal point for tensions over the role of the many private security firms supplementing the American war effort.

At Blackwater's complex in North Carolina, it has shooting ranges for high-powered weapons, buildings for simulating hostage rescue missions and a bunkhouse for trainees. The installation is so modern and well-equipped that Navy Seals stationed at the Little Creek Naval Amphibious Base in Norfolk, Va., routinely use it, military officials said. So do police units from around the country, who come to Blackwater for specialized training.

The lengthy conflicts in Iraq and Afghanistan have given the company an even greater presence around the world, guarding diplomats and performing other security functions. In 2004, four of its employees were captured, killed and burned by a mob in the Sunni city of Fallujah. Pictures of their charred bodies hanging from lamp posts led President Bush to order a Marine assault against the city.

Iraqi officials have long complained about what they have called indiscriminate gunfire by private security forces hired by Americans. The Iraqi government sought to revoke Blackwater's license to operate in the country in September 2007, after gunfire from a convoy killed 17 people, most of them civilians. The firm kept working after American officials said they had no alternative for protecting diplomats. But in negotiations in 2008 over a status of forces agreement with the American military, Iraqi officials were adamant that private contractors no longer have immunity for their actions.

On Dec. 8, 2008, federal prosecutors in the U.S. charged five guards involved in the September 2007 incident with manslaughter. A sixth guard admitted in a plea deal to killing at least one Iraqi during the incident in Nisoor Square in Baghdad on Sept. 16, 2007. In January 2009, the Iraqi government indicated it would not renew Blackwater’s operating license. The Iraqi government has sought in the past to expel Blackwater over concerns of inappropriate use of force.

In February, Blackwater announced that it was abandoning the brand name that has been tarnished by its work in Iraq, settling on Xe (pronounced zee) as the new name for its family of two dozen businesses.

Although Blackwater lost its billion-dollar contract to protect American diplomats in Iraq, many if not most of its private security guards will be back on the job in May, working for Triple Canopy, the firm that won the State Department’s contract after Iraqi officials refused to renew Blackwater’s operating license. Despite the torrent of public criticism against Blackwater, American officials say they are relieved that the old guards will stay on. Otherwise, Triple Canopy, they say, would not be able to field enough qualified guards, with the proper security clearances, before the new contract goes into effect.

An unresolved question is whether Blackwater or any affiliated company will profit from the deal.


L'armée US reconnaît que les «talibans ont pris le dessus»

Flore Galaud (lefigaro.fr)
10/08/2009 | Mise à jour : 20:13
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68.000 GI's devraient occuper l'Afghanistan d'ici la fin de l'année. Crédits photo : AFP

A l'approche de l'élection présidentielle, l'Afghanistan connait un regain de violences. Les Etats-Unis se voient contraints de changer de stratégie et de redéployer leurs troupes sur place.

Coup dur pour l'administration Obama. Le commandant des forces américaines en Afghanistan, le général Stanley McChrystal, en poste depuis le mois de juin, estime que les talibans ont pris le dessus dans le pays, contraignant les Etats-Unis à revoir leur stratégie sur le terrain.

«C'est un ennemi très agressif maintenant», explique le général, dans un entretien accordé au Wall Street Journal. Les Talibans, qui jusqu'ici étaient cantonnés dans certains bastions, notamment au sud, menacent désormais des régions stables situées dans le nord et l'ouest du pays, à quelques jours seulement de l'élection présidentielle. Les rebelles ont notamment infiltré la ville de Kandahar (sud) alors que les américains menaient une grande offensive dans la province du Helmand (sud) en juillet pour infiltrer , rapporte le journal américain.

Selon le général, les talibans montent des attaques meurtrières sophistiquées combinant bombes artisanales et embuscades, tendues par des petits groupes d'insurgés lourdement armés. Résultat, au mois de juillet, un record absolu des pertes humaines du côté des troupes britanniques et américaines avec 75 morts. Le mois d'août s'annonce tout aussi sanglant, avec déjà 12 soldats tués.

4.000 soldats de plus à Kandahar

Pour tenter de reprendre la main, le général McChrystal compte redéployer ses troupes. Il pourra notamment compter sur l'envoi de nouveaux soldats : 36.000 GI sont attendus d'ici la fin de l'année. Selon lui, ces nouveaux effectifs et un redéploiement des forces permettront de protéger au mieux la population. Car la nouvelle stratégie américaine a pour priorité de sécuriser les civils plutôt que de neutraliser les talibans. Le but : « gagner le cœur et l'esprit » des Afghans, afin de les retourner contre les insurgés, expliquait en juin le général David Petraeus, chargé par Barack Obama de changer de stratégie en Afghanistan.

Le commandant des forces américains planifie également d'envoyer 4.000 soldats américains à Kandahar, où les forces canadiennes assuraient jusqu'ici la sécurité. « Nous allons faire tout notre possible pour sécuriser Kandahar », explique le général. « Avec l'arrivée de nouvelles forces américaines, nous allons avoir la capacité de plus combattre dans cette région ». Un développement «très important » de l'armée et de la police afghanes doit également avoir lieu prochainement. Selon le Wall Street Journal, ces deux institutions devraient doubler leurs effectifs. Enfin, le Pentagone, qui jusqu'ici n'était pas investi dans la lutte anti-drogue dans le pays, vient d'ajouter à la liste de ses cibles prioritaires les gros trafiquants de drogue.

» En Afghanistan, la guerre s'étend aux zones habitées

   


La violence perturbe les préparatifs de la présidentielle afghane, selon l'ONU

L'insécurité dans une grande partie de l'Afghanistan gêne les préparatifs de l'élection présidentielle du 20 août et affecte les femmes de manière disproportionnée, selon un rapport de l'ONU rendu public dimanche.

La violence "limite sérieusement la liberté de mouvement et la liberté d'expression pour les candidats et leurs partisans, et gêne leur capacité à faire campagne ouvertement, via des meetings publics ou du porte-à-porte", dénonce ce rapport conjoint de la mission de l'ONU et de la Commission afghane des droits de l'homme.

"Ces restrictions ont (...) amplifié les difficultés qu'on déjà les femmes à participer au processus électoral", poursuit le texte.

D'importantes portions du pays sont en proie à l'insécurité, ce qui influera sur le vote le jour du scrutin. Selon le ministère de l'Intérieur, un tiers du territoire est susceptible d'être le théâtre de violences.

Pour Kai Eide, représentant spécial du secrétaire général de l'ONU pour l'Afghanistan, il s'agit des "élections les plus compliquées que j'ai jamais vues".

Neuf personnes au moins ont été tuées dans des violences considérées comme liées à l'élection, dont quatre membres de la campagne du président sortant Hamid Karzaï, tués dans un attentat visant leur véhicule dnas la province de Jawzjan (nord). Deux membres de l'équipe de campagne de son principal rival, Abdullah Abdullah, ancien chef de la diplomatie, ont aussi été tués.

Alors que la violence connaît une recrudescence, le dernier attentat contre les forces étrangères a coûté la vie à un soldat britannique dans le sud du pays, portant à 20 le nombre de morts dans les rangs de la force internationale depuis le début du mois. AP


La confusion sur la disparition des chefs liés à al qaëda continue

Après avoir recçu des informations aussi confuses et opposées à propos de la disparition du chef Oussama Ben Laden, la même incertitude persiste à propos des chefs talibans au Pakistan :

Le doute persiste sur la mort du chef des taliban pakistanais

Le dimanche 9 août 2009

Les Etats-Unis et le Pakistan se disent convaincus de la mort du chef des taliban pakistanais, Baitullah Mehsud, mais l'adjoint de celui-ci assure qu'il est toujours vivant. 

Baitullah, qui s'était proclamé fin 2007 chef de la douzaine de factions islamistes armées pakistanaises, aurait été tué par un missile tiré d'un drone américain mercredi au Sud-Waziristan.

Le conseiller américain à la sécurité nationale, Jim Jones, a déclaré dimanche à la NBC qu'il y avait "90% de chances" qu'il ait bien été tué.

Le général Athar Abbas, porte-parole de l'armée pakistanaise, a déclaré pour sa part à Reuters qu'il était "tout a fait certain" de sa mort. "Le problème c'est que nous n'en avons pas la preuve matérielle", a-t-il ajouté, invoquant l'éloignement du Waziristan.

Mais Noor Said, adjoint de Baitullah, a assuré que le leader islamiste était toujours en vie et qu'un enregistrement vidéo serait prochainement diffusé pour le confirmer.

Un autre responsable taliban, Hakimullah Mehsud, qui passait pour un possible successeur de Baitullah avait lui-même démenti samedi la mort de ce dernier.

Un autre chef taliban Wali-ur-Rehman a nié pour sa part dimanche avoir été impliqué dans une fusillade avec Hakimullah à propos de la succession de Baitullah, comme l'affirmait la veille le ministre pakistanais de l'Intérieur, Rehman Malik.

Celui-ci avait fait état de la mort d'un des deux protagonistes. "Nous sommes tous deux vivants", a déclaré Wali-ur-Rehman à Reuters par téléphone.

Selon les chefs taliban, les autorités pakistanaises font courir ces rumeurs de morts et de dissensions pour nuire à leur mouvement.

Kamran Haider, version française Marc Delteil

 

 (Suite)

Kabylie, l’enfer de l’été 2009 : il n'y a pas que dans le sud de la France que les pyromanes sont actifs

Comme chaque année depuis le redéploiement de l’armée en Kabylie, au lendemain de la réélection de Bouteflika en 2004, la période estivale y est un enfer fait d’incendies criminels permanents. Des témoins oculaires ont quasiment toujours mis en cause les militaires dans ces départs de feux. On se souvient qu’en 2007, même les hélicoptères ont été utilisés pour lancer des bombes incendiaires sur plusieurs oliveraies, notamment à Mâatqa et Bouzegène, Amizour …loin des maquis où se terreraient les terroristes islamistes qui servaient de prétexte à ces incendies et ces bombardements.

Cette année dépasse toutes celles qui l’ont précédée en foyers d’incendies et comme toujours, les rapports des citoyens accablent le pouvoir d’en être l’instigateur. Parce qu’elle est hostile au régime en place depuis 1962, la Kabylie subit les représailles infernales des gouvernants.

La preuve que c’est le pouvoir qui est à l’origine de ces sinistres est le fait que

1- aucun moyen n’est déployé pour éteindre ces feux. Pire, les citoyens dont les propriétés et les maisons sont attaquées par les flammes sont sommés par les militaires de ne rien tenter pour empêcher leurs biens de brûler.

2- Aucune enquête n’a jamais été diligentée pour faire la lumière sur ces nombreux et simultanés départs de feux afin d’arrêter les pyromanes et les traduire en justice.

Vendredi 24 juillet 2009, les citoyens de Tadmait, une localité située à 18 km à l’Ouest de Tizi-Ouzou, ont surpris deux agents de sécurité en train de mettre le feu près de leur agglomération. Ces pyromanes ont été ramenés par la population en colère au siège municipal pour être entendus publiquement. Ils ont avoué avoir reçu des ordres de leur hiérarchie militaire et paramilitaire et qu’ils n’étaient que des exécutants. Ils ont été roués de coups et l’un d’entre eux serait dans un état critique.

Les troupes arrivées pour les confisquer à la population ont usé de force contre les citoyens et des émeutes ont éclaté. Les manifestants kabyles ripostent en fermant l’axe autoroutier à hauteur de leur ville qui relie Alger-Tizi-Ouzou. Deux nuits d’échauffourées et beaucoup de blessés. Des arrestations sont aussi opérées au sein des jeunes de Tadmait.

La preuve est, une fois de plus, faite que le pouvoir algérien est derrière les incendies criminels qui ravagent chaque été la Kabylie empêchant ainsi le développement d’un tourisme bénéfique sur nos localités et en entretenant artificiellement le terrorisme et le banditisme dans la région.

Le MAK dénonce avec vigueur ce régime pyromane dans tous les sens du terme et apporte son soutien aux jeunes manifestants de Tadmait. Il est vital que ceux qui sont arrêtés soient remis en liberté.

Nous appelons le peuple kabyle à la solidarité avec les insurgés légitimes de cette localité et à rester disponible pour toute action publique que les circonstances nous dicteraient.

Pour terminer, le MAK relève la simultanéité entre cet enfer que le pouvoir allume et les chants soufis que le ministre algérien de la religion voudrait distribuer gratuitement aux Kabyles : Les larmes face au feu .

Vive la Kabylie
Kabylie le 26 juillet 2009

http://aqvayli.com/aghmis/Kabylie-l-enfer-de-l-ete-2009,00291.html